Inutile de me mentir. Je vois bien que vous avez renoncé à tout travail productif, à toute vie de famille, à tous ébats intimes depuis que vous triturez des fractales dans Apophysis : vous avez les yeux rouges ! Il est temps de progresser… A titre de révisions (!), voici donc une compilation de quelques nouveaux tutoriaux glanés sur le net (la plupart en anglais) et une bonne prise en main en français :

Tutopdf.zip (52 mo)
Tutojpeg.zip (28 mo)
 

Du pdf ou des images à agrandir… Quand vous aurez lu tout ça, vous en saurez plus que moi ! 😆

Organisation !

Amusez vous à explorer et ouvrir tous les panneaux du logiciel et à régler la taille des fenêtres (le logiciel s’en souviendra), sachant que bientôt vous ferez une navette incessante entre les différentes palettes et qu’il vaut mieux les avoir sous les yeux. Sauf la palette mutation que vous pouvez oublier…

Voilà, ci contre, à quoi devrait ressembler votre écran. Réglez aussi vos préférences si ce n’est déjà fait dans le panneau idoine (icône qui ne ressemble à rien, dans la barre d’outil de la fenêtre principale, et foultitude d’onglets et d’options)… Notamment les chemins d’enregistrement : autant tout grouper au même endroit sinon c’est vite le foutoir et personne n’aime utiliser « l’explorateur de fichiers »…

Dernière minute : il existe désormais un installeur pour Apophysis 7x qui évite les fastidieuses manœuvres décrites précédemment. Tout arrive…

Dans ce nouveau post nous allons apprendre à :

  • Ouvrir et utiliser une template
  • Modifier les triangles
  • Modifier les réglages des plugins
  • Ajuster cadrage et couleurs

Tout d’abord, histoire de se la péter un peu, voilà où j’en suis de mes explorations. Les rendus sont de basse qualité (goret moyen aggravé) mais c’est pour donner une idée… Ce qui est intéressant est qu’il s’agit de variations successives d’un même modèle de base : vous pouvez obtenir la même chose très facilement…

[nggallery id= »52″ width= »590″ height= »442″]

Utiliser des modèles

Celles et ceux qui ont déjà essayé savent que la méthode traditionnelle permet essentiellement d’obtenir de la bouillie pour les chats. Conscients de cet écueil et dans leur grande sagesse, quelques apophynautes généreux ont mis a disposition des « templates« . Nous allons donc utiliser ces modèles, regarder de quoi ils sont composés (il y a énormément à apprendre par ce biais) et les modifier de façon à obtenir une infinité de variations, mais de qualité. Il s’agit de bouger et de patouiller dans tous les réglages, ce qui permet de faire n’importe quoi artistiquement…

Pour ouvrir une template, il faut sélectionner « New » (Ctlr+N) dans le menu fichier. Après quelques secondes, une série de modèles apparait (si vous avez créé le dossier « Templates » à la racine du soft et que vous l’avez rempli… De templates) ! A titre d’exemple, choisissons « Grand Julian« . Nous allons modifier cette fractale de différentes façons.

Sauvegardons !

Auparavant, si vous voulez sauvegarder vos créations (ce que je vous conseille), il faut se familiariser avec la structure particulière des fichiers flame. En fait, il s’agit d’un ensemble de fichiers enregistrés dans un fichier générique à définir. En effet, il existe des scripts qui permettent de rendre en « batch » ces fichiers pour utiliser au mieux le temps machine.  Comme la procédure n’est pas claire comme de l’eau de roche, suivons ce pas à pas.

Enregistrez (Ctlr+S) vous amène à une boite de dialogue avec en haut, le chemin à définir. Vous placez et nommez ce fichier comme vous le voulez. Au dessous, vous donnez un nom à la fractale. Au prochain enregistrement, changez le nom sans toucher celui du haut : une deuxième imagette apparait dans la collection. Attention à ne pas en empiler plus d’une vingtaine sous peine de ramage et de perte de plumage…

Il faut créer plusieurs collections, au fil des essais. Précisons que l’on ne sauvegarde pas ainsi les images mais un ensemble de paramètres permettant de calculer une image. Ce sont ces même fichiers .flame qu’il est possible d’échanger, d’ouvrir en lieu et place des templates, cette fois par la commande « Ouvrir » (Ctlr+O) pour les modifier également à loisir. Si vous avez téléchargé ma compilation de flames, il y a de quoi faire…

Triangulons

Revenons à notre fractale et voyons de quoi elle est composée dans le panneau de fonction (les triangles…). Utilisez la molette de la souris pour zoom in/out dans la fenêtre de façon à bien voir tous les triangles. Le triangle rouge symbolise la « graine » de la fractale. Chaque triangle ajouté (jaune,vert, etc) représente une nouvelle transformation. Dans un premier temps, on peut agir sur chaque triangle (commencer par le 2 : le jaune) en les déplaçant (croix dans le menu du haut) ou en les faisant tourner (flèche bleue). En cliquant sur les coins il est aussi possible de changer la forme du triangle, ce qui a aussi de grand effets sur la fractale finale. Un autre réglage fondamental est la taille du triangle. En cliquant dans l’onglet « Triangle » on accède à un réglage « fin » de la rotation, du déplacement et de la mise à l’échelle de chaque triangle. Encore une fois, essais/erreurs jusqu’à ce que vous acquieriez le « sixième sens » du fractaliste, cette sensation que quelque chose de caché va jaillir…

Vous verrez, les triangles vous parlerons bientôt en direct. De quoi vous mettre la tête au carré…

Chatouillons les Plugins

A ce stade, après avoir bien joué avec les triangles, voici ou nous en sommes. Nous avons considérablement pourri la fractale initiale mais, c’est pour l’exemple. Il est temps de s’intéresser aux autres onglets.

