Place Castellane : la nouvelle cicatrice minérale de Marseille ?

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La voici donc, livrée aux regards et aux pas des Marseillais : la nouvelle Place Castellane. Sur le papier, la promesse était enivrante. Transformer un carrefour asphyxié par les automobiles en une vaste esplanade piétonne, où le murmure de l’eau de la fontaine Cantini restaurée viendrait apaiser les esprits.

Le projet à 7 millions d’euros de la Métropole Aix-Marseille-Provence est présenté comme une révolution pour la mobilité douce et un havre de paix. Pourtant, une fois l’éblouissement des 500 000 blocs de calcaire passé, une impression tenace s’installe, celle d’un rendez-vous manqué avec les habitants, d’une coquille esthétique dont l’usage quotidien révèle de profondes et dérangeantes lacunes.

Car derrière la communication officielle célébrant une « réussite collective », une autre réalité se dessine. Celle d’un espace public où la dimension humaine semble avoir été la variable d’ajustement. La critique, loin d’être anecdotique, est portée par les usagers eux-mêmes, et même par les instances locales qui, dès 2020, alertaient sur les faiblesses du projet. Cette place, bien que débarrassée du bruit du giratoire, semble avoir troqué un chaos contre un autre, plus insidieux : celui d’un design qui ignore les plus fragiles et d’une conception qui méprise l’un des enjeux majeurs de notre époque, la lutte contre les îlots de chaleur.

Place Castellane : allons voir !

Peu après les flonflons de l’inauguration, après tous ces mois de travaux (à Singapour, et je blague à peine, le tout aurait été achevé en une semaine…) j’ai eu la curiosité d’aller voir par moi même, à pied, attentif comme toujours à tous ces détails chemin faisant, qu’on retrouve dans mes choses vues.

Ayant refoulé de ma mémoire travaux et déviations, j’avais gardé de cette place Castellane l’image d’un des centres névralgiques de la cité Phocéenne – 2 stations de métro, les tramways, énormément de lignes de bus de ville et de cars et bien sûr le rond point lui même avec son trafic de voitures entre la gare, le Vieux Port, les quartiers sud, les hôpitaux, les universités et d’autres axes importants de la ville… L’architecture haussmannienne rivalisait avec la colonne immaculée de la fontaine Cantini, entourée de 19 palmiers haut de plus de 15m. Chandelles végétales sous l’implacable soleil qui constituait une des cartes postales de la ville ; le Sud ; le Midi ; la Provence… Comme sur tous les rond-points du monde, on circulait à sa périphérie, d’un commerce à l’autre, indifférents au trafic routier.

J’ai donc entrepris de rallier la place de l’obélisque de Mazargues à celle de Castellane, descendant l’avenue Michelet puis l’avenue du Prado. quelques kilomètres d’un véritable voyage dans le temps. L’obélisque… Il fut construit en 1798 et érigé initialement Place Castellane, justement. Dans son livre La Flèche d’or, le grand écrivain Joseph Conrad en parle : « À l’extrémité de la rue de Rome, le souffle violent et glacial du mistral enveloppa la victoria d’une vaste traînée de soleil brillant, mais dépourvu de chaleur. Nous prîmes à droite, en contournant à une allure majestueuse l’obélisque assez mesquin dressé à l’entrée du Prado». Avant de laisser la place à la nouvelle fontaine Cantini, l’obélisque d’origine étant déplacé en 1911 jusqu’au rond point de Mazargues !

Chemin faisant, je passe devant un autre flegmon – on s’habitue à tout, le grand ensemble bariolé de l’architecte Le Corbusier : « la cité radieuse » qu’on appelle ici « la cité du fada ». Classé monument historique (si) il reçoit la visite incessante de processions de touristes, appareils photos vissés sous les bobs ou bondissant sur les ventres et, rien que pour ces raisons, je ne voudrais pas habiter ici. Je dépasse rive gauche, la Villa Lucia une des anciennes bastides de la région, puis, rive droite, le jardin Magalone, puis le Stade Vélodrome, le parc Chanot, le marché de Castellane avant de déboucher sur la place elle-même…

