Décrochons la Lune

Cassis : Le cap Canaille

En flânant le week-end dernier sur les hauteurs de Carnoux en Provence, dans la douceur de l’air des pinèdes, j’assistais au lever de la pleine lune sur le Cap Canaille, plus haute falaise d’Europe. Notre satellite, doré comme dans un rêve, montait parfaitement net dans le ciel finissant comme il arrive certains soirs d’automne. Du cap Canaille au cap Canaveral l’association d’idées était évidente et me souvenais alors de mon émoi d’enfant devant les images noir et blanc et outrageusement pixelisée du premier pas de Neil Amstrong sur la Lune. Des images tremblotantes mais O combien riches de sens, retransmises en direct bien que certains malades de la théorie du complot  aient prétendu qu’elles avaient été tournées dans quelque désert du Nevada… Des images qui marquèrent en tout cas fortement mon âme d’enfant et qui, avec celles de Cousteau et les écrits de Norbert Casteret, déterminèrent sans doute ma vocation d’explorateur…

On parle depuis longtemps d’un retour de l’Homme sur la Lune pour y établir une base, un tremplin affranchi de la pesanteur pour explorer les autres mondes et en premier lieu la planète rouge : Mars. Je n’attends que cela !

Dans le bleu profond des océans cosmiques, la lune poursuit sa course, blanche et bleue, goutte d’eau dans l’univers visible… De l’eau justement qui est absente de la surface de ses mers fussent-elles de la Sérénité : Les pierres de Lune ramenées sur Terre n’en comptent pas une larme. Ce qui pose problème à l’établissement d’une base permanente car emmener de l’eau là haut coute plus cher que l’or (50 000 $ la bouteille). Et le recyclage de l’urine a ses limites…

impactorC’était la raison d’être de la mission LCross : Le 9 octobre dernier, la NASA a procédé au premier bombardement lunaire en précipitant deux engins dans le cratère Cabeus, plongé en permanence dans le noir, près du pôle sud de la Lune. Un endroit où le soleil n’a pas brillé depuis un milliard d’années. Un projectile lourd de deux tonnes – l’étage vide d’une fusée – s’est donc crashé à une vitesse double de celle d’une balle de fusil (2,5 km/s) vers 11h31 GMT. Un deuxième engin, la sonde LCROSS, a suivi quatre minutes plus tard. Un choc titanesque que les astronomes amateurs ont pu observer depuis la Terre et qui a soulevé une colonne de débris jusqu’à 10km d’altitude. C’était le but de cette expérience : Pouvoir analyser la composition de la matière projetée et doser sa teneur en eau.

L’objectif des chercheurs est avant tout de savoir s’il y a de la glace sur la Lune. Trois études publiées récemment ont conclu à son existence mais seulement sous la forme de molécules disséminées dans le sable lunaire, en des proportions faibles. On estime qu’il pourrait y avoir 2 à 3% de glace dans le sol lunaire, soit un demi-litre par terrain de football. Pas de quoi décrocher la Lune ! Notons que le marseillais Oliver Groussin, chercheur au Laboratoire d’astrophysique de Marseille fait partie de ce programme… (c’était la minute phocéenne) 😉

Plus d’infos sur cette mission avec le reportage sur France 24 et la présentation ci dessous.

[media id=20 width=500 height=375]

Ares_V_explode_viewC’est sûr, nous allons retourner sur la Lune ! Malgré les restrictions budgétaires (il y a toujours plus urgent…) on parle des années 2020. Les américains testent en ce moment le nouveau lanceur à poudre qui devrait remplacer la Saturne 5 à oxygène et hydrogène liquide des missions Apollo vers notre satellite. La NASA développe en fait deux lanceurs :

La fusée Ares I chargée de placer en orbite le vaisseau spatial habité Orion : Celui-ci sera utilisé à la fois pour desservir la station spatiale internationale mais doit également transporter l’équipage du futur programme lunaire. La fusée Ares I est conçue pour avoir une fiabilité compatible avec le transport d’un équipage.

aresLa fusée Ares V est un lanceur lourd qui joue un double rôle dans le cadre du programme lunaire : Placer en orbite basse le module lunaire Altaïr (45 tonnes) puis après rendez vous avec le module Orion, fournir aux deux vaisseaux une vitesse suffisante pour aller se placer en orbite lunaire.

Le choix du nom et de la numérotation est symbolique : Arès est le nom grec du dieu de la guerre romain Mars et fait donc référence à la planète qui est l’objectif ultime du programme Constellation

Que d’actualité spatiale en ce moment ! Jusqu’au milliardaire Guy Laliberté, grand joueur de poker, créateur du Cirque du Soleil et de  la fondation One Drop pour la sauvegarde de l’eau douce qui revient de son voyage à bord de la station spatiale internationale.

Guy Laliberté : Un clown dans l'espace...Il a atterri dans le désert du Kazakhstan dimanche 11 dernier. C’est le septième « touriste » de l’espace a avoir fait ce voyage qui coute quand même 35 millions de dollars.

Mais point n’est besoin de disposer de cette somme pour rêver et je dois dire que certaines nuits de solitude, je passe toujours du temps devant la Belle Sélène, que je ne regarde plus de la même façon depuis un certain 20 juillet 69. Année érotique. Année cosmique !

On dit que le Président Obama s’apprête à annoncer un nouveau gel du budget de la NASA, crise oblige. Mais, Messieurs les Présidents du Monde, malgré tout le respect que je vous dois : La relance de l’industrie automobile, le comblement du trou de la sécu, la taxe carbone, le remboursement de la dette et autres tris sélectifs ne font pas rêver. Ces avatars nous font baisser la tête alors que seul l’espace nous élève. Poussière d’étoiles nous sommes et nous redeviendrons : Qu’on nous laisse au moins rêver à d’autres mondes !

Alors, 2020, 2030 ? Quand verrons-nous enfin décoller des hommes pour la plus grande aventure de l’exploration de tous les temps ? Vu le dynamisme du programme spatial chinois et de ses taïkonautes, je ne serais pas surpris que les premiers humains à débarquer sur la Planète Rouge soient riverains du Fleuve Jaune…

Partager ce billet
  , , , , , , , , ,


12 commentaires sur “Décrochons la Lune

  1. Je cherchais justement des nouvelles de ce double impact lunaire… Eau? Pas Eau ? Tiens d’ailleurs je me demande bien comment ils ont fait pour cartographier une zone qui n’est jamais éclairée… Même principe que pour le fond des océans ? Ça me parait incroyable !
    Une production spéciale « Le Guen » la photo de Canaille ??? Comme celle du Maroc ?  😆

  2. Quelque univers pour les stygophyles que nous sommes sont heureusement là pour nous faire voyager dans des paysages majestueux, équipés de nos scaphandres de cyclopnéistes (emprunté à JP Stéfanato), flottant en apesanteur dans le monde des extrémophyles… 🙄

    • La plongée souterraine est ce qui se rapproche le plus de l’aventure spatiale. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que j’avais fait préfacer « Les scaphandriers du désert » par Jean Loup Chrétien, le premier français dans l’espace…

      • Et oui, j’avais trouvé le parallèle très intéressant. D’ailleurs, les astronautes ne s’entrainent-ils pas sous l’eau et au nitrox? Et je me suis laissé dire que certains spéléonautes avaient utilisé des blocs made in Aérospatiale… 8)

  3. Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles…
    « Marcher sur la lune », si c’est pas un beau rêve concrétisé ça!
    Avec votre post, vous nous donnez des ailes pour nos petites conquêtes quotidiennes 😉

  4. Bonjour Francis,
    La Lune  à était …. et reste source d’inspiration pour l’homme !!! la preuve … Cette photo est superbe ! ! sans compter le texte qui l’accompagne .. Tiens… j’aurai du te demander d’écrire  les légendes de mes photos lunaires de mon dernier album  😉
    si le coeur t’en dit !!
    Bonne continuation
    Marine
     

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *