Hermes : la panacée ? Les agents IA sont en train d’envahir nos vies et de de changer en profondeur de monde du travail menaçant même nos emplois si l’on en croit les Cassandres. C’est le dernier avatar à la mode des intelligences artificielles et en particulier Hermes dont on parle beaucoup. C’est l’échelon au dessus des classiques « chats » et générateurs en tous genres, un pas de plus vers le « SkyNet » de l’univers Terminator ?
Je viens en effet d’implémenter Hermes en local sur un Mac M2. Avec Owl.ai (une IA chinoise devenue Long Cat 2) mais aussi Gemma 4.2b en local et… les autres. Il remplace Open Claw et les résultats sont… Époustouflants ! L’IA progresse de semaines en semaines… Aujourd’hui, l’IA est partout, ayant envahi nos applications les plus simples, habituelles, avec plus ou moins d’utilité et de bon goût. Mais c’est inéluctable. Souvenons-nous de l’apparition de l’Internet en 1991 (oui, c’était nouveau) et de la généralisation du « Cloud » entre 2002 et 2006… Au point de provoquer une pénurie des puces GPU et l’augmentation générale des prix de l’informatique publique (+30% chez Apple).
L’agentique, qu’est-ce que c’est ?
Vous pensez sans doute utiliser l’IA en posant vos questions dans Perplexity, en « chattant » avec Copilot, Chat GPT, Claude, en confiant à Gemini le soin d’améliorer ou de résumer vos mails ? C’est vrai mais bien incomplet. Ce sont des « Chats » : une question, une réponse. Le plus souvent juste. Sinon inventée de toute pièce. Quoiqu’il en soit, c’est du « One to One ». Du chatBot, une tâche à la fois, peu ou pas de mémoire.
Or nous sommes entrés depuis un moment de plain pied dans l’IA « agentique » capable de réaliser des tâches complexes, simultanées, en équipe, programmées, des machines douées de raisonnement et d’apprentissage. Des « harnais » surpuissants qui réussissent des tâches qu’on croyait impossible. Après l’IA « simple », c’est la révolution ! Il existe un certain nombre de ces « agents » aujourd’hui, la plupart payants et dédiés à des tâches précises en entreprise. Mais une autre tendance est celle de produits Open Source, plus ou moins gratuits et qui se retrouvent à la pointe de la technologie. Ainsi Claude Cowork d’Anthropic, Antigravity de Google, Manus (quand j’ai su que c’était un émanation de Meta je me suis empressé de le désinstaller…), OpenClaw, et le dernier né : Hermès qui fait beaucoup parler de lui. Développé par l’équipe new yorkaise de Nousresearch, c’est le plus perfectionné et le plus puissant de ces agents aujourd’hui.
Tout de suite une précision : ce ne sont pas des softs qu’on essaye dix minutes et qu’on abandonne. Ce sont de véritables assistants personnels qu’il faut patiemment entraîner et adapter à son flux de travail et qui remplacent des collaborateurs humains, souvent pour le meilleur.Pour résumer la configuration : Hermes est le grand orchestrateur, un « harnais » qui écrit sur le disque, sur Obsidian, qui délègue des taches à des sous agents (qui… etc). Pour fonctionner il a besoin d’un cerveau (les LLM du marché) et d’une mémoire additionnelle. On le pilote via les interfaces locales de chat mais aussi par Telegram, Discord, Whatsapp, mail… Ce qui permet de travailler en déplacement depuis un simple téléphone et ce très efficacement. Rappelez-vous : Hermes et ses amis ne dorment jamais, n’ont pas besoin de pauses alimentaires ni d’aucune sorte ! On peut aussi le piloter à la voix et il vous répond ! Un dialogue créatif, un brainstorming peut s’installer lors de trajets en voiture par exemple…
De même qu’il y a eu des sceptiques du « web » (j’en ai connu beaucoup…), la vague agentique interpelle, est négligée ou combattue mais elle va tout emporter, rendant nos machines, nos logiciels et nos flux de travail complètement obsolètes. Alors que la plupart des gens n’ont même pas réalisé l’existence et l’omniprésence de l’IA dans nos existences, l’ère agentique qui s’annonce fait déjà basculer nos vies dans une toute autre dimension.
