Quand mon image a été piratée

Accueil / Fractales / Quand mon image a été piratée

Le droit d’auteur est mort ! Il y a des jours où l’on préférerait ne pas ouvrir son navigateur. Ce matin-là, en flânant sur le web, je suis tombé sur une publication qui m’a interpellé : mon image “Spanish Dancer”, une fractale que j’avais créée avec passion et patience, grâce au logiciel Apophysis, trônait fièrement sur un site marchand… Copyright effacé, sans mon nom, sans mon autorisation, sans rétribution bien sûr et sans même un lien vers mon site.

J’ai contacté les responsables du site. Silence radio. J’ai renoncé à signaler l’abus : auprès de qui ? Dans quel but ? Alors je publie ici, pour témoigner, pour alerter, pour rappeler que derrière chaque image se cache un regard, une intention, une âme. L’art fractal, entre autres, parce qu’il est numérique, semble pour certains appartenir au domaine public. Mais non : chaque image est une création, une œuvre protégée, une extension de l’artiste. Le vol d’image est un vol d’identité, un déni de l’effort et de la sensibilité.

Scraping ou vol ?

droit d'auteurCe n’est pas la première fois que cela arrive et il vaut mieux ne pas regarder dans le rétro : c’est un coup à se suicider de son plein gré ! En ce qui me concerne, depuis que je publie mes images, qu’il s’agisse de créations numériques ou de photos professionnelles traditionnelles ou de promo, celles-ci ont été partagées (volées) des millions de fois !

Pour en avoir une idée, il existe une foultitude de moteur de recherche inversée, par exemple Google images, Tiny Eye. Il existe même une extension pour Chrome : Search by image… Et là,  c’est le choc : Pour cette seule image volée, des milliers de republications (sans aucun copyright évidemment) et dans toutes les langues. Sur des sites « putaclic » et pièges à pub, des blogs personnels, les réseaux sociaux : le constat est vertigineux.

Avec les légendes et les commentaires les plus farfelus. Sur TikTok : « Mais c’est quoi cette bébête ? La Méduse danseuse espagnole », ou LinkedIn, « La méduse la plus dangereuse au monde » pour ne citer qu’eux…

Les grandes sociétés ne sont pas en reste. Un stagiaire « pousse café » aura cru bien faire en publiant sur le site une image « trouvée » sur le web. J’ai ainsi retrouvé mes images sur le site PADI lui même, qui s’y connait pourtant en terme de législation et de profits. J’ai alors réclamé un arrangement (gentlemen agreement) : ils ont simplement supprimé les images ! 🙂

Autre exemple : Il y a quelques années déjà, j’avais été assez choqué de découvrir à Singapour des « livres d’art » qui n’étaient autres que des compilations d’images manifestement volées sur des sites d’artistes comme DeviantArt ou ArtStation. Ouvrages vendus d’ailleurs aux USA, en Suisse et ailleurs.

Je reconnaissais certaines de ces images, publiées ici sans copyright ni mention d’auteur d’aucune sorte. Les logiciels « d’upgrading » existaient déjà qui permettaient de recréer une image imprimable à partir d’une autre en JPEG basse définition, volée sur le web grâce à d’autres logiciels automatisés. Tout en faisant disparaitre au passage copyrights et signatures.

Question droit, c’était facile, cet éditeur basé à Singapour échappait à toutes nos législations sur le droit d’auteur ! Aujourd’hui, les logiciels ont fait des progrès considérables grâce à l’IA et le « scraping » (le vol) d’images est devenu une activité respectable, en grande partie pour entraîner les IA.

Des sociétés avec pignon sur rue proposent aux grands acteurs du secteur, tous les mois, toutes les semaines, l’intégralité du web mondial actualisé, plus ou moins trié, au prix de quelques centaines d’exaoctets (un exaoctet = un million de téraoctets ; ou 1 000 000 000 000 mega octets). Ce marché mondial de la « data » devrait atteindre 62 milliards en 2029…

droit d'auteur

 

Nul n’est censé ignorer la loi ?

