Au-delà : l’écriture 4

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Bien que l’écriture du livre se termine, il est encore possible de vous abonner à la newsletter (pour être averti et commander le moment venu le livre dédicacé) : vous recevrez aussi toutes les éditions précédentes. Mais si… Dépêchez-vous ou vous allez finir par devoir l’acheter. Je vous aurais prévenu ! Abonnez-vous : mail à francisleguen@gmail.com (AU-DELÀ en objet).

Le papier bouffant

Au-delà : l'écriture du livre 3

Vos papiers !

– Vous me mettrez du quatre-vingt grammes bouffant !

Je commençe à ferrailler avec les différents imprimeurs putatifs. Oui, les imprimeurs ! Pour imprimer le livre Au-delà dont la rédaction se termine. Suivez, un peu ! 🙂

Figurez-vous que j’apprends plein de choses (on apprend à tout âge). Notamment les différents types de papier à utiliser. J’étais déjà familiarisé avec les impressions des magazines et des tirages d’art mais pas du tout, il faut bien le dire, des livres. Je laissais jusqu’à présent cette tâche à mes chers éditeurs.

Mais, revenons à nos moutons… papiers. Je viens donc d’apprendre l’existence du « 80g bouffant », la référence absolue du livre de poche. Avec sa couleur crème sans agents blanchissants (c’est écolo) et son épaisseur sympathique qui donne des livres « consistants ». Sans parler de son odeur caractéristique de livre ancien, même quand il est neuf. Bref, ça m’a tellement passionné que je suis en train d’en faire un article sur le blog.

Bien entendu, c’est rapé pour partager dans mes groupes habituels : les plongeurs et les spéléologues s’en battent les steaks de mes histoires de papier. Quoique je sois certain qu’il existe des groupes spécialisés. Dans le papier…

Et… pour finir, n’oubliez pas la devise de la République : Liberté, Égalité, vos papiers !

Plonger dans la roche

Au-delà : l'écriture du livre 3

A la belle époque…

Oui, des sources sont connues sur l’estran, qui coulent à ras du cordon de galets. Ces falaises regorgent d’eau. Ce fut même la quête d’Arsène Bigot, le gentleman sourcier, qui entendait alimenter Fécamp avec ces eaux souterraines. Le lieu de promenade de belles en crinoline et de messieurs en chapeau haut de forme à la Belle Époque.

Effectivement, je vois l’eau qui sort sous pression, en petit geyser, à travers des galets entassés dans ce qui me semble être une amorce de galerie de craie vive. J’entreprends la désobstruction bloc après bloc, bien décidé à vider cette vasque. Je passe des heures à creuser, puis bientôt à plonger muni d’un simple biberon d’air. Je mets au jour un conduit minuscule où je me racle les épaules, noyé dans une eau transparente et froide qui sourd vers la mer. En continuant à creuser, j’espère un élargissement, l’accès au réseau noyé que je devine immense. Jusqu’à ce que mes palmes disparaissent presque de la surface de l’eau. Sous le regard des promeneurs interloqués qui me voient disparaître et m’enfoncer peu à peu sous la plage de galets. Tandis que la mer monte jusqu’à atteindre mon chantier, noyer mes jambes et troubler mon champ de vision : l’eau salée se mélange à l’eau douce comme du sirop dans un verre d’eau. La mer est là. Je sais que j’ai déjà perdu…

En Floride

Au-delà : l'écriture 4

Tortue de Floride

Au-delà : l'écriture 4

Cyprès les pieds dans l’eau en Floride

En Floride, hébergé chez Dale Sweet, j’avais ma piscine personnelle, mon van et un canot à moteur pour aller déjeuner à l’autre bout du lac ! Dale était un riche héritier mais aussi un très fort plongeur spéléo : c’est lui qui avait réussi les premières plongées trimix sous terre, allant planter un drapeau américain à 110m de fond dans Die Polder II. Il avait d’ailleurs testé les mélanges dans sa piscine qui jouxte le lac. Là où il avait un jour trouvé un alligator de belle taille.