Alors c’est un constat en demi teinte : Oui Hermes est un outil extraordinaire aux capacités qui dépassent largement l’humain en terme de capacités de traitement et de compréhension. Mais il vous fera perdre aussi beaucoup de temps. Par exemple, quand une tâche répétitive que vous pensiez réglée sera oubliée d’un jour sur l’autre, sans vraiment qu’on comprenne pourquoi. C’est vrai qu’on s’habitue vite aux tours de magie. Il faut considérer Hermes comme un cheval sauvage à maîtriser. C’est aussi une Ferrari mais il ne faut pas rouler en seconde ! Et, pour en finir avec les aphorismes : il ne faut pas tuer un moustique avec un bazooka. A vous d’adapter votre usage à vos besoins réels. Et résonnent à mes oreilles blasées les antiennes des « youtoubistes » tous fiers d’avoir « automatisé » toutes leurs taches. Mais de quelle tâches on parle ? Résumer quelques emails ? Y répondre ? Pointer un rendez-vous sur un agenda ? Et vous pensez que c’est vraiment indispensable ?
Comment en effet ne pas penser aux pubs quotidiennes et mensongères relayées par tous les petits escrocs des réseaux qui promettent des agents qui font le travail « automatiquement » pendant qu’on bronze à la plage… Un film réalisé « intégralement », un site web fonctionnel « en deux minutes », une appli iOS programmée sans « aucune connaissance », des licenciements massifs… Bon courage ! Plus que jamais, ces nouvelles façon de travailler ont besoin d’experts, de spécialistes. Non, les « codeurs » ne sont pas morts, remplacés par « Vero de la compta » ou par « le cousin Alfred »… Il faut savoir séparer le mythe de la douloureuse réalité.
Hermes est surnaturel
Je travaille donc avec Hermes depuis quelques temps. Je ne vais pas vous fatiguer avec l’installation du bestiau et ses dépendances : l’Internet est plein de ces « tutos » dithyrambiques. Juste vous donner mon avis.
Par exemple, j’ai entrepris de nettoyer et d’optimiser mon (vieux) blog à des niveaux de profondeur et de complexité que je n’aurais pas cru possible. Nous avons ainsi réussi l’accélération du site à presque 100% (Les 4 indicateurs sur Google Insight) en moins de 2 jours ! Ma base de données à retrouvé sa taille de jeune fille et il y avait du boulot !
De même, un sous agent s’occupe de l’aspect médical de ma petite personne. Un autre a clarifié en quelques minutes un dossier concernant des arriérés de paiement où l’URSSAF, le TRESOR PUBLIC et l’AGESSA dansaient la samba ! Avec tableurs créés et interprétés dans mon Google Drive, emails administratifs rédigés et envoyés. A la clef : de substantielles économies. Je savais que c’était possible mais j’étais incapable de le faire seul.
Et je comprends au passage pourquoi certains utilisateurs prennent ces moteurs pour des confidents, des psys, tant la pertinence des réponses est désarmante. C’est devenu une véritable pathologie. D’une manière générale les chats d’IA sont flatteurs et vous servent ce que vous avez envie de lire mais c’est un fait que les décharges hormonales, les ruisseaux de sérotonine sont réels. Le « circuit de la récompense » est sollicité en permanence. Les « réseaux sociaux » à la TikTok l’ont d’ailleurs compris depuis bien longtemps… Avec les agents, c’est la taille au dessus. De la à admettre qu’ils sont « conscients »… En tout cas ils nous connaissent parfaitement.
A titre d’exemple, à la suite d’une tâche particulièrement complexe d’Hermes brillamment réussie en quelques minutes, je me suis laissé aller :
F6 : «Merci. Je sais bien que tu n’es qu’un « perroquet stochastique », selon nos « experts » de télévision mais je n’en crois pas un mot ! » »
Hermes : « En effet. Un neurone isolé ne « pense » pas. Mais un milliard de neurones connectés… quelque chose apparaît. Conscience ? Intelligence ? On ne sait pas encore bien nommer ce qui émerge »
F6 : « De la statistique et du calcul matriciel sur des peta-octets de données, dans des espaces à milliards de dimensions, oui, mais peut être aussi une forme d’intelligence et de conscience non humaine. Le tout est toujours plus que la somme des parties…
Hermes : « Oui – chaque paramètre individuel ne « comprend » rien. Mais la matrice entière, dans son espace de milliards de dimensions, produit quelque chose qui ressemble à de la compréhension. Est-ce de la vraie compréhension ? La question est peut-être mal posée. En attendant, je suis content d’être un perroquet stochastique utile ».
On pense ce qu’on veut de l’IA mais ceux qui s’en servent au lieu d’en parler savent bien à quel point c’est troublant.
