Egypte – Les sortilèges d’Elphinstone

Marsa Shagra

«C’est de la marche : il n’y a que deux passages où on met les mains » ! Tels étaient les propos anesthésiants que Luc Marescot, le réalisateur, me tînt à 5 heures du matin quand le soleil commençait à peine à dorer nos verres de thé chaud, afin de me convaincre d’escalader un petit monticule qu’il avait repéré la veille. Un superbe site pour le plateau de début d’une minute, d’où l’on voit à la fois le désert et la Mer Rouge. Il y a deux choses que j’apprécie chez Luc qui travaille, entre autres, pour Ushuaïa Nature : son magnifique sens de l’image et du raccord, et son goût du travail bien fait. Et deux choses que je n’aime plus du tout : sa façon de faire des semaines de 70 heures, et sa honteuse façon de baratiner lorsque il s’agit de me convaincre. Evidemment, après la plongée du matin et une dizaine de plateaux, nous nous retrouvâmes en plein désert, par un cagnard inhumain, dans le lit d’un oued ou je cherchais vainement le « petit monticule » étant entouré de toutes parts de vraies montagnes…

Le petit monticule

Luc osa enfin me désigner le Djebel Igla, la montagne la plus haute ! Qui ressemblait à s’y méprendre aux Grandes Jorasses, la neige en moins… Chèches sur la tête, sacs à dos avec amples provisions d’eau, pied, caméra, son, et deux guides bédouins : nous voilà partis en expédition… La falaise de grès rouge est tellement facile à escalader et tellement peu dangereuse avec ses couloirs de rocs en équilibre que nous en venons à bout en moins de 4 heures ! Là-haut, il souffle un vent glacial mais le paysage est, de fait, superbe. Luc a imaginé un plan ou j’apparais/disparais entre les sommets, sur fond de soleil couchant qui au montage deviendra levant (en inversant le sens de la bande). Un plan extrêmement compliqué à réaliser, naturellement. A moi de broder sur une introduction et un commentaire adapté, sur la légende des Djins par exemple, les esprits du désert. En attendant que le soleil se couche, nous tournons la fabrication du café au gingembre, et quantité de plans, Luc parfois juché à califourchon sur le plus haut caillou qu’il ait pu trouver au sommet : ce garçon aspire à s’élever…

En jeans toniques !

Ayant effectivement peur des Djinns, nos guides redescendirent avant la nuit, nous prenant très probablement pour des fous : on ne séjourne pas la nuit dans les montagnes de la Bible… Le soleil couché, la pleine lune dans le dos cachée par la paroi, il nous fallu bien redescendre à l’aveuglette, uniquement guidés par « l’obscure clarté des étoiles ». Torse nu, en jean, c’est ma plus belle désescalade qui reste un beau souvenir… Minuit : festin bédouin, pieds nus dans le sable devant un feu de camp mais Luc court déjà planter son pied à 1 kilomètre, pour filmer en accéléré l’apparition de la pleine lune. Il est comme çà, Luc… Demain, relâche : on ne plonge qu’à 5 heures du matin !
Marsa Shagra est l’une des bases égyptiennes de plongée la plus au sud en direction du Soudan. Les environs sont historiquement très importants puisque les pharaons et ensuite les Ptolémée ont construit des routes en suivant les anciennes vallées rivières à travers le désert pour atteindre la Mer Rouge et la relier à la Méditerranée. Il existait trois ports principaux : Bérénice au sud, Nechesia et Myos Hormos un petit peu plus au Nord. La civilisation du Nil commerçait ainsi avec le mythique pays de Pount (peut-être la Somalie actuelle), le Yémen et ensuite les Indes. Archéologiquement, cette zone est pratiquement vierge et les découvertes à venir sont très importantes. Voilà qui aurait pu justifier notre venue sur place pour tout un programme. Raison pour laquelle nous ne l’avons pas fait ! Car parfois, les sujets que j’écris sont trop riches pour rentrer « au chausse-pied » dans un 26’. Raison pour laquelle aussi, la prochaine saison, nous tournerons la série en 52’, mais j’anticipe…
Car cette destination est aussi un incroyable sanctuaire de faune aquatique : dugongs, dauphins sauvages, requins longimanus, excusez du peu, pour ne pas parler des fonds magnifiques présentant tout la richesse « historique » de la Mer Rouge, pour ceux qui l’ont connue il y a 30 ou 40 ans… Et ce sera le thème du film : les sortilèges d’Elphinstone.