On faisait des ballades dans un de ses canots, en ronce de noyer, passant d’un lac à l’autre par des chenaux étroits couverts par endroits de lentilles et de jacinthes d’eau. Un paysage des matins du monde : de grands cyprès plantés dans l’eau transparente, déguisés de mousse espagnole, fantomatiques dans la brume du soir. Et les tortues rayées jaunes et noires, posées sur les arbres morts à demi engloutis. La nuit, à la lampe, on voyait très bien les centaines de points brillants qui brillaient à la surface de l’eau : les alligators.

Sous la mer de glace

Au-delà : l'écriture 4

Descente dans un moulin de la Mer de Glace

Sur la Mer de Glace, dans les Alpes, en pleine exploration dans les profondeurs bleues. On attend Hulot qui doit venir faire un plateau de présentation pour l’émission « Ushuaïa ». Photo-journaliste en charge du reportage, je campe sur place avec le reste de l’équipe.

Je vois alors débarquer de l’hélico un jeune type, bonnet rayé sur la tête. Il n’a pas de crampons et patine comme il peut jusqu’à la tente commune, bras écarté comme un épouvantail. J’apprends qu’il est journaliste, envoyé pour couvrir l’évènement. Doublon ? Je lui explique mais rien n’y fait : le gars est persuadé qu’il est déjà lauréat du prix Albert Londres. Il ne descendra pas sous la glace mais il est payé pour en parler. Je comprends ce jour-là que photographe et journaliste sont deux métiers différents. Et qu’il existe une hiérarchie… Sauf que moi je suis réfractaire à la hiérarchie.

Et il intervient à tous propos :

– Je t’ai fait… Bla, bla. N’oublies pas de… Bla, bla. Tu penseras à me faire une photo correcte pour la double d’ouverture ?…

Mais il se prend pour le patron, ma parole ? Alors, je prends le garçon à part et, très calme, lui explique la vie avec mes mots.

– Mais… mais… Je suis LE  journaliste… balbutie-t-il, choqué.
– Et moi je suis LE Pape !

Et je m’éloigne à grandes enjambées, marquant de mes crampons la glace bleue. Mon article sera finalement publié. Avec les photos…

L’écriture

Au-delà : l'écriture 4

La newsletter #9 !

Dimanche ! La newsletter #9 est en cours d’envoi. Et je réalise que cela fait donc 9 semaines que je travaille tous les jours, dimanches et fêtes, à la rédaction de ce nouveau livre « Au-delà ». Quand je vous dis que l’écriture, c’est épuisant !

L’occasion d’une plongée dans le passé, avec « Les scaphandriers du désert » (Albin Michel) : plus d’un an de prises de notes, de tergiversations sur des détails avant que je ne sois kidnappé par une amie et assigné à résidence en Province, sur les rives du Grand Morin (Véronique ne nous rejoignait que le week-end). J’écrivais la nuit, Phil Collins à fond dans les oreilles, soumettant au petit matin la dizaine de nouvelles pages nocturnes, preuves de ma claustration créative. Pour finir avec un manuscrit de 650 pages. Que l’éditeur ravi m’a d’ailleurs demandé de couper au tiers, pour des raisons économiques. Il faudra que je publie un jour ce tiers manquant…

« La spéléologie » (Éditions du Chêne) : après des mois de cache-cache avec mon éditeur, qui souffrit d’une grave dépression à ce jeu avant de me dénoncer à ses avocats, fut rendu in-extremis en 3 jours et 4 nuits, sous amphétamines.

« Le grand livre de l’Aventure » (Carrère-Lafon) que, pressé par le temps (je partais pour Cuba), j’ai dicté en grande partie à raison de 15 feuillets par jour…

« Narcoses » (Glénat). Bouclé en deux mois. Grâce à une responsable éditoriale qui avait mon numéro de téléphone et ne me laissait pas deux jours de répit consécutifs.

Le dernier « Plonger » : plus d’un an de refus de saut pour finalement l’achever en trois semaines, à l’iPad mini, dans les trains, en Suisse, à Paris, à Marseille… sous les menaces de procès (encore) de mon éditeur.

