France – L’or rouge de Bonifacio

Plonger en Méditerranée avec les corailleurs

L’Ile de beauté est aussi un sanctuaire sous-marin préservé, qui présente des espèces presque disparues sur les côtes du continent. Un vaste projet de réserve est d’ailleurs en train de voir le jour aux îles Lavezzi. Avec Gérard Arend, un bandit au grand cœur, Francis nous fait découvrir la roche au mérous géants que Gérard nourrit avec des poissons tenus dans la bouche ! D’émouvants vestiges surgis du sable racontent la tragédie du naufrage de la Sémillante, tandis que les cols d’amphores parlent de vins anciens… La rencontre avec Jean Phillipe Giordano, corailleur, nous fait découvrir ce métier à haut risque, où plus d’un plongeur a laissé la vie pour l’or rouge. Entre les herbiers de posidonies plantés de grandes nacres et les falaises de gorgones pourpres, ce carnet de plongée nous emmène à la station océanographique Stareso de Calvi. Plongée de nuit pour voir la Méditerranée se réveiller… Au pied de la citadelle, Francis plonge sur l’épave d’un B29 abattu au cours de la dernière guerre. A 30 mètres de profondeur, il va être rejoint par une bien étrange créature…

BONIFACIO  –  CORSE

Tassés sur l’avant du bateau, les plongeurs du jour ont tous le regard braqué sur nous, tandis que je m’efforce de les oublier pour faire la présentation de Gérard Arend, le bandit corse au grand coeur qui nous accueille. Ayant expédié l’affaire en une prise, j’ai la surprise d’entendre des applaudissements ! Voilà comment on découvre le concept de la télé-théâtre !… 30m plus bas, c’est la frénésie dans le bleu : les mérous sont encore plus gras et plus nombreux qu’à ma dernière visite avec Albert Falco. Gérard toujours facétieux, profite des moments ou je fais du « face caméra » pour glisser dans ma stab, des murènes énormes, nouvelles venues sur le site, véritables pièges à rat, tandis qu’il gratouille d’une main distraite le ventre de mérous plus gros que lui. Dans les nuages de castagnoles, René et son assistant se régalent… Une séquence entière en une seule plongée : nous aurons gagné un jour sur le planning !

Descente aux abysses-lazulli
René, c’est un peu le 4 x 4 de la prise de vue sous-marine : authentiquement passionné, rien ne l’émeut particulièrement, et sa bonhomie marseillaise fait merveille partout dans le monde. C’est au cours de ce tournage que j’ai mesuré ses « limites » : il s’agissait de filmer le corailleur Jean-Philippe Giordano qui récolte l’or rouge, plongeant à 80 mètres de profondeur à l’air. René fut alors intraitable, refusant que son assistant lumière l’accompagne : il plongerait seul ! Encore en surface, avant la descente aux abysses, nous avons échangé à travers le masque un long regard… Quinze minutes après leur descente, je sondais à mon tour puisqu’il était prévu un rendez-vous filmé au premier palier de – 30 mètres. J’avoue que je suis descendu plus bas… à moins que ce ne soit mes yeux, perdus dans la transparence du bleu profond, d’où montaient les méduses de cristal et de vie. Les images du fond étaient superbes et René eut pour moi ce commentaire : « il y avait longtemps… ».

Parlons matos
Comme tous les plongeurs, nous avons nos habitudes, nos grigris, notre matériel préféré, presque fétiche. Le plus polyvalent d’entre-nous est Didier Noirot : il n’emmène rien, fors son recycleur. Tout lui va, de la combinaison en passant par le masque et les palmes, quand à l’ordinateur, il plonge sans, considérant l’accessoire comme un porte clé. Mais qu’il manque une sangle sur son recycleur et c’est l’affaire d’état. En Egypte, l’incident a failli remonter jusqu’à l’ambassade ! Jeremy Simmonot, l’éclairagiste sous-marin est doué d’un petit talent de société : il est capable de se jeter à l’eau en slip, combinaison à la main et de ressortir dans un nuage de bulles entièrement habillé, une fraction de seconde plus tard. Bluffant ! René, c’est le roi des caisses à roulettes (grosses, les caisses !). Et les roulettes, sur un bateau, çà roule ! Il est également grand utilisateur de serviette éponge dont il voile pudiquement ses caissons, par ailleurs bourrés d’éponges, au cas où… Pour ma part, je porte ce que mes partenaires me proposent, n’étant vraiment convaincu par aucune marque. Je ne suis pas très soigneux et n’entretiens rien, préférant laisser mariner le tout dans mon sac qui dégage au bout de quelques jours une odeur me laissant de la place dans les bateaux. Je suis assez chatouilleux sur le fait qu’on déplace mon matériel ou qu’on m’aide à m’équiper : rien n’est plus facile pour un novice que de fermer un robinet que j’ai préalablement ouvert. Je suis par ailleurs accro aux mousquetons de montagne et aux anneaux de chambre à air qui m’ont sauvés bien des situations. Et vous ?

QUAND J’Y RETOURNERAI…

Nous nous intéresserons un peu plus aux épaves antiques qui sont légions dans les eaux corses. A moins que nous ne nous décidions à chercher à notre tour, après tant d’autres, le fameux trésor de Rommel, au large de Bastia…

QUAND VOUS IREZ

Le centre
Barakouda Club – Gérard Arend

Station marine de Stareso

Les 3 plongées à ne pas manquer…
Sec du Pelou « Mérouville » – Iles Lavezzi (Accès par beau temps)
Tout le monde connaît. Pas vous ? Alors allez-y tout de suite !

Le B 17 – Calvi
A trente mètres de fond, l’une des plus belles épaves d’avions. Un bombardier américain qui termina sa guerre au pied du fort de Calvi.

Pointe de la Revellata – Calvi
Jusqu’à 40 m, un concentré de faune méditerranéenne avec gorgones pourpres, corail rouge, au milieu des sars, des corbs, poulpes et autres saupes…

Après la plongée…
Les folles nuits de Calvi, dans la ville haute. Quelques bons restaurants à Bonifacio, les ruelles de la ville génoise suspendue, toute en escaliers, et la randonnée du côté du phare, à la sortie des Bouches, dans un décor minéral et marin presque tropical.