Bon, j’ai lu Héraclite. Ou tout au moins ce qu’il en reste ; des fragments. Ce qui est particulièrement téméraire, quand on y pense, pour un mois de mai ; ou pour un mois de décembre. Ou de n’importe quel autre mois de l’année d’ailleurs tant ces vénérables propos sont hermétiques au commun des mortels et défient la compréhension. C’est alors qu’insidieusement, à la lecture de ces oracles codés, m’est venue cette question iconoclaste : Héraclite « le pleureur » (il avait le vin triste) abusait-il du jus d’amphores ?
« Tu ne peux pas descendre deux fois dans les mêmes fleuves ; car de nouvelles eaux coulent toujours sur toi ».
Mais avant d’aller plus loin dans cette véritable enquête au 16 ème degré, sur les traces de la Dive Bouteille, voici quelques éléments sur la vie et l’oeuvre de ce grand philosophe de la Grèce antique (qui n’était d’ailleurs pas grecque)…
Plongée aux origines
Héraclite d’Éphèse, surnommé «l’obscur», « le sérieux » ou encore « le pleureur » est un philosophe grec présocratique né probablement entre 550 et 540 av. J.-C. Il est issu d’une famille aristocratique et sacerdotale, descendant des fondateurs légendaires de la cité. Nous ne savons presque rien de sa vie, sinon qu’il vécut à Éphèse vers 500 av. J.-C.
Je suis particulièrement sensible à ce détail puisque dans l’ancienne Ionie grecque (la Turquie d’aujourd’hui), Éphèse n’était distante que de 150 km de Phocée, là où vivaient des athéniens exilés, ces phocéens qui fondèrent la ville de Marseille en 600 av. JC. Alors, en tant que marseillais…
Les écrits d’Héraclite ont disparu principalement parce que son œuvre originale, probablement un livre unique intitulé Sur la nature (Perì phýseôs), aurait été déposée dans le temple d’Artémis à Éphèse pour être protégée et diffusée. Malheureusement, ce temple a subi plusieurs incendies et pillages au fil des siècles, notamment lors de la guerre entre la Perse et la Grèce, ce qui a vraisemblablement entraîné la destruction de l’ouvrage.
Aujourd’hui, il ne subsiste plus de ses écrits qu’environ 150 fragments connus uniquement grâce à des citations et commentaires d’auteurs postérieurs comme Platon, Aristote, Diogène Laërce ou encore Marc-Aurèle. Ils traitaent de cosmologie, de politique, de théologie… Il n’existe donc plus de manuscrit complet, mais seulement des extraits transmis indirectement par la tradition littéraire et philosophique antique.
Et c’est là tout le problème me semble-t-il : on tire des enseignements et toute une philosophie d’une oeuvre disparue à 99 %, sujette à toutes les interprétations. Un peu comme les textes « sacrés » à l’origine des religions, modifiés, commentés et abondamment interprétés des centaines d’années après les faits… Passons.
Ses citations, peu nombreuses, environ une centaine, sont le plus souvent des formules brèves, dans un style énigmatique à la manière des oracles. Elles ont été jalousement rassemblées sous le terme de Fragments par les érudits. C’est cette lecture en Morse que je me suis cognée un soir de dépression…
« Pour ceux qui entrent dans les mêmes fleuves affluent d’autres et d’autres eaux ; et certes, les âmes s’exhalent de l’humide. »
« Tout coule, rien ne demeure. »
« La guerre est le père de toutes choses. »
« La nature aime à se cacher. »
« L’oracle ne révèle ni ne cache mais signifie ».
« On meurt-la-vie comme on vit-la-mort »
On dirait les messages codé du psychopathe qui se faisait appeler Zodiac ; ou encore des écrits de Paul Valery. N’est-ce pas ? Toutefois, à côté des poèmes du moine Zen Mumon, cités dans le livre d’Hofstadter « Gödel, Escher, Bach » (critique prochaine), les oracles d’Héraclite semblent aussi clairs de que l’eau de roche ! Toujours est-il que ces formules témoignent de la profondeur et de l’originalité de sa pensée, qui demeure une figure incontournable de la philosophie antique. Il a eu une influence majeure sur la philosophie occidentale, inspirant des penseurs tels que Platon, Aristote, Hegel, Nietzsche ou Heidegger. Sa pensée, à la fois poétique et énigmatique, a traversé les siècles et continue d’alimenter la réflexion sur le changement, le devenir et l’unité des contraires.
