Retouches et hybridations : Quand l’IA rencontre la main humaine

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IA… Que de bêtises dites en ton nom (lire Voyage au pays des « haters)… Mais ceux qui s’en servent savent bien qu’une image née d’un algorithme n’est qu’un début. Sans dévoiler tous mes secrets de fabrication, il est évident que l’image « brute » je la prends, je la tords, je l’interroge. Car au cœur de la création, il y a toujours un geste, un choix, celui de l’artiste, même quand il s’agit d’art numérique.

L’acte de la retouche : faire parler les pixels

En informatique que ce soit en 3D ou en art génératif, l’image générée est souvent trop “propre”. Alors je la dérange. Je modifie la texture, la lumière, l’équilibre jusqu’à aboutir à l’image finale. Le plus souvent, les effets sont subtils, presque invisibles mais s’ils n’étaient pas là, on le verrait ! Il existe beaucoup de logiciels et de filtres divers pour « salir » une image, lui donner de la texture, du grain… Citons Analog Efex Pro, jadis gratuit, puis repris par Google, puis revendu, puis… Bref, payant !

Techniques principales :

  • Ajout de grain et de bruit, pour casser le lissage trop automatique des images nouvellement obtenues.
  • Flou localisé, et autres effets « Bokeh », bien connus des photographes, pour créer des zones de doute visuel.
  • Corrections colorimétriques : saturation affective ou désaturation tragique : on tend vers les tons chauds, les rouges, les jaunes, les oranges et ocres ou au contraire les bleus profonds, glacials…
  • Traces d’encre numérisées
  • Frottages, déchirures, collages organiques
  • Réimpression de l’image, puis altération physique avant rescannage…

L’image commence à trembler, à respirer autrement. Elle se met alors à ressembler à mes rêves…

AI et aller-retour numérique : boucler la boucle

Parfois, je retransforme l’image altérée en un nouveau prompt IA grâce aux antiques fonctions « Describe » (plus personne ne les utilisent aujourd’hui 🙂 ). Et je vois ce qu’elle dit de sa propre mutation.

C’est en utilisant ce procédé que j’ai exploré assez loin ce concept de « gargouille médiévale »… et végétale ! Avec l’aspect des enluminures aux « trois crayons ».

Résultats :

  • Un visuel “auto-hybride”.
  • Une version rêvée de l’image modifiée
  • Une métamorphose visuelle en plusieurs couches…

 

IA et hybridation fractale

Partant de ce mode opératoire, et pour renouer avec le monde des fractales où j’ai plongé assez profond, j’ai eu l’idée de mélanger les deux mondes. Ainsi est née la série NeoFractal.

Dans un premier temps, j’ai entraîné une IA (Flux en l’occurence) sur un certain nombre de mes tableaux fractals parmi les plus appréciés – obtenus eux grâce à des logiciels dédiés comme JWildfire ou Mandelbulb3D. Ceci de façon à obtenir un fichier « Lora » tout à fait personnel.

Ensuite, dans une autre IA (Stable Diffusion 3.5 via DrawThings) j’ai envoyé un prompt où il est question d’un plongeur dans une grotte avec bulles, rayons de soleil « god rays », formats et… tout le confort moderne. Et bien entendu le fameux fichier Lora pour faire générer au logiciel des formes fractales inspirées de mes tableaux. Et, le plus surnaturel est que ce procédé a fonctionné tout de suite : je retrouvais dans ces images la magie de mes tableaux bien qu’ils soient complètement différents !

Pour résumer, je fusionne mes fractales personnelles avec les créations IA. C’est un « collage numérique » ; une conversation entre deux logiques. Toutefois, l’honnêteté me pousse à dire que cela n’a pas été tout seul. Par exemple, voici quelques visuels qui, pour être bien panoramiques en 16/9, n’en sont pas moins des voies de garages. Des laideurs hallucinées de l’IA mal maîtrisée…

Et voici d’autres essais non concluants, au format « tableau » 4×3 horizontal…

Avant d’aboutir enfin, par essais / erreurs et subtiles variations et améliorations aux images présentées dans la boutique :

Créer avec l’IA, c’est reprendre le pouvoir sur l’impersonnel. C’est insérer de la mémoire, du doute, du geste. Et à la fin, si l’image touche, ce n’est pas à cause de l’algorithme, mais de ce qu’on y a déposé.

 

Publié le Jan 11, 2026

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