Une odyssée de l’espèce

Dans tous les centres de plongée du monde ou presque, quand nous en sommes à la construction de l’histoire, on nous propose à chaque fois le spot à requins, celui à tortues, telle épave incontournable, tel site à baleines, qu’on ne voit jamais… Et les responsables se trouvèrent toujours fort dépourvus quand ma réponse fut venue : déjà vus ! Un peu abrupt, je le reconnais, mais vrai car je m’attache à présenter dans chaque programme un thème et un groupe d’espèces particuliers, afin de décliner les multiples facettes de la planète mer. Seriez-vous intéressés, au fil des épisodes par un catalogue en forme de patchwork d’animaux marins dont beaucoup, vous le savez, se retrouvent d’un pays à l’autre ? L’essentiel de mon travail est dirigé vers vous, lecteurs et téléspectateurs et non vers les centres ou tour operators, souvent partenaires d’ailleurs, mais je n’ai pas l’âme d’un camelot et tout le monde s’en trouve bien ainsi. Pour cette émission, nous voulions vous montrer qu’il est possible de plonger avec des dauphins sauvages, pratiquement au contact, et d’approcher de très près les très rares requins océaniques longimanus, avec en prime, si nous avions de la chance, filmer le dugong, gros mammifère placide en voie de disparition.
Les baleines, nous irions les chercher à Rurutu, dans les îles australes de la Polynésie, les loches géantes, à La Réunion, les murènes léopards à caresser en pleine eau, à l’île Maurice, les mantas à Bora-Bora, les requins marteaux aux Marquises, les alligators aux Mexique, les requins gris à saisir à bras le corps, aux Bahamas…

La peau bleue en Mer Rouge !

Mais d’abord, le longimanus ! Le soleil n’est pas encore levé que nous sommes sur la plage, dans le local à claire voie du centre, en train de nous équiper. Didier Noirot, ancien chef opérateur de Cousteau, peaufine son recycleur. J’enfile ma « tenue de scène » : combi de 3mm, qui va se révéler terriblement juste pour les plongées en hiver, surtout mouillée et en plein vent. En fait, même avec l’anorak de montagne passé par dessus, je ne cesserai de grelotter au cours de ce tournage en Egypte : un comble ! Pourquoi ne pas emprunter de combinaison plus épaisse ? Référez-vous au lexique, section « faux raccord » ! Dans le cliquetis des boucleries et des chuintements d’air comprimé, nos regards bouffis de sommeil se croisent de temps en temps, l’air de dire : heureusement qu’on est en vacances ! Avec Luc et Alexis, le preneur de son, nous tournons dans la foulée quelques plateaux et, le soleil se détachant juste de la mer comme une goutte d’huile rouge, les zodiacs foncent vers le large. Vers le magique récif d’Elphinstone. Les requins restent très près de la surface nous précise Angélique Berkane, qui connaît bien cette roche : inutile de descendre. Ali, un vétéran pittoresque qui a toujours une plongée extraordinaire dans son sac pense autrement… Avec le temps, nous devrons nous adapter à ses plannings fantasques et ses profils de plongée qui feraient pâlir un médecin hyperbare. Bref, nous voilà dans l’eau. Clarté bleue extraordinaire…

