Voici donc le troisième opus de mes élucubrations quotidiennes sur Facebook à propos de mon prochain livre Au-Delà. A voir comme ça, bout à bout, ça force le respect : on a du volume. Je devrais en faire un livre… Alors, que les choses soient tout de suite claires entre-nous : pour devenir un souscripteur privilégié du livre – et le recevoir un jour dédicacé, tout en suivant l’avancée des travaux, il FAUT que vous souscriviez à la newsletter (c’est gratuit et indolore). Parce que, oui, il y a une newsletter, envoyée toutes les semaines. Abonnez-vous maintenant : mail à francisleguen@gmail.com (AU-DELÀ en objet).
Au delà de la fatigue
Il y a des jours où on n’a rien à raconter. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas travaillé, au contraire. Mais, de même qu’un coiffeur ne vous refait pas une tête en une fois, il en faut bien de ces moments à relire, peigner, égaliser, couper des mèches qui dépassent ici ça et là, électrifier un dialogue un peu mou, rendre la vie à un personnage moribond, creux, artificiel, comme on en lit trop souvent.
Et je me souviens d’une nouvelle de Rudyard Kipling où il raconte qu’au cours d’un cauchemar, il fut visité par tous les personnages de ses romans qu’il avait raté. A l’un il manquait une jambe, à l’autre la tête, un autre encore n’était qu’un spectre, pas incarné…
J’ai tout de même écrit sur ce qu’on découvre au-delà de la fatigue et de la douleur. A quel point l’esprit gouverne le corps. Et ce que la pratique de la spéléologie m’a appris. C’est peut-être l’activité la plus extrême et l’environnement le plus hostile qui soit. On y rencontre ses limites. Et parfois son ange gardien…
Vol à l’émergence de Bourne
Nos plongées à l’émergence de la Bourne, dans la Drôme ont été difficiles : courant violent, eau à 10,7 degrés. Suite à une avarie j’ai dû abandonner à 1 km sous l’eau mon propulseur avec deux éclairages. Mais, quand après les crues d’hiver, j’ai plongé à nouveau pour le récupérer, il avait disparu ! Volé… Quelque soient les communautés, en spéléo, en plongée ou ailleurs, les passions humaines restent ce qu’elles sont : on ne pardonne pas aux autres le mal qu’on leur fait.
A cette époque, les plongeurs du coin capables de s’emparer de ce matériel n’étaient pas légion. A vrai dire, il n’y en avait qu’un. Je l’ai appelé mais il m’a juré ses grands dieux que ce n’était pas lui, tandis que son nez poussait.
– Mais, à la fin… Je n’ai pas ton scooter !
Depuis, des langues se sont déliées, les réseaux sociaux se sont généralisés. J’ai vu des photos qu’on croyait oubliées : mon voleur masqué avec mes éclairages, chevauchant mon Aquazepp ! L’un des deux propulseurs que nous avions utilisés en Australie… À par la gloriole éphémère et le frisson de l’interdit, qu’a-t-il fait de ce matériel de pointe, obsolète aujourd’hui ? Rien dont la chronique n’a gardé trace en tout cas.
Alors que les années passent et que l’au-delà approche inéluctablement pour nous tous, je ne peux m’empêcher de penser à celui qui recèle depuis tant d’années ce qu’il m’a dérobé. Ce doit être difficile de vivre avec ce secret de Polichinelle et de savoir que je sais. Pour finalement, n’avoir été qu’un voleur, un menteur et un lâche…
Le Bestouan
L’écriture du livre « au-delà » continue. Avec nos explorations au Bestouan. Cette grotte s’ouvre sous la mer, à l’aplomb de la falaise, en face du phare du port de Cassis. C’est, avec Port Miou, l’une des deux rivières souterraines majeures des calanques de Marseille. Un portage difficile car il faut rester concentré ! 🙂 Pourtant, un moment d’inattention a suffit pour qu’on nous vole ce jour là un bi 2×9 litres, posé dans les escaliers. Alors que les lieux étaient noirs de monde !
