IA : Domestiquer l’algorithme… Créer avec l’IA, ce n’est pas appuyer sur un bouton. C’est orchestrer : choisir une lumière, cadrer une émotion, sculpter l’innatendu, provoquer une tension visuelle. Chaque réglage devient un coup de pinceau virtuel, chaque paramètre un parti pris artistique. J’avais déjà généré des « sous-marins biomécaniques » à la manière de Léonard de Vinci : la collection Old Wave dont j’ai récemment décris le making of.
Et puis est arrivé Stable Diffusion 3.5 ! J’ai eu l’idée d’utiliser le même prompt que précédemment dans ce nouveau logiciel : las, les résultats étaient épouvantables. Et ne ressemblaient en tout cas en rien au concept initial. Il me fallait tout réapprendre !
Profitant des nouvelles fonctions de SD 3.5, je voulais générer des images plus « modernes » tout en gardant le concept des « poissons habitables », l’ambiance « steam punk » et Renaissance italienne ». Cela faisait un moment que j’explorais ce monde sépia de rouages et de technologies mécaniques, magnifiées par l’invention de la vapeur, au milieu des tubulures de cuivre et de laiton, l’ocre, l’or et l’orange, les bouffées de gaz et une forte odeur de poisson. Il m’avait fallu pour cela y plonger au sens propre !
Techniques et réglages IA : du prompt à l’image
Je travaille avec plusieurs générateurs IA visuels. Mais je n’utilise jamais leurs réglages par défaut. Même si les nouveaux générateurs « grand public » comme Grok, Nano Banana, Copilot comportent un minimum de réglages pour des résultats excellent quoique stéréotypés, il ne faut pas oublier les modèles plus évolués ou plus anciens comme MidJourney, Flux, Stable Diffusion…
Ces derniers comptent un grand nombre de réglages sur lesquels influer comme on a pu le voir dans les différents billets que j’y ai consacré, comme DrawThings par exemple. On parle ici des formats, bien sûr, mais aussi du nombre « d’itérations » et des différents types d’échantillonneurs. C’est vaste et compliqué !
Pour résumer mes choix préférés :
- Style visuel : Sur-réalisme, matières fractales, textures organiques.
- Aspect graphique : Grain, flou cinématographique, effet chromatique.
- Composition : Ligne de force en diagonale, contre-plongée émotionnelle.
- Couleur : Palette restreinte (3 à 5 teintes), dé-saturation ciblée…
Ces réglages, cette intention, donnent à mes images un ton visuel immédiatement reconnaissable, presque pictural.
Domestiquer l’algorithme : L’obsession des variations
Un prompt unique ne suffit jamais. Je le fais évoluer. Ou je le relance plusieurs fois avec des micro-modifications pour aboutir à ce que je veux.
Méthode :
- Garder une base stable (ex : “forêt suspendue”).
- Introduire des nuances (“dans la brume”, “à la lumière rouge”, “fracturée par l’écho”).
- Explorer au moins 10 à 15 rendus pour une série cohérente.
C’est dans les écarts que se logent parfois les meilleures surprises. J’ai particulièrement travaillé le rendu « pictural ».
Sculpter l’aléatoire
IA : Domestiquer l’algorithme, vaste programme ! L’IA propose, en effet, mais je dispose. C’est bien moi qui choisis l’image qui déséquilibre, qui trouble, qui essaye de faire surgir l’émotion. Et ensuite, je la retravaille. Inlassablement. Less is more disait Coco Chanel. Mouais… 🙂
Quelques piste de « Post-traitement » des images :
- Correction de contraste et d’exposition.
- Ajout de grain ou de flou localisé.
- Interventions manuelles avec Gimp ou Photoshop ou même d’autres outils sur iOS : Glitch, encre, griffures…
Car je ne suis qu’à la moitié du chemin. L’image générée est devenue matière malléable, au service de mon propre langage visuel.
Travailler l’ambiguïté
Je ne cherche pas la clarté mais le mystère visuel. Les meilleurs résultats viennent souvent d’une tension entre l’intelligible et l’abstrait.
Quelques exemples :
- Visages semi-effacés.
- Structures fractales devenant végétation.
- Ciels qui paraissent liquides ou minéraux…
Ces flous volontaires créent des espaces d’interprétation, et c’est là que souvent l’Art surgit. Sur la base de ces principes, voici quelques-unes de mes errances au pays des « animaux bulles »…
Avant de les régénérer comme je l’ai dit avec la nouvelle version de Stable Diffusion. J’ai choisi des tons sépias « Vinci » et une couleur cyan plus franche, plus vive, plus « peinture à l’eau » avec l’idée sous jacente de les imprimer sur papier d’art. C’est plus net, plus propre, plus « évident ». La charte de couleur et le concept sont bien respectés mais ces modèles n’ont pas été retenus pour diverses raisons de fonctionnalités, contrairement aux 3 modèles proposés dans la boutique.
Programmer l’émotion
L’IA est un outil, oui. Mais mes réglages, mes choix, mes gestes font de chaque image un acte créatif. Je ne produis pas, je compose. Et au final, chaque visuel imprimé est une extension sensible de ma pensée, un rêve codé que l’on peut encadrer.
Ainsi donc sont nés, dans le style de Léonard de Vinci « TEK », des sous-marins en forme d’animaux marins qui ont abouti à la collection New Wave proposée sur la Boutique, avec les légendes facétieuses que je ne peux pas m’empêcher d’inventer… Bonne navigation !
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