Rodrigues : Ile aux tresors

La passe St Francois Rodrigues ocean indienCotton Bay hôtel, au nord est de l’île, mon lieu de résidence pour quelques jours… Ciel bleu. Nuages de coton de la pointe du même nom… Lagon vert, turquoise et, au delà de la mer de corail, l’eau profonde et violette qui brise en impressionnants rouleaux. On devine la mer sauvage au delà de la passe St François, cette rivière bleu cobalt qui serpente dans le platier, l’accès au large… Les plongées sont là, à portée de rêve.

Hotel Cotton Bay Rodrigues ocean indien

Au centre, à l’ombre des filaos, j’écoute Jacky Degremont me vanter les sites avec force gestuelle. Ce type à l’assise de poisson scorpion a un vécu incroyable (nous y reviendrons) et vit depuis 13 ans dans l’île. Plongeur et explorateur dans l’âme, c’est un conteur né ; un acteur même… Sans bagages, je me sens libre comme l’air… Après quelques recherches, il s’avère que mon sac est resté à Roissy, laissé de côté par un bagagiste syndicaliste fatigué de bousiller les bagages de plongeurs en les balançant du plus haut possible. Laissé de côté, sans autre forme de procès et sans prévenir quiconque. Zou… Aux objets perdus !

Hotel Cotton BayBref. Pas de matériel de plongée ni de caisson photo : il va falloir s’occuper avec ce que j’ai sur moi, c’est à dire 2 tee shirt, 1 pantalon et un slip ! Et un peu de matériel photo, quand même. Un coup de fil préventif à Hughes Vitry du Blue Water Diving Center de Maurice constitue le plan B : Hughes sans hésitation met à ma disposition son propre matériel photo qui sera prêt à l’aéroport demain. Qu’il en soit ici remercié ! Mais pour l’instant, nous partons à la découverte de l’île…

Rodrigues ocean indienJardin corail, montagne topaze, camp pintade, pointe mangue, manioc, pistache, Montagne tonnerre, Citronnelle, acacia, camps du roi, île au diamant, caverne patate, rivière banane, pointe coton… Sur la carte, les lieux dits sont déjà tout un voyage…

Fifi, la femme de Jacky sera notre guide. Nous descendons la rivière banane jusqu’à une crique déserte sertie de laves noires et piquée de débris de corail qui achèvent de blanchir sous le soleil. En chemin, dans la petite vallée alluviale, nous rencontrons de « gais laboureurs » qui récoltent ici tout ce qui pousse c’est-à-dire presque tout. C’est le marché de Fifi qui habite tout prêt, sur un promontoire « avec vue sur la mer ». Papayes, oignons, patates douces, betteraves rouges, manioc, blettes et autres croissent lentement sous la bénédiction d’un épouvantail les bras tendus, effilochés…

Vannier rodrigues ocean indienEt toujours ce sourire ! Près de la rivière, je tire le portrait d’une lavandière qui porte le chapeau rodriguais, cette soucoupe volante tressée en feuille de pandanus. A Palissade, sur la route de la capitale Port Mathurin, j’entre dans la boutique-fabrique des frères Leopold, vanniers et producteurs du fameux chapeau. Uno, dos, tresse ! Un véritable savoir faire à l’ombre d’une vénérable machine à coudre.

Port Mathurin est une ville cosmopolite avec un faux air caraïbe. Débits de rhum, boutiques chinoises, mosquée, temple hindou, baraques en tôles multicolores où cuisinent de riantes créoles à l’ombre des grands acacias et de fontaines d’hibiscus et de gardenias.

