Le bon sens giratoire

Exception française, il y aurait plus de 20.000 carrefours à sens giratoire dans notre pays, même si nul n’en connaît le chiffre exact, y compris au ministère des Transports…  2006 marque le centenaire de ces ronds points noirs…

sens-giratoireL’invention du « carrefour à giration », pour «convertir les trajectoires sécantes en mouvements tangents» est en effet publiée par Hénard le 31 mai 1906. Mais c’est surtout depuis vingt ans que les giratoires se sont multipliés. Leur but est officiellement d’éviter le croisement des flux de véhicules, de rendre la circulation plus fluide ce qui augmente la sécurité et réduit la pollution. Même si les détracteurs du dispositif soulignent justement la surconsommation de carburant et la pollution provoquée par cette mise en manège de dizaines de milliers de véhicules par jour en ville…

Tourner en bourrique

A la fin du XXe siècle, la France abritait déjà plus de la moitié des ronds-points construits sur la planète ! Cette prolifération à travers nos paysages, parfois en dépit de toute logique, agace et la résistance s’organise : Colette Lièvre présidente de l’association Paysages d’Aquitaine et habitante du village de Tourne, se bat par exemple contre un projet de giratoire sur la D.10 en remplacement des feux de croisement existants. Une facture de 119.300 euros… Et les exemples sont nombreux. Les sens giratoires font pourtant l’objet d’études basées sur des observations détaillées des accidents et du trafic routier sur des années. Des logiciels permettent de calculer la géométrie de l’ouvrage. La baisse du nombre des accidents et surtout de leur gravité semble confirmée par les statistiques. En principe… Il reste qu’on s’interroge parfois sur la multiplication des ronds-points qui parsèment nos départementales et surtout les agglomérations. La Ville de Mulhouse, entre autres, a ainsi construit certains ronds-points lilliputiens où il est presque impossible de manœuvrer…

Une loi datant de Colbert

A-t-on besoin de tous ces giratoires et qui décide de leur implantation ? Certains relèvent de l’initiative des maires, d’autres de la Direction Départementale de l’Equipement, d’autres encore du service Grands travaux des conseils généraux, d’où le flou sur leur nombre réel. Il faut aussi compter avec les lois de décentralisation et les fameuses primes de technicité. Ce privilège (datant de Colbert !), censé compenser les salaires insuffisants des ingénieurs des Ponts et Chaussées, accorde une prime proportionnelle au montant des travaux engagés. On parle de 4,38 % de commission sur les études et projets… Un rond-point coûtant, hors déco, de 150 000 à 800 000 euros, le calcul est facile. «Les giratoires furent aussi l’une des plus importantes sources de financement occulte de la politique française», laisse dire Robert Métivier, historien d’art au CNRS et spécialiste du sujet… Une étude menée au niveau national en 1994 montrait que les départements les plus «giratomaniaques» étaient la Loire-Atlantique et les Bouches-du-Rhône (plus de 500 à l’époque). Pourquoi ? La roue tourne…

En savoir plus :

Livre « Du rond-point au giratoire », Eric Alonzo., Parenthèses / Certu 2005

23 zones humides protégées en France !

À l’occasion de la récente Journée mondiale des zones humides des Nations Unies, les Étangs de la Narbonnaise en Languedoc-Roussillon ont été officiellement rajoutés à la liste mondiale des zones humides protégées par la convention Ramsar. Les oiseaux applaudissent…

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3 commentaires sur “Le bon sens giratoire

  1. Enfin quelqu’un qui se bat contre les ronds-points abusifs. Ça me fait très mal de voir nos paysages massacrés par des giratoires au milieu de nul-part. On en rencontre partout, en rase campagne, aux sorties d’autoroutes et bien sur dans la périphérie de toute les villes dignes de ce nom.
    On assiste impuissant à cette prise en d’otage. On ne sait pas à qui s’adresser pour arrêter l’hémorragie. Sommes-nous vraiment pris au piège ? Qui peur me donner un conseil ?

  2. Jean-Marie Vonach :Enfin quelqu’un qui se bat contre les ronds-points abusifs. Ça me fait très mal de voir nos paysages massacrés par des giratoires au milieu de nul-part. On en rencontre partout, en rase campagne, aux sorties d’autoroutes et bien sur dans la périphérie de toute les villes dignes de ce nom.On assiste impuissant à cette prise en d’otage. On ne sait pas à qui s’adresser pour arrêter l’hémorragie. Sommes-nous vraiment pris au piège ? Qui peut me donner un conseil ?

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