Capitaine Sky

Accueil / Graphisme / Capitaine Sky

Capitaine Sky… Voilà un film qui m’a beaucoup marqué quand il est sorti en salle en 2004. Non pas tant par le scénario et le jeu des acteurs, assez « classique » mais par l’histoire du film lui-même. Il est d’ailleurs considéré aujourd’hui comme un vibrant hommage aux pulps et comics des années 30.

En effet, Kerry Conran le réalisateur avait envie de faire des films comme ses modèles Steven Spielberg et George Lucas, en s’inspirant de tous les comics qu’il avait lus. Il était diplômé de CalArts (California Institute of the Arts), la prestigieuse école privée américaine en partie fondée par Walt Disney, mais comme il n’était encore personne et ne connaissait personne, il s’est lancé de son côté, avec son frère Kevin et leurs petits moyens.

Home cinéma

Je crois que c’est cette démarche de « self made man » qui m’a séduite et également le fait que ces passionnés de cinéma et d’informatique aient réalisé le film (tout au moins sa présentation) sur un Mac ! Cela repoussait les frontières du possible. After effects venait de sortir, une véritable révolution qui permettait en principe à tout un chacun de jouer avec le compositing.

« J’ai commencé à créer des plans et à les coller ensemble. Et ça a fini par devenir ce petit court-métrage, qui a tout lancé. Mais après quatre années à travailler dessus, je n’avais six minutes, et je me disais que j’avais besoin d’aide. C’est là que j’ai tout pris et que je l’ai montré à Jon Avnet… et ça a démarré ainsi. »

Ce teaser de Capitaine Sky, de quelques minutes a été en effet entièrement réalisé sur un Macintosh IIci, avec des acteurs filmés sur fond bleu et des décors créés numériquement. Ce court essai a convaincu le producteur Jon Avnet de financer un long-métrage, tourné ensuite avec Jude Law, Gwyneth Paltrow et Angelina Jolie. Et avec une centaine d’artistes numériques qui ont pris le relais pour produire le film complet quand il a pu être financé.

apple-macintosh-iisiKerry Conran a donc commencé à travailler avec une pièce de musée qu’on peut admirer aujourd’hui avec ses congénères sur l’excellent site VirtulaBam : le  Mac IIsi avec une puce CPU Motorola 68030 à 25 MHz, doté de 4 à 8 Mo de RAM et d’un écran 8 bits couleur ! Puis il est passé à un Mac Quadra 840AV doté d’un processeur 68040 à 40 MHz, avec FPU intégré et un écran de 1280×960 pixels. Ce qui fait rêver aujourd’hui. Pensez qu’on en était encore au « System 7″ ! C’était un véritable cauchemar pour ces infographistes pionniers qui attendaient parfois des heures de rendu pour voir enfin une jambe de leur robot bouger…

 

Le logiciel 3D utilisé pour la modélisation et l’animation était Alias Power Animator qui deviendrait plus tard Maya, un standard de l’industrie. Les deux frères utilisaient également les logiciels de la suite Adobe : After Effects 1 pour le compositing et Photoshop 2 pour la manipulation d’images.

Conran a donc passé quatre ans à assembler ce pilote prototype en noir et blanc de Capitaine Sky, rendu à l’aide d’outils 3D rudimentaires. Mais le résultat qu’il a obtenu était bluffant :

Un échec commercial

Le tournage a duré 26 jours, une durée relativement courte pour un film qui sera vendu comme une superproduction. Tout a été tourné sur fonds bleus, dans des studios en Angleterre. Si presque tout le monde a oublié ce film d’aventure rétro-futuriste Captain Sky et le monde de demain, c’est parce qu’il a été un échec à sa sortie en septembre 2004 aux États-Unis (et en mars 2005 en France). C’était une année chargée en blockbusters, avec Spider-Man 2Le Jour d’aprèsHarry Potter 3, Les IndestructiblesI, RobotTroieVal HelsingBenjamin Gates, ou encore La Mort dans la peau.