rhum rodrigues ocean indienEt le contact est immédiat, l’accueil chaleureux. On discute, on plaisante. Même les piliers de bar qui marchent sur des chaussures à bascule, chargés au rhum dès 10 h du matin veulent leur photo souvenir et se stabilisent tant bien que mal au milieu de la rue. Un coup de sifflet retentit et je me retourne sur ce qui semble être un policier, avec une vareuse de sécurité routière. Au commande d’un triporteur antédiluvien, il me désigne du doigt et resiffle un bon coup. Qu’ai-je fait ? Et il me serre vigoureusement les mains en débitant tout un laïus en créole auquel je ne comprends rien sinon « plongée » et télévision ». Et je comprends qu’il m’a reconnu ayant vu quelques émissions qui sont diffusées ici. Fifi me précise qu’il s’agit de Mr Margeot, le vendeur de « roti », et qui se signale ainsi, au sifflet. Les rotis sont en fait des crêpes salées tartinées de purée de haricot blanc, d’achards et de piments, roulées dans un papier et servies chaudes. Je me retrouve instantanément avec un exemplaire dans les mains en guise de micro, et du coup, le mange. C’est délicieux. Gâteau piment et jus de tamarin complètent le commerce du bonhomme qui me fait jurer de revenir à Rodrigues. Et qui refuse que je le paye. Cadeau ! C’est presque gênant au regard de nos niveaux de vie différents mais après tout, pourquoi pas ? Ici, on offre sans arrière pensée, contraste saisissant avec toutes ces destinations touristiques ou les natifs pervertis apprennent dès le berceau la politique de la main tendue…

Un joli bazar !J’entre dans un petit supermarché, en quête d’une caisse de « boisson rafraîchissante aux extraits végétaux » light, ma drogue. Très concerné par mon confort potomaniaque, Bertrand Noël entre aussi. Nous échangeons quelques mots sur l’absence dudit breuvage, je me retourne et… Plus de Bertrand. Fifi restée dehors ne l’a pas vu sortir… Nous élargissons progressivement le cercle de nos recherches, en vain. Noël en juin a encore gagné un univers parallèle ! Philosophe, je me dit que nous finirons bien par nous croiser en arpentant toutes les rues. L’occasion d’entrer chez Joli Store, capharnaüm tenu par un chinois où l’on trouve absolument tout. Les denrées les plus hétéroclites pendent du plafond et sur les étagères dans un ordre connu du patron seul. « Vous n’avez pas vu Bertrand Noël ? Un grand ? » devient le leitmotiv dans toute la ville où les nouvelles vont vite. Des enfants courent même dans les rues en hurlant son nom, porté par la brise. Une heure plus tard, nous le retrouvons finalement sur le port, hébété, debout sous le soleil. Il a donc parcouru 500m en une heure… Mais nous ne vivons pas dans la même dimension ! « Cela fait une heure que je vous cherche » a-t-il même de culot de nous dire, en guise d’explication. Quoiqu’il en soit, pendant cette courte ballade, j’ai découvert l’un des trésors de Rodrigues : Un trésor qui n’est pas d’or et d’argent mais de cœur et de générosité…

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Hotel Cotton Bay – Jacques Degremont
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Fax: (+ 230) 831 8003
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Mourouk Ebony Hotel – Bouba diving center – Benoit Debaize
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21 commentaires sur “Rodrigues : Ile aux tresors

  1. Je t’envie, Francis, pour tout ça, mais en même temps je te remercie pour tes récits, pour les images que tu nous offres. Sans ça, nous serions plus petits, plus pauvres… Je pense encore en roumain et je traduis ainsi… 😳

    • Et moi je remercie tous mes lecteurs et en l’occurrence lectrices pour leur fidélité : Sans vous, j’aurais arrêté depuis longtemps ce blog qui me « bouffe » mon temps 😉

  2. Salut Francis !
    Je profite d’un petit moment sur une plage de la mer de Chine, pour venir suivre ton expédition! Décidemment rien ne se passe jamais comme tu le pensais je vois. Ca donne envie… qu’est-ce que le gens sont gentils loin de chez nous !
    Je crois que tu m’as contaminé avec la baraka… je commence à avoir les premiers symptomes. Ce matin en déjeunant, un des guides de plongée me dit qu’il y a très peu de rascasse volante ici, juste 2 sur une épave, ils n’en ont pas vu autre part… Juste après en arrivant sur les lieux, à peine sous l’eau j’en repère une blottie contre un rocher. C’est grave Dr ?
    J’ai presque tout ce qu’il me faut pour l’article, ça devrait le faire  🙂
    Bonne continuation à Rodrigues !
    A bientôt  8)