Bien sûr, il y a la loi. « J’ai confiance en la justice de mon pays »… Gna gna gna… » En effet, l’extraction « substantielle » de données à des fins commerciales ou illicites peut entraîner des poursuites pour concurrence déloyale, violation du droit d’auteur, ou atteinte à la vie privée. La CNIL (une autre usine à gaz aussi inutile que franco française) peut – en principe, sanctionner le scraping abusif de données personnelles et l’absence de consentement des individus concernés.

Mais qui va entreprendre une procédure qui va durer des dizaines d’années et coûter un bras, à l’encontre de sociétés écrans, dans d’autres pays et paradis fiscaux, pour des délits qu’il reste à établir ? Pour le droit d’auteur français ? Tout ceci est de la poudre aux yeux sur un air de pipeau…

A l’inverse, une floraison de cabinets d’avocats spécialisés ont trouvé là une nouvelle source de revenus, sous prétexte de protection des droits d’auteur dont ils n’ont que faire mais qui leur permettent de facturer leurs services aux clients crédules. Ils parcourent le web en permanence, traquant les petits sites « contrevenants », les blogs, à la recherche d’images « protégées ».

L’effet démultiplicateur des réseaux

Mais revenons à mon « Spanish dancer » et au droit d’auteur.  Je connais chaque pixel de cette œuvre. Elle est née d’heures de calculs, d’ajustements, de contemplations. Elle évoque pour moi les ondulations d’une danseuse espagnole exotique, la grâce en mouvement, le chaos maîtrisé. Et bien sûr quelque nudibranche fractal pulsant dans la nuit. Et la voir ainsi, arrachée à son contexte, utilisée comme simple ornement commercial, et pour tout dire volée, m’avait (à l’époque) profondément blessé.

Bien sûr, qui expose, s’expose. Mais je ne pensais pas à ce point ! Nous l’avons vu, superposer un filigrane, une signature, si cela rassure l’auteur, ne sert à rien en fait. De toute façon ma discrète signature à été effacée par un recadrage sauvage, initiant le désastre : cette première publication « nue » a été l’hallali, autorisant le partage à des milliers d’exemplaires, plus ou moins de bonne foi… De plus, aujourd’hui, n’importe quelle IA est capable de recréer l’image à l’identique (et en haute définition) mais sans le filigrane !

Deviant art

Toujours est-il que mes sites sur Deviant Art, Art Station et mes autres réseaux d’artistes ont été intégralement aspirés (sans autorisation ni droits d’auteurs – c’est le fameux « scraping ») pour, entre autres, entraîner les IA.
Pire, je découvrais que cette image avait été partagée des millions de fois, la faisant passer pour je ne sais quelle créature marine d’un récif exotique ! Au point d’attirer comme des mouches les fameux « Facts Checkers »…

violation de droit d'auteur

Le bureau de la vérité vraie

Ah les « fact checkers »… Le premier mail que j’ai reçu était plutôt flatteur : voilà qu’on s’occupait de mes droits. J’avais affaire à des redresseurs de torts professionnels ! Aux détenteurs exclusifs de la vérité !

Avant de réaliser à l’occasion de la « plandémie » de Covid 19 (la plus vaste entreprise d’ingénierie sociale jamais tentée avec à la clé des milliards de dollars de profit  pour l’industrie pharmaceutique) que ces « vérificateurs des faits » étaient salariés et en grande partie financés par des états et des oligarques et qu’ils servaient surtout à diffuser la propagande de la pensée unique… « L’Agence Fake Presse », « Le Pharisien », « l’Immonde », « France sphincter », « France désinfos » et beaucoup d’autres se sont définitivement décrédibilisés au cours de cette période. La confiance du public à l’égard des médias « mainstream » est sérieusement entamée aujourd’hui, ce qui explique leur dégénérescence historique.

