Tau Zéro – Poul Anderson

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Tau Zéro – Poul Anderson. Interviewé en avril 1997 par la revue Locus à l’occasion de ses cinquante ans de carrière, Poul Anderson (1926-2001) se voyait poser la question suivante : «Parmi tous vos livres, quels sont les cinq pour lesquels vous aimeriez passer à la postérité ?» Tau zéro était le premier cité : «J’aime tout particulièrement celui-ci. C’était en quelque sorte un tour de force et je pense l’avoir réussi.»

Et les faits lui ont donné raison : Tau zéro, publié en 1970 par l’éditeur Doubleday, fut sélectionné pour le prix Hugo l’année suivante. D’ordinaire assez peu amateur de littérature de science fiction, j’avais pourtant été emballé, adolescent, par la « patrouille du temps« , fantastique voyage à travers les époques, le temps et la causalité.

Aussi ai-je dévoré en deux fois ce nouveau livre découvert un peu par hasard, entre deux ouvrages plus austères. Après le temps c’est un autre voyage qui est décrit, à travers l’espace incommensurable ; l’espace-temps plutôt.

Tour de force réussi, sans aucun doute, puisqu’on suit les protagonistes d’un voyage interstellaire et même intergalactique à bord du Leonora Christina. Avec une sensation de « vitesse » très bien suggérée. Un voyage sans retour aux confins de l’univers et même au delà, jusqu’au « big crunch » ?

« On ne peut pas empêcher les gens de calculer ni de parler – étant donné qu’on a dépassé le compte de cinq ou six milliards d’années écoulées… Nous devons nous faire à l’idée que la Terre est morte »…

L’auteur est un adepte de la « hard SF » qui s’appuie sur les découvertes les plus récentes de la science. Il est cette fois question d’un vaisseau en accélération constante qui s’approche de la vitesse de la lumière, avec les déformations relativistes qui y sont liées. Et des intrigues entre les cinquante colons isolés dans l’immensité qui n’est pas sans me rappeler un autre ouvrage qui m’avait marqué, « La croisière du sexe » de Santiago Genoves : cinq hommes et six femmes sur un radeau en plein océan Atlantique…

Dans le chaos, le collectif peut dépendre d’une particule

Vers l’infini et au-delà

© Nevada Aerospace.

Les performances du vaisseau spatial pour explorer et coloniser les étoiles reposent sur le moteur Bussard. Ce collecteur Bussard, est un concept théorique de propulsion spatiale proposé par le physicien Robert W. Bussard en 1960. Il permet une accélération constante et infinie, autorisant en principe d’atteindre pratiquement la vitesse de la lumière et de parcourir le temps d’une vie humaine les distances colossales entre les étoiles.

Il utilise pour ce faire des champs magnétiques pour collecter l’hydrogène présent dans le milieu interstellaire, lequel est ensuite comprimé jusqu’à atteindre des densités suffisantes pour la fusion thermonucléaire. L’énergie produite par cette fusion alimente le vaisseau, tandis que les gaz éjectés à haute température le propulsent. Ce concept a été popularisé dans la science-fiction, notamment dans « Star Trek » et bien sûr dans le roman « Tau Zéro » de Poul Anderson. Bon voyage !

 

Publié le Déc 2, 2024

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