En attendant le Longimanus…

Avec mon cadreur « sans bulles » nous sommes à l’affût, vers 10 mètres de fond. Le courant se lève et nous dérivons lentement. Ali est déjà à – 45m, sur un rebord de tombant, et scrute le bleu outremer… Pas un requin… Comme toujours, ils étaient encore là la semaine dernière, mais ne nous ont pas attendus… D’un regard avec Didier, nous modifions en temps réel le planning de plongée et piquons vers le fond, entraînant avec nous Angélique alourdie de batteries et de phares (elle a choisi pour son malheur d’être l’éclairagiste de Noirot !). Nous nous laissons alors dériver le long du tombant, tournant séquences sur séquences aux milieu des floralies de vie fixée, allant de découvertes en découvertes. Ali nous a rejoint. Il devait figurer sur l’image avec moi (dans l’histoire il était mon guide) mais nous lui laissons vivre sa vie : autant essayer d’enchaîner une puce au lasso. Il est au-delà de 50 mètres, devant une très belle gorgone certes, sauf que c’est en dehors des limites de sécurité du mélange qu’a choisi Noirot… A chaque fois que je le peux, je remonte à – 30 pour économiser l’air, et resonde quand une séquence se présente. Bancs d’orphies, verticales comme une collection de sabres qui s’écartent dans un son subjectif de verre brisé pour se reformer en cristal de Baccarat. Gros napoléon dont l’œil monté sur cardan suit nos mouvements : plus d’une heure de plongée extraordinaire que nous prolongeons à l’extrême limite du récif, des paliers, et il faut bien le dire de l’autonomie de ma bouteille que je sens légère comme du polystyrène… Des plongées comme on les aime avec Didier. Economes, et rentables en termes de temps et d’efforts. Sur le zodiac, nous grelottons de concert avec Angélique, qui bleuit à vue d’oeil, façon Schtroumpfette.

Un « kill » en direct

Le temps de changer de bouteille, de virer de bord, et nous nous remettons à l’eau avec Didier, en tête de récif. Empoignant chacun la jambe de l’autre, nous restons immobiles entre deux eaux, à l’horizontale : une technique qui permet de surveiller sur 360 ° dans les eaux à requins. Mais seul le macro-plancton des salpes irisées en arc en ciel défile dans l’eau bleue claire… A cours d’air, je remonte. Mais Didier s’acharne et se remet à l’eau sur un autre endroit, uniquement au tuba. C’est l’un des meilleurs cadreurs sous-marins que je connaisse mais il a également un flair incroyable pour l’animalier. Avec lui, les espèces convoitées surgissent comme par miracle. Il n’est pas particulièrement émotif mais je m’inquiète un peu de le voir seul, le regard fixé sur le fond. De temps à autre, il relève le nez pour vérifier où est le zodiac qui tourne au ralenti. Nous savons tous les deux qu’il y a risque. Je me tiens prêt à sauter à l’eau pour une éventuelle « séquence volée ». Depuis un moment, il s’agite et je comprends qu’il assiste à un spectacle rare, mais peut-être trop loin pour filmer. Sa main sort de l’eau et nous fait signe d’approcher avec une fébrilité soudaine de mauvais augure. Je suis pratiquement à l’eau quand il surgit et se rétablit dans le zodiac. Tout autour, des ailerons apparaissent, puis replongent. Sur le chemin du retour, il raconte : un banc de dauphins s’est trouvé pris en chasse par des dizaines de requins gris qui sont parvenus peu à peu à isoler un dauphin. Alors, en une fraction de seconde, l’attaque… Le dauphin blessé a mort, dans un nuage de sang noir. Quelques mouvements encore, puis une grosse bulle d’air tandis que le dauphin coulait lentement vers le reste des prédateurs qui l’attendaient. Et puis le reste des requins qui remontent vers la surface à toute vitesse…

