Métaphysicon – Jean Pierre Petit. C’est un ingénieur, physicien et vulgarisateur scientifique français, né le ayant fait carrière au CNRS et travaillé à l’observatoire de Marseille. Pour provocateur qu’il soit, Jean-Pierre Petit n’en est pas moins un scientifique brillant. C’est également un écrivain prolixe et un conférencier passionnant.
Ses recherches ont porté d’abord sur la magnétohydrodynamique ou MHD (mariage de la mécanique des fluides et de l’électromagnétisme), travaux dont la France n’a pas voulu (déjà) mais qui sont pourtant devenus la base de la fabrication des missiles supersoniques russes Orechnik. Puis il s’est tourné vers l’astrophysique théorique, développant son modèle Janus.
C’est un personnage « controversé » (comme on dit). Mais à 88 ans, comme on le constatera dans les vidéos, il a la pêche, pépère ! J’ai tendance à me faire une opinion des gens en les écoutant eux-mêmes et pas ce qu’on dit d’eux. Et le moins qu’on puisse dire c’est que Jean-Pierre Petit tient des propos cohérents. Son invisibilisation dans les médias et le monde scientifique me rappelle simplement la « bronca » dont a été victime notre prix Nobel Luc Montagnié qui avait pourtant raison sur tout dans son analyse de l’origine du virus Sars Cov2 avant qu’on ne le fasse passer pour sénile…
Enfin survient la dernière alliée, qui apporte son renfort au novateur, comme l’hiver dans les campagnes russes : la mort, qui lui permet de remporter, post mortem, les lauriers de la notoriété.
Visionnaire en ce qui concerne l’IA (comme tous ceux qui savent), Jean-Pierre Petit était aussi plongeur : A 20 ans il arrondissait ses fins de mois en moissonnant les amphores antiques (on dit des « cruches » par ici) en plongeant sur des épaves antiques ! Né à Choisy le roi où se tenait le magazine Plongeurs International dont j’assurais la rédaction en chef et travaillant à Marseille, ma terre d’adoption, il ne pouvait que m’être sympathique ! Il est aussi contre les vaccins ARN et assume tant d’autres prises de positions qui m’enchantent. Ses observations sur les attentats du 11 septembre 2001 et sur le tsunami du 26 décembre 2004 ont d’ailleurs été qualifiées de complotistes par le site Conspiracy Watch. ce qui vaut diplôme ! 🙂
Métaphysicon
Après le Logotron, le Geometricon, voici le Metaphysicon où l’auteur cherche à relier la physique et la métaphysique. En intégrant la plupart des phénomènes paranormaux à son modèle Janus. Et, effectivement, ça fonctionne. Encore faut-il admettre que ces phénomènes existent. Mais l’auteur est un familier de tous ces concepts provocateurs, OVNIS en tête, ce qui lui a sans doute valu toutes ces inimitiés. Jalousies, coups bas : c’est son lot. Sans doute aussi et surtout à cause de sa supériorité intellectuelle qui apparaît évidente quand on prend le temps de l’écouter…
Dans ce dernier livre il développe l’idée d’un « couloir » reliant notre monde physique à un univers métaphysique encore largement inconnu. Selon ce modèle, il n’existerait pas de coupure nette entre la vie et la mort, mais plutôt un passage vers un autre espace-temps, siège de la conscience et de l’âme. La mort serait simplement la rupture de la connexion entre le cerveau physique et cet espace-temps métaphysique, où l’âme continuerait à exister. Jean-Pierre Petit avance que la physique et la métaphysique fusionnent dans ce modèle, offrant une explication unifiée de phénomènes aussi divers que le rêve, l’imaginaire, la conscience et la mort. L’existence de l’âme et sa survie après la mort pourraient être démontrées scientifiquement ou mathématiquement, en s’appuyant sur la structure de l’univers selon son modèle Janus…
Le livre aborde également les grandes questions existentielles : y a-t-il une vie après la mort, un paradis, un enfer, un purgatoire ? Il souligne que ces questions, bien que centrales pour les croyants, trouvent ici une réponse originale dans le cadre d’une approche scientifique et philosophique.
Peut-être que cet ouvrage est le plus « critiquable » de l’auteur selon que l’on soit croyant ou non en « l’au-delà », l’âme et les autres mondes. Mais, comme tous les livres de Jean-Pierre Petit, son intérêt est ailleurs : c’est un puissant vecteur de rêve. Une matière à la réflexion et à l’évasion. Et cela n’a pas manqué : ce qui se lit en une heure à peine m’avait déjà emmené loin…
L’abstraction universelle
Vous êtes dans votre canapé ? Bon. Procédons à une petite expérience de pensée : restez assis, çà va secouer… Imaginez que vous faites un zoom arrière. Voici votre maison, votre région, la France, la Terre qui s’éloigne. Le système solaire. Le nuage de Oort. L’immensité noire… Notre galaxie, la voie lactée qui devient un point, se regroupe avec des millions d’autres galaxies dans l’amas de la vierge, lui même dans un super amas, lui même faisant partie d’une structure gigantesque, Lianakea, qui s’étire le long de lignes de forces façonnées par un « grand attracteur » et repoussée par un « grand repousseur », tous deux inconnus.