Première impression : les voitures sont toujours là, vrombissantes sur un des côtés de la place. La flèche blanche de la fontaine est visible, si l’on fait abstraction des câbles d’acier, erratiques, qui sillonnent le ciel urbain et ruinent la perspective sur cette fontaine Cantini : les tramways sont omniprésents avec – c’est un avis personnel, leur sonnettes incessantes et anxiogènes. Premier choc : l’absence des hauts palmiers (arrachés en une nuit) qui faisaient tout le caractère de cette place : la carte postale est froissée…

Depuis longtemps déjà l’accès au Vieux Port avait été condamné. Au delà du louable projet de transformer Marseille en « ville sans voitures » la question est, justement : Où sont passées les voitures de ceux qui sont obligés de circuler ? Sans doute dans les embouteillages monstres, un peu partout… Voilà la vérité. A Marseille, si tu loupe une ruelle non signalée, dans le véritable labyrinthe qu’est devenu le centre ville, tu repars pour un tour dans les bouchons, les klaxons et les gaz d’échappement. Pas sûr qu’on ait gagné au change… Quand à la « nouvelle place », sans doute belle sous l’oeil d’un drone ou d’un gabian : bof ! On a envie de dire : « Tout ça pour çà ? »

Un hommage paradoxal à l’histoire

Pour comprendre l’amertume qui sourd, il faut se souvenir de ce que fut ce lieu. Un espace né d’un don, celui du Marquis de Castellane-Majastre en 1774, pensé pour la ville et ses habitants. Un lieu qui a vu passer l’histoire, de l’obélisque napoléonien, jusqu’à la majestueuse fontaine Cantini, chef-d’œuvre de marbre de Carrare offert par un mécène et considéré comme l’un des plus beaux témoignages du patrimoine marseillais. La fontaine a été réalisée par un artiste Toulonnais, André Allar, et représente les trois cours d’eau de la Provence : La Durance, le Verdon et le Rhône. Castellane a toujours été un cœur battant, un pôle de vie où commerces historiques et marché populaire créaient une urbanité vibrante et authentique.

Aujourd’hui, la réhabilitation semble avoir opéré une forme de gentrification de l’espace. Certes, la fontaine a été remise en eau, et l’on se réjouit de la voir trôner à nouveau. Mais la place qui l’entoure semble conçue comme un écrin froid, un musée à ciel ouvert plutôt qu’un lieu de vie. Le choix du minéral à outrance, cette mer de calcaire immaculé, tranche avec l’âme populaire et chaleureuse du quartier. On a l’impression que le projet a davantage cherché à créer une image de carte postale (une autre), une vitrine impeccable pour le passage du tramway T3, plutôt qu’un espace que ceux qui le pratiquent au quotidien puissent s’approprier . L’héritage de convivialité semble avoir été sacrifié sur l’autel d’une esthétique aseptisée.

Place Castellane à Marseille. Fontaine Cantini

Quelques micocouliers juvéniles se battent en duel… Rendez-vous dans 30 ans.

La grande supercherie de la « végétalisation »

Le point le plus sensible de cette transformation de la Place Castellane est sans conteste la question de la végétalisation. Dans une ville méditerranéenne écrasée par le soleil plusieurs mois par an, promettre un « lieu de vie apaisé » sans offrir une ombre généreuse relève soit de l’inconscience, soit du cynisme. Les « 36 micocouliers » annoncés font figure de caution écologique bien maigre face aux 8 000 m² de surface minérale. Il faudra des années, voire des décennies, pour que leurs frondaisons offrent un répit significatif face à la réverbération du calcaire, transformant d’ici là la place en un véritable four urbain durant la période estivale.

On nous dit que les palmiers de la Place Castellane à Marseille ont été coupés (de nuit : bravo pour cet acte de bravoure, rapporte une usager), principalement pour des raisons techniques liées au réaménagement de la place et à l’extension du tramway. L’objectif initial était de déplacer (transplanter) les 19 palmiers, mais cela a été jugé irréalisable à cause de plusieurs contraintes.