Le coup du dugong

Ayant renoncé aux longimanes, nous cherchons le dugong dans l’herbier de la baie proche de Marsa. Répartis en ligne, à la limite de la visibilité, nous balayons la baie sur des kilomètres, sans succès. Seules les grosses tortues centenaires, couvertes de rémoras se laissent filmer avec complaisance. Chou blanc. Pas tout à fait, je ressors de l’eau avec une belle queue : un rémora d’un mètre fixé sur ma fesse gauche, et qui ne lâche prise que lorsque que je suis hors de l’eau. Appelé à d’autres activités passionnantes avec l’équipe terrestre, c’est Didier qui tous les matins à 5 heures, avant les autres plongées du jour, arpente la baie en recycleur, bien décidé à débusquer ce dugong fantôme, contre toute raison. Il tournera au passage ce que le soir, au visionnage des rushes il qualifie d’une « vraie séquence herbier », c’est-à-dire de quoi faire plusieurs documentaires de 52’ du standard de la BBC… Nicolas Zunino, le producteur devenu entre temps plongeur, accompagne Didier pour l’ultime plongée de recherche. Epuisé, on m’a accordé ce matin une grasse matinée : je ne dois tourner qu’à 8 heures du matin. Affalé sur mon lit, je décortique une thèse archéologique passionnante sur les cités englouties à découvrir dans la région quand Nicolas toque à ma porte… Son air réjoui n’annonce rien de bon… Tout fier : « Ben voilà, c’est moi qui ai trouvé le dugong ! Au début, je ne savais pas ce que c’était que cette grosse bête, alors j’ai appelé Didier. Il y est encore… Il le suit pour qu’on ne le perde pas… ». Résigné, j’ai déjà repoussé les draps : direction dugong avec animateur dans le champ…

Dromadaire : le cauchemar des deux parties

Après un détour de 300 km au marché aux dromadaires  de Shelatin, à la frontière soudanaise où je manque de me faire dévorer les parties par des animaux relativement sauvages mais heureusement entravés, nous retrouvons sur les hauteurs de Marsa, Karen Van Opstal de Red Sea Desert Adventures. Cette femme qui vit sur place depuis 14 ans a appris la langue et obtenu la confiance des bédouins. Nous tournons un petit cours sur les plantes du désert, notamment le rabhol, une herbe à l’odeur étonnamment mentholée. Ballotté sur mon dromadaire, je me souviens progressivement de cette plante vue dans le désert du Sinaï dont un bédouin m’avait expliqué les vertus anti-hémorroïdales. Il s’agissait d’un fruit orange de la taille d’une grosse noix couvert de piquants. J’espère simplement que ce médicament n’est pas utilisé tel quel, en suppositoire…
Muni d’une caméra légère, je suis censé faire un plateau de liaison en me filmant à bout de bras. Sauf que je ne suis pas Lawrence d’Arabie et que la conduite d’un dromadaire d’une main (qui le sent aussitôt et en profite pour trébucher) n’est pas aisée, que la caméra est trop lourde et que je ne dois pas filmer mon bras dans une position impossible malgré la crampe montante, que la lumière baisse, que Karen qui me suit doit être dans le champs, que l’horizon devrait être… horizontal, que je dois vous regarder dans les yeux, l’air serein, sans jeter le moindre regard affolé au moniteur LCD latéral, et que… qu’est ce que je suis censé dire déjà ?
– Euh… Luc, on va où là, au fait ? (car Luc oublie toujours de me décrire les séquences qu’il invente au fur et à mesure du tournage, lors de ses repérages du matin lorsque je suis en plongée…)
–    Un camp de bédouins qui élèvent des chèvres…
6 prises éprouvantes sont nécessaires tandis que nous approchons du camp serti de montagne. Et la magie de l’instant opère : lumière douce magnifique, une ligne de dromadaires, une tente, un acacia épineux et au pied, 2 femmes et une enfant couvertes d’étoffes safran et carminée en train de cuire le pain au feu… Une séquence qu’il est impossible de refaire : il faut tourner « à la volée » en improvisant le commentaire car les femmes bédouines ne se laissent pas filmer habituellement. L’équipe se déploie avec calme, respect et discrétion, à la manière de ce qu’on fait sous l’eau pour saisir l’insaisissable. Et je raconte, tout en essayant de descendre de mon dromadaire. Celui-ci s’agenouille par-devant d’abord, et me surprend si bien que je glisse et m’amortit sur le dur bâton de l’avant de la selle, ce qui m’occasionne un petit spasme, parfaitement visible à l’image. L’arrière du chameau ayant entre-temps rejoint le sol, je respire un grand coup et, marchant en crabe, m’agenouille devant les princesses du désert. Ceci restera la plus belle séquence de notre série et un moment mémorable… pour tout le monde !

QUAND J’Y RETOURNERAI…

Avec l’un de mes collègues, archéologue égyptien, nous essaierons de localiser des épaves antiques et de plonger sur la cité perdue de Bérénice. J’irais ramper dans les mines d’émeraudes de Pharaon, à la recherche du précieux béryl. Taquiner peut-être enfin les requins longimanus autour d’Elphinstone, et surtout traverser le récif dans le porche qui s’ouvre à -60 mètres pour me faire une idée de la vraie nature du sarcophage qui gît au centre de la nef engloutie…

QUAND VOUS IREZ

Le centre
Ecolodge Marsa Shagra – Nouvelles Frontières
+20-122-461 656 ou +20 195 100 262
http://www.redsea-divingsafari.com/index.asp
[email protected]
Centre de plongée très bien organisé avec caisson de recompression multiplace tout proche. Gonflage Nitrox possible. Séjour en « tente romaine » ou dans les huttes Mandarah ou Madyafah, bungalows de style bédouins très astucieux et confortables.

Les 3 plongées à ne pas manquer…

Samadaï (Dolphin House, accès en bateau puis à la nage sur 800 m)
Accès en snorkeling exclusivement, le site abrite une colonie de dauphins stenelles à long bec qui nageront avec vous. Cette nurserie est désormais protégé par une rangée de bouées afin de laisser une aire de repos aux dauphins. Le site était en effet devenu trop fréquenté par des bateaux venant de fort loin, ce qui aurait pu pousser les dauphins à déserter les lieux. Les plongées ne sont désormais autorisées qu’entre 10 et 14 heures.

Elphinstone Reef (Accès en zodiac ou speedboat)
Récif frangeant au large. On y plonge le matin car les conditions de mer peuvent vite y devenir mauvaises : houle, fort courants… Cela reste le must de la plongée : requins de toutes espèces dont le fameux « longues mains » le requin océanique assez rare, tombants fleuris vertigineux : chaque plongée apporte son lot de surprises en terme d’espèces rares rencontrées et d’ambiances…

Baie au dugong (accessible à la palme depuis la plage)
Un herbier de toute beauté, de profondeur croissante, idéal pour débuter. Apparent désert de sable, c’est un incroyable réservoir de faune : le très rare dugong, mammifère à l’origine du mythe des sirènes, cousin du lamantin de Floride mais avec une queue de poisson, tortues de plus de cent ans d’age couvertes de rémoras, raies des sables, et même serpent corail. Une véritable leçon d’histoire naturelle…

Après la plongée…
Attention, on est ici loin de tout et la cantine est assez chiche (un argument de poids pour les gros mangeur) : autant ne pas attendre de finir les restes… Avec Karen, ne manquez pas la méharée dans le désert à dos de chameau. On y apprend plein de choses. Vous pourrez toujours aller vous encanailler à Marsa Alam, si vous disposez d’une voiture et que vous aimez les « pièges à touristes » Sinon, rien ne vaut une petite ballade seul, le long des côtes sans fin, ou encore lézarder dans votre tente bédouine pour voir le soleil levant ensanglanter de Shaghra les falaises coralliennes de Marsa…