On ne se rend pas compte de l’importance du silence, vécu souvent à tort comme une absence. Qu’on pense seulement au rôle de la méditation chez les grands mystiques, du vide et son énergie quantique ou encore à d’autres moments suspendus dans l’univers de la création… Avant le code, il y a le calme. Avant la forme, le vide. Dans mon processus créatif, le silence n’est pas une absence, c’est un partenaire. Il permet à l’image d’émerger, à la pensée de se dissoudre, pour laisser place à l’intuition. Ce silence-là, je ne le cherche pas. Je l’écoute.
Le silence comme point de départ
Les idées les plus justes ne surgissent jamais dans le tumulte. Je les trouve souvent dans des moments de lenteur, au seuil de la nuit. Voire au plus profond de celle-ci, dans le pays des songes ; dans les profondeurs du sommeil paradoxal. Ou au cours d’une marche sans but, où l’oxygène afflue vers mes neurones et dope ma créativité. Ou un matin, réveillé trop tôt, encore immergé dans les rêves. Ou encore, perdu dans une pièce sans bruit, qui stimule mon imaginaire…
Ce silence intérieur crée un espace fertile. J’y pense des fragments visuels, des émotions brutes. Parfois, une image s’y forme spontanément. Parfois elle est folle, irréalisable, surgie d’un univers parallèle. D’autres fois elle est si précise que je peux la décrire, la réaliser même.
Le vide comme structure
Créer à partir du silence, c’est accepter l’imprévu. Je commence parfois une œuvre sans savoir ce qu’elle veut raconter. Et pourtant, les formes, les couleurs, les lignes semblent se déployer en réponse à ce vide. Comme si l’algorithme lui-même respirait. Je suis alors spectateur avant de devenir acteur.
Reproduire le silence en image
Longtemps je me suis demandé comment représenter le silence… Par la simplicité ? Par l’équilibre ? Par la non-saturation des couleurs ? Dans mes fractales, je ménage des espaces “respirants”, des zones de calme visuel grâce à des dégradés doux, des transitions lentes et surtout, une absence de « bruit coloré ».
L’objectif : créer des œuvres qui ne hurlent pas mais qui murmurent. Comme « Dune« , par exemple… Avec un bruit « blanc » issu des galaxies lointaines et des espaces infinis, ou des planètes sans hommes tel qu’enregistré par nos sondes ou nos télescopes spatiaux…
Un silence actif
Le silence n’est pas une pause entre deux œuvres. Il est une œuvre en lui-même, un outil de composition, une source profonde d’inspiration. Et lorsqu’un spectateur me dit : “C’est drôle, cette image me calme”, je sais que le silence est passé à travers. Que, venu d’ailleurs, il imprègne désormais notre monde…




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