Il fut un précurseur, à l’époque pourtant de la fausse théorie des « 4 éléments » et avant même l’avènement de la notion de la matière discontinue sous forme « d’atomes » pressentie par Démocrite, Leucitte et plus tard Lucrèce. Pour certains de nos grands chercheurs (Didier Raoult) « il avait tout compris ». On peut considérer en effet que ses oracles nous mettaient sur la voie de la mécanique quantique et de la dualité particules – antiparticules. Le Yin et le Yang des extrêmes orientaux… On sait qu’il inspira ainsi le grand physicien Erwin Shrödinger qui était aussi philosophe.
« La plupart des hommes vivent comme le bétail ! »
Héraclite est souvent décrit comme un homme solitaire, misanthrope et opposé à la démocratie. Il était réputé pour son esprit hautain et son mépris pour l’ignorance de ses contemporains. Il n’a eu ni maître ni disciple, affirmant avoir tout appris par lui-même. Plusieurs sources évoquent même sa tendance à l’isolement, se retirant souvent dans la montagne pour méditer et vivre de façon ascétique.
Peu apprécié de ses concitoyens, Héraclite aurait été en conflit avec les démocrates de sa ville. Il faut dire qu’il ne mâchait pas ses mots :
« Le commun des hommes, n’a aucune intelligence de l’éternelle vérité, quelque évidente qu’elle puisse être ; ce que les hommes voient tous les jours leur demeure étranger, ils ignorent où les conduit le chemin même qu’ils suivent, ils oublient ce qu’ils ont fait pendant la veille, comme s’ils l’avaient fait pendant le sommeil ; l’ordre du monde, malgré toute sa splendeur, n’existe pas pour eux. La vérité leur paraît incroyable, ils sont sourds à sa voix quand elle frappe leurs oreilles : l’âne préfère le son à l’or, et le chien aboie à tous ceux qu’il ne connaît pas. Également incapables d’entendre et de parler, ce qu’ils pourraient faire de mieux, ce serait de cacher leur ignorance. Dans leur inintelligence, ils s’attachent au « bavardage des poètes et aux opinions de la foule sans réfléchir que le nombre des hommes de bien est très restreint, que la plupart des hommes vivent comme le bétail ; ils se vautrent dans la fange et se nourrissent de terre comme les vermisseaux ; ils naissent, procréent des enfants et meurent, sans viser dans leur vie à un but plus élevé. Les meilleurs seulement d’entre les mortels préfèrent à tout la gloire impérissable : un seul homme vertueux vaut plus que des milliers d’hommes pervers. »
Nous voilà habillés pour l’hiver ! Et c’est là que ce docte billet bascule dans la confession, dans mes petites expériences personnelles. Attention, révélations…
Héraclite était-il un pochtron ?
A l’époque, ces gens allaient demi-nus, drapés dans de vieux rideaux, en philosophant sous le soleil méditerranéen… Ce qui donnait soif ! Une occasion, s’il en était besoin, de « célébrer » Bacchus ou Dyonisos (où les deux pour ceux qui ne savaient pas s’arrêter…)
« En revanche, si l’âme est souillée par l’humidité, la raison disparaît ». C’est ainsi qu’Héraclite expliquait les phénomènes de l’ivresse : « l’homme ivre ne se possède plus, parce que son âme est humectée ».
Cette citation, à mon sens, veut dire deux choses : Héraclite connaissait très bien l’ivresse et, comme tout pochtron qui se respecte, il refoulait son coupable penchant en critiquant celui des autres. En effet Il n’y a pas plus grande mauvaise foi (foie mauvais aussi, d’ailleurs) que celle des alcooliques !
Et ceci me rappelle une anecdote vécue en plein hiver, à Varsovie. La neige tombait déjà quand nous remarquâmes à un coin de rue, adossés au mur, deux polonais cramponnés l’un à l’autre, trop proches pour être sobres et qui étaient semblait-t-il embarqués dans une grande conversation silencieuse, chacun ayant son doigt pointé sur le regard vitreux de l’autre. Nous avions rendez-vous pour dîner autour de plâtrées de caviar, blond et noir, pour un prix dérisoire. Beaucoup plus tard en sortant, nous croisions au même coin de rue nos deux compères, un béret blanc givré sur la tête, de la neige à mi-mollet, figés dans leur position accusatrice, le doigt pointé, n’ayant pu déterminer lequel des deux était le plus bourré…
Mais revenons au coeur de cet article enivrant. Etant proche du grand recyclage je peux bien avouer mon terrible secret : j’ai au cours de ma vie tumultueuse abusé des « paradis artificiels », alcool, tabac et drogue mêlés ; à boire, à croquer ou à fumer, au point que j’ai parfois mis ma vie en danger. A des doses telles que des généralistes consultés lors d’appels au secours vers d’hypothétiques et épisodiques cures de désintoxication se déclaraient incompétents. Quand ils ne mettaient pas fin à l’examen par un sentencieux quoique désolé : « il n’aurait pas fallu commencer ».
Pourquoi boire ? Pourquoi fumer ? Si on savais répondre à cette question il n’y aurait pas de toxicomanes. Peut-être pour échapper à la bêtise ambiante, collante et contagieuse… La souffrance est souvent liée à la connaissance : quelqu’un qui sait peu de choses est souvent heureux. En effet, chacun perçoit le monde à la mesure de ses connaissances et de son expérience. Ou, comme disait Pascal : « On ne connaît pas l’univers, mais seulement ce que l’on en imagine », où Kant : « Nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont, nous les voyons telles que nous sommes ». Ou encore Confucius : « L’homme voit le monde non tel qu’il est, mais tel qu’il est lui-même ».
De plus, semblable à l’Univers en expansion, la culture et le savoir sont comme une bulle de savon qui gonfle : les territoires découverts, explorés, appris, s’éloignent les uns des autres au fur et à mesure, révélant du même coup entre eux des déserts de connaissance. Plus on sait et plus on sait qu’on ne sait rien ! Dans un monde pétri de certitudes, de « morale », de « bien-pensance », de censure et d’interdictions…
Pendant des années donc, j’ai exploré ces contrées dangereuses où l’on tutoie les anges, plongées profondes inconnues des abstinents et dont on n’est jamais sûr de remonter. Dans ces transes j’ai beaucoup pensé, parlé, écrit… En sont nés des centaines d’histoires, souvent inachevées, parfois ne passant pas l’épreuve de la descente et de la gueule de bois, mais d’autres fois restant intelligibles et même profondes, toujours intéressantes : les instantanés de mes plongées d’outre tombe… C’était une prose rythmée, parfois sentencieuse, souvent en vers tant il est vrai que la poésie est soeur de l’ivresse… N’est-ce pas Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Apollinaire, Cocteau et combien d’autres ?
Toujours est-il qu’en relisant certaines de mes élucubrations proférées sur les canapis, j’ai cru reconnaitre le ton des fameux « oracles » d’Héraclite ! Alors ? Soit j’étais la réincarnation du grand philosophe, ce qui est peu probable, soit Héraclite était un pochtron qui écrivait parfois sous influence ! J’avoue que cette révélation me fit réfléchir. Au point d’explorer plus avant sa vie, son oeuvre, les connaissances et les moeurs de son époque…
Pourtant le grand philosophe présocratique est souvent associé à une critique de l’excès, y compris dans la consommation de vin. Selon une légende, Héraclite, tout comme Pythagore, condamnait tout attrait excessif envers la nourriture et le vin, voyant dans l’abus une perte de maîtrise de soi et une entrave à la sagesse. Philon d’Alexandrie, discutant du comportement du sage face au vin, rapporte une anecdote sur Héraclite : « Et il but du vin et s’enivra, et il se dénuda dans sa maison », illustrant à la fois la tentation et le danger de l’ivresse pour le philosophe. Mais… Héraclite écrivait aussi :
« Noctambules, mages, prêtres de Bakchos et prêtresses des pressoirs ; trafiquants de mystères… »
« Car si ce n’était pas en l’honneur de Dionysos qu’ils faisaient une procession et chantaient le honteux hymne phallique, ils agiraient de la manière la plus éhontée. Mais Hadès est le même que Dionysos, en l’honneur de qui ils tombent en démence et célèbrent la fête des pressoirs. »
« Le mieux est de cacher la folie ; mais cela est difficile au moment où l’on s’abandonne auprès des coupes. »
C
ette dernière phrase met en lumière la difficulté pour l’être humain de dissimuler ses faiblesses ou sa déraison, surtout dans des situations où les inhibitions tombent, comme lors de l’ivresse ou de la fête.
Mais il constate que cette tâche devient ardue lorsque l’on perd le contrôle de soi, notamment sous l’effet de l’alcool ou dans l’euphorie collective («auprès des coupes» fait référence au vin et à la convivialité des banquets grecs).
Dans tous les cas il est préférable de masquer sa folie, c’est-à-dire ses excès, ses faiblesses, ses pensées irrationnelles ou ses penchants déraisonnables, afin de préserver sa dignité et sa réputation. Ce que fit notre philosophe toute sa vie, soyez-en sûr…
Nietzsche picolait donc aussi ?
Nietzche était un grand admirateur d’Héraclite. Nous parlerons prochainement de ce grand philosophe allemand au nom de chien certes prononçable (le canitch…) mais qu’on ne peut jamais écrire sans fautes ! Pour Nietzsche, donc, l’ivresse occupe une place centrale dans la compréhension de la pensée d’Héraclite. C’est une puissance vitale et créatrice, un mode d’accès à la vérité du devenir et à l’affirmation de la vie dans toute sa richesse et sa contradiction. Il voit dans l’ivresse une expérience transformatrice qui permet d’accéder à la plénitude de la vie, à sa puissance créatrice et à l’affirmation du devenir. L’ivresse, loin d’être une simple perte de contrôle, est pour Nietzsche le sentiment d’une force accrue, d’une intensification de l’existence qui fait écho à la vision héraclitéenne du monde comme flux perpétuel et unité des contraires.
Nietzsche distingue cependant l’ivresse ordinaire, qui sert à fuir la souffrance, de l’ivresse créatrice, qui permet de s’approprier le réel, de le transformer et d’y trouver une forme de rédemption. Chez Héraclite, cette ivresse créatrice rejoint la dynamique du devenir, l’acceptation joyeuse de la transformation constante du monde, et l’ouverture à une vérité plus profonde que celle accessible par la seule rationalité. Hips !
« Souvent les gens ne veulent pas voir ou entendre la vérité parce qu’ils ne veulent pas que leurs illusions soient détruites. »
Friedrich Nietzsche
In vino veritas
Cette expression était courante : elle associait le vin à la révélation de la vérité cachée, l’ivresse étant vue comme un état où les barrières sociales et la retenue tombaient. La coupe de vin symbolisait un espace de passage entre le monde terrestre et le monde divin ou souterrain, le vin étant un vecteur de communication entre les humains et les dieux, notamment lors des libations et des rituels dionysiaques…
Il faut dire que chez nos anciens on ne buvait pas que de l’eau ! Vers 500 av. J.-C. la consommation d’alcool était courante dans la plupart des civilisations antiques, notamment en Grèce et à Rome, où le vin occupait une place centrale dans la vie sociale et religieuse. Par exemple, les Grecs utilisaient pour boire lors des cérémonies des vases spécifiques comme le kylix. L’alcool avait souvent une dimension sacrée, associé aux cultes de Dionysos (chez les Grecs) ou Bacchus (chez les Romains), dieux du vin et de l’ivresse.
L’ivresse était connue et parfois valorisée dans certains contextes festifs ou religieux, mais l’abus d’alcool était déjà mal vu socialement même si le concept moderne d’« alcoolisme » n’existait pas encore. Trop boire était considéré comme un excès à éviter, et des règles sociales encadraient la consommation lors des fêtes. Les orgies et comportements violents liés à l’alcool étaient fréquents, ce qui a conduit à des tentatives de régulation, notamment l’interdiction de certaines fêtes par le Sénat romain.
Aucune source historique ne rapporte qu’Héraclite buvait particulièrement ou abusait d’alcool. Toutefois, il a réfléchi sur les cultes enthousiastes de Dionysos, dieu du vin, et semble avoir eu une opinion relativement favorable envers certains rites dionysiaques impliquant l’ivresse rituelle, qu’il considérait comme ayant une vertu de purification morale. Cela ne signifie pas qu’il était lui-même buveur, mais qu’il reconnaissait la dimension symbolique et sociale du vin dans la culture grecque. Ben voyons !
Car la tentation était là, omniprésente. Dans la Grèce antique, on produisait déjà trois types de vin : blanc, rosé et rouge. Plusieurs cépages anciens étaient cultivés, comme l’Assyrtiko, l’Aidani, le Vidiano (blancs), et l’Agiorgitiko, le Limnio, le Xinomavro (rouges). Certaines régions étaient déjà réputées, par exemple l’île de Chios pour ses crus rouges et l’île d’Ikaria pour le vin de Pramne. Ces breuvages étaient souvent très concentrés, parfois sirupeux, et devaient être dilués avec de l’eau avant d’être consommés. Ils pouvaient être aromatisés avec des épices, des herbes, des figues, de la lessive de cendres, de la térébenthine ou de la résine (origine du fameux Retzina grec) pour améliorer leur conservation et leur goût.
