Grotte de Plaine Caverne Rodrigues François LeguatL’île Rodrigues est essentiellement d’origine volcanique, un piton de basalte germé sur le plancher de l’océan indien. Et les grottes qu’on y trouve sur le littoral et dans les falaises sont de même origine : de grosses bulles de gaz éventrées par l’érosion, parfaits refuges pour y dissimuler un trésor… Aussi fus-je fort étonné d’apprendre ici l’existence de « vraies grottes » avec des stalactites… Il y a donc du calcaire par ici ? C’est au sud est de l’île qu’on rencontre celui-ci, dans la « Plaine Caverne« .  C’est une vallée sèche entourée de karst et parsemée d’aiguilles de pierre, les « tsingi », le tout évoquant un paysage malgache, un Ankarana en miniature. Un peu partout, de vastes bouches d’ombre perforent les falaises. Avec mon guide, nous nous frayons un chemin dans la végétation et grimpons bouche fermée, pour essayer d’éviter les araignées palmistes grosses comme des veaux… Dans le ciel bleu des paille en queue immaculés font des arabesques… Nous voici à l’orée d’une vaste caverne ou les mousses et les argiles dessinent un patchwork du plus bel effet. Je fouine et découvre un amas d’ossements, quelques insectes cavernicoles et des boyaux peut-être prometteurs… Mais, un peu juste en garde robe,  je n’ai pas envie aujourd’hui de ramper dans la fange qui sent fortement le guano de chauve souris. Oui, vous pourrez dire « Le Guen à reculé devant le guano… » Bon, ça, c’est fait !

Revenons à notre calcaire. Il ne contient pas de fossiles et ne provient donc pas d’une ancienne barrière de corail. En fait, il s’est  formé il y a très peu de temps, c’est à dire moins de 100 000 ans. C’est de l’aeolianite, une sédimentation de sables riches en calcaire issu de débris de coquillages et apportés ici par le vent ! Le tout s’est consolidé en place et les grottes se sont formées plus tard, par la percolation des eaux de pluie. Quand aux pinacles qui s’élèvent à plus de deux mètres dans la Plaine Corail, ils sont nés eux au sein d’anciennes dunes de sables, par concentration calcaire autour de racines d’arbre. Le sable non consolidé a été depuis entrainé par le vent et seuls restent ces cônes découpés. C’est fou la nature, non ?

Tortue d'Aldabra RodriguesEn parlant de nature, l’homme a fait fort sur cette île au cours des siècles passés, réussissant à exterminer jusqu’au dernier Solitaire, un oiseau endémique ressemblant au Dodo de l’île Maurice, également éradiqué, sans parler des tortues Cylindraspis dont il ne reste aucun spécimen. François Leguat écrivait pourtant, en 1708 : «Il y a dans cette île une si grande abondance de ces tortues, que l’on en voit quelque fois des troupes de deux ou trois milles ; de sorte que l’on faire plus de cent pas sur leurs dos ou sur leurs carapaces, pour parler proprement, sans mettre le pied sur le sol».
La réserve de tortues géantes François Leguat existe depuis août 2007. Ce projet de conservation conçu par les propriétaires de La Réserve Vanille des Mascareignes à Maurice a permis la réintroduction ici même de près de 1000 tortues d’Aldabra, une espèce proche. Entouré de falaises grises scoriacées et regorgeant d’essences végétales, le site évoque un peu Jurassik Park. Prudence…

Abracadabra : Aldabra !

J’avise alors une grosse tortue qui s’approche et la cadre. Mais l’ombre de la carapace me cache les détails, faisant parasol. En fait, la tortue EST un parasol ! Ne reculant devant rien, malgré les risques (les démarrages de la tortue sont foudroyants !) je me couche à plat ventre sur l’herbe, façon paillasson, et attends à l’affut, le cœur battant…  et c’est alors que je fais une constatation que je me dois de vous transmettre : Ces tortues sont terriblement venimeuses ! Oh je sentais bien cette rivière ininterrompue qui entrait par le bas de mon pantalon pour ressortir aux manches, mais ne voulais y accorder d’attention, trop occupé à cadrer la bête et dans l’attente de mon scoop…

Le solitaire Rodrigues

Je déclenche, la tortue me regarde de son air stupide et l’attaque concertée prend alors corps autour de mes génitoires : Une atroce brulure, partout à la fois ! Je me relève d’un bond et entame une danse de St Guy furieuse les mains enfoncées dans le pantalon : J’étais couché sur des millions de fourmis rouges… Me voilà en cloques !

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