Requins du web : Follow ou nofollow ?

Au début était le Web, inventif, insouciant, collaboratif… Et puis sont arrivés les marchands, le sacro saint « marketing », les robots indexeur et les spécialistes en référencement, le fameux SEO (Search Engine Optimisation). Petit à petit on en est venu à privilégier les robots, crawlers et autres spiders par rapport aux lecteurs afin de se trouver bien placés dans les listes de recherches, si possible en tête. Ceci au détriment de la qualité du contenu. Tous les moyens sont bons pour gonfler les chiffres de fréquentation (des robots !).

Avec un peu d’habitude, on reconnait tout de suite ces « blogs experts » qui annoncent quantité d’abonnés et des chiffres de fréquentation record. D’abord le titre des billets. Il doit être racoleur, fédérateur et provoquer une envie de cliquer plus forte que celle d’un énurésique devant un robinet qui fuit. Par exemple, à la louche et pour rester vaguement dans les thèmes de ce blog, que diriez-vous de : « Comment j’ai fait fortune avec la plongée« , « Les 10 meilleurs logiciels gratuits« , « Les plus belles plages du monde« , « Cinq voyages de rêve à gagner« , « Faites des photos professionnelles en 3 clics !« , « Faire l’amour sous l’eau« , « L’île de l’orgasme : Le sexe enfin libéré… », etc. L’usage du superlatif (et parfois du préservatif) est nécessaire et jamais redondant. Plus, c’est mieux !

Les Bahamas, c’est bien !

Requins aux BahamasEnsuite, les mots clés dans l’article. Supposons que j’ai envie de vous parler des Bahamas. Oui, les Bahamas, cet archipel de rêve dans la mer des Caraïbes, ces Bahamas qui comptent sans doute les plus belles plages du monde, lieu idéal de vacances plongée réussies. Si vous ne devez faire qu’une plongée dans votre vie, que ce soit aux Bahamas ! J’ai déjà été 4 fois aux Bahamas mais chaque voyage dans ces îles de rêve m’offre une nouvelle facette des Bahamas et je ne m’en lasse pas… Vous si ! A la fin, vous allez avoir la tête comme un ananas et être un peu à la masse à cause des Bahamas. Mais les robots indexent… Notons que le procédé marche également très bien avec les Seychelles (plus gros taux de clics dans la section destination), les Maldives, l’île Maurice… Aucune chance par contre avec la Garenne Bezons ou Meaux, malgré un charme certain…

Ensuite, vous ajoutez évidemment les mots clés générique « Bahamas » et pourquoi ne pas créer une catégorie « Bahamas » ? Allez, encore une petite couche dans le résumé (mentionnez au moins 4 fois Bahamas), et une autre dans l’extrait (soyez généreux et citez bien les Bahamas)… N’oubliez pas d’ajouter Bahamas dans les metatags des photos. Deux ou trois Bahamas de plus c’est toujours bon à prendre ! Ah oui, mettez aussi Bahamas dans la description du blog et dans les tags du header. Sans fautes hein ? Ba-ha-mas : Bahamas. Bon, les Bahamas ont été bien servis et tous les lecteurs ont compris que le blogueur a payé son voyage plein tarif… Blague à part, les Bahamas c’est vraiment très bien. Un peu dur d’oreille ? BAHAMAS ! As… As… As… (c’est l’écho du web…).

Avec la pratique générale du copié collé d’autres sites ou de communiqués de presse, tout ceci aboutit à des blogs fantômes, des coquilles de noix sans noix qui rebondissent sur les vagues de la célébrité digitale. Si tout cela peut se justifier pour des sites commerciaux, cela devient ridicule pour des blogs qui n’ont rien d’autre à vendre que l’ego de leurs auteurs. Je suis mort de rire à la lecture de semblables salmigondis. C’est déjà assez difficile d’essayer de bien écrire mais s’imposer en plus les règles sémantiques des robots est au dessus de mes forces.