A la place ont été plantés quelque micocouliers. Arbre sans charme, à mon avis, mais bien adapté aux villes, dit-on. Résistant à la sécheresse, aux conditions urbaines, ils peuvent vivre jusqu’à 600 ans et atteindre 15 à 25 mètres de hauteur (nos petits enfants les verrons peut-être)… Originaire du Midi, son nom latin « Celtis australis » indique ses racines dans les tribus celtes du sud de la Gaule. C’était un arbre sacré pour les peuples de l’Antiquité, utilisé dans les rites religieux, les offrandes de chevelure des prêtresses, et pour éloigner le diable dans les sanctuaires. En tous cas, il est doté de racines profondes qui ne détériorent pas les trottoirs !

Toujours d’après les riverains, les manquements ne s’arrêtent pas là et touchent directement à la sécurité et à l’accessibilité :

  • Absence de pistes cyclables dédiées et sécurisées, créant des conflits d’usage dangereux avec les piétons et les voies du tramway.
  • Cheminements piétons mal définis, notamment pour les personnes en situation de handicap qui doivent naviguer dans un espace faussement ouvert.
  • Sécurisation insuffisante aux abords directs des rails, une source d’angoisse pour les parents et les personnes à mobilité réduite.
  • Impact sur les commerces, dont certains, comme le kiosquier historique, ont vu leur clientèle chuter drastiquement durant et après les travaux.

Place Castellane : un nouveau four solaire ?

Que dire des ridicules ombrières bariolées, à claire voie, qui sont du plus mauvais goût devant le « classicisme » de la fontaine Cantini : on sent le projet bâclé à la và-vite pour répondre aux grognons qui considère cette nouvelle Place Castellane comme un four solaire… Il faut dire que le banc géant « la paupière » est inutilisable en plein soleil puisque l’expression populaire « aller se faire cuire le cul » est ici une réalité !

Cette indigence végétale n’est pas un oubli ; c’est un choix. Un choix qui va à l’encontre de toutes les recommandations urbanistiques modernes en matière d’adaptation au « changement climatique ». Les critiques, émises notamment par la Mairie de Secteur, réclamant une place « bien davantage végétalisée et ombragée », ont été superbement ignorées. Le projet semble ainsi figé dans une vision datée de l’urbanisme, où la propreté visuelle d’une grande dalle prime sur le confort thermique et le bien-être des citoyens. On nous vend une place du futur, mais ses concepteurs ont oublié de lire le bulletin météo des années à venir.

Place Castellane | Marseille. Ombrière

La nouvelle Place Castellane de Marseille : des ombrières chétives et sous-dimensionnées, à claire voie et d’un mauvais goût exquis !

« La Paupière » de la Place Castellane, ou le design au mépris de l’usage

Le symbole de cette déconnexion entre l’intention esthétique et la réalité fonctionnelle est sans doute le banc monumental de 102 mètres, baptisé « La Paupière ». Conçue par le designer Ora-ïto, cette longue ondulation de pierre est censée séparer l’espace piéton de la voirie. Dans les faits, cet objet design, sans dossier et exposé en plein soleil, est avant tout un obstacle dangereux. Son absence de contraste visuel avec le sol en fait un piège pour les personnes malvoyantes, et sa forme invite à des usages périlleux, notamment pour les enfants et les cyclistes qui tentent de traverser.

Ce banc de la « nouvelle » Place Castellane illustre parfaitement la philosophie d’un projet qui a privilégié le « geste architectural » à la simple analyse des besoins. On a préféré une signature de designer à un mobilier urbain confortable, sécurisé et inclusif. Le tableau suivant résume ce décalage criant entre le discours officiel et le vécu des usagers.

Élément du projetLa promesse officielleLa réalité perçue
L’esplanade piétonne« Un véritable lieu de vie apaisé, ouvert aux piétons. »Un îlot de chaleur minéral, peu ombragé et anxiogène.
La végétalisation« Offrir ombre et verdure. »36 jeunes arbres pour 8000 m², une ombre quasi inexistante.
Le banc « La Paupière »Un objet design séparant les flux.Un obstacle dangereux, inconfortable et excluant.
Le pôle multimodal« Cheminements piétons et cyclistes sécurisés. »Absence de pistes cyclables claires, conflits d’usage.