Mais pour Au-delà, cette fois, l’avocat, c’est vous ! « Pas sur la tête, on a dit »…

De quoi aussi jeter un regard sur l’évolution des techniques au fil du temps, ce qui rappellera des souvenirs à beaucoup d’entre-vous : racontez-nous en commentaire vos démêlés avec ces techniques moyenâgeuses ?

J’ai commencé à écrire pour la presse à la main, dans des carnets, des cahiers à spirale, avec les marges surchargées d’autres pattes de mouche et de tâches. Puis à la « machine à écrire » manuelle (avec 2 papiers « carbone », pour les copies – il n’y avait pas de photocopieurs) ; à la bande collante et au Typex blanc pour les corrections, ou à la colle et aux ciseaux pour les remaniements de texte plus important. Puis à l’IBM électrique « à boules » : on pouvait changer de police de caractères ! Puis avec le premier ordinateur à traitement de texte Amstrad. Il fallait d’abord charger le système d’exploitation avec une disquette pour ensuite la remplacer par la disquette de travail où sauvegarder sa prose. Avant de l’imprimer avec une matricielle à bandes perforées qui faisait le bruit d’un mitrailleuse lourde.

Le tout avec un écran cathodique vert sur noir, pixelisé à mort, raison pour laquelle tous les écrivains de cette époque ont aujourd’hui ce regard de lapin russe surpris dans les phares.

Aujourd’hui nous sommes entrés dans l’ère de la dématérialisation des données, de l’Internet et du Cloud. Et des clés USB grosses comme des grains de riz d’une capacité de 4 To – de quoi stocker 2 millions de livres (5400 ans de lecture à raison d’un livre par jour). Qui peuvent aussi embarquer plusieurs systèmes d’exploitation complets, de quoi démarrer n’importe quelle machine, quel que soit le mot de passe « système » qu’on vous a demandé d’installer. Oui, au passage, tout cela ne sert à rien sinon à alimenter votre parano et vous donner un faux sentiment de sécurité, de confidentialité ou d’anonymat (ah, ah : rire sardonique). Le piratage croissant de nos données publiques conservées sur les sites gouvernementaux « sécurisés » est pourtant là pour nous inciter à plus de modestie… A l’ère numérique, l’autodafé n’existe plus. Mais il n’est pas possible non plus d’interdire, d’éradiquer, de faire taire, n’en déplaise aux technocrates néandertaliens qui nous dirigent…

Allez ! Qui se souvient des cassettes à bandes magnétiques, des disquettes souples « 5 pouces », des disquettes rigides (1,44 Mo), des disques « ZIP » (100 Mo), des premiers disques durs qui valaient plus que les véhicules qui les ramenaient au bureau, des « CD Rom » ? Je vous laisse sur ces considérations paléontologiques car, voyez-vous, j’ai un livre à écrire.

Il faut faire bonne impression

Au-delà : l'écriture 4

La commande précédente avait été envoyée par erreur sur Mars…

Suite des aventures avec les imprimeurs et les diverses embûches sur le chemin de l’autoédition. Le numéro ISBN (International Standard Book Number) est payé mais je l’attends toujours, avec la langue pendante du chef de meute devant le cadavre du sanglier. Je commence à recevoir des devis. Après l’aventure du papier 80g bouffant, certains s’ingénient pourtant à essayer de me vendre du blanc offset 90 g ! Je n’en veux pas ! C’est dingue, ça…

Mais surtout, je vous le donne en mille : les prix varient du simple au triple (!) pour exactement la même prestation. Avec des délais de fabrication qui vont d’une semaine à 5 semaines ! Si. Je n’ai déjà plus d’ongles… Quant au taux de TVA (à 5,5%), certains me la facture à 20%, en toute décontraction. On peut être écrivain et savoir compter…

De toute façon, je vais traiter avec un imprimeur local pour deux raisons :

  • je n’ai aucune confiance dans les transporteurs sans parler de La Poste (j’ai déjà donné). J’irais chercher les exemplaires moi-même.
  • En cas de problème, j’ai des noms et je peux me déplacer pour arraisonner un trumain (un digne représentant de chez les trumains), afin de lui faire goûter ma tarte aux doigts…

Hors du temps

Véronique au fond du gouffre du Valat Nègre en Aveyron.

