Alien : sur ce blog personne ne vous entendra crier…

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Nous avons déjà tous déjà visionné de ces films « culte » qui nous ont marqué durablement. Qui ont changé notre perception des choses et du monde. Pour moi c’était Alien, le huitième passager, sorti en mai 1979. Une certaine séquence d’exploration dans la salle profonde d’un vaisseau spatial extraterrestre ; la découverte d’une nurserie d’oeufs étranges protégés par une couche irréelle d’un bleu-laser : tout ceci  influença grandement mon travail de photographe. Histoire…

Pourquoi vous entretenir maintenant d’Alien, réussi certes mais bien ancien ? Tout simplement parce qu’il a marqué toute une génération et redéfini l’esthétique des films de science fiction. Hasard de la programmation, je suis tombé sur un excellent documentaire consacré à ce film culte ce qui a ravivé bien des souvenirs.

https://youtu.be/8nGZrc2KikQ?si=mEDcIz5_ieFn_6NZ

Dans l’espace, personne ne vous entend crier…

Alien a été réalisé par le génial Ridley Scott. qui s’est adjoint la collaboration du peintre suisse H.R. Giger a qui on doit beaucoup pour la création de l’univers « biomécanique » de ce film révolutionnaire. Il est sorti dans les salles en mai 1979, l’année suivant notre premier record mondial de plongée souterraine au Trou Madame dans le Lot. Et m’a fortement marqué sans que je m’en rende compte sur le moment. Puis, Ridley Scott a transformé l’essai avec un autre film culte : Blade Runner sorti lui en juin 1982 (un an avant notre deuxième record mondial à Cocklebiddy cave dans le désert du Nullarbor en Australie).

Deux époques, deux chefs d’oeuvres. Les univers d’Alien et de Blade Runner présentent d’ailleurs des connexions intrigantes, bien que leur lien ne soit pas officiellement confirmé comme canonique. En effet, ces deux films franchisés mettent en avant des entreprises toutes puissantes, comme la Weyland-Yutani dans Alien et la Tyrell Corporation dans Blade Runner. Dans le Blu-ray du film Prometheus, un des films de la saga Alien, le personnage Peter Weyland mentionne Eldon Tyrell, établissant un lien direct entre ces figures influentes.

Par ailleurs, les films partagent une esthétique futuriste sombre et industrielle. Certains éléments visuels, comme des écrans ou des designs, sont ainsi réutilisés entre les deux œuvres, renforçant l’idée d’un univers commun. Enfin, les deux sagas explorent la relation entre créateurs et créations, notamment à travers les androïdes (Alien) ou les réplicants (Blade Runner).

Tout les réalisateurs le savent, pour faire un film réussi il faut réunir trois éléments : Une histoire, ensuite une histoire et enfin, une histoire ! C’est dire l’importance des écrivains et des scénaristes, premiers et indispensables maillons du septième art.

Une histoire originale

Tout commence par un script écrit par le scénariste américan Dan O’Bannon, né le  à Saint-Louis, dans le Missouri et décédé le  à Los Angeles. Son œuvre est essentiellement liée à la science-fiction et aux films d’horreur. Il a commencé à être connu du grand public en 1979 après le succès phénoménal du film Alien, le huitième passager de Ridley Scott. C’est à lui qu’on doit les principales péripéties du film et son univers étrange et tellement nouveau.

Comme toujours aux Etats Unis, on sait se partager le travail, et en raison du succès du film, sa « novelisation » – comprenez faire un livre d’un film, est confiée à Alan Dean Foster, un vieux briscard des romans de SF… Ce livre de poche traînait dans mes rayonnages sans que j’ai jamais trouvé le temps de le lire. Après avoir visionné le documentaire d’Arte je me suis naturellement précipité dans sa lecture. Ayant appris entre temps que ce livre était postérieur au film contrairement à ce que je pensais initialement…

C’est très bien fait et très efficace et surtout très proche du script original et du film, à l’exception notable de quelques détails qui comptaient pourtant beaucoup pour moi : la fameuse scène de descente en rappel dans les profondeurs du vaisseau extraterrestre et le franchissement d’une mystérieuse couche atmosphérique bleue ! Une ambiance vécue ou tout au moins rêvée souvent au cours de nos explorations…

Le rayon bleu

Je veux parler ce cette scène mythique qu’on peut voir dans le teaser (à 0:48). Ce bref plan est le moment où Kane explore les entrailles du vaisseau spatial alien. Lorsqu’il descend en rappel dans une « sorte de grotte » caverneuse, il décrit avoir vu des rangées et des rangées «d’objets coriaces, comme des œufs ou quelque chose comme ça». Il identifie ensuite «une couche de brume recouvrant juste les œufs qui réagit lorsqu’elle est brisée».

Il faudra attendre la sortie de Romulus (en août 2024), ultime avatar de la saga, toujours produite par Ridley Scott, pour revoir ce fameux « rayon bleu ». La bande-annonce de Romulus révèle d’ailleurs des dizaines de détails intrigants sur le film de Fede Álvarez. L’un des plus subtils, mais potentiellement fascinants, est donc le retour de la brume bleue apparue pour la première fois dans le film original de Ridley Scott. Environ 30 secondes après le début de la bande-annonce, Andy (David Jonsson) pose sa main sur le sol d’un couloir, brisant une étrange couche de brume bleue flottant à quelques centimètres du sol. Bien que cela puisse sembler anodin, il s’agit en fait d’un rappel direct à la toute première rencontre du public avec la menace xénomorphe et d’une question qui taraude les fans depuis plus de quatre décennies…

1983, désert du Nullarbor en Australie…

En 1983 nous avions entrepris de prolonger l’exploration de la grotte de Cocklebiddy en Australie. Avant même de l’avoir vue, je savais que le problème principal que nous rencontrerions pour les prises de vue serait la taille très importante des galeries. Pour éclairer ces grands volumes, j’avais donc opté pour l’emploi d’une poudre à base de magnésium, à la composition et la quantité précise permettant d’obtenir la température de couleur idoine. Bombe lumineuse à retardement, il fallait l’allumer avec une mèche et un briquet ! Mes études de chimie m’avaient aidé pour préparer ces explosifs éclairants…

Tout naturellement, je voulais créer un visuel de la galerie d’entrée « à la Alien » avec des rayons bleus horizontaux… Technique argentique oblige, j’avais du employer une émulsion « lumière artificielle » pour que nos éclairages halogènes portés (250 W chacun) apparaissent en bleu. Un filtre « étoile » à deux branches, réglé à l’horizontale m’ont permis d’obtenir les fameux rayons. Une opération que je réaliserais aujourd’hui en quelques secondes dans Photoshop

Pour cette photo d’ailleurs, toute notre équipe de cinq était mobilisée : 3 modèles « porte-éclairage », un « artificier » pour mettre le feu aux poudres et le photographe… Je vous passe les réglages d’exposition et la pose manuelle obligatoire pour synchroniser tous les éclairages. Alors qu’aujourd’hui avec un simple téléphone on peut pratiquement photographier de nuit à mains levée ! Sans parler des éclairages LED minuscules mais délivrant des puissances lumineuses des centaines de fois plus fortes que ce dont nous disposions à l’époque !

Rappelons également qu’il s’agissait de rouleaux de film qui ne permettaient que 36 poses. Qui, en l’occurence, ne seraient développées et éditées que des semaines plus tard : Impossible de faire le moindre contrôle et même dans certains cas de doubler la prise de vue. Et même chose pour le film. Nous travaillions sans filet. On aura ainsi une idée du cauchemar que constituait la prise de vue à ces époques héroïques !  Bref…

… Jusqu’aux mondes fractals

Cette magie du « rayon bleu » ne me quittera jamais et j’en vivrais des résurgences dans mes explorations futures des mondes fractals comme ces images disponibles dans la boutique, dans la collection « Cosmos » : Alien et Incubator

Alien

Incubator

Un succès monstre

Alien. Merci à H.R Giger.

Bien sûr le succès du film est principalement dû à l’existence du « 8ème passager », le fameux Xenomorph imaginé par H.R.Giger.

Il a servi d’inspiration à quantité d’artiste – une mythologie devenue réalité, et on en trouve aujourd’hui un grand nombre modélisé en 3D et décliné de toutes les façons possibles.

C’est de cette façon que je me suis amusé à en intégrer un dans une de mes ambiances fractales Stargate, l’aboutissement d’une modification patiente, minutieuse et émerveillée d’un autre de mes tableaux Tankeralia

Voir à ce propos le billet que j’y avais consacré.

 

 

Un ours en plus

Comment ne pas terminer ce billet par le héros d’un autre de mes films préféré, j’ai nommé Alf ? Un sympathique extraterrestre en peluche, amateur de chats mais sous forme de tartes avec une philosophie de la vie et une diction désopilante. L’occasion de tester le nouveau moteur d’IA Grok 3, le plus puissant au monde actuellement et disponible pour l’instant gratuitement. Sur téléphone !

Avec quelques instructions textuelles, sans surprises, le logiciel a accouché en quelques secondes de ces variations du Xenomorph pour les chambres d’enfants… 🙂

 

Publié le Mar 12, 2025

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