En ce qui me concerne, toutes ces dernières années et même depuis que je bidouille des sites (soit un peu avant l’arrivée de l’Internet en France) je me contrefoutais de mon audience (la télé est là pour çà ;-)), de mes chiffres de fréquentation et de l’activité des robots indexeur. Ceux qui voulaient me lire savaient ou me trouver. Et puis, quand on est curieux, on soulève le capot, on fouine dans le moteur, on apprends à apprivoiser la technique, on farfouille dans les forum spécialisés, on martyrise du php, du javascript, de l’html, du Java, des CSS, et parfois on se prend au jeu de la geek attitude : On se met à penser PageRank, Dupicate Content, Alexa, Google Webmaster Tools, Robot.txt et .htaccess. On optimise, « pour le sport ». C’est ainsi que j’ai découvert le scandale de la balise nofollow… Car cette longue introduction en forme de coup de gueule (de requin… Des Bahamas !) n’était là que pour vous annoncer que ce blog est désormais intégralement en follow. Quoitècekecbazar ?

Bondage à l’échelle mondiale

Alors comme ça, vous en étiez restés aux liens « en dur » ? Un bon gros lien en html pointant vers un site, à la rigueur orné d’une balise « blank » histoire d’ouvrir un nouvel onglet pour ne pas perdre tout de suite votre lecteur ? Et vous attendiez la pareille, qu’on se lie à vous. Je te lie, tu me lie, ils nous lient et c’est ainsi que le web est devenu une géante partie de bondage à l’échelle mondiale. Oui mais… Devant l’abondance des spams et le fléau qu’ils constituent pour les bases de données d’index, Google a instauré il y a quelques années la fameuse balise nofollow. En clair, en l’appliquant sur un lien sortant, les robots ne le suivront pas. C’est un peu la négation de l’hypertexte et des liens, à l’origine du web. Je te lie mais je m’arrange pour qu’on ne te vois pas ! C’est ainsi qu’il y a de véritables « trous noirs » sur le web : Facebook, Daily Motion, dont la croissance est due évidemment à ses utilisateurs mais qui, question liens, ne renvoient pas l’ascenseur, malgré les apparences.

Dofollow !

Ceci s’applique en premier lieu aux liens présents dans les commentaires (votre nom, votre site et éventuellement les liens placés dans le corps du commentaire). Et WordPress a eu la mauvaise idée d’installer cette hypocrisie en standard alors que le plugin Akismet est un antispam très efficace. Si bien que même en étant de bonne foi, tous vos commentateurs (enfin ceux qui animent aussi des blogs) sont « invisibles » du point de vue du référencement. Ce qui est une injustice dans la mesure où ce sont en grande partie les lecteurs qui font le succès d’un blog. C’est en tout cas vrai pour celui-ci et je vous remercie encore collectivement pour la qualité de vos interventions. (C’était la minute cirage de pompes…). La moindre des choses est de renvoyer l’ascenseur. Heureusement, il existe le plugin DoFollow pour permettre cela. Pour ceux qui répugne à alourdir leur usine à gaz d’un nouveau plugin, il suffit de procéder aux modifications de code ci dessous. Évidemment, à chaque mise à jour de WordPress, il faut tout recommencer !

  • Ouvrir le fichier comment-template.php qui se trouve dans wp-includes.
  • Localiser la ligne 148 qui contient le code suivant $return = “<a href=’$url’ rel=”nofollow” class=’url’>$author</a>”;a
  • Effacer rel=”nofollow”
  • Sauvegarder et écraser le fichier d’origine avec celui que vous venez de modifier. Priez… C’est prêt !

Désormais, vos lecteurs recevront donc eux aussi un peu de la manne, quelques miettes de ce PageRank monstrueusement élevé, gagné à la sueur de vos milliards de commentaires… Je vous encourage évidemment tous à faire de même et à rejoindre cette tendance en passe de faire l’unanimité. Il existe même un site d’activistes qui répertorie tous les blogs francophones en « follow »…