Les vins de la Grèce antique étaient naturellement très alcoolisés, souvent entre 12 % et 16 % d’alcool, en raison des vendanges tardives et au soleil intense. Raison pour laquelle il était d’usage de toujours diluer le vin avec de l’eau, généralement deux à trois parts d’eau pour une part de vin, car boire du vin pur était considéré comme barbare et nuisible à la santé. Les gueules de bois devaient être féroces…
Mais tout à une fin : Héraclite serait mort à l’âge de soixante ans d’une hydropisie, peut-être vers 480 av. J.C. L’hydropisie (accumulation de liquide dans l’abdomen ou les tissus) a historiquement été associée à des maladies du foie, notamment la cirrhose, ce qui peut résulter d’une consommation excessive et chronique d’alcool. Dès l’Antiquité, des médecins comme Érasistrate et Galien avaient fait le lien entre l’hydropisie abdominale (ascite) et une atteinte hépatique, elle-même liée à une consommation massive de vin, ce qui provoque le « gros foie dur » appelé aujourd’hui cirrhose. Il est désormais bien établi que l’alcoolisme chronique est l’une des principales causes de cirrhose du foie. Ainsi, il existe un rapport direct entre alcoolisme, maladie hépatique et hydropisie. Après, chacun vit comme il l’entend. Paix à son âme…
Annexe : Je suis allé me faire voir chez les grecs…
Cadeau ! Pour tous ceux qui comme moi se seraient perdus dans les arcanes de la pensée classique, voici une chronologie des principaux auteurs grecs qui ont marqué l’histoire de la philosophie et profondément influencé la philosophie occidentale.
Thalès de Milet (vers 624 – 546 av. J.-C.) : Considéré comme l’un des premiers philosophes, il est célèbre pour ses travaux en géométrie et sa théorie selon laquelle l’eau est le principe fondamental de toute chose.
Anaximandre (vers 610 – 546 av. J.-C.) : Disciple de Thalès, il propose l’« apeiron » (l’infini) comme origine de l’univers.
Pythagore (vers 570 – 495 av. J.-C.) : Philosophe et mathématicien, célèbre pour le théorème de Pythagore et sa conception de l’harmonie des nombres.
Héraclite d’Éphèse (vers 535 – 475 av. J.-C.) : Connu pour sa doctrine du changement perpétuel, résumée par « tout coule » (Panta rhei).
Parménide d’Élée (vers 515 – 450 av. J.-C.) : Il s’oppose à Héraclite en affirmant que l’être est immuable et que le changement est une illusion.
Socrate (vers 470 – 399 av. J.-C.) : Philosophe majeur de l’Antiquité, connu pour sa méthode dialectique (maïeutique). Il n’a laissé aucun écrit, ses idées nous ont été transmises par Platon.
Platon (vers 427 – 347 av. J.-C.) : Disciple de Socrate, il fonde l’Académie d’Athènes et développe la théorie des Idées.
Aristote (384 – 322 av. J.-C.) : Élève de Platon, il écrit sur de nombreux sujets (logique, éthique, politique, biologie) et fonde sa propre école, le Lycée.
Épicure (341 – 270 av. J.-C.) : Fondateur de l’épicurisme, il prône la recherche du plaisir modéré et l’absence de trouble (ataraxie).
Zénon de Citium (vers 334 – 262 av. J.-C.) : Fondateur du stoïcisme, une école de pensée centrée sur la maîtrise de soi et la vertu.
Plotin (vers 205 – 270 ap. J.-C.) : Philosophe néoplatonicien, il développe la pensée de Platon en insistant sur l’unité du Tout et la recherche de l’Un.
Je vous conseille aussi ces autres ouvrages généraux. On y trouvera également quelques chapitres sur les philosophies arabes et extrême orientales car la pensée n’a pas de frontières… Et… On parle de vrais philosophes hein ? Pas de… 🙂
Pardon. Au cours de ce facétieux billet, j’ai quelque peu malmené la mémoire d’un de nos grands penseurs et je m’en excuse illico auprès de ses ayant-droits. Mais cela m’a permis ce voyage presque onirique, quelques 500 ans avant Jésus Christ, à l’époque où le vin épais coulait à flot…
Héraclite a disparu depuis belle lurette (bien qu’aucune source historique ne soit en mesure de confirmer le fait que Lurette était belle) mais sa pensée demeure aujourd’hui. Charriée par des fleuves toujours recommencés, réincarnée de multiples fois en oliviers, animaux des bois, oiseaux de proie ou même cigales qui viennent d’émerger sous le soleil de Méditerranée. Au delà des siècles, il chante encore…






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