Tableaux fractals : Abalone. Une nouvelle fois, entrons dans les coulisses de l’atelier pour découvrir comment j’ai obtenu ces curieuses créatures moirées qu’on peut tout aussi bien considérer comme de vrais coquillages. Sur la planète des fractales, naturellement…
Les sortilèges du « mixmode » pour mes tableaux fractals
J’ai travaillé avec le logiciel Mandelbulb3D. Tout commence par la découverte du « Mix Mode », un réglage caché tout en bas du panneau des formules. Il détermine comment sont combinées les variations. La première, une classique « Amazing box » et la deuxième, issue des onglets « dIFS« . Ces réglages en question Min, Max, InvMax, Min Lin, Min nLin sont merveilleusement clairs et aboutissent à des résultats totalement différents les uns des autres. Toujours est-il que c’est avec ce réglage « Mix » (un mélange des deux équations fractales ?) que l’effet est le plus saisissant, avec cette combinaison de formules.
Encore faut-il travailler en mode Julia et soigneusement ajuster les différents réglages disponibles (une bonne centaine à la trentième décimale – j’exagère à peine…)
Quand tout est en place, il ne reste plus qu’à essayer quelques autres équations dIFS pour obtenir une grande variété de ces solides étranges…
Il s’agit là de fractales classiques, au sens propre, dans le sens ou on retrouve bien cette définition « d’autosimilarité » : la réplication du motif initial à l’infini, à toutes les échelles… Egalement celui « d’itérations« . Après cette série de rendus incolores, avec seulement les ombres portées et l’occlusion ambiante, il est temps de les coloriser. Et pourquoi pas avec de la nacre, à la manière des coquillages ? Et créer de nouveaux tableaux fractals ?
l’irisation des coquillages dans la nature : la magie de la nacre
L’irisation des coquilles de certains coquillages est un phénomène optique dû à la structure particulière de leur couche interne qu’on appelle la nacre, qui produit des reflets colorés semblables à un arc-en-ciel.
Nature structurale de l’irisation, à l’origine de ce nouveau tableau fractal
La nacre est composée de cristaux d’aragonite (carbonate de calcium) superposés en couches très fines, reliés par une protéine appelée conchyoline. Lorsque la lumière frappe la nacre, elle est réfléchie sur différentes couches, ce qui provoque des interférences et de la diffraction. La couleur perçue change selon l’angle d’incidence de la lumière et la position de l’observateur, expliquant l’effet irisé. Ce n’est donc pas une couleur obtenue par des pigments, mais un effet physique lié à la microstructure du matériau.
Rôle de la diffraction et interférences
Les couches successives de cristaux et de protéines créent une série de réseaux qui diffractent la lumière, un peu comme les couleurs qu’on voit sur une bulle de savon, dans une chute d’eau sous certains angles. . L’ampleur de l’irisation dépend de la régularité et de la densité de ces couches : plus elles sont régulières et fines, plus l’irisation sera forte.
Particularités chimiques et génétiques
Certains composants comme les caroténoïdes présents dans la conchyoline influencent la coloration de fond de la nacre, mais l’effet irisé reste principalement structurel. De plus, la variabilité génétique entre espèces et individus affecte la formation, l’épaisseur et la disposition des couches, ce qui explique pourquoi toutes les coquilles ne présentent pas d’irisation. Quant à savoir pourquoi l’évolution a pourvu certains de nos coquillages et de nos perles de ces sortilèges lumineux – en clair, à quoi servent ces effets de lumière élaborés, le mystère reste entier ! On en apprendra plus avec cette publication du laboratoire de Gemmologie de Marseille.
Irisera bien qui irisera le dernier !
Reste à reproduire cet effet ou à tout le moins s’en approcher. J’ai choisi d’ajouter de la transparence aux modèles. Ainsi que, dans la phase finale, un peu de profondeur de champ pour accentuer le réalisme.
Le secret réside dans les matériaux appliqués à l’objet mais surtout à l’éclairage de ceux-ci. Plutôt qu’une lumière directe, même provenant de plusieurs sources, j’ai choisi d’appliquer une « LightMap » : La fameuse « illumination globale« , une invention française (alors, un cocorico étranglé résonna au loin sous les arcades fractales)… Imaginez que l’objet soit au centre d’une sphère qui émet de la lumière mais à travers une texture choisie : il sera éclairé avec une intensité variable correspondant exactement aux densités des différentes parties de cette texture. De plus, tout ou partie de ces couleurs seront projetées sur le modèle. Avec la kyrielle de réglages de projection qui vont avec, naturellement.
Voici quelques-unes des textures que j’ai utilisées (aussi bien sous forme de matériaux que de « LightMaps) » et qui font d’ailleurs partie du catalogue standard de Mb3D. On peut bien sûr utiliser aussi toutes les textures que vous voudrez bien charger dans le logiciel…
C’est une alchimie riche de possibilités que je me suis pour l’instant interdit d’exploiter à fond : il y a tant à explorer encore, ailleurs, dans l’infini des possibles… Tout au plus ai-je publié ces essais de tableaux fractals sur mes pages Art station…
Toujours est-il que c’est ainsi que ce dernier des tableaux fractals : Abalone, s’est retrouvée proposée dans la boutique, au titre des nouveautés… A bientôt ?
ABALONE
Plage de prix : 89 € à 168 €
Ormeau sans fin, typiquement fractal : un motif solide qui se reproduit à toutes les échelles. Avec un travail particulier sur les textures de réflection pour obtenir le moirage de la nacre et la diffraction des coquillages infinis.
Description
Impression par sublimation sur un support d’aluminium Dibond de 1.14mm. Prêt à poser. 14 formats différents. Toutes les œuvres sont numérotées, signées, et livrées avec attaches murales et certificat d’authenticité.
Informations complémentaires
| Poids | 1 kg |
|---|---|
| Dimensions | 40 × 40 × 3 cm |
| Taille | 40×40, 60×60, 80×80 |
| Couleur |






















0 commentaires