Les requins du Rank

On dirait un titre de polar ! Le PageRank nous plonge directement dans les algorithmes secrets de Google. C’est le Graal des webmasters. Les extra-nuls ont un PageRank négatif (si, si, ça existe), la plupart des blogs sont en PageRank 2 ou 3 et quelques gros sites (comme Plongeur.com) talonnent les 5 et 6. Cet indice, par essence très compliqué et dont le mode de calcul est tenu jalousement secret et régulièrement modifié, mesure la pertinence des liens. En gros, le sérieux d’un site donné. Il est basé, pour résumer, sur la quantité/qualité des liens qui pointent vers votre site. Mais là où ça devient vicieux c’est que vous héritez de la popularité  ou au contraire de la ringardise de ceux qui vous lient et inversement.  C’est pourquoi certains experts obnubilés par la taille de leur PageRank (on place sa virilité où on peut !) ont trouvé le moyen de faire du nofollow selectif. En gros, follow pour les sites de prestige à fort trafic et  nofollow pour les autres.  Pour WordPress, il existe le plugin nofollow-links. Une case à cocher et vous renvoyez les liens que vous voulez à l’anonymat. Ce qui devrait permettre d’exercer des chantages odieux… Pour les inconditionnels de l’onanisme (le codage à la main), voici la procédure :

  • Editer le fichier /wp-admin/edit-link-form.php
  • Chercher la ligne suivante : <tr><th scope= »row »> <?php _e(‘identity’) ?> </th>
  • Ajouter juste avant :

<tr>
<th scope= »row »> nofollow </th>
<td>
<label for= »nofo »>
<input type= »checkbox » name= »nofo » value= »nofollow » id= »nofo » <?php xfn_check(‘nofo’, ‘nofollow’); ?> />
nofollow</label>
</td>
</tr>

  • Sauvez, uploadez, écrasez, servez chaud, comme plus haut…

Dans votre éditeur de liens, vous disposerez à présent d’une case « nofollow » qu’il suffira de cocher. Hou que c’est vilain ! En ce qui me concerne, j’ai décidé de loger tout le monde à la même enseigne, en follow bien sûr. Et si mon PageRank baisse, et bien vous savez quoi ? Je m’en f…. !

Vous croyez en avoir terminé avec cette histoire de nofollow ? Pas du tout ! Nous avons oublié la blogroll ! Cette liste de liens « amis » qui se trouve généralement dans les colonnes latérales des blogs… Le plugin DoFollow est inopérant sur ce type de liens. Or, le webmestre du site Web-Plongée pour ne pas le citer (et pan, encore un lien gratuit ;-)) , à qui j’ai promis une interview m’a fait remarquer que mes listes de liens étaient en nofollow. Damned ! Si vous êtes utilisateur des menus rétractiles comme ici avec Collapsing Links, vérifiez bien dans les options du widget que la case NoFollow est décochée !

Merci à tous les coupeurs de web en quatre :

Le SEO, on en a rien à battre !

Tournons le dos à toutes ces prises de tête

Mais qu’est ce qu’on attend pour faire la fête ?

FOLLOW ! Vous me suivez ? 😆

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27 commentaires sur “Requins du web : Follow ou nofollow ?

  1. BAHA… Quoi ? 
    Bah t’es toujours pas en première page…
    Tu sais, c’est un vieux rêve de plonger aux Bahamas, car parait-il, aux Bahamas on peut approcher les requins ! En plus, les eaux des Bahamas sont chaudes et réputées comme les plus claires au monde… Un jour j’irai aux Bahamas… Les Bahamas, jamais j’m’en lasse !
    Toujours pas ??? Ah non… bon peut-être demain ! Ça marche avec Figuerolles tu crois ???
    Alors maintenant c’est pris en compte tout ce qu’on raconte en commentaire ? Bon, vais pouvoir me lâcher alors, vais écrire encore plus !
    Noooooooooooooooooooooooooon Francis pas la fenêtre !!! Je blague  😆
    Bon j’ai compris des trucs avec ton article  😀
    A+ !

    • Aah Figuerolles, à force d’en parler, on va le voir apparaître dans Google. Il va y avoir des embouteillages dans les escaliers !

      Bon, modifies immédiatement ton Wordress avec DoFollow, espèce d’ingrat !

      • Il ne suffit pas d’installer DoFollow ? Je l’ai depuis quelques temps déjà…
        T’as raison pour Figu… euh… appelons-le « C-spot »… C comme commando ! Tu es d’accord ?  😆
        D’ailleurs à l’occasion (histoire de te refaire descendre les marches ah ah… ) pourras-tu me montrer quelques trucs pour bien photographier un plongeur ? C’est qu’ils sont exigeants les loulous !