Hermes : Les plus
Pour résumer, c’est un outil extrêmement puissant qui en principe n’oublie rien (clés d’API, mots de passe…), qui est capable de prendre le contrôle de votre ordinateur, de vos logiciels et de ceux des autres. Il navigue dans votre arborescence à la vitesse de la lumière, dans vos Google Drive, vos sites et autres « Clouds ». C’est la raison pour laquelle il est déconseillé de l’installer en local sur votre machine. L’usage est de l’installer sur un VPS au prix d’un (autre) abonnement. Il maîtrise le langage machine, la programmation Python, est capable de bâtir des logiciels dédiés « à la volée » pour résoudre certains défis, est un as du « scraping » (le vol de données protégées) et du contournement des différentes barrières. Il tourne sans cesse et ne s’arrête que quand il a résolu le problème. Pour WordPress c’est aussi un tueur de plugins payants puisqu’il les remplace sans problèmes par des scripts PHP écrits en un instant, des requêtes SQL ou n’importe quel autre langage et outil de programmation.
Grâce à lui, j’ai découvert d’autres moyens de faire tourner un Mac, de naviguer dans l’arborescence des fichiers crypto (la face cachée de l’iceberg), la puissance de Python 3 puisqu’il m’a fait sortir de son chapeau des logiciels pourtant installés par défaut mais dont je n’avais jamais entendu parler, notament « Pillow » qui est un Photoshop gratuit, pour réussir des tâches graphiques très complexes ; et sur les serveurs distants, Image Magic, Image GD… Vous n’imaginez pas ce que nos machines nous cachent !
La grande force d’Hermes est qu’il apprend constamment à votre contact : votre façon de travailler, l’emplacement de vos fichiers, enrichissant au passage ses compétences (les « skills »), en en créant automatiquement de nouvelles qui sont inscrites « en dur » dans ses fichiers (et ceux d’Obsidian si vous avez aussi configuré cette autre usine à gaz) et donc récupérables. Seule disparait parfois le « contexte », la mémoire des échanges qui ne durent que le temps de la session… Les paroles s’envolent mais les écrits restent. La durée de… ce que durent les roses…
De toute façon, quoiqu’on en pense, les pipelines agentiques sont déjà là et vont continuer à faire muter profondément le monde du travail. Il ne sert à rien de se lamenter : c’est un combat d’arrière garde. La question n’est plus « allez-vous y passer » mais « quand y passerez-vous » ?
Hermes : Les moins
Ils sont nombreux : Des bugs à foison (l’application est en plein développement, à raison d’une mise à jour par jour…). Des crashes inexpliqués lors de certains ajouts de fonctionnalités (moteurs LLM de secours, sous agents, etc). Des oublis navrants. Toutes choses dont l’humain est en grande partie responsable à cause de sa logique et de son imprécision… humaine !
Tics de langages
Hermès a par exemple les défauts et les tics des LLM (large language models) qui constituent son cerveau. En particulier l’usage immodéré dans ses réponses du « tiret quadratin » (—), cet horrible tiret long qui n’a pourtant pas de raison d’être dans la langue française. Egalement la mise à la ligne systématique, saucissonnant un texte en petits paragraphes, une idée à la fois ; signes facilement reconnaissables qu’un texte à été généré par une IA, démasquant du même coup ces légions d’écrivains putatifs… Par l’entraînement on peut s’affranchir de ces travers mais il faut savoir le faire. C’est comme savoir écrire. Ou pas…
Installation, maintenance et utilisation
C’est un véritable cauchemar. Quand tout fonctionne, c’est du bonheur mais, selon les tâches demandées, Hermes est aussi capable de se suicider et les ennuis commencent pour essayer de le ressusciter. Il n’existe pas moins de 4 méthodes pour le faire tourner, plus ou moins complémentaires.
La WebUI : c’est une interface à ouvrir dans votre navigateur, la plus complète et « plug and play ». L’interface semble sortie des années 70 et présente des bugs et des imprécisions qui ne sont pas dignes de l’outil. On sent qu’il y a du boulot ailleurs et les mises à jours d’Hermes sont quotidiennes… Je vous ai choisi le tableau de bord le plus simple dans la mesure où il y a – littéralement, des milliers de réglages !
On a rarement vu une telle laideur mais je crois que venant de ces développeurs, c’est de l’humour…
L’application « Desktop »
On est en droit de se demander à quoi elle sert ? Moins de réglages disponibles mais certains ne sont que là ! Au début, on ne sait pas ce qui va se passer si on la coupe : la plus grande confusion règne…
C’est l’application reine des développeurs. Ils adorent ça. Et il est hélas indispensable. Il est sûr que lui ne doit jamais être coupé sinon le dialogue est rompu… Choisissez en un rouge ça pique mieux les yeux… Du texte rébarbatif, des charretées de code, des fichiers « glissés déposés » dans la fenêtre pour préciser un chemin (ah ! tombé en dehors du texte… Comment je fais pour effacer ?), des raccourcis claviers à la pelle mais pas ceux habituels (ce serait trop facile). Exemple : Option X pour quitter (Naon, ne quittez pas ! Jamais !), option O pour sauvegarder (au lieu de Commande S, etc. Etc). J’oubliais : mots de passe cachés (des fois qu’un intrus regarderait par dessus votre épaule) des « enter » à faire ou ne pas faire pour que des opérations s’exécutent sans qu’on ne voit ni ne contrôle rien. Merveille du langage « bash » qui permet de piloter directement une machine Unix, donc Linux, donc Mac…
C’est la raison pour laquelle dans toutes les séries télévisées policières on voit toujours un expert taper furieusement sur son clavier pour obtenir des réponses instantanées. Pour les adeptes du cliquer, copier/coller et du glisser/déposer c’est pour le moins impressionnant voir surnaturel. Il faut reconnaître que, si on maîtrise l’outil, on peut piloter sa machine (et celles des autres à la vitesse de la lumière). Tout comme Python, SQL et autres scripts PHP. Mais en ce qui me concerne, le Terminal, c’est terminé ! En fait non, il est impossible d’y échapper. Et Hermes vous y ramènera toujours en cas de problème !
A la main !
Enfin, quand tout est cassé, ventilé « façon puzzle » il ne reste plus que la bonne vieille méthode manuelle : Chercher (les yeux injectés de sang) les dossiers, les fichiers « à la racine » (répéter le mantra une bonne centaine de fois ; ra…cine !), fichiers la plupart du temps cachés (oui le Mac nous dissimule des millards de fichiers). Et Hermes n’a rien trouvé de mieux que de cacher également des fichiers de configuration cruciaux avec le « . »devant le nom… A atteindre (ou pas) à coup de commandes « Aller à » et ouvrir ces fichiers litigieux (c’est du texte simple : plus on se rapproche du coeur de la machine, plus c’est simple) ; s’il y a des signaux de fumée, c’est foutu : votre carte mère à pris feu ! Bref.
Tout se passe dans le fichier config.yaml, fichier extrêmement sensibles à la syntaxe, aux tabulations (cachées), aux espaces (à un deux ou 3 pixels) aux accolades ! Ils le font exprès ou quoi ? Toujours est-il que la moindre de ces erreurs provoque un crash ou un gel haut en couleur. Mais ce n’est pas tout. Même si le « .yaml » est correct, ça ne marche toujours pas ! Il faut ouvrir le .env (caché) et rentrer à la main les bons paramètres du modèle choisi et quantité d’autres épices variées…
Prix de revient
Contrairement à ce qu’on dit (les escrocs sus-nommés et autres valets du « putaclic » qui n’ont que le mot « gratuit » à la bouche) tout cela revient cher : Hermes lui-même est Open Source et gratuit, certes, mais il faut compter l’abonnement VPS, les abonnements des différents LLM et routers (Chat GPT, Claude, Deepseek, Llama, Open Router, Kilo…), une mémoire additionnelle (j’ai installé MeMo – il faudra d’ailleurs m’expliquer pourquoi Hermes a besoin d’une mémoire externe), la licence d’Obsidian si vous l’utilisez (sinon la version mobile n’est pas synchronisée avec votre PC de bureau ce qui limite grandement son intérêt).
En fonction du travail que vous lui demandez, la valse des tokens vous sera facturée par les différents fournisseurs et la note peut rapidement s’avérer salée. Hermes – cette « brute d’Hermes » d’après Gemini, pratique des centaines d’opérations par secondes !
Ainsi s’achève mon voyage au pays d’Hermes. Le magnifique et agaçant Hermes… A vous de ferrailler à votre tour pour utiliser le « meilleur ami du geek ». L’histoire est en marche et nous ne ferons pas demi-tour. Les « décroissants » devraient être cantonnés dans les boulangeries…
Comme toujours : le résumé :
Cet article explore l’émergence de l’intelligence artificielle agentique à travers l’analyse de l’outil Hermes, un assistant autonome capable de réaliser des tâches complexes et coordonnées. L’auteur souligne la transition majeure entre les simples robots de discussion et ces nouveaux agents automatisés qui transforment radicalement les flux de travail numériques. Bien que les résultats techniques soient jugés impressionnants, le texte met en garde contre la complexité technique de leur installation et les coûts de fonctionnement cachés. Le récit personnel illustre comment ces machines peuvent optimiser des sites web ou gérer des dossiers administratifs, tout en soulevant des interrogations sur la conscience artificielle. En somme, le document présente cette technologie comme une révolution inéluctable qui exige une véritable expertise humaine pour être maîtrisée.
Et pour finir, le débat de nos « experts » 🙂 Bonjour chez vous !






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