Une autre fois, de nuit en hiver, nous avons récupéré au dernier moment le lourd Aquazepp qu’on venait de nous voler et que deux malfrats s’apprêtaient à embarquer sur un voilier venu spécialement accoster sur la plage du Bestouan.
Je me console en me disant que c’étaient des voleurs ordinaires, traditionnels : agréés, en quelque-sorte. Pas un membre du sérail qui vole le matériel laissé sous l’eau quand on a le dos tourné (voir le post d’hier)…
Je raconte aussi la pointe que nous avons faite et le tournage du film pour Thalassa – FR3. Une plongée de 8h 30. Le long retour dans l’eau trouble, porté par le courant violent, sans fil d’Ariane : celui-ci s’était coupé quelque-part et avait disparu. Et Véronique qui m’attendait… Et si le courant me menait dans un autre bras de la rivière et pas vers la sortie ?
Au Mexique
La rédaction du livre AU-DELÀ m’a fait faire aujourd’hui un détour par le Mexique, dans la péninsule du Yucatán. A l’époque il n’y avait pas de routes mais des layons dans la jungle dense, agrandis à la machette par nos guides Lacandons vêtus de leurs longues robes blanches.
Nos ânes portaient bouteilles, compresseur, vivres et bivouac. On dormait dans des hamacs, sous moustiquaires. C’est ainsi que nous avons plongé dans quelques cavernes noyées, aujourd’hui célèbres et surmontées de panneaux publicitaires pour Coca Cola. La région à cédé un peu de ses mystères aux toboggans des parcs aquatiques. Comme le cenote de Xel-Há où j’ai plongé en première.
Je me souviens de la forêt profonde, des arbres chicozapote aux cris d’oiseaux cachés, des pyramides oubliées, des murs noirs de moustiques et du vol lourd des grands morphos, papillons turquoise qui nous ouvraient le chemin des grottes de jade. C’étaient nos premières stalagmites sous-marine dans l’eau transparente et les trésors du souvenir : en plongeant les doigts dans le sable, on remontait des pointes de flèche, des figurines gravées de glyphes. Nous avons aussi chassé le crocodile dans les lagunes mayas mais c’est une autre histoire…
Le grand sommeil
Je réalise qu’en vous tenant au courant chaque jour de l’avancement du livre, c’est comme si j’en écrivais deux : la dopamine est devenue hors de prix ! Puisqu’on est dans les hormones, restons-y : j’ai visité en mots quelques états de conscience modifiée, tellement surprenants la première fois qu’on les éprouve.
La conscience… Qu’y a-t-il au delà ? Transe, sommeil éveillé, rêve prémonitoire, sortie du corps, expérience de mort imminente : certains ont exploré ces frontières, grâce à l’ascèse, le mysticisme, la religion ou par des cérémonies tropicales. Sous l’action du peyotl, de la mescaline, des amphétamines, des champignons hallucinogènes ou de tant d’autres substances naturelles et de synthèse, notre esprit se démultiplie, à nos risques et périls. Comme avec la liane Ayahuasca des chamanes d’Amazonie, connue depuis la nuit des temps. Ou la fumée bleue du cannabis qui arrête le temps, la violence destructrice de l’alcool, autant de plongées profondes au-delà de la narcose…
Castaneda et son sorcier Yaqui, Malcom Lowry assit sur son volcan, Philippe K. Dick, les yeux injectés par les affres de la création sous influence, le chimiste Albert Hofmann qui expérimenta sur lui-même le LSD qu’il venait d’inventer, William S. Burroughs et son festin d’héroïne, la fumée d’opium des artistes allongés, le kava que j’ai bu dans une demi noix de coco aux îles Tonga : qui racontera ces voyages ? J’ai écrit. Advienne que pourra.