Vous avez noté qu’en survolant les triangles à la souris, des informations apparaissent en bas du cadre, de la couleur du triangle. Il s’agit des différentes transformations mathématiques qui sont appliquées, par le biais d’un plugin.

Apophysis dispose en standard d’un certain nombre de ceux ci. Pour en installer d’autres, il faut créer le dossier « Plugin » là ou est installé Apophysis et y glisser les nouveaux venus, comme nous l’avons déjà vu.

En veillant à mettre les plugins 3D dans un dossier distinct. Ajouter par petits groupes, pour prendre le temps de comprendre leur fonctionnement.

De quoi est composée notre fractale ?

Cliquez dans l’onglet « variations », sélectionnez le premier triangle et cochez la case du bas pour cacher les plugins inutilisés. Nous voyons que le triangle rouge initial est composé du plugin Bubble (qui fabrique une bulle…) et du plugin pre-blur (qui applique un flou, une « matière »…) Dans le champ correspondant, il est possible d’entrer une valeur numérique mais le plus simple est de glisser/déposer à droite ou à gauche pour augmenter ou diminuer la valeur. En double cliquant on applique la valeur zéro, ou 1. Chaque plugin est réglable de cette façon, ce qui change grandement le résultat final.

Les triangles 2,3 et 4 sont composés du seul plugin « Julian« . On le reconnait tout de suite à ces formes symétriques en rosaces qu’il génère. Voyez comme la fractale change d’aspect en modifiant la valeur de chaque « Julian »…

A ce stade, vous pouvez ajouter des plugins, en supprimer, et voir ce que vous obtenez en leur sortant les tripes. Mais avant cela, il y a encore d’autres réglages possibles et déterminants.

Encore des variables !

Intéressons nous cette fois à l’onglet « Variables ». Pour les triangles possédant la variation Julian, de nouveau réglages apparaissent : Julian Power et Julian distance. Le premier détermine le nombre de « rosaces », le second, la répartition de l’effet. En modifiant ces paramètres pour les trois triangles, on obtient une fractale radicalement différente. Quand on utilise un plugin, il faut penser à vérifier dans cet onglet Variables s’il ne possède pas de réglages spécifiques.

Cadrage et couleurs : les deux mamelles cachées d’Apophysis…

Question de point de vue

Par défaut, les fractales sont vues « de haut ». Il est temps de changer de point de vue. On accède à ces réglages dans la palette « Ajustement« . On peut jouer sur le flou de profondeur, l’inclinaison, la perspective (plus ou moins grand angle) et la taille (zoom avant et arrière). Dans cette fenêtre, en cliquant/glissant dans l’imagette, on modifie très rapidement son inclinaison tandis que la même opération dans la fenêtre principale permet la translation et le recadrage. Ces mêmes opérations sont accessibles dans l’onglet Camera de la palette Adjust.

Notez qu’on révèle ainsi la troisième dimension en faisant naître des perspectives et reliefs insoupçonnables au départ… Apophysis EST un logiciel 3D… Notons que pour des raisons de temps de rendu, il vaut mieux jouer sur le réglage « Scale » que sur le Zoom de la caméra…

Colorisons mieux

Il est temps de mettre une dernière couche par l’usage des gradients. On peut se contenter des gradients proposés par défaut dans le logiciel (accessibles par un menu déroulant du bas de la palette Gradient) mais il vaut mieux charger ses propres gradients. Vous en trouverez toute une collection ici.  On les installe en cliquant sur l’avant dernière icône, en bas (Open gradient browser).

Il existe un tas de méthodes pour modifier les gradients :

  • Clic/glissé droite/gauche, dans la fenêtre du gradient pour faire tourner les couleurs.
  • clic droit/Randomize, directement dans le gradient (génère un gradient aléatoire).
  • clic sur le bouton Preset (choisit dans les gradients précédemment chargés).
  • clic sur le bouton « Rotate ». Il faut découvrir les subtilités de ce menu gigogne curieusement caché qui donne accès à toutes sortes de réglages de contraste, couleur, fréquence… Il est toujours possible d’opérer la rotation de couleurs dans le gradient lui même, mais la fonction de la réglette du dessous change en fonction du menu choisi.

Enfin, la méthode la plus sournoise mais la plus sûre (goret roublard aggravé, deux étoiles) consiste à copier/coller le gradient d’une sublime fractale tierce, ce qui donne en général d’excellents résultats étant donné  que quelqu’un s’est déjà échiné des heures à régler les paramètres au petit poil…

En guise de conclusion, voici un résumé visuel des différentes étapes de notre exploration.

Le résultat n’a plus rien à voir avec le modèle de départ, ce qui était le but recherché. Pour ma part je vois dans cette dernière image le flash gamma d’un trou noir super massif. Mais je suis un peu dérangé de la tête…

Peut être s’agit-il d’un spirographe, d’un ver polychète en train de se soulager, d’un filtre à air, d’une lampe à souder ou d’un Butagaz : c’est vous qui voyez ! A ce stade, vous aurez sans doute envie de tirer partie au mieux des capacités 3D du logiciel… Et pour cela il faut passer à l’étape suivante, celle du « goret affranchi » et apprendre à maîtriser les triangles, les plugins, les scripts, et les subtilités du Xaos et du Final Transform… Avec à la clé des images toujours plus étonnantes, comme ce corail mutant, en fluorescence… 😆