Véronique repose sa part de pizza et sourit… Et soudain, c’est l’évidence. Siffre, qui vient de comprendre, se frappe le front :

— Si c’est toi, c’est gagné !

Ainsi a commencé cette expérience hors du temps, un confinement solitaire qui durera cent onze jours au fond du gouffre du Valat Nègre, en Aveyron, sans repères temporels. Véronique s’est astreinte à un emploi du temps rigoureux et très contraignant : sondée en permanence pour la mesure de température, portant des électrodes et des enregistreurs jour et nuit pour les paramètres vitaux, devant se faire des prises de sang quotidiennes, des tests de vigilance et des dizaines d’autres. Sans parler des expériences qui se sont greffées au fur et à mesure de l’arrivée des sponsors. Notamment un test de crème de nuit pour L’Oréal où elle devait se tartiner la moitié du visage pour pouvoir en mesurer l’effet : j’allais peut-être récupérer un jour ma compagne à demi fripée ! Elle tenait aussi son journal, consignait ses rêves, prenait des photos, en plus de toutes les tâches quotidiennes et habituelles.

En Tanzanie

J’ai finalement réintégré dans le livre le chapitre sur notre expédition au Kenya, menée avec Véronique. Un voyage qui, tout comme ce récit, restera incomplet. Nous avons laissé là bas du matériel lourd : bouteilles, compresseur. Et quelques illusions.

A la frontière tanzanienne, au sud du Kenya, nous affrétons un vieux boutre arabe en bois pour aller plonger le long de la côte.

Pour moi, le plus dépaysant reste en effet le mariage de la mer et de la forêt, de l’océan qui se fait calanque dans la jungle odorante. A Komodo en Indonésie par exemple où nous remontions en voilier un fleuve au lit de corail, aux rives fleuries d’orchidées, sous le regard des cerfs, des buffles sauvages et des varans géants. Plus loin dans la forêt profonde, les cachalots chantaient…

Ici nous plongeons au milieu de gros mérous débonnaires, des éponges roses et des murènes léopard. Dans l’eau turquoise tournoient les feuilles rouillées de la jungle toute proche. En surface dérivent aussi les grandes palmes arrachées aux cocotiers par le dernier typhon…

Dernier appel : si vous voulez recevoir mon prochain livre signé, vous devez impérativement être inscrits. Vous recevrez alors le moment venu le lien pour commander le livre avec la dédicace de votre choix.

Abonnement : mail à francisleguen@gmail.com (AU-DELÀ en objet).

Les non inscrits pourront toujours commander le livre à sa parution mais non dédicacé.

Plus d’infos en commentaire

https://www.blog.francis-leguen.com/mon-prochain-livre-au-dela

Les autres billets à propos du livre sont ici :

https://www.blog.francis-leguen.com/au-dela-mon-prochain-livre/

https://www.blog.francis-leguen.com/au-dela-lecriture-du-livre-2/

https://www.blog.francis-leguen.com/au-dela-lecriture-du-livre-3/

https://www.blog.francis-leguen.com/au-dela-lecriture-4/

Débandade

Au-delà : l'écriture 4

Je me suis engagé à vous dire ici la vérité, tous les soirs. Alors, oui, je crois que j’ai battu aujourd’hui mon record de fainéantise : 340 signes enregistrés à l’heure ou j’écris ces lignes ! Il faut dire que j’ai écrit tous les jours depuis plus de deux mois, sans même m’accorder de week-end. Mais ce n’est pas une excuse, je sais, je suis meurtri, honteux. J’accepte l’opprobre d’où qu’elle vienne. Et les sanctions (pas la tête…)

Tout ça à cause d’un malencontreux couscous avec des amies au restaurant, ce midi, suivi d’un douloureux plein de gasoil et de courses frugales (quelques racines, pour le dîner…) Et je ne parle même pas de la lessive !

