Steve Newman : Savez-vous qui c’est ? Un film entraînant l’autre, je viens de me taper avec plaisir une grande partie de la filmographie de Steven Soderbergh et j’ai découvert à cette occasion un musicien exceptionnel mais j’anticipe…
Laissez-les dire…
S
teven Soderbergh est un réalisateur, scénariste et producteur américain né en janvier 1963 à Atlanta. Il tourne ses premiers courts métrages très jeune, puis s’impose avec Sexe, mensonges et vidéo, Palme d’or à Cannes en 1989. C’est un cinéma particulier, attachant, avec du second degré et des mises en abîme surprenantes. Et des performances d’acteurs dans des rôles pas toujours faciles à interpreter. Il aura fait tourner des stars comme George Clooney, Matt Damon, Julia Roberts, Michael Douglas, Jude Law, Catherine Zeta-Jones mais aussi des comédiens presque inconnus ce qui est sa signature. Des dizaines de films à son actif et parmi ses chefs d’oeuvres : la série des Ocean’s (Eleven, Twelve, Thirteen), Contagion, Erin Brockovich…
L’un de ses derniers : Let them all talk avec Merryl Streep dans le rôle d’une romancière à succès, en panne d’inspiration et qui offre à ses plus proches amies une croisière de « mise au point », peut être sa dernière… Par certains aspects le scénario rappelle un peu le magistral Script de Rick Moody. Sans vouloir spoiler… Le film existe aussi en français avec pour titre La grande traversée. Ce qui est plutôt simpliste et réducteur, je dis çà… Le public français serait-il si bête que cela ? Passons.
Steve Newman : Valsons !
J’ai découvert à cette occasion la musique du film signée Thomas Newman qui n’est pourtant pas un inconnu à Hollywood puisqu’il est l’auteur d’un grand nombre de films à succès. On est loin du « bruitage » à la Hans Zimmer et il s’agit là de vraie musique symphonique, selon mes critères (les goûts et les couleurs, gna gna gna…) Ayant reçu une éducation musicale assez poussée, je me sens le droit par moment de donner mon iconoclaste avis.
Toujours est-il que sa maîtrise de l’orchestration rappelle celle d’un Henri Mancini et les accents insouciants d’un Charlie Steinmann. C’est assez impressionnant, collant au film avec les morceaux minutés, plan par plan « à l’ancienne »…
Pas question d’harmoniser un thème principal avec différents styles comme c’est souvent le cas mais plutôt dérouler une mélodie qui n’en finit pas, qui mute, nous entraîne et nous surprend, des airs qui s’enchainent, évocateurs, et nous font voyager loin. Une imagination mélodique débordante : Thomas Newman est le Georges Bizet de la musique de films. C’est… Extraordinaire et rare. Jugez par vous-même.
Et cet autre extrait où l’orgue Hammond s’invite, surprenant, chantant, parfaitement à sa place avec un groove étonnant au sein de la musique orchestrale.
Steve Newman revendique lui-même être inspiré par Charles Ives, Igor Stravinsky, Bernard Herrmann, Stephen Sondheim, John Williams… entre gens bien, n’est ce pas ?…
En tous cas les réalisateurs avec qui il a travaillé lui reconnaisse un esprit pionnier, une approche imaginative du timbre qui a donné à sa musique un caractère distinctif rare dans le paysage hollywoodien. Oui, Newman a une voix originale et est un véritable collaborateur des cinéastes. En tout cas, son oeuvre me transporte. Et vous ?
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