Genèse d’une image IA : Quand une phrase devient un univers visuel

Accueil / Fractales / Genèse d’une image IA : Quand une phrase devient un univers visuel

La genèse d’une image IA… On le sait, je pratique l’art algorithmique. C’est à dire que j’utilise des logiciels en lieu et place des crayons, couleurs et pinceaux traditionnels pour créer des tableaux. C’est ainsi que je me suis intéressé aux fractales qui m’ont permis de générer des visions étranges et d’explorer en profondeur ces mondes oniriques. De même, je me suis récemment consacré à l’IA dont on parle beaucoup. Ces nouvelles techniques me permettent d’aller encore plus loin et, paradoxalement, de repousser les limites des fractales tout en tirant partie de celles que j’ai déjà créées. Etat des lieux…

Le prompt : une graine poétique

L’IA ne « comprend » pas au sens humain mais elle interprète. Elle extrait des formes, des lumières, des symboles. Chaque rendu est une réponse visuelle à ton état d’âme. Et parfois, l’algorithme te montre même une part de toi que tu ignorais. Tout commence par une phrase, le « prompt ». Pas une commande brute, mais un souhait d’image. Ainsi je n’écris pas : “Génère un ciel étoilé” mais j’indique plutôt : “Dessines un ciel fracturé, constellé de souvenirs oubliés, éclairé par une lune nerveuse.” Et le logiciel comprends ! Cette approche poétique crée de cette façon des images chargées : parfois floues ou déséquilibrées mais toujours vibrantes.

Les paréidolies de Victor Hugo.

Créer avec l’intelligence artificielle, ce n’est pas seulement générer une image. C’est dialoguer avec un algorithme, le nourrir de sens, lui proposer une émotion et attendre – et parfois s’émerveiller, de ce qu’il en fait. Avec l’avènement des « LLM » (Large Langage Model) et des techniques des « transformers » et de la « diffusion », un simple texte est capable de générer une image. Avec de tels outils et une telle (apparente) facilité, grande est la tentation de s’abandonner à la paréidolie. C’est à dire laisser le logiciel accoucher d’un embryon d’image et chercher ensuite ce qu’il nous évoque pour le compléter, le modifier dans ce sens. Une technique qui a été utilisée par exemple par Victor Hugo ou Georges Sand et qui a toute sa place d’ailleurs dans le processus de création de l’art génératif. Pourquoi pas ?

Mais bien plus difficile est de décider d’ordonner soi-même la genèse d’une image IA. C’est un long chemin. Toujours plus ardu et douloureux qu’on ne se l’imagine. En effet il ne suffit pas « d’appuyer sur un bouton » et de laisser le logiciel faire. Il n’y a qu’à s’y essayer pour s’en convaincre ! Au fur et à mesure de mes progrès dans ce domaine, j’ai décidé de proposer certaines de ces créations sur la boutique, avec un nouveau format : des impressions sur papier, à encadrer sous verre. Notament la collection Old Wave

A la manière de Léonard de Vinci

J’ai toujours été fasciné par les dessins à la sanguine des artistes de la Renaissance. C’est ainsi que j’ai voulu créer des sous-marins habitables inspirés de créatures marines, le tout dans le style du grand Leonard de Vinci : En sepia, dessiné sur papier, avec des croquis et des inscriptions notées comme il se doit « à l’envers » (lisibles seulement dans un miroir) à la manière du maître… J’ai utilisé pour cela un prompt adapté (du texte anglais optimisé) et plusieurs « Loras » pour imiter ce style « Vinci »… Mes premiers résultats étaient encourageants : oui, je pouvais « créer » de cette façon des « véhicules » pour le moins originaux !

Après quelques errances au pays des poissons biomécaniques chers à H.R Giger, je me retrouvais avec du potentiel, certes, mais rien de probant ni d’utilisable. Puis, j’appris à dialoguer avec l’IA, pour renforcer l’aspect « Léonard de Vinci » bien sûr, mais surtout la vraisemblance et la « fonctionnalité » des machines que je générais.

Alors m’est venue l’idée d’ajouter un cockpit de verre coloré en cyan à mes créatures. A la manière du mythique sous-marin – requin de Tintin. Il m’a fallu un moment pour trouver les bons mots afin de séduire l’IA très susceptible. En clair, peaufiner les bons réglages pour obtenir ce que je voulais. Et non pas un quelconque poisson dans une bulle de verre comme il m’était parfois proposé ! 🙂

Tout naturellement, j’en suis venu aux requins, plus ou moins obèses (les fameux requins « obesus » – nan je rigole !). Avant d’aboutir à la version finale de ce squale, mise en vente sur la boutique

 

Trouver le silence visuel

Je ne crée pas une image. Je crée une série. Je fais varier le prompt, j’ajuste la lumière, je tord la perspective. Le but n’est pas la perfection, mais l’exploration d’un même sentiment sous différents angles. Parmi les dizaines de rendus, il y en a un, souvent imparfait, qui me touche. Ce n’est pas le plus détaillé, ni le plus spectaculaire. Mais il possède un silence visuel. Une sorte de justesse silencieuse.

Créer avec l’IA, c’est accepter de se laisser surprendre. Ce n’est pas déléguer l’art. C’est co-créer ; en offrant des mots, et en recevant des visions. Et quand l’image devient matière, elle se transforme en objet d’émotion, à contempler loin des écrans.

Publié le Déc 30, 2025

Catégories

0 commentaires