Par les temps qui courent il est bon de relire le pamphlet de Stéphane Hessel « Indignez-vous ». Un livre qui avait fait grand bruit à sa sortie en 2010. Un manifeste plutôt, un discours, un appel qui se lit en une dizaine de minutes. Ce petit livre de 32 pages, vendu à seulement 3,10 euros, est devenu un véritable phénomène d’édition, cristallisant le malaise et l’indignation d’une grande partie de la population française et internationale. Un an après sa publication, le livre avait été traduit en 34 langues et vendu à 4 millions d’exemplaires dans le monde.
Morceaux choisis : «De ces principes et de ces valeurs, nous avons aujourd’hui plus que jamais besoin. Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers : pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés, pas cette société où l’on remet en cause les retraites, les acquis de la Sécurité sociale, pas cette société où les médias sont entre les mains des nantis»
Ou encore : «Une véritable démocratie a besoin d’une presse indépendante ; la Résistance le sait, l’exige, en défendant « la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères.»
Pour une insurrection pacifique
Stéphane Hessel est un ancien résistant et diplomate. A travers cet essai, exhorte les jeunes générations à raviver l’esprit de résistance face aux injustices contemporaines. Il s’appuie sur les valeurs du Conseil National de la Résistance et de la Déclaration universelle des droits de l’homme comme fondements pour l’action. L’auteur dénonce les inégalités croissantes, la dictature des marchés financiers et le traitement réservé aux immigrés et aux Palestiniens. Hessel encourage à l’indignation et à l’engagement, prônant la non-violence comme voie vers un avenir plus juste et plus libre. Il partage également des réflexions sur sa propre vie et ses influences intellectuelles. Le texte est un appel passionné à la mobilisation citoyenne pour défendre les valeurs humanistes face aux défis du XXIe siècle.
Il souligne plusieurs raisons de s’indigner dans le monde contemporain : Les inégalités croissantes entre riches et pauvres. Les problèmes environnementaux. Le traitement des sans-papiers, des immigrés et des Roms. La course effrénée au profit et à la compétition. La domination des marchés financiers. L’affaiblissement des acquis sociaux issus de la Résistance.
Hessel prône une « insurrection pacifique » et encourage les jeunes générations à prendre le relais de l’esprit de résistance. Il insiste sur l’importance de la non-violence et de la négociation pour résoudre les conflits.
Controverses
L’ouvrage a eu une influence significative, notamment sur les mouvements de protestation en Espagne en 2011, où les manifestants se sont appelés les « indignados ». Il a également inspiré d’autres manifestations en Europe et aux États-Unis. Cependant, le livre a aussi suscité des critiques, notamment concernant ses positions sur le conflit israélo-palestinien, plus que jamais d’actualité. Certains ont accusé Hessel d’antisémitisme, bien qu’il ait lui-même été déporté à Buchenwald pendant la Seconde Guerre mondiale.
Malgré ces controverses, le message de Hessel continue de résonner aujourd’hui, appelant chacun à trouver sa propre raison de s’indigner et d’agir pour un monde plus juste.
Hasard et nécessité, nombre et majorité…
A l’époque une chose m’avait marqué concernant le « tout petit nombre de résistants » dont il faisait partie lors de la dernière guerre mondiale. J’ai retrouvé cette intervention, également plus que d’actualité lors de la « crise du Covid » et d’autres évènements récents. A méditer…
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