Oui, pendant que certains écrivent leurs livres en quelques jours avec chatte JiPiTi, j’en suis resté à la méthode traditionnelle, avec mes petites pattes de devant. Il est vrai que je ne prétend pas être un écrivain mais simplement un conteur (d’après Libération et d’autres critiques élogieuses dans le passé).
Je raconte des histoires vécues avec un début, un milieu et une fin. Et que tout le monde peut comprendre et ressentir. Dingue, non ?

Sinon, je suis en train de boucler le chapitre des plongées sous la glace, qui nous emmène dans les Alpes, les Pyrénées, au Groenland et en Laponie. Il est des promesses qu’il faut savoir tenir…

Maquette et ISBN

J’ai enfin reçu le code ISBN (un bête code barre, comme au supermarché, obligatoire et payant), sauf que j’ai dû pour cela relancer l’AFNIL deux fois, en passant par leur site et le formulaire des années 60 (l’adresse mail normale ne fonctionne pas – ce serait trop simple). Notre pays de bureaucrates est en pleine déliquescence… Bon, l’autre formulaire pour le dépôt légal à la Bibliothèque Nationale de France, c’est encore pire ! Prévoyez une bonne loupe. Et beaucoup de benzodiazépines…

Je suis aussi venu à bout d’un bug agaçant qui affectait ma boutique depuis des semaines. Elle tourne désormais comme une horloge et à la vitesse de la lumière ! Plus rien ne s’opposera désormais à ces millions de commandes qui vont bientôt surcharger mon serveur, dès les premières minutes de la mise en vente. Mais si ! Vous serez avertis, ne vous inquiétez pas. En priorité bien sûr les souscripteurs de la première heure (et même les autres, à partir de maintenant)

Question écriture, ce n’est pas brillant. Enfin, il n’en reste pas beaucoup à faire avant le grand rush des relectures et des corrections. La chasse aux répétitions et autres tics de langage. Puis ce sera maquette (ah les espaces insécables…), l’impression (sur 80g bouffant) et… Normalement…

A propos de maquette de couverture, voici quelques premiers jets. Vous préférez quel style entre ces essais ? Classique ou déjanté ?

Le prestige de l’étiquette !

Bon, le livre est bientôt fini. Sauf que vous n’imaginez pas le nombre de détails qu’il faut régler quand on prétend remplacer seul toute la chaîne de fabrication d’un livre ! Au lieu d’écrire. Simplement…

Dernière aventure en date : configurer de quoi faire un publipostage. Facile n’est-ce pas ? Pour éviter la crampe du poignet, qui sera durement sollicité à rédiger les dédicaces, j’ai décidé d’automatiser au moins l’impression des étiquettes d’expédition. Sauf que… Encore des heures passées à installer, configurer, désinstaller des dizaines de plugins tous plus obèses les uns que les autres pour simplement essayer d’imprimer des adresses !

Malgré toute ma bonne volonté, point de salut dans l’interface de la boutique (trop simple) : il faut passer par l’export des commandes en .csv… Ah, oui, mais il n’y a plus de bouton d’export dans Woocommerce ! Il faut (encore) installer un autre flegmon pour ça. Enfin, en utilisant Google Drive d’une part et l’excellent site Avery, d’autre part, j’ai enfin obtenu une feuille d’étiquettes imprimables. Et j’ai sauvegardé le processus et les templates. En principe…

Je viens de commander des milliers de ces étiquettes sur Amazon (les références ne correspondent pas : normaaaal). Sinon, j’ai bricolé un peu les maquettes de couverture. Tout cela est encore temporaire mais, comme hier, n’hésitez pas à me dire celles que vous préférez.