Toujours est-il qu’ils avaient raison à propos de « Spanish dancer », image volée et tellement facile à « debunker », arbre qui cache la forêt…

Hello Francis, My name is Taylor Thompson-Fuller, I’m a fact check journalist working for Agence France Presse covering mis/disinformation in Australia/New Zealand/Pacific IslandsI’ve come across this Facebook post which claims it shows a « Spanish Dance Jellyfish ». However, after a couple of reverse image searches I traced the image back to your website hereI was hoping you could confirm if you created the image featured in this Facebook post

Hello, Brad Sylvester, fact check reporter with checkyourfact.com here. I recently encountered a viral Facebook post that claims to show a « Spanish dancing jellyfish found near the Tami Atoll in Papua New Guinea. » My research, however, indicates that this an image you created using a computer, not a picture of a real jellyfish. Is this correct? We are interested in potentially fact checking. If you could confirm, I’d be happy to link to your work in my article. Please let me know if you can help!

Hello, I’m Ebbie Kendrick from Reuters United States, and we are seeing renewed interest in the photo of the Spanish Dancer. Many U.S. Facebook users think the photo is real and that they are seeing a jellyfish that lives in the lagoons of New Guinea. Do you have any comment or thoughts on this? I appreciate you taking the time to read and respond to my question.

Ma réponse :

Hello Ebbie. First of all I must say that I don’t like at all the « fact checker » concept… Anyway I accept to answer. This image is mine, fractal one, made years ago from mathematical equations, mainly « julian » with Apophysis software. Nothing « real » here. Somebody erased my copyright and since, it was shared everywhere all over the world, with funny captions… I made a monochrome version in my shop called « Giger ». The « original » on DeviantArt. Cheers.

Etc. etc… Inutile de dire que j’ai cessé de répondre à ces signalements qui me faisaient perdre plus de temps que de m’apporter des solutions. Le mal était fait, de toute façon…

Le droit d’auteur est mort

Bref, n’en déplaise à mes collègues professionnels dont je partage le désarroi, le copyright, le droit d’auteur même sont morts et depuis bien longtemps en fait. Ces usages ne font que l’accélérer. L’image est devenu un bien de consommation courant, tout le monde en fait « d’un coup de fil » et elle n’a plus la valeur qu’elle avait.

Toutefois, si vous aussi vous croisez “Spanish Dancer” ailleurs que sur ce blog ou mes galeries officielles, sachez que l’image a été piratée. Et si vous aimez cette image, partagez-la… mais avec respect.

Quoiqu’il en soit, ma danseuse espagnole étant devenue femme publique, je ne pouvais décemment pas la mettre en vente dans la boutique. Je lui laissais donc son destin de prostituée sur les réseaux, en en faisant tout au plus un NFT (oeuvre digitale avec droit d’auteur exotique), une pratique qui semble être passée de mode aujourd’hui. Et je l’ai proposée en version noir et blanc, inspirée des oeuvres de H.R. Giger.

GIGERBRANCH

49 

« Danseuse espagnole ». Inspiré des œuvres biomécaniques de H.R. Giger….

Catégorie : Étiquette :

Description

Fond blanc ou noir, idéal pour constituer des triptyques horizontaux ou verticaux à prix « mikros ».

art fractal,Francis Le Guen,galerie art contemporain en ligne,décoration d’intérieur,oeuvres fractales,art fractal à vendre,décoration,vente tableaux,galerie d'art fractal,peinture fractale

GIGERBRANCH - Collection Mikros - Francis Le Guen

Impression par sublimation sur un support d’aluminium Dibond de 1.14mm. Prêt à poser. 14 formats différents. Toutes les œuvres sont numérotées, signées, et livrées avec attaches murales et certificat d’authenticité.

Informations complémentaires

Couleur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publié le Sep 25, 2025

Catégories

0 commentaires