Jupiter dans JWildfire

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Dès la nuit venue il est bien rare sous nos latitudes que la planète Jupiter ne nous saute pas aux yeux. Légèrement jaune, aussi brillante que l’étoile Sirius, elle est avec Venus la première planète qu’on identifie. Il est d’ailleurs facile de repérer Mars la rouge, souvent à quelques encablures…

C’est ma planète préférée et je rêve souvent à ce qui se cache en son centre, écrasé sous les milliards de tonnes de gaz, noyau probablement constitué d’hydrogène solide, un état de la matière encore inconnu. Cette planète géante, de par sa gravité monstrueuse, fait aussi office de filtre pour notre petite Terre habitable, aspirant littéralement les comètes et météores qui la menacerait.

Il me plait de penser à tout cela au crépuscule presque noir quand elle me fait des clins d’oeil, affectée par les turbulences de notre atmosphère… Nous sommes alors loin du « Jupiter » ou du « Mozart de la finance » de la propagande gouvernementale !

Mission Juno !

Toujours est-il que cette planète fascine les hommes depuis bien longtemps. Galilée le premier, en 1610, qui découvrit au bout de sa lunette quatre de ses satellites (Io, Europe, Ganymède et Callisto). Une expérience à renouveler par tout un chacun avec le télescope au fond du jardin. Même si on sait aujourd’hui que Jupiter compte au moins 92 lunes et même des anneaux, comme Saturne !

C’est ainsi que 5 août 2011 a été lancée le vaisseau Juno de la NASA. C’est une mission spatiale dédiée à l’étude approfondie de Jupiter, la plus grande planète de notre système solaire. Elle est arrivée en orbite autour de Jupiter le 4 juillet 2016, après un voyage de près de 5 ans. La mission était prévue pour durer 20 mois mais sera prolongée jusqu’en septembre 2025.

C’est la première sonde spatiale à utiliser des panneaux solaires pour une mission vers une planète externe. Elle est équipée de 8 instruments scientifiques, dont des spectromètres, un radiomètre et un magnétomètre. Le coût total de la mission : 1,1 milliard de dollars. Les buts principaux sont d’étudier la structure interne de Jupiter, cartographier les champs gravitationnels et magnétiques de la planète, analyser la composition et la structure de l’atmosphère jovienne et explorer la magnétosphère et les aurores polaires.

La mission Juno continue de fournir des données précieuses sur la planète géante contribuant ainsi à améliorer notre compréhension de la formation et de l’évolution du système solaire. La moisson scientifique est déjà abondante : Révélation d’une couche météorologique atmosphérique s’étendant au-delà des nuages visibles ; nouvelles informations sur la structure interne de Jupiter ; exploration étendue du système jovien, incluant des survols des lunes Ganymède, Europe et Io. On consultera à profit la page dédiée à cette mission sur le site de la NASA. Avec bien entendu une moisson d’images de la planète toutes plus extraordinaires les unes que les autres…

L’image de gauche montre deux des grandes tempêtes tournantes de Jupiter, capturées par l’imageur à lumière visible de Juno, JunoCam, passant au-dessus de la planète sur la 38ème orbite de Juno, le 29 novembre 2021. Cette image a été acquise à 50 degrés 5 minutes de latitude nord, à une altitude de 3 815 milles (6 140 kilomètres). Des détails atmosphériques aussi petits que 4 kilomètres peuvent être discernés sur l’image. Des nuages lumineux sont visibles au-dessus de la tempête inférieure, projetant des ombres sur le banc de nuages en dessous. Bien que les nuages semblent petits par rapport à la grande tempête, ces nuages mesurent généralement 50 kilomètres de diamètre. Données d’image : NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS. Traitement d’image : Kevin M. Gill CC BY

Régime turbulent

A la vue de ces images fascinantes des tempêtes démoniaques qui règnent à la surface de l’astre géant, comment ne pas penser aux fractales ? Aux équations de Navier-Stokes sur lesquelles j’ai transpiré à l’Université, régime laminaire et surtout turbulent, ces turbulences chères au sculpteur Letourneur ?

Les fractales « Gnarl » en particulier. Un effet qu’on peut obtenir souvent en combinant des équations Waves 2 et Auger et dont nous parlions déjà ici. On trouvera ici un petit tutoriel pour Apophysis mais qu’on peut facilement transposer pour JWildfire. Mais pour ce faire, chacun emploie des variations et des recettes personnelles…

On peut tout faire « à la main » mais il est plus rapide d’utiliser des scripts qui sont pléthoriques. Certains de ces scripts qu’on retrouve d’ailleurs également dans la fonction batch native de JWildfire, notament « Gnarl Experimental » basé sur le script original de Lynda McDanial d’après Nancy Pierce.

C’est ainsi qu’on peut explorer les turbulences fractales et obtenir des images rêvées de l’écorce diabolique de la planète Jupiter… En ce qui concerne les couleurs il est aussi possible de créer des gradients « réalistes » en utilisant la fonction prévue par JWildfire : « create from an image ».

Voici donc quelques turbulences fractales et peut être joviennes 🙂 obtenues à l’aide de quelques « gnarls » déformés et autres équations exotiques…

Se mettre en boule

Sur mon élan, j’ai imaginé des satellites inconnus. Soit en ajoutant à la recette une transformation sphérique dans une « Final Transform », soit grâce aux excellents scripts de Michael Bourne.

Voici donc quelques satellites de Jupiter, notament Io 2.0 au volcanisme actif provoqué par les forces de marée colossales dues à la gravitation de Jupiter toute proche…

Si comme moi vous êtes fascinés par l’espace, je vous recommande la chaîne Astrum, très soignée question visuels, et cette vidéo de la mission Juno en particulier, avec de fantastiques images de Jupiter et de son satellite Io.

 

Publié le Fév 27, 2025

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