Autobiographie – Didier Raoult. Un livre plus intimiste que ceux auxquels nous avait habitué notre grand chercheur et toujours bien écrit. Une vie, des anecdotes, des souvenirs d’enfance ; sa famille, sa philosophie de l’existence et ses passions, comme la peinture, la voile ou la plongée sous-marine, qu’il n’aura pas pratiquées comme il l’aurait souhaité, happé par son métier de médecin, chercheur, enseignant, patron d’Université, créateur et dirigeant de l’IHU de Marseille et j’en passe, tant sa carrière aura été florissante (voir son CV en fin d’article, pour les curieux).
Ceux « qui savent » reconnaissent un scientifique de tout premier plan au niveau mondial, ce qui est d’ailleurs incontesté. Les autres en resteront à l’entreprise de diabolisation sans précédent dont il a fait l’objet.
Pourtant, Raoult et ses équipes, entre autres, ce sont la découverte des virus géants, ce qui a ouvert un champ totalement inédit de la science, et celle de plus de 1 000 bactéries essentiellement humaines – soit l’équivalent du tiers des microbes connus chez l’être humain depuis l’aube de l’humanité !
Durant ces terribles années de plomb pendant lesquelles « nous étions en guerre », il est bon de rappeler aussi que l’IHU de Marseille a accueilli, soigné et traité plus de 30.000 patients avec les meilleurs résultats au monde ! Ces données sont factuelles, publiées, et accessibles à tout un chacun.
Une grande gueule ?
Un physique de rugbyman, un QI de 180, un certain goût de la provocation (qu’il revendique), une carrière éblouissante, une puissance de travail reconnue et un « look » excentrique : il avait tout pour se faire de bons amis dans la profession et partout ailleurs (chez les nains).
« À mon corps défendant, ce défi d’excellence que je m’étais lancé et que je n’avais pas de fausse pudeur à évoquer m’a valu très tôt un solide réseau d’inimitiés jalouses. Jeune, j’y accordais une certaine importance, mais avec le temps, j’ai fini par y prendre un certain plaisir. Dans la période récente, j’ai ainsi entendu de la bouche ou lu sous la plume de quelques journalistes qu’il m’importait peu de me faire détester. C’est ma foi vrai, même si je crois que c’est avant tout le prix qu’on a voulu me faire payer pour ma sincérité. Quoi qu’il en soit, l’opinion des médias m’indiffère totalement. »
Ou encore : 🙂
« Très tôt, ces marques d’autoritarisme imbécile m’ont en effet insupporté, comme si j’avais déjà conscience que l’autorité d’un individu est quelque chose de parfaitement naturel, une force de conviction qui s’impose aux autres, sans brutalité ni artifice. »
La recherche en France et les médias
Raoult, qui lors des présidences précédentes était régulièrement consulté par nos hautes instances en tant qu’expert, ne mâche pas ses mots et énonce clairement ce qui fâche :
« Cela démontre à quel point les décideurs aux commandes de la recherche scientifique française ont manqué à l’époque de lucidité sur ce qu’allait devenir la microbiologie, engoncés qu’ils étaient dans leurs certitudes, hermétiques à toute pensée alternative et, in fine, aveuglés par leur propre lumière de grands génies autoproclamés. Non seulement leur insondable stupidité n’a pas empêché le séquençage de devenir un des éléments clés de l’identification des microbes, de leur classification et de la compréhension des mécanismes de résistance, mais elle a aussi contribué à la perte d’influence de la recherche scientifique française, la plus performante au monde au début du XXe siècle et l’une des moins productives du monde occidental aujourd’hui ».
Il n’est pas plus tendre avec les réseaux sociaux et les médias :
« Avec l’avènement des réseaux sociaux et la faculté offerte à chaque individu de publier n’importe quoi, avec l’arrivée des chaînes d’info en continu où l’émotion a depuis belle lurette supplanté l’information, nous assistons en effet à un phénomène inédit dans l’histoire de l’humanité, qui place désormais sur un pied d’égalité la parole d’un anonyme saisie au vol sur un trottoir et les réflexions d’un expert mondialement reconnu. Comme si Albert Einstein, Léonard de Vinci ou Friedrich Nietzsche ne méritaient pas plus d’égards que le premier imbécile venu. Comme si la théorie de la relativité n’avait pas plus de valeur que les tirades d’un individu aviné dans un bistrot. Comme si on pouvait accrocher les jolis gribouillis d’un gamin de maternelle en lieu et place de la Joconde sans préjudice pour l’histoire de l’art. Comme si on pouvait substituer à l’indépassable Gai Savoir l’intégrale de Harry Potter dans les annales de la philosophie. C’est l’époque et il faut faire avec, mais ces excès mériteraient d’être traités avec un peu plus d’intelligence qu’on le fait ces temps-ci. »
Gros sous, corruption ou résistance ?
Tout a été dit et écrit sur la « pandémie » de Covid 19, souvent des mensonges éhontés. L’origine du virus, sa gravité réelle, les traitements, les vaccins… Il est bon de se ressourcer auprès d’un médecin praticien qui a les pieds sur terre !
« Les intérêts sont autrement plus gigantesques pour les industriels du vaccin, qui se sont partagé un chiffre d’affaires de 57 milliards de dollars sur l’année 2021, un montant record dans l’histoire de la médecine, avec à la clé, on l’a vu plus haut, des bénéfices sans précédent pour les deux principaux acteurs, Moderna et Pfizer. »
Incidemment, dans cette excellente autobiographie, il parlera aussi des « résistants ». Comment ne pas s’identifier ? Merci pour çà.
«… C’est « l’armée des ombres » et je pense à Joseph Kessel, comme une évidence. Il s’agit pourtant de parfaits inconnus, des anonymes que je n’imaginais pas capables de capter une large audience. C’est à cette occasion que j’ai découvert – et qu’on m’a expliqué – que sur les réseaux sociaux un compte anonyme pouvait avoir un impact beaucoup plus important que les médias sur le grand public, dès lors qu’il était crédible et occupait le terrain numérique avec assiduité, mesure et compétence. J’ai ainsi vu des comptes anonymes enregistrer plus de 200 000 vues, un chiffre que très peu de journaux dépassent désormais en nombre d’exemplaires vendus. Et mon compte twitter a plus de 950 000 abonnés »…
« Je tiens d’ailleurs à souligner que même si je n’ai jamais rencontré la plupart d’entre eux, tous ces résistants ont en commun d’avoir risqué beaucoup pour défendre ce en quoi ils croyaient, avec un courage magnifique qui leur a, je l’espère, permis de gagner l’estime d’eux-mêmes et des leurs face à la lâcheté ambiante, à la peur qui gagnait le peuple. Une attitude qui démontre une fois de plus que pour s’accomplir les hommes ont besoin d’être fiers de ce qu’ils réalisent, et de le partager »
« Je ne peux donc que remercier chaleureusement tous ces groupes Facebook et Twitter qui n’ont cessé de nous soutenir, et tous ces anonymes dont je ne connais que le pseudo. Les fidèles soldats de cette armée des ombres que je n’oublierai jamais n’ont cessé jour et nuit de se battre pour que les fake news soient débusquées, avec la foi et le courage chevillés au corps, pour nous soutenir contre vents et marées et pour donner une information de qualité. Ces personnes, qui ne revendiquent rien d’autre que l’honneur d’être du côté de ceux qui ne lâchent rien, sont en effet de sacrés personnages. Je leur dis un grand merci, à tous ces héros de la résistance d’aujourd’hui, pour le travail extraordinaire qu’ils ont réalisé. J’espère pouvoir un jour les remercier de leur abnégation et de leur sang-froid dans cette crise folle où les excès de la propagande ont atteint des sommets inédits en temps de paix. »
En savoir plus :
Le CV de Didier Raoult. Juste pour se faire une idée… 🙂
« C’est çà la science ». Tous les mardis, des conférences magistrales accessibles en ligne, où l’on apprend plein de choses.
Les jeudis de l’IHU. Ses chroniques hebdomadaires « On a le droit d’être intelligent« , qui ont été un phare pour beaucoup durant les années de plomb, ont semble-t-il été supprimées sur YouTube, dans leur grand travail de voirie de la pensée unique « on ne savait pas »…
Toutefois, la retranscription « Verbatim » de ces chroniques a été publiée dans son livre « Carnets de guerre – Covid 19 – Michel Lafon »
Pas de dépistage général – Un confinement où les patients » positifs » contaminent leurs proches indemnes et attendent de ne plus pouvoir respirer pour qu’on les emmène en réanimation – Interdiction d’un médicament sans danger prescrit depuis des décennies mais bon marché donc pas rentable au profit d’un produit à la toxicité connue mais très cher et qui a généré des fortunes, et de prestigieux journaux scientifiques qui, dans cette guerre, ont gravement dérapé…
Voilà qui m’a paru justifier de porter à la connaissance du public le verbatim des communications hebdomadaires à l’IHU Méditerranée Infection de Marseille – le plus grand centre français consacré aux maladies infectieuses, que je dirige – ainsi que mes interventions au Sénat et à l’Assemblée nationale. Le lecteur ne manquera pas d’en conclure qu’il est urgent de revoir totalement la politique sanitaire française.
Outre les détails inédits de cette histoire inimaginable, vous trouverez dans ces pages des renseignements précieux sur cette épidémie, le virus et ses mutants, sa mortalité selon les âges, les phases les plus critiques, les meilleurs moyens de protection et… les dangers d’une panique exploitée qui pourrait être encore plus grave que la pandémie pour l’avenir.
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