Les Peaky Blinders

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C’est une série télévisée britannique à succès créée par Steven Knight. Peaky Blinders raconte l’ascension d’un gang criminel dans le Birmingham d’après-guerre en 1919. Portée par Cillian Murphy, la série mêle histoire, famille, politique et influences réelles tirées d’un véritable gang ayant marqué l’imaginaire anglais par son style et sa violence.

Les « Peaky Blinders » ont acquis une dimension mythique grâce à cette série, qui a dépassé le strict cadre historique pour fasciner un large public international et transformer les Shelby en icônes modernes du crime organisé. Le style vestimentaire, l’ambiance sombre et le mélange de réalité et de fiction continuent d’alimenter la fascination pour ce gang, aujourd’hui devenu un phénomène culturel mondial. Une véritable « Blindersmania » avec floraison de boutiques qui proposent entre autre les fameuses casquettes…

Une réalisation éblouissante : chapeau !

Considérée comme une des meilleurs séries diffusées sur Netflix (initialement à la BBC), je l’avais contournée jusqu’à présent, peu attiré par cette histoire, ses personnages à casquette, son époque… J’avais tort. Toujours est-il que je me suis cogné presque d’une traite les 6 saisons de 6 épisodes de 55 mn chacun : soit 33 h (!) diffusées à l’origine entre 2013 et 2022. Ca fait peur. Heureusement que j’étais couché ! Tablette à bout de bras, mes yeux de lapin russe insomniaque seulement éclairés par cette fiction de brouillards et de nuées à l’esthétique particulièrement soignée…

Sur fond de trafic de whisky, d’opium, de paris truqués, on voyage un peu partout avec ces romanichels anglais, leurs coutumes et croyances, en France (la guerre de 14×18 suggérée), l’Irlande et jusqu’à Saint Pierre et Miquelon ; on assiste à la montée du fascisme, à la chute de la prohibition américaine ; on y croise Winston Churchill et d’autres personnages historiques portés par des acteurs de renom, entre autres, Sam Neill vu dans Jurassic Park, Anya Taylor-Joy qui était l’héroïne du Jeu de la Dame, autre mini-série remarquable et bien sûr le rôle titre de Tommy Shelby, porté par Cillian Murphy, l’acteur fétiche de Christopher Nolan (Oppenheimer) et que j’avais découvert pour ma part dans l’excellent Sunshine...

Pourvu qu’on ait l’ivresse

Sur fond d’alcool (on y boit beaucoup), d’opium et de cocaïne (on se croirait par moments à l’Elysée) la série suit principalement la famille Shelby, d’origine gitane, à travers l’ascension de leur clan criminel dans un contexte de bouleversements sociaux et politiques à Birmingham après la Première Guerre mondiale. Tommy Shelby, chef ambitieux et charismatique, cherche à étendre le pouvoir des Peaky Blinders tout en affrontant rivalités, policiers déterminés et enjeux politiques grandissants.

« Tu peux changer ce que tu fais, mais peux-tu changer ce que tu veux ? »

Il faut noter la réalisation et la superbe photo, très inventive et juste qui est pour beaucoup dans le succès de cette fiction. Peut-être aussi les scènes de sexe très originales et intenses, réalistes et parfois sauvages, sans que rien de répréhensible par la censure ne soit montré. Un exploit ! Nous échappons également à la propagande « woke », inclusive, la discrimination positive, la « diversité », le « queer » systématique et de mauvais goût qui fait partie hélas du cahier des charges (la bible…) des productions Netflix. Ou plutôt, c’est tellement bien fait cette fois-ci que ça en devient naturel, à l’image de la société de l’époque. Comme quoi, c’est possible.

De plus, j’ai trouvé un intérêt et une intensité croissante au fil des épisodes ce qui est plutôt rare. Quant à l’épisode de fin, qui commence par le Requiem de Mozart, il est carrément christique, soutenu par la musique inquiétante d’Anna Calvi.