Place Castellane : Un avenir urbain en trompe-l’œil ?

Au final, que restera-t-il de cette transformation ? Une belle image, sans doute. Le tramway qui glisse silencieusement devant une fontaine historique sur un parvis immaculé. C’est une vision séduisante pour une brochure touristique ou un clip de promotion métropolitain. Mais une ville ne se résume pas à ses clichés. Elle se vit, se pratique, s’arpente. Et sur ce plan, la nouvelle Place Castellane apparaît moins comme une réussite que comme un avertissement. Elle nous montre le risque d’un urbanisme hors-sol, qui pense les espaces en termes de flux et d’esthétique avant de penser aux gens qui y vivent.

Il est encore temps, peut-être, de corriger le tir. D’ajouter massivement du végétal en pleine terre, de repenser les cheminements, de sécuriser le mobilier. Mais le doute persiste. Ce projet, malgré ses finitions soignées, porte en lui les stigmates d’une vision technocratique de la ville, où le confort et la sécurité des plus vulnérables passent après l’effet « waouh ». Marseille méritait mieux qu’une belle cicatrice blanche en son cœur. Elle méritait un véritable jardin, un lieu de vie et de partage à la hauteur de son histoire et de ses habitants.

 

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Résumé de l’article

Ce texte analyse de manière critique la rénovation de la Place Castellane à Marseille, la présentant comme une « révolution urbaine manquée ». L’auteur met en lumière un décalage profond entre les promesses officielles d’une vaste esplanade piétonne et d’un havre de paix, et la réalité vécue par les habitants. Malgré une esthétique éblouissante avec ses 500 000 blocs de calcaire et la fontaine Cantini restaurée, le projet est critiqué pour son manque de végétalisation, son design qui ignore le confort et la sécurité des usagers, et sa contribution aux îlots de chaleur. L’article conclut que la nouvelle place privilégie une image de carte postale aseptisée au détriment d’un espace de vie convivial et adapté aux besoins quotidiens des Marseillais, regrettant une vision urbanistique déconnectée des réalités humaines et climatiques.

Questions réponses

1. Quelle est l’importance historique de la Place Castellane à Marseille ?

La Place Castellane est un carrefour névralgique et emblématique de Marseille, dont l’histoire remonte au XVIIIème siècle, sous le règne de Louis XIV. Le Roi Soleil souhaitait aligner la Porte d’Aix avec la Porte de Rome, ce qui a conduit à l’extension de la rue de Rome jusqu’à l’emplacement actuel de la place. Le terrain a été généreusement donné à la ville en 1774 par le Marquis Henri-César de Castellane-Majastre, qui a également financé les travaux d’aménagement. Initialement, une fontaine avec un lavoir et un obélisque y furent installés. L’obélisque, érigé en 1811 pour célébrer la naissance du fils de Napoléon Ier, a été déplacé en 1911 pour laisser place à la célèbre fontaine Cantini. La place a également été un lieu d’expérimentation pour l’éclairage électrique en 1882 avant son extension à la Canebière.

2. Qu’est-ce que la Fontaine Cantini et quelle est sa signification ?

La Fontaine Cantini est un élément central et monumental de la Place Castellane, réalisée par l’artiste toulonnais André Allar entre 1911 et 1913, suite à une commande de Jules Cantini, un marbrier marseillais renommé. Haute de 25 mètres et faite de marbre de Carrare, cette fontaine est considérée comme l’une des plus belles de Marseille. Elle représente allégoriquement les trois cours d’eau de la Provence (la Durance, le Verdon et le Rhône) ainsi que la Mer Méditerranée. La statue de Marseille, orientée vers la mer, domine l’édifice, et son socle retrace les différentes étapes du Rhône, de sa source à la mer. L’œuvre d’Allar rend hommage à des artistes célèbres tels que ceux derrière la Fontaine de Trevi ou Lorenzo Bernini, et elle est alignée avec la Porte d’Aix, renforçant son importance symbolique et visuelle dans le paysage urbain.