La newsletter #10 (ce sera la dernière) c’est demain ! Déjà…

Moment de flottement

Après quelques trop longues heures de flottement (!) j’ai retrouvé la motivation – se donner des coups de pieds au cul tout seul est difficile – et j’ai repris la rédaction des passages qui manquent encore. Notament celui où nous nous sommes retrouvés en Laponie, sous la surface gelée du lac Torn Trask, à 300 km au nord du cercle polaire. Pour plonger avec Arnaud, un jeune non voyant de 14 ans, à la suite d’une promesse qui lui avait été faite…

   Plonger c’est renoncer à une partie de nos sens habituels : les sons, les goûts, les odeurs. C’est accepter le handicap ; pour ce garçon qui a dû aussi renoncer à la vue… C’est maîtriser l’angoisse de la respiration buccale qui nous est si peu naturelle. C’est comprendre aussi la pression qui écrase douloureusement nos tympans, nos poumons, au fur et à mesure de la descente et apprendre les manœuvres pour y faire face. C’est savoir se déplacer dans l’espace liquide, entrer dans la vie en bleu. Les plongeurs sont habitués à observer le monde, sous la surface des choses : les navigateurs arpentent la mer en deux dimensions, les plongeurs osent la troisième…

Relectures

Voyage aux boues de la nuit - Mes explorations - visuel, art, moment

Il y en a qui m’ont envoyé en MP des menaces de procès : vous êtes très drôles ! Si si 🙂 Puisque je vous dis que ça vient ! Nous sommes entrés dans l’ère des raccords, du rééquilibrage des chapitres et des relectures. Des doutes aussi. Avec à tous moment l’envie d’appuyer sur la touche « supprimer », l’alternative 2.0 au chiffonnage rageur des feuilles en direction de la corbeille. Ce livre sera-t-il à la hauteur des autres ? Où les stigmates insidieux de la sénilité auront-il déformé ma conscience au point d’accoucher d’un texte indigeste ? Vous me direz. Oh, j’en suis sûr, vous me le direz !

Car, voyez-vous, ce qui est évident pour moi ne l’est pas forcément pour le lecteur. D’où l’importance de cette étape qui traque aussi les redites et autres tics de langage que l’écrivain, les yeux rougis, ne voit plus. Il faut pour ça le regard bienveillant mais affuté des relecteurs et surtout des relectrices. C’est un métier. Cela prend du temps

Certains ne doutent de rien ; qui vivent heureux dans leur monde de certitudes. Moi je doute de tout. C’est même certainement pour ça que je suis toujours curieux. Et vivant.

…Je progresse à tâtons dans une galerie noyée d’une eau ocre jaune, enfermé de toute part dans la roche. J’ai renoncé depuis longtemps à la vision, me fiant à mes doigts qui palpent le gravier, les parois, le fil d’Ariane, sur le chemin de la sortie. Cela fait des heures que je nage, presque sans repères, dans le froid glacial, mon avance rythmée par le bruit des bulles qui gargouillent à mes oreilles. Une ambiance de privation sensorielle, au cours d’un voyage qui n’en finit pas, presque hypnotique. J’émerge enfin, après cette interminable incursion au pays des aveugles…

Panne des sens

Au-delà : l'écriture 4

Visions de l’au-delà. L’Ascension des bienheureux par Hieronimus Bosch (début du XVIe siècle)

 

Constipation éditoriale : comme à chaque fois, je n’arrive pas à terminer ce dernier chapitre qui se déroule en Laponie, sous les aurores boréales, et à écrire le mot fin. J’ai toujours quelque-chose d’autre à faire, à écrire, voyez ?… Et pendant ce temps là, vous attendez. Je sais, c’est indigne.

A vrai dire, il y a des chapitres qui me posent problème : ils sont presque hors sujet et pourtant, bien intéressants à rédiger.

J’ai ainsi décris tous ces sens sollicités lors de nos explorations, passant de l’un à l’autre quand certains font défaut, et ce qu’il évoquent dans nos souvenirs. Connaissez-vous l’odeur de l’acétylène ; le goût de l’hydrogène sulfuré qui passe à travers le détendeur de plongée ? Touché le velouté de l’argile liquide ? Avez-vous déjà entendu le bruit des galets qui roulent sous l’eau ; des cascades qui meurent dans le noir ; les battements liquides de votre coeur ; les sortilèges de l’écho ?