Le son

L’illustration sonore est en effet très chiadée avec une compilation de musiques irlandaises, anglaises, pop, rock (il y a du Bowie), des chansons obsédantes qui ajoutent à l’ambiance des épisodes. Mais j’ai été vraiment séduit par le travail d’Anna Calvi, que je ne connaissais pas, sur les deux derniers épisodes.

Anna CalviAnna Calvi est une auteure-compositrice-interprète et musicienne anglaise née en 1980 à Twickenham, au Royaume-Uni. Elle est connue pour sa voix envoûtante et sa maîtrise virtuose de la guitare, explorant principalement les genres du rock alternatif et art rock. Après avoir étudié la musique à l’université de Southampton, elle a commencé à chanter vers l’âge de 20 ans, s’inspirant de Nina Simone, Edith Piaf, Jimi Hendrix

Son travail pour ces films mêle des compositions puissantes, torturées et mélancoliques, en accord avec l’atmosphère sombre et intense de la série. Elle utilise sa maîtrise de plusieurs instruments comme la guitare, le piano et le violon pour créer une ambiance à la fois brutale et émotionnelle, incarnant la dualité du personnage principal, Tommy Shelby.

Cette bande sonore a été saluée pour son intensité et sa capacité à renforcer la narration par des sons à la fois gothiques, psychédéliques et émotionnels. Anna Calvi reste une artiste discrète mais reconnue pour son talent à fusionner musique et récit visuel de manière puissante

La photo

La photographie de la série «Peaky Blinders» a été confiée à plusieurs directeurs de la photographie talentueux selon les saisons : George Steel, Simon Dennis, Peter Robertson, Si Bell et, pour la saison 6, Mathieu Plainfossé. L’ensemble du projet se distingue par une approche visuelle cinématographique et innovante, souvent saluée pour la maîtrise des contrastes et l’utilisation stratégique de la lumière. Ce style se distingue par une image sombre, une gestion ciselée des ombres et une recherche constante de réalisme historique, souvent associés à des ambiances enfumées et des couleurs désaturées pour évoquer le Birmingham industriel du début du XXème siècle. Des ambiances souvent sombres, des intérieurs à la lumière tamisée avec l’usage du clair-obscur pour renforcer l’aspect dramatique et tragique de l’histoire. Les teintes sont sobres, presque monochromes avec des couleurs désaturées et un « look vintage » pour souligner la morosité industrielle et la rugosité du contexte historique. Les mises en scène sont inspirées du cinéma, avec une composition très étudiée, des plans et des cadrages soignés, renforçant la tension et la profondeur psychologique des personnages.

Sur les dernières saisons, Si Bell a utilisé une caméra RED Monstro 8K VV, permettant d’aller très loin dans le clair-obscur, accentuant la tension dramatique et la texture crue des scènes nocturnes ou en très faible lumière. La série puise en effet dans l’héritage du cinéma classique, avec une lumière réaliste, froide et dure, comme dans les œuvres de Stanley Kubrick dont la référence à «Barry Lyndon» est parfois évoquée.

L’ensemble donne à «Peaky Blinders» une identité visuelle frappante, immédiatement reconnaissable et au service d’une atmosphère dramatique, tendue et immersive.

Une histoire vraie

Les véritables Peaky Blinders étaient un gang de Birmingham à la fin du XIXème et au début du XXème siècle, connu pour sa violence, son organisation structurée et son style vestimentaire élégant. Le nom « Peaky Blinders » fait référence, selon la légende, à des lames de rasoir cousues dans leurs casquettes, permettant d’aveugler leurs adversaires lors de rixes sauvages. Toutefois, certains historiens estiment que cette pratique était rare, en raison du coût des lames à l’époque, et que le nom désignait surtout la forme de la casquette et le style soigné du gang. Quand des fripouilles à casquette gagne la postérité une centaine d’années plus tard…

Et pour finir, et sacrifier à mon tour à la « Blindersmania », voici quelques délires avec mon propre visage dans l’atmosphère de la série, réalisés avec Google Flash 2.5. Rien à voir mais… C’est cadeau ! 🙂

Peaky Blinders Affiche

Publié le Sep 30, 2025

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