Ordinairement, je ne prise pas la littérature de gonzesses. J’entends écrite par des filles, pour des filles, avec ce qu’il faut d’exclusion féministe à la con. Je suis sûr que vous voyez le genre… On est macho ou on ne l’est pas ! Si, si mesdames, je vous entends hurler. Et je vous vois taper ce commentaire bien senti… J’exclue bien évidemment de cette classification de mauvaise foi les génies littéraires féminins « unisexes » du genre Colette, Anaïs Nin, et tant d’autres…

C’est donc avec une relative suspicion que j’ai ouvert les ouvrages de Mo Hayder. Pig Island, que j’ai lu sur mon bateau longeant la côte Nord Ouest du Groenland en direction de Thulé, m’avait tout de suite convaincu : Mo est douée pour les mots, et les maux… Rituel, son dernier livre est réellement enthousiasmant. Si je vous en parle c’est que l’intrigue prend sa source (!) dans le gouffre de Boesmansgat en Afrique du Sud. Et qu’on y parle beaucoup de plongée Tek…

Avec les quelques erreurs habituelles du genre : confusion entre les symptômes et les causes de la narcose, de l’hyperoxie, de l’hypercapnie… Erreur de traduction ? Qu’importe. Cela n’entrave pas l’intrigue et les spécialistes auront rectifié d’eux mêmes.

Il est clair que l’auteur s’est inspiré de la tentative de récupération « acrobatique » par David J. Shaw du corps de Deon Dreyer, plongeur disparu en 1994 par 271 m de fond… Avant d’y perdre la vie lui même.

Dans ce polar noir de chez noir (âmes sensibles s’abstenir…), on parle aussi beaucoup de magie africaine, du Tokoloshe, de la racine d’Iboga, du Muti… Coïncidence, j’avais acheté en même temps le dernier Caryl Férey, « Zulu« , autre nouveau talent dont je vous parlerais bientôt, et qui reprend en gros les mêmes thèmes.

Rituel : 416 pages à lire d’une traite. « Peut-être entendrez vous alors l’avertissement tant de fois murmuré par les habitants du Kalahari dans leur langue ancestrale : Ceci est la bouche de l’enfer. Ceci est Boesmansgat ».