Et rien ne dit qu’il n’existe pas de structures encore plus gigantesques. A quelque niveaux qu’on examine, on observe une structure similaire. Fractale… Structure qui n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de notre univers observable. Car même la lumière se traîne dans l’immensité. La partie la plus gigantesque du cosmos nous est et sera à jamais cachée : celui-ci se dilate et la lumière qu’il émet n’a pas le temps de nous atteindre ! L’Univers entier est, sinon infini, d’une taille colossale par rapport à celui qu’on peut observer ou simplement imaginer. Les distances, les durées, les masses mises en jeu donnent le tournis ! Aujourd’hui on ne sait même pas si notre univers est fini ou infini et, encore pire, quelle en est sa forme ?
En effet, en tant qu’espace, notre univers a forcément une forme ! Plat, concave, convexe en « selle de cheval » ? Dans notre espace « Euclidien » à 3 dimensions (longueur, largeur, hauteur) c’était simple. Puis Einstein découvrit que notre espace est en fait un « espace-temps » à 4 dimensions, un espace de Minkowski avec sa géométrie relativiste propre. Puis on s’avisa que cet espace multidimentionnel devait être « courbe » et l’on est passé à l’espace de Riemann. Et maintenant, d’après Jean Pierre Petit il faudrait passer à un espace de Riemann « complexifié » c’est à dire à un espace d’Hermite (de Charles Hermite, mathématicien français). Non il ne se prénommait pas Bernard ! Et non encore, il n’a pas découvert la nébuleuse du crabe !
Encore n’en sommes nous qu’à 4 dimensions. D’après la théorie des cordes, notre réalité compterait 21 dimensions ! Sans parler du nombre colossal des dimensions présentes dans l’espace latent profond de nos modernes IA où des dizaines de milliards de ces dimensions sont considérées comme de petits modèles ! On respire et on souffle…
L’un des enseignements que j’ai tiré des vulgarisations de Jean-Pierre Petit me semble fondamental. En effet, il faut savoir renoncer à « visualiser » les choses et se focaliser sur les formules mathématiques comme d’une « réalité par procuration ». A un certain niveau d’abstraction il n’est plus possible se se représenter mentalement les choses (où est-il écrit d’ailleurs que notre cerveau serait capable de « voir » la complexité de l’univers dont nous faisons partie ?). Et c’est là que les mathématiques viennent au secours de notre représentation du réel. En manipulant des formules, aussi complexes soit-elles, grâce à des opérations algébriques bien connues, on parvient à naviguer dans l’incommensurable, à étayer des hypothèses et manipuler des résultats…
Modèle Janus et topologie
Energie noire, matière noire, trous noirs : on est dans le noir ! La Cosmologie est en crise depuis des dizaines d’années et on ne cesse de conjecturer pour faire tenir le « modèle standard » du « Big Bang » et parfois contre les observations. Les modèles d’univers actuels sont rafistolés à coups de rustines successives et de « prévisions » de particules encore cachées (Jean-Pierre Petit parle de « Perlimpinpinos »…). En effet, les particules fantômes qui expliqueraient ces phénomènes « noirs », les fameux « Wimps » n’ont toujours pas été mises en évidence. Au point que certains astrophysiciens (Etienne Klein) se demandent s’il ne faudrait pas abandonner ces recherches et envisager tout simplement un autre modèle cosmologique. Mais pas le modèle Janus de Petit bien qu’il soit semble-t-il compatible avec les expériences, ce dernier est bien trop sulfureux !
Avec le regretté mathématicien Jean-Marie Souriau, pape de la géométrie symplectique, Petit a pourtant développé le modèle Janus qui doit beaucoup à la topologie. Un virage encore raté par chez nous, d’après l’auteur…
La topologie, inventée par Raymond Poincaré, est la science des surfaces. Et qui dit surface, dans notre monde, dit deux faces ! Alors qu’on n’en considère souvent qu’une seule ! Et si notre univers pouvait être décrit de manière « symétrique », en intégrant ces deux faces ?
Pour me coucher moins con, j’ai tiré mes connaissances des BD éponymes de l’auteur. Ce suffixe rappelle le mot grec «ikon» (image, représentation), mais il est surtout choisi pour sa sonorité et sa capacité à donner un ton original, voire décalé, à ces ouvrages. Cela s’inscrit dans la démarche de vulgarisation et de provocation intellectuelle qui caractérise l’auteur.
Parmi les 510 albums en 40 langues, téléchargeables gratuitement, je vous recommande le « Topologicon » pour y voir plus clair sur notre monde à l’envers…
C’est comme cela que j’ai découvert des formes étranges. Et parmi elles, la surface de Boy, une « sphère inversée », repliée sur elle-même (bonjour le mal de tête à imaginer).
Une immersion remarquable du plan projectif réel dans l’espace à trois dimensions, non orientable, sans points « piqués », et dotée d’une riche structure mathématique et topologique. Elle constitue un objet central en topologie et en géométrie différentielle, illustrant la subtilité des surfaces non orientables et des immersions dans l’espace…
Ou encore le Monoèdre qu’on obtient en « épaississant » un ruban de Moebius. Une seule face, une seule arête ! Ce serait d’ailleurs la forme de l’univers des origines, la base du modèle Janus. Avec des flèches du temps inversées, quatre types de masse, de l’antimatière…
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