Les sons ont une vie propre. Au point qu’on pense que certaines peintures rupestres ne sont pas dessinées au hasard dans les grottes mais obéissent au contraire à une localisation sonore précise que nous avons oublié. Un cérémonial secret, un rite de passage, dans la lueur orangée des torches, parmi des figures animales-totem et des sons disparus…

Quant à la vue de l’au-delà ? La voici, telle que je l’ai aperçu : du bleu, du noir, partout et nulle part et, au milieu, un tunnel de lumière blanche plus éclatante que n’importe quoi d’autre. Une plénitude souriante, accueillante, bienveillante. Je savais bien pourtant qu’au bout était ma propre mort et le seuil du grand mystère. Mais il était si tentant de se laisser aspirer par le courant de la vie après la vie… Et vous, quelle est votre « Madeleine » ?

Trop de matière, donc. Une seule solution : un coup de sabre, direction le chutier. Le livre sera fini et puis c’est tout !

Plonger dans l’au-delà ?

Au-delà : l'écriture 4

La maquette avance. Tout comme les corrections et les relectures. Et, comme vous avez été sage, voici un extrait de la première page :

Être dans l’eau, en explorer les profondeurs : voilà bien une métaphore de la vie humaine. Oui, nous sommes tous nés dans l’eau maternelle et finirons De Profundis…

J’ai consacré une bonne partie de ma vie à explorer les fonds marins, les sources, les rivières et les entrailles de la Terre. J’y ai vu des choses magnifiques, des trésors inestimables ; vécu des aventures et des drames. Et peut-être y ai-je découvert un chemin de vie, sinon une philosophie.

Voici un témoignage sur l’au-delà du miroir, quand on palme sur le fil du rasoir. Avec l’envie de raconter la plongée des aventures et du danger, du côté des sensations fortes ou définitives. C’est à ce voyage vers la frontière du bleu et de l’ivresse des sens, entre la vie et la mort, que je vous convie…

L’ultra noir

Au-delà : l'écriture 4

 

Ah les sortilèges de l’alignement optique : c’est pourtant la même police (Utopia Std) mais, non, elle existe avec plusieurs parfums : regular, caption, subhead et display ! Ah oui. Sinon, ce serait trop simple. Je ne vous parle même pas de l’ultra noir CYMK. Parce qu’en fait, noir, c’est pas noir : en quadrichromie ça sort imprimé en gris sale. Il faut fabriquer un noir spécial plein de couleurs pour que les quatre films travaillent, les feigniasses. Allez, je vous donne la recette : 100% de noir, 40% de cyan, 30% de magenta et 30% de jaune. Et un peu de bave de crapaud avec un soupçon d’irrévérence.

Et maintenant, voici la quatrième de couverture. Bientôt, il n’y aura plus rien à lire : j’aurais déjà tout dit. Enfin… Presque 🙂

Plonger dans l’au-delà, et si c’était possible ? Tout le monde se demande ce qu’il se passe à l’issue de notre courte existence terrestre. Lorsque, à bout de souffle, on décide d’arrêter de vivre. Quand la conscience quitte notre corps inerte pour s’évaporer ailleurs.

À la lumière de sa longue expérience, Francis Le Guen nous entraîne ainsi plus loin que la simple pratique, nous ouvrant des perspectives vertigineuses. Il nous raconte les incroyables aventures qu’il a vécues, drôles ou dramatiques. L’envers du décor avec des incursions toujours palpitantes sous les eaux mystérieuses. C’est aussi un voyage. En Nouvelle-Zélande, en Sardaigne, au Groenland, en Indonésie, en Floride, en Laponie, au Mexique, à Djibouti, au Kenya… Et bien sûr dans le patrimoine souterrain de la France ignorée, la face cachée de la Terre.

Le monde souterrain a toujours incarné l’au-delà. Obscurité et silence des nécropoles. Enfer ou Paradis. Là où n’a plus cours la justice des hommes. Où l’éternité estompe le quotidien…

Ce livre est une fascinante exploration dans le royaume de la nuit.

 

Publié le Sep 21, 2026

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