3. Quels sont les principaux objectifs du récent projet de réaménagement de la Place Castellane ?

Le projet de réaménagement de la Place Castellane, achevé en grande partie en 2025 après plus de deux ans de travaux (débutés en janvier 2023), visait à transformer ce rond-point auparavant dominé par la circulation automobile en un espace de vie apaisé, largement piétonnier et végétalisé. Les objectifs principaux incluaient :

  • Piétonnisation et végétalisation : Créer une grande esplanade piétonne de plus de 8 000 m² autour de la fontaine Cantini, avec la plantation de 36 micocouliers, 50 arbustes et 250 vivaces pour apporter ombre et fraîcheur.
  • Amélioration de la mobilité : Renforcer le rôle de la place comme pôle multimodal en intégrant mieux le tramway, le métro, les bus, les vélos et les piétons, tout en rationalisant la circulation automobile sur un axe unique (Baille / Prado).
  • Dynamisation commerciale : Soutenir les commerces locaux en offrant des terrasses plus confortables et ombragées, et en améliorant l’accessibilité de la place.
  • Valorisation du patrimoine : Remettre en eau la fontaine Cantini, monument historique, et la mettre en lumière.
  • Sécurité des usagers : Aménager des cheminements piétons et cyclistes sécurisés, et installer des dispositifs de sécurité tels que des bornes d’accès automatiques et des caméras de vidéoprotection.

4. En quoi consiste « La Paupière », le nouveau banc monumental de la Place Castellane ?

« La Paupière » est un banc urbain monumental de 102 mètres de long, conçu par le designer marseillais Ora-ïto en collaboration avec l’agence d’urbanisme et de design STOA et le groupe d’ingénierie EGIS. Réalisé en pierre calcaire, il s’intègre au nouvel aménagement de la place, dont le design global évoque un œil vu du ciel, avec la fontaine Cantini comme pupille et le banc comme paupière. Ce banc, qui peut accueillir plus d’une centaine de personnes, est à la fois sculptural et fonctionnel. Il délimite la zone piétonne de la zone de passage du tramway, intégrant des contraintes techniques pour créer un espace libre et sécurisé. Il est également équipé d’un éclairage discret intégré au sol, créant une atmosphère douce et protectrice la nuit.

5. Quels sont les points de controverse et les critiques soulevées par le projet de réaménagement ?

Le projet de réaménagement de la Place Castellane a suscité plusieurs critiques, principalement de la part des écologistes et de certains habitants. Les préoccupations majeures incluaient :

  • Manque de verdure et d’ombre : Malgré les annonces de végétalisation, de nombreux critiques ont déploré un nombre insuffisant d’arbres et un banc « La Paupière » placé en plein soleil, risquant de créer un « îlot de chaleur ». Le projet initial prévoyait 36 micocouliers, mais leur croissance est lente, et l’ombre qu’ils procureront prendra du temps.
  • Sécurité des piétons et cyclistes : Des inquiétudes ont été exprimées concernant l’absence d’accès direct entre le centre de la place et le boulevard Baille, risquant d’encourager les piétons à traverser les voies du tramway de manière dangereuse. Le banc lui-même a été jugé risqué pour les personnes malvoyantes. Le manque de pistes cyclables dédiées et la création d’espaces partagés avec les piétons pourraient générer des conflits d’usage.
  • Impact sur les commerçants et riverains pendant les travaux : Les travaux, lancés en janvier 2023, ont entraîné des passages restreints, des contraintes de circulation pour les piétons et cyclistes, et une baisse significative de la clientèle pour certains commerçants, particulièrement les personnes âgées.