Pour une expérience remboursée par la Sécurité Sociale rien ne vaut les anesthésies au bloc opératoire ; le latex blanc du Propofol qui circule dans les cathéters, le masque de Sévoflurane et de Protoxyde d’azote qui rend les infirmiers hilares. Ayant expérimenté à mon corps défendant quelques-uns de ces moments d’absence, je me souviens de l’aube de la conscience, du lent retour à la vie…
Je le répète, sans cet exercice « social » quotidien, jamais je n’aurais trouvé la motivation de terminer l’écriture de ce livre. Merci encore à tous ceux qui m’encouragent et me lisent.
Calibrage
Les amis, j’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer : je suis arrivé au moment où, inévitablement, il faut mettre les chapitres bout à bout et calibrer le livre. Et j’arrive, dépité, à 450.000 signes ! NARCOSES en comptait 244.000. A force d’écrire dans le désordre et d’être bavard comme une pie…
– Le Guen ! Toujours trop !…
J’ai en fait écris deux livres ! Encore n’ai-je pas fini de rédiger certains chapitres que j’aurais tant aimé vous faire découvrir. Dilemne.
Pour rester dans un prix de vente démocratique, il n’est pas réaliste d’imprimer plus de contenu que dans le livre précédent : le papier est devenu tellement cher que ce serait plus rentable de graver ma prose sur de la feuille d’or ! Sans parler du prix de l’affranchissement qui coute souvent aujourd’hui plus cher que le livre lui-même. Seule solution : poubelle. Ou publier éventuellement une suite plus tard, si toutefois ce nouveau livre est un succès et vous plait. Qu’en pensez-vous ?
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Plus d’infos
https://www.blog.francis-leguen.com/mon-prochain-livre-au-dela/
L’obscurité
Il n’existe pas d’obscurité plus profonde que celle qu’on vient chercher sous la terre, au pays des noirs désirs et des fontaines de jouvence.
La plus profonde des nuits sans lune laisse toujours apparaître l’obscure clarté des étoiles. Une raison de rêver, d’espérer, au-delà du gouffre de l’espace.
Même quand le ciel est totalement couvert de nuages, il subsiste toujours une vague clarté gélatineuse qui finit par être suffisante pour y voir. Quand ce ne sont pas les lucioles qui allument les arbres comme à Noël. Ou le plancton phosphorescent qui souligne les vagues de la mer tropicale. Jusqu’au fond des sombres abysses où il existe des poissons qui promènent devant leur gueule immense un fanal de lumière.
Mais sous la terre, l’obscurité est totale, parfaite, intégrale. Métaphysique et terrifiante. Un sentiment que j’ai toujours éprouvé quand, pour économiser les éclairages, je les éteignais pendant les longs paliers de décompression, flottant alors dans le néant.
Avec une seule exception, que j’ai vue en Nouvelle Zélande, à la grotte de Waitomo, une rivière souterraine de l’île nord. Toutes lumières coupées, alors que nos yeux s’acclimatent peu à peu, la galerie se met à luire soudain. Des millions de créatures qu’on croirait venues d’un autre monde éclairent la grotte, dessinent les contours en bleu phosphorescent, qui se doublent dans la rivière. Ce sont des larves de vers luisants qui produisent de longs filaments lumineux, coulant des voûtes en stalactites éclatantes, disputant les parois aux wetas, les criquets géants.
Un moment éclairant qui finira peut-être en ultime péripétie d’un roman que je prépare…
Joseph Kessel
Dimanche ! Dans un accès de flemme chrétienne j’ai décidé de ne pas vous raconter d’histoires aujourd’hui. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas écrit. Vous n’en saurez rien, c’est tout. A moins d’acheter le livre, naturellement (voyez le piège ?) 🙂
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Pas de crises de nerf : les nouveaux abonnés recevront l’intégralité des newsletters déjà parues. C’est ainsi ! Ne tardez pas trop quand même…
A propos, connaissez-vous les circonstances exactes de la mort de Joseph Kessel ? Notre illustre écrivain et grand reporter, qui connaissait d’ailleurs bien le Kenya, disait aimer écrire « pour les gens qui ne peuvent pas voyager »… Je détaille tout ça dans le livre !
Trou Madame
En ce lundi caniculaire, je suis retourné en mots à Trou Madame, près de Cénevières, en plein coeur du causse de Limogne, dans le Quercy. Pour ajouter quelques paragraphes à l’histoire officielle que nous avons pourtant publiée partout et qui devraient vous surprendre. Mais il y a prescription… En effet, il y a eu un « avant » à ma plongée de 9h30 où j’ai atteint le bout du tunnel en remontant 9 siphons consécutifs…
Trou Madame où je retournerais plonger de nombreuses fois jusqu’à cette ballade de routine en scooter qui tourna mal : un grave incident à plus de 1000 m de l’entrée qui failli m’être fatal. Qui sonna en tout cas la fin de ma première vie d’explorateur avec une incapacité totale à plonger. Du jour au lendemain, je n’avais plus de motivation, plus de métier. Il m’a fallu réapprendre seul les rudiments, exactement comme un débutant, pour chasser lentement, trop lentement, cette terreur irrationnelle qu’était devenue pour moi le fait de respirer sous l’eau, mon élément d’hier. Pour renaître enfin à l’occasion des tournages de la série de télévision « Carnets de Plongée ».
La dépression se cachait jusqu’alors au détour du quotidien, attendant son heure. Avant de me terrasser sous la terre et sous l’eau, là où personne ne me viendrait en aide. Pour me faire éprouver aussi ce qu’était vraiment la terrible sensation de manquer d’air. Celle qu’avait éprouvée un être cher en s’en allant pour toujours…

L’équipe de la pointe au Trou Madame. De gauche à droite : Jean Sorin, Thierry Tonnelier, Eric Le Guen, Hervé Lefebvre, Francis Le Guen
Le temps des pierres
J’étais ce jour là au bord de l’eau, au sud-ouest du Groenland à regarder les icebergs dériver dans le fjord. Les pieds bien posés sur le gneiss orange. Il était vieux de 3,8 milliards d’années. Vertige de la mémoire des pierres…
On connaît aussi des grenats et des zircons, ces pierres précieuses incluses dans certains basaltes du Canada, de l’Australie et du Groenland, datés eux jusqu’à 4,28 milliards d’années. Mais il n’est pas possible de remonter plus loin dans le passé. Avant ces dates, il n’existe plus de témoignage : tout à été refondu, dans une Terre toujours recommencée aurait dit Paul Valery.
J’ai toujours été fasciné par ces signaux géologiques du passé. Mais, au-delà du gouffre du temps, ces pierres sont en fait jeunes, vivantes, éternellement mortelles et renaissantes.
La baraka
Croyez-vous au destin ? A cet inéluctable qui nous dépasse mais est souvent plus vrai que nos rêves ? J’ai toujours constaté pour ma part qu’il suffisait d’espérer très fort pour que les choses arrivent…
Nous sommes en Indonésie, entre des îles odorantes posées sur leur reflet. Pour filmer le requin baleine, le plus grand poisson du monde. Une séquence clé du film que j’ai imaginé. Sauf que ce n’est pas du tout la saison ! Notre pilote indigène qui tient le long moteur de la begoq, la traditionnelle pirogue étroite en bois, est formel : il y en a ici que d’avril à juin seulement : il n’en a jamais vu en cette saison.
René le cadreur est en pantalon Néoprène, caméra sur les genoux. On se regarde et il dit :
– Je vais quand même enfiler le haut…
A peine a-t-il fini de s’équiper que le cri du pilote accompagne sa main tendue :
– Di situ !
A une dizaine de mètres devant l’étrave, une majestueuse nageoire dorsale vient de fendre la mer. Bascule arrière dans un nuage de bulles : le grand poisson tacheté est là. Il pose quelques dizaines de secondes sous l’œil de la caméra avant de disparaître dans le bleu, comme il était venu. Certains parleront de ma chance proverbiale ; de la « Baraka ». Et si c’était la foi ?
Le bout du tunnel
Pour l’instant 9 chapitres sont terminés, sur un total de 25 en cours mais bien avancés : je vois le bout du tunnel, ce qui pour un spéléologue est somme toute assez habituel. Quoiqu’il en soit, c’est toujours beaucoup trop : je vais devoir supprimer au moins 8 chapitres. Heureusement mes ciseaux magiques sont là ! Plaqués or. Tout le monde sait bien qu’on fait fortune en réalisant ses rêves…
Blague à part, l’idée des deux tomes n’est peut-être pas si folle que cela. Un autre gros travail de restructuration et d’écriture en perspective mais… Rome ne s’est pas fait en un jour ! Plus c’est long plus c’est bon ! Qui ne tente rien n’a rien ! (Rayer les mentions inutiles).
Allez, comme vous avez été sages, voici quelques titres de chapitres tels qu’ils seront imprimés :
- Peur bleue à Su Cologne
- Dans le plus simple appareil
- La source froide du Durzon
- Un avant goût d’éternité
- La rivière sans soleil
- Nuit blanche…
Quant à cette plongée en Haute Marne, vous n’en lirez pas le récit. J’ai en effet déjà renoncé au chapitre où je racontais les pires passages étroits que j’ai dû franchir sous l’eau. Ces endroits où, enfermé dans la pierre, on n’a plus la place pour respirer à fond. Là où l’on entend distinctement les battements de son coeur, résonnants dans l’épaisseur de la roche…
La fin de Bourne
J’ai enfin terminé le long chapitre sur nos plongées à l’émergence de Bourne dans la Drôme. Avec un curieux gisement d’ossements. Entre autres péripéties a eu lieu le vol de notre Aquazepp que j’avais laissé dans la galerie noyée, en attendant de le récupérer. Une histoire parmi d’autres. Mais qui vous a particulièrement touchée. En regardant mes statistix (je suis gaulois), figurez-vous que ce billet a été vu à ce jour 33.847 fois rien que sur mon profil ! Vous pouvez doubler ce chiffre en comptant mes autres réseaux sociaux… J’ai même gagné ici 11 $ avec ce post. On se rembourse comme on peut ! 🙂
Le plongeur-voleur (lâche et menteur) que tout le monde connait mais, qu’à l’instar des sources de Pagnol, « ça se dit pas », a donc une nouvelle tenue pour l’hiver. Comme on dit : bien mal acquis ne profite jamais. Lucrum malum damnum est…
L’eau des pierres
J’ai encore abattu deux chapitres innocents et circoncis un troisième : ce n’est plus un livre mais une grosse légende ! Bon, on m’a toujours dit que j’avais tendance à être « too much ». Raison pour laquelle je me sens si bien à Marseille. Pour patienter, encore un petit extrait du prochain livre AU-DELÀ :
Trouver l’eau dans les pierres… Il faut avoir gardé une âme d’enfant pour s’intéresser à ces choses. Celui qui lisait avidement les bandes dessinées qui racontaient l’exploration souterraine et la plongée dans les siphons… En tremblant parfois mais certain que c’était là, dans l’envers du monde, que se trouvaient les secrets ; l’aventure ; la mienne en tous cas.
Pour beaucoup, la réalité s’arrête là où tout commence pourtant. À la source des rivières. Fissure bouillonnante, vasque transparente, lac de nénuphars ou marécage à feux follets où resurgit l’eau des pluies. Il est difficile pour la plupart des promeneurs de concevoir un monde qui va plus loin que l’apparence. Pour ma part je voyais au-delà, plongeant en pensée dans ces sources du calcaire, remontant le cours de ces rivières cachées. Je repoussais les limites connues et avais l’impression de pénétrer ces contrées magiques au-delà du mur de la physique, là où la raison se perd, où les règles disparaissent, là où un Nouveau Monde s’ouvre aux yeux émerveillés de l’enfant qui n’a pas su grandir.
Coupez !
Quelques nouvelles : il devient de plus en plus difficile pour moi de partager ici, l’air de rien, un morceau du livre et de vous entretenir de son avancement pour la bonne raison que tous les chapitres sont écrits, terminés, ou déjà bien remplis. En effet, il n’est plus question d’écrire du neuf mais au contraire de flinguer du vieux !
J’ai fait quelques essais de couvertures mais pour l’instant, rien d’abouti. Je vous solliciterais bien entendu le moment venu, dès que j’aurais des images à vous montrer. C’est vous qui choisirez ! Si, si…
La maquette du livre se remplit doucement, au gré des relectures et des corrections. Pour l’instant, l’orthographe et la ponctuation – ah ces « tirets cadratins », si mal employés la plupart du temps (il y a un article là dessus sur le blog, pour les curieux) – la concordance des temps, les coquilles et autres fautes d’accords. Mais bientôt, ce sera au tour des tics de langage et des répétitions involontaires, d’un chapitre à l’autre.
Et puis, côté maquette, la chasse aux « veuves » est ouverte. comme la correction des « rivières », la position des paragraphes, des retraits, des espaces blancs, des « cul de lampe », des césures, à grand coup « d’espaces insécables, d’approche et de caractères « optiques ». Bon, il y en a encore des tas de ces termes techniques à la con, croyez moi ; histoire de montrer à quel point c’est compliqué. Mais je vais arrêter là : je sens bien que vous n’en avez rien à foutre !
Bientôt vous tiendrez un livre tout neuf entre vos mains. Et vous aurez intérêt à le lire : j’ai les noms !
Agios Floros
Il y en a qui taillent les haies, le gazon, moi ce sont les textes. Moins de vert mais plus de lettres… Le manuscrit maigrit et le chutier grossit. Normaaaal. On va finir pas pouvoir dicter ce livre par téléphone ! J’exagère. Toujours…
Si bien que l’illustration du jour (ma première dans Agios Floros, une source du Péloponnèse) ne correspond pas à ce que vous trouverez dans le livre. Notre expédition en Grèce a en effet été impitoyablement coupée, comme tant d’autres histoires circoncises. Adieu donc, nénuphars, eau de cristal, chemin dans les roseaux taillé à la machette, poteries polychromes enfouies dans la tourbe et autres aventures vécues dans ce pays qui inventa, il y a bien longtemps, la démocratie. Plus que jamais, il faut un tome 2 ! 🙂
Le papier bouffant
– Vous me mettrez du quatre-vingt grammes bouffant !
Je commençe à ferrailler avec les différents imprimeurs putatifs. Oui, les imprimeurs ! Pour imprimer le livre Au-delà dont la rédaction se termine. Suivez, un peu ! 🙂
Figurez-vous que j’apprends plein de choses (on apprend à tout âge). Notamment les différents types de papier à utiliser. J’étais déjà familiarisé avec les impressions des magazines et des tirages d’art mais pas du tout, il faut bien le dire, des livres. Je laissais jusqu’à présent cette tâche à mes chers éditeurs.
Mais, revenons à nos moutons… papiers. Je viens donc d’apprendre l’existence du « 80g bouffant », la référence absolue du livre de poche. Avec sa couleur crème sans agents blanchissants (c’est écolo) et son épaisseur sympathique qui donne des livres « consistants ». Sans parler de son odeur caractéristique de livre ancien, même quand il est neuf. Bref, ça m’a tellement passionné que je suis en train d’en faire un article sur le blog.
Bien entendu, c’est rapé pour partager dans mes groupes habituels : les plongeurs et les spéléologues s’en battent les steaks de mes histoires de papier. Quoique je sois certain qu’il existe des groupes spécialisés. Dans le papier…
Et… pour finir, n’oubliez pas la devise de la République : Liberté, Égalité, vos papiers !


























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