L’écume de l’espace temps – Jean-Pierre Luminet

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L’écume de l’espace temps – Jean-Pierre Luminet. Ce livre explore la convergence entre la physique de l’infiniment grand (la cosmologie) et celle de l’infiniment petit (la physique quantique). Accessible sans équations, l’ouvrage dresse un panorama des théories contemporaines cherchant à unifier ces domaines pour comprendre l’origine de l’Univers, où régnait initialement une énergie pure il y a 14 milliards d’années…

Il me semble qu’il s’agit là de l’un des ouvrages les plus austères de notre lumineux Luminet, pourtant vulgarisateur hors pair. Deux hypothèses : soit je suis devenu complètement con depuis mon AVC :-), soit le sujet lui-même est particulièrement ardu ! Il faut dire que l’éditeur Odile Jacob, habitué à publier des ouvrages scientifiques difficiles, y est pour beaucoup.

C’est un cours magistral et presque épistémologique puisque le livre passe en revue plusieurs modèles de gravité quantique visant à résoudre l’énigme de l’interaction entre énergie, espace, temps et matière, toutes théories actuellement conjecturales et non prouvées :

  • L’écume spatio-temporelle : Espace-temps courbé de manière chaotique à l’échelle quantique, formant une structure énergétique fluctuante.
  • Théorie des supercordes : Modèle où les particules sont des vibrations de cordes énergétiques microscopiques.
  • Gravité à boucles : Espace-temps granulaire, composé de « briques » élémentaires d’espace et de temps (Carlo Rovelli).
  • Géométrie non commutative et gravité entropique : Approches mathématiques reconsidérant la structure fondamentale de la réalité (Alain Connes).

En science on dit souvent que quand il existe plusieurs explications à un phénomène c’est qu’on n’a pas trouvé la bonne ! Ces théories, pour pouvoir fonctionner, font en effet intervenir des forces, des particules et d’autres phénomènes hypothétiques  qui n’ont pas encore été mis en évidence. Pour Jean-Pierre Petit dont nous parlions précédemment, nous faisons fausse route. L’avenir le dira. Ou pas.

Ce livre a aussi des résonances philosophiques et métaphysiques. Ces théories remettent en effet en cause notre perception du réel. Certains modèles voient l’espace-temps comme flou ou discontinu, d’autres considèrent la réalité comme une illusion émergente liée au nombre de particules constituant la matièreL’ouvrage aborde aussi les limites des modèles standards (matière noire, énergie sombre) et la quête d’une théorie évitant la singularité du Big Bang.

La langue dans la poche

Ici on aime Jean-Pierre Luminet. d’abord par pur chauvinisme : il est de Cavaillon et aura beaucoup travaillé à Marseille, ensuite parce que c’est un formidable vulgarisateur de sa discipline comme le montrent ses livres, ses conférences et plus récemment ses articles de blog et sur les réseaux sociaux, enfin parce que – comme on dit – il n’a pas la langue dans sa poche !

En effet, il n’a jamais hésité à dire et à écrire ce qu’il pensait, notament à l’occasion du scandaleux apartheid que nous avons tous vécu lors de la « plandémie » des « années de plomb » du COVID… Imposture mondiale reconnue aujourd’hui même si elle fait toujours l’objet du déni de tout un chacun qui souhaite « passer à autre chose »…

Il est amusant de constater qu’à cette occasion le monde est devenu bipolaire : les croyants ou les mécréants, les évangélistes de la « pensée unique » ou les « complotistes », caricaturés comme de vulgaires #gueux, ignares et sans culture. Or c’est le contraire ! Citons pour l’exemple Luc Montagnier, découvreur du virus du Sida, prix Nobel, Jean Pierre Luminet, astrophysicien de renommée mondiale ou encore Didier Raoult, référence mondiale incontestée de l’infectiologie. Il semble que nos grands esprits – tout au moins ceux qui ont le courage de s’exprimer, soient du côté de la dissidence et de la libre pensée face à la masse des ignorants dociles, prisonniers du Mediavers…

« La science, et en particulier la cosmologie, n’est pas à l’abri d’un fléau universel : la pensée unique – dont, par les temps qui courent, nous ressentons plus que jamais les ravages sociétaux et culturels. La science fonctionne sur des consensus provisoires, c’est-à-dire sur des opinions partagées par le plus grand nombre. »

Stephen Hawking habillé pour l’hiver

Un chapitre entier est consacré à Stephen Hawking que l’auteur a bien connu quand il travailla dans son laboratoire à l’Université de Cambridge. Un immense théoricien auquel il rend hommage pour ses travaux novateurs. Même si l‘auteur estime que la créativité scientifique de Hawking a diminué après la publication de son best-seller Une brève histoire du temps en 1988, où il est devenu une icône médiatique. Au passage, il me semble qu’il s’agit encore là d’un de ces ouvrages « qu’il faut avoir lu » même si bien peu en ont compris le moindre mot ! Mais, comme le dit Luminet lui-même : « c’est un ouvrage plutôt mal ficelé et difficile à lire, pourtant phénoménal best-seller vendu à plus de dix millions d’exemplaires dans le monde, dont le mérite essentiel est d’avoir suscité nombre de vocations de chercheurs en astrophysique et en cosmologie ».

Il rappelle aussi qu’Hawking a changé d’avis sur le paradoxe de l’information, passant de la nécessité de modifier la mécanique quantique à l’acceptation de la conservation de l’information via l’hypothèse holographique. Il a également fait plusieurs « paris scientifiques » avec ses pairs, qu’il a presque tous perdus, notamment sur l’existence des trous noirs binaires, la théorie de la supergravité N=8, la conjecture de censure cosmique, l’information perdue dans un trou noir, et même la découverte du boson de Higgs…

 

 

Publié le Juil 1, 2025

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