    • Ouiiii ! J’ai oublié de te le dire : c’est contagieux ! Par principe de précaution, il vaut mieux ne pas plonger avec moi : La chance, on s’y habitue 8)
      Heureux que tu puisse faire ce que tu as prévu en Malaisie. Hâte de voir ! Ici, à Rodrigues, je suis en train de faire des plongées fantastiques…

  3. on dit que tu as de la chance de voyager, moi je dit qu on a la chance de t avoir , car nous nous voyageons a travers tes reportages , elles sont superbe francis continue:D 😀  😀

    • Merci ! Je n’avais pas vu les choses sous cet angle mais c’est vrai que finalement, c’est un sacré boulot de vous faire partager un peu de mes voyages sur ce blog. Surtout en bas débit 😉
      Restez branchés, les billets-plongée arrivent… Il faut qu’ils sèchent !

  4. Ha rodrigues
    cette petite ile est completement depayssante j ai passe quelque jour sur place au niveau de Mourouk mais je pense y retourne un jour pour tout oublier et etre deconnecte de notre monde.
    On etait loge dans une pension de famille super sympa au dessus de l hotel et on a bien mange. Le miel un vrai delice et un gout de trop peu.
    bon j arrete la je suis deja malade d etre bloque en france pour le moment faut que j arrete de rever debout.
    encore merci pour tous et de nous faire voyager comme tu fait
    a bientot
    bonne bulles a tous et bon voyage
    Franck

    • la cote ou se trouve Mourouk est plus reputer pour les Kite Surfer et planche a voile
      Par contre j ai fait qu une plongee j ai ete decu pas par la plongee mais par la qualite de l air que j ai eu dans le bloc, un sale gout qui ma donne mal au crane pendant un bon moment, je l ai signale mais on ma repondu se n est pas possible que l air ai un gout les blocs ont ete rempli quand debut de semaine et je leur ai repondu alors y a un probleme avec les filtres du compresseur et j ai ete pris un peu de haut domage vu le prix de la plongee mais je n ai pas eu affaire au patron du club il etait absent au moment la.

      • C’est en effet un spot réputé de kitesurf. N’ayant jamais pu tenir debout sur un os de seiche, j’ai donc choisi la plongée et je peux vous dire qu’il y a des sites exceptionnels. Quand au problème d’air, je ne l’ai pas constaté sur place. Juste peut-être cette légère odeur de rhum et de fête qui flotte un peu partout là bas… Dommage qu’on vous ai « pris de haut » : Ce n’est effectivement pas le genre de Benoit, le boss… Bientôt sur ce blog les photos et récits des plongées…

        • je me doute que c est pas le style de Benoit mais il etait pas la et un probleme sa peut arriver mais bon c est comme sa
          sa le rhum la fete que c est bon que se soit a rodrigues ou maurice surtout que j ai trouve un bon rhum agricole a Maurice le St Aubin et j attend de gouter le rhum vieux
          par contre je suis preneur de voir qq photo des plongees moi c etait une plongee avec plein de particules et de mauvais binomes avec qui j ai arrache a moitié les palmes comme il palmait sur le corail et il voulait pas gonfler son stab il le vidait regulierement et pourtant c etait pas un debutant
          au fait question destination Fran6 a tu deja tester les carrieres belges et gravieres alsacienes ? sa change des plongées en mer mais sa permet de plongées et de prendre plaisi. Les gravieres alsaciene je tente d y aller une fois l an pour avoir quelques conseil en direct sur le matos photo et conseil comme c est un weekend photo et video sousmarine
          bonne bulles

    • pas besoin  d aspirine mais un bon rhum c est meilleur et pour le repos sa attendra octobre maintenant pas de congé avant juillet aout c est boulot boulot et septembre formation

  5. Très beau récit qui me rappelle bien des souvenirs, les bols renversés mangés sur la plage, Jacky et son caractère bien trempé et le courant contre nous qui rendait les plongées sportives, Un grand merci Francis

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