Vous avez faits vos devoirs, c’est bien. Nous allons donc réaliser notre première fractale ensemble avec ce génial logiciel gratuit qu’est Apophysis. Pour commencer, disons… Un banc de poissons de verre ! Objectif scandaleusement optimiste puisque le nom de « l’œuvre » est décidé APRES la génération de la fractale… Mais c’est la loi du genre : le logiciel est capable de décider et de créer tout seul…

D’abord, nous allons peupler les dossiers Scripts, Templates, Flames, Plugins et Plugins 3D que vous avez créés dans le dossier où se trouve Apophysis. Ces ajouts ne sont pas indispensables au fonctionnement d’Apophysis mais étendent grandement ses possibilités. Pour gagner du temps, je vous ai mis en téléchargement direct une compilation de ce que j’utilise. Dezippez et fourrez tout ça dans les dossiers respectifs : voilà des heures de recherches, de chargement et de concaténation épargnées !

 

[pullquote]

templates.zip
plugins.zip
plugins3D.zip
scripts.zip
scripts3D.zip
flames.zip

[/pullquote]

C’est n’est qu’une petite sélection de ce qui existe. Pour les sources et les mises à jours, consultez les sites dédiés sur DeviantArt et… Ailleurs.

Pour l’instant, laissez les dossiers plugins et plugin3D vides (mettez les plugins dans un sous dossier « plugins désactivés ») : l’ajout de plugins en quantité ralentit sérieusement l’application. Et il faut d’abord apprendre à s’en servir…

Dessines moi une fractale

Il existe plusieurs méthodes de création de fractales avec Apophysis. Étudions d’abord, pour mieux l’abandonner, la méthode « standard » que nous appellerons celle du goret moyen. Elle repose sur le hasard.

Ouvrez le logiciel (placez un alias sur le bureau) : après un certain temps, la fenêtre principale s’ouvre qui vous permet de régler les préférences une fois pour toutes, selon le tutoriel précédent. Vérifiez que vous êtes bien en affichage « imagettes » et vous allez voir apparaître à gauche un certain nombre (réglable dans les préférences) de fractales aléatoires.

Pour forcer le logiciel à générer un nouveau set, faites Ctrl+B, jusqu’à ce qu’une forme vous plaise ou vous paraisse prometteuse. En cliquant dessus, elle s’affiche dans la fenêtre principale. Pour que le calcul soit rapide, veillez à régler la définition sur 5 dans la fenêtre du haut.

Cliquez sur les copies d’écran pour les voir en grand…

Quand vous avez sélectionné une forme de départ (ici notre croix à quatre branches, couleur vomissure), cliquez sur l’icône mutation, ce qui fait apparaitre la palette du même nom. En cliquant sur l’un des 8 rectangles extérieurs, la forme change aléatoirement. En cliquant l’image du centre, on obtient un autre ensemble de variations autour. Le jeu est de cliquer jusqu’à obtenir une forme exploitable (bon courage ! :lol:)

Vérifiez aussi que le réglage des mutations est sur « random ». C’est ce qui générera le plus de variété mais on peu aussi se limiter à un plugin donné. Il est aussi possible de régler la force de l’effet (réglette au dessus), quand on s’approche de la forme finale. Mais de toute façon, on rate toujours l’arrêt du bus, entraînés par des propositions toujours plus intéressantes du logiciel. Raison pour laquelle j’ai personnellement abandonné cette méthode basée sur le « clic » compulsif… Notons qu’il est possible de revenir en arrière avec la flèche « back » dans la palette du haut.

Bien… Notre « Grand Croix de l’Ordre du Vomi » s’est transformée peu à peu, au fil des variations, en boule de poissons pas frais. Libre à vous d’y voir une tonsure de moine, une fougasse en décomposition, un plat de nouilles chinoises, en ce qui me concerne, c’est un banc de poissons. Vu ? Mmmm.

Dégouts et couleurs : l’art des gradients

L’aspect final d’une fractale peut changer du tout au tout en fonction des couleurs qui lui sont appliquées : il est temps de s’en occuper. Cliquez sur l’icône des gradients (en haut) : une nouvelle palette apparait… Pour respecter la charte du goret, on s’interdit tout réglage sauf le bouton « Preset » et la rotation des couleurs. Cliquez sur preset : un nouveau gradient coloré est appliqué à la fractale. Il faut faire de nombreux essais et vous allez bientôt ressembler au rat de laboratoire qui s’auto injectait des hormones de plaisir en appuyant sur une souris…  Quand un gradient semble convenir, il faut le faire tourner. Pour ce faire, glissez la souris dans le gradient et cliquez/glissez : les couleurs varient et font apparaître des reflets, des ombres insoupçonnables. C’est un réglage très fin et tout le secret est là… Il est temps de calculer l’image finale !

Un prêté pour un rendu

[pullquote]Voilà ce que nous avons obtenu en n’utilisant que les fonctions basiques, sans aucun réglage dans Apophysis. Ce n’est déjà pas si mal. Mais loin des résultats des « pros »…[/pullquote]

En matière de rendu, il y a plusieurs écoles. La méthode du goret moyen aggravé : on se contente de rendre à l’aide de la carte graphique en plein écran, en réglant la définition à 100 ou 150. C’est très rapide et il suffit de faire une copie d’écran pour récupérer l’image sur fond noir (ou autre d’ailleurs, réglable dans la palette gradient). Mais rien ne vaut le rendu complet avec sa richesse de détails  mais au prix de plusieurs heures de calcul. On accède aux réglages de rendu en cliquant sur la « roue dentée ». On obtient alors un png transparent de grande taille, ce qui permet d’intéressantes combinaisons multicalques par la suite.

A titre de source d’inspiration, voici quelques œuvres qui ont attiré mon attention, glanées sur le site Deviant Art dont la croissance est exponentielle. Place aux maîtres… Attention, c’est du lourd ! Ceci pour dire qu’on peut faire de très jolies choses avec Apophysis, et bien au delà de mes compétences…

Pour cela il faut passer à l’étape 2, celle du « goret roublard » et savoir utiliser au mieux templates, flames, plugins et scripts de base. Mais ceci, comme disait Kipling, est une autre histoire… La prochaine ? D’ici là, objectif « plein les yeux » ! Attention, on en connait qui ne sont jamais revenus…