Commercialement, Capitaine Sky a pourtant démarré premier au box-office américain, avec environ 15 millions de recettes. Au final, le film aura encaissé près de 58 millions au box-office mondial. Pas assez ! C’est là qu’il y a deux versions de l’histoire. D’après les producteurs, c’était un flop. Mais d’après le réalisateur, le budget avait été gonflé exagérément, faisant disparaître (peut-être pas pour tout le monde) le financement…

« A l’époque j’ai pensé que c’était loin d’être parfait, et c’est entièrement ma responsabilité. Je l’accepte. (…) Si je devais le refaire, je choisirais une approche comme celle de Lucas ou Spielberg, en tentant de créer quelque chose qui essaye moins d’imiter et plus de s’inspirer. Je pense qu’avec mon approche, on regarde quelque chose de visuel et c’est saisissant pour l’époque, mais peut-être que ça empêche de vraiment s’attacher aux personnages. »

L’intrigue

À la frontière tremblante des années trente, alors que le monde oscille entre la promesse de la modernité et le vertige du mystère, une aube de fer s’abat sur les cités humaines. New York, fière et verticale comme une prière d’acier, frissonne sous l’élan des titans mécaniques. Puis d’autres métropoles s’effondrent à leur tour, englouties dans le tumulte du prodige et de la peur : surgis du gouffre d’un rêve d’ingénieur dément, des colosses de métal s’avancent, impersonnels et implacables, vers le cœur du monde.

Dans cette fureur d’engrenages et de cris s’avance un duo incandescent : Polly Perkins, journaliste aux yeux d’ambre, l’esprit acéré comme une lame d’orage, et Joe Sullivan, qu’on nomme le Capitaine Sky, aviateur sans attache, marqué d’ombres et de gloire. Ensemble, ils poursuivent la trace d’un dessein caché, une conspiration ourdie dans les brumes des laboratoires disparus. Des savants s’évanouissent les uns après les autres ; chaque indice qu’ils déterrent s’ouvre sur un nouveau labyrinthe.

Ce drame s’inscrit dans une uchronie somptueuse, où les lignes du futur portent la patine du passé. Sous la lumière coupante de décors expressionnistes, les architectures s’élancent vers un ciel d’encre, les machines se dressent comme des cathédrales gothiques. Le cinéaste, mage moderne, a choisi de peindre son univers sur l’éther d’un fond bleu – pure illusion, pure poésie – pour mieux suspendre la réalité entre rêve et mirage. Tout n’est que mouvement : batailles aériennes, fuites au-dessus de continents, halte dans les neiges translucides du Népal. Parmi ces visions, celle de New York assiégée hante la mémoire : une armée d’acier s’avance dans la lumière hivernale, semblable à une procession divine.

Les dialogues entre Polly et Joe claquent comme des étincelles, tour à tour ironiques, tendres, absurdes – échos des comédies vives des années trente, où le cœur se cache derrière l’impertinence. Et tout au long du récit, l’ombre du vieux cinéma rôde : King Kong, Le Magicien d’Oz, d’autres mythes encore, glissent entre les plans, pareils à des fantômes bienveillants.

C’est une élégie du rêve mécanique, une fable d’aviation et de lumière, où le passé s’unit au futur dans un éclat de pellicule. Chaque plan brûle du désir insensé de faire revivre les songes d’autrefois – ceux qu’avait enfantés le cinéma, avant que la réalité ne les efface pour toujours.

Plein les yeux

A l’époque, je découvrais la 3D et je bricolais sur le logiciel Bryce. Je n’ai évidemment pas pu m’empêcher, au prix d’heures hasardeuses à trifouiller des petits réglages, je n’ai pas pu m’empêcher disais-je de tenter de modéliser une des scènes du film (celle de gauche). Aujourd’hui, les défauts me sautent aux yeux mais j’étais limité à la fois par mes connaissances et surtout le logiciel dont j’avais, me semblent-il tiré le meilleur parti…

Aujourd’hui, avec l’avènement de l’Intelligence Artificielle, il m’a suffit de rédiger un court prompt décrivant l’image que j’avais en tête, dans l’ambiance du film ! Tout augmente… 🙂

soucoupe volantes

IA : moins d’une minute…

 

Mais, foin de bricolages, les visuels officiels sont, on en conviendra, O combien plus convaincants ! 🙂

Capitaine Sky

 

Publié le Oct 30, 2025

Catégories

0 commentaires