6. Comment le tramway est-il intégré au nouveau plan de circulation de la Place Castellane ?

L’intégration du tramway est un élément clé du réaménagement de la Place Castellane. Le projet s’inscrit dans l’extension nord-sud de la ligne T3 du tramway, qui reliera La Gaye à Capitaine Gèze d’ici fin 2025. La station de tramway Castellane a été déplacée de la rue de Rome vers l’avenue Cantini, dans un espace dédié et plus confortable. Ce déplacement a permis d’élargir les trottoirs et d’améliorer la lisibilité des cheminements piétons. Le tramway traverse désormais la place dans un espace réorganisé et sécurisé, renforçant le rôle de la Place Castellane comme un carrefour multimodal où se croisent tramway, métro, bus, vélos et piétons. Le premier passage du tramway sur la place rénovée a eu lieu le 7 avril 2025, marquant une étape décisive avant sa mise en service officielle avec voyageurs prévue en juin 2025.

7. Quel a été le coût du projet de réaménagement de la Place Castellane et qui l’a financé ?

Le chantier de réaménagement de la Place Castellane a représenté un budget de 7 millions d’euros. Cet investissement s’inscrit dans un programme global plus vaste de 350 millions d’euros dédié à l’extension du réseau de tramway à Marseille. Le financement de ce projet a été assuré par la Métropole Aix-Marseille-Provence, avec le soutien de plusieurs partenaires institutionnels, dont l’État français, la Banque Européenne d’Investissement (BEI), le Département des Bouches-du-Rhône, la Région Sud et l’Union Européenne.

8. Quelles sont les principales préoccupations exprimées par la Mairie de Secteur et les habitants concernant le projet ?

La Mairie de Secteur (6ème et 8ème arrondissements) et les habitants ont demandé une révision du projet de la Place Castellane en 2022, face aux crises climatiques, écologiques et énergétiques. Leurs principales préoccupations, réaffirmées dans un courrier du Maire de Marseille à la Présidente de la Métropole, étaient les suivantes :

  • Végétalisation et ombrage : La place doit être bien davantage végétalisée et ombragée pour éviter de devenir un îlot de chaleur.
  • Cheminements piétons et cyclistes : Les itinéraires doivent être revus, sécurisés et séparés pour éviter les conflits d’usage, et des aménagements sont nécessaires pour protéger les usagers les plus fragiles, notamment les personnes à mobilité réduite.
  • Sécurité aux abords des voies de tramway : Les contraintes de sécurité émanant des services de l’État doivent être respectées, en garantissant des cheminements sécurisés durant le chantier et après la livraison, notamment en ce qui concerne le banc monumental qui représente un risque de chute pour les malvoyants.
  • Respect des délais : Les délais des travaux doivent être tenus pour permettre la livraison du tramway et des aménagements de voirie dans les temps impartis.

Ces demandes visent à aligner le projet avec l’objectif de Marseille de devenir l’une des 100 villes neutres en carbone d’ici 2030, en améliorant la « marchabilité » de la ville et en anticipant les effets du réchauffement climatique.

Timeline IA

Chronologie Détaillée des Événements à la Place Castellane

  • 1774 : Le Marquis de Castellane-Majastre fait un don de terrain, donnant naissance à la Place Castellane, conçue pour la ville et ses habitants.
  • 1798 : Un obélisque est construit et initialement érigé Place Castellane.
  • Avant 1911 : L’obélisque d’origine est un point de repère sur la Place Castellane, mentionné par Joseph Conrad dans son livre « La Flèche d’or », le décrivant à l’entrée du Prado.
  • 1911 : L’obélisque d’origine est déplacé de la Place Castellane au rond-point de Mazargues pour laisser place à la nouvelle fontaine Cantini.
  • Date inconnue (mais postérieure à 1911) : La majestueuse Fontaine Cantini, chef-d’œuvre de marbre de Carrare réalisé par André Allar et représentant les trois cours d’eau de la Provence (Durance, Verdon, Rhône), est installée sur la Place Castellane grâce à un mécène.
  • Historiquement (jusqu’à la récente transformation) : La Place Castellane est un centre névralgique de Marseille, caractérisée par une architecture haussmannienne, la fontaine Cantini entourée de 19 palmiers de plus de 15m, et un important carrefour de transport (métro, tramways, bus, cars, rond-point routier). C’est un pôle de vie vibrant avec commerces et marