Claude Debussy

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La musique adoucit les moeurs, c’est bien connu. Ce qui en ces temps de guerre civile larvée, attisée par nos irresponsables dirigeants, est salutaire. Je vous conseille donc de réécouter l’oeuvre de Claude Debussy et par dessus tout sa symphonie « La mer » et « Clair de Lune ».

Habillés pour l’hiver

Debussy

Claude Debussy en 1908.

Toute son oeuvre est ébouriffante. Comme par exemple son « Prélude de l’après midi d’un faune ». Mais on n’était pas tendre entre collègues à cette époque. Camille Saint Saens, alors au faite de sa gloire, lui avait dit après une audition où il grimaçait ostensiblement : « Ah oui, votre prélude de l’après midi d’un sourd, là »…

« Monsieur croche », le surnom de Debussy n’était pas en reste qui, sur la fin de sa vie critiquait âprement Puccini et consorts – Les véristes italiens – dont il percevait la musique comme « une déclamation lyrique vulgaire et larmoyante, manquant de retenue et de raffinement subtil ». Il ciblait aussi Hector Berlioz et Camille Saint-Saëns avec leurs conventions théâtrales grandiloquentes, leur rhétorique emphatique typique du « pompiérisme » académique français.

Le syndrome de l’imposteur

Comme tous les grands créateurs il doutait de lui sans cesse. Par exemple, 8 ans lui sont nécessaires pour achever en 1912 sa pièce « Images pour orchestre ». Car, dit-il, il faut fuir la banalité d’un folklore de carte postale et dissimuler les ficelles de la création.

En 1907, il écrit aussi à son éditeur Jacques Durand, à propos de ses « Nocturnes » : « Il restait pas mal d’endroits qui m’inquiétaient… c’était bien écrit, mais ce l’était avec ce coutumier métier qu’on a tant de peine à vaincre et qui est si ennuyeux. Il me semble maintenant que j’entrevois véritablement ce qu’il me faut – et non plus ce travail de mandarin pour lequel je ne suis décidément pas fait. »

Au terme de ces années de labeur, il est parvenu à inventer un discours dont l’imprévisibilité et la fluidité donnent une sensation d’improvisation. « Vous ne vous figurez pas combien l’enchaînement des Parfums de la nuit avec Le Matin d’un jour de fête se fait naturellement. Ça n’a pas l’air d’être écrit… », se réjouit Debussy dans une lettre adressée à André Caplet, en 1910.

Il a réussi, à force de travail et selon ses propres mots, à atteindre « la chair nue de l’émotion ».

« La musique doit humblement chercher à faire plaisir, l’extrême complication est le contraire de l’art. »

Un musicien impressioniste

Debussy

Page 20 de la partition de « La mer », de la main de Claude Debussy.

« J’aime presque autant les images que la musique », avouait Debussy. Nul besoin de cette confidence, toutefois, pour comprendre ce qui nourrit son imaginaire. L’intitulé de plusieurs de ses partitions révèle que le compositeur, ébloui par le peintre Turner, fasciné par Hokusai a puisé son inspiration chez les plus grands du domaine de l’image.

Comme eux, il privilégie l’impression, la couleur et les timbres. C’est le cas de son chef d’oeuvre, « La mer » que j’écoutais enfant sur un vieux « tourne disque », avec les crachotements.

Une musique tellement novatrice qu’il faut plusieurs écoutes pour la comprendre et se mettre littéralement « dans le bain ». Mais, quand « on entre en Debussy », on n’en sort plus !

Dans Ibéria, « il y a un marchand de pastèques et des gamins qui sifflent ».

 

Toute son oeuvre est exceptionnelle mais, à mon sens, il reste immortel pour avoir composé le « Clair de Lune », inoubliable et repris tant de fois, sous toutes les couleurs.

Voici une des versions orchestrales, qui illustre une scène du film culte « L’étoffe des héros », et la version pour piano. Bonjour chez vous !

 

Publié le Oct 24, 2026

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