        • Félicitations Jedi ! Effectivement, pas un seul nofollow sur le code source de ton site… Photographier un plongeur ? Alors, il vous faut : Un plongeur (une plongeuse, ya pas c’est défitivement plus beau…), de l’eau, et un appareil photo. Ensuite… Je te dirais çà 😆

          • Merci bien Maître 😉
            De l’eau? Y’a moyen… Salée en plus, c’est meilleur pour la pasta. Un appareil photo je dois en avoir un qui traîne dans une sorte de boite en plastique dur… J’ai aussi une sirène qui aime bien les flashs, ça devrait lui plaire. Encore en apprentissage mais elle progresse ! Tu la verras surement au festival… C’est que ça approche !!! 🙂

  2. Pfff, t’es resté à la préhistoire du Web, c’est à dire que tu as 6 mois de retard  😉

    Mots clés : leur surabondance est pénalisé depuis plusieurs  années par le dieu Google, donc répéter un mot-clé trouve vite ces limites sur un domaine concurrentiel.  Pour B*H*M*S va falloir trouver autre chose…
    Nofollow : depuis quelques mois, GG a changé les règles voir ICI , si tu as beaucoup de liens sur ta page (comme celle-ci) la différence doit se mesurer en micron de PR

    ➡  En tous cas SAUVONS LES REQUINS DES MERS et coupons les attributs des requins du Web pour en faire de la soupe gélatineuse !

    • Je savais bien que je te ferais sortir du bois avec ce type de post. Et je n’attendais pas moins d’Alimata que ce commentaire goguenard ! 😆

      Je sais bien que l’abondance de mots clé nuit, c’est ici un exemple caricatural pour me moquer de ce que je vois encore trop souvent. Le lien que tu nous donnes sur le nofollow est intéressant mais, si je sais lire, c’est exactement ce que j’ai dis : Il faut supprimer ces attributs ! Et en parlant d’attributs, les miens ne feraient pas une bonne soupe : Trop nerveux !

      Et qu’est ce que c’est que ce lien que tu m’as fait là O spécialiste 😆 C’est du duplicate content ?

  3. Mission accomplie! 😉
    Merci pour m’avoir fait gagner du temps en m’indiquant où chercher dans le wp-include… Ça fait un moment que je voulais me pencher là-dessus et poursuivre ce que j’avais déjà entrepris (j’avais déjà réussi à virer les « nofollow » de ma blogroll, vu que ce sont précisément des liens que je recommande et que je souhaite mettre en valeur). Je trouve pareillement ce « nofollow » injuste quand il s’applique aux lecteurs qui participent à la conversation…
    Mais WordPress rajoute aussi un « nofollow » de façon automatique aux liens que quelqu’un peu ajouter (liens souvent intéressants et qui apportent des infos complémentaires), dans son commentaire. Je vais chercher, mais aurais-tu éventuellement déjà repéré à quel endroit du code virer ce « nofollow »-là?
    Merci!!!

  4. Waouh : qu’est ce que je me sens nulle en vous lisant , c’est la 4ème dimension pour moi tout ça.
    Dire que je n’arrive pas à retravailler mes médiocres photos sous marine .Quand j’entends parler de bruit ,lasso et compagnie ,je suis larguée.Alors là Follow or nofollow je ne capte plus rien du tout.
    Je vais retourner à mon bouquin « l’informatique pour les nuls » même pas je n’en ai pas…
    Bon , je vais arrêter mes divagations et essayer de comprendre : c’est pas gagné.
    Il fallait bien une candide dans votre discussion , ça c’est fait !!!
    Cécile 😀

    • Ne complexez pas Cécile ! Je reconnais que ce billet aurait pu s’intituler « Un geek parle aux geeks et geekettes ». C’est de la cuisine de webmaster, de l’huile de moteur que j’ai juste assaisonné d’un peu de gaudriole pour pas perdre tout à fait les « candides » dont vous vous réclamez. Merci de votre commentaire qui m’a fait rire !

  5. « En ce qui me concerne, j’ai décidé de loger tout le monde à la même enseigne, en follow bien sûr. Et si mon PageRank baisse […] »

    Je ne suis pas sûre de comprendre. Le PR est affecté par la qualité des liens sortants ?

  6. Le DoFollow permet d’avoir plus de commentaires, de rendre le site plus vivant tout en permettant aux visiteurs de se referencer gratuitement ! Un bon échange donnant/donnant, comme je les aiment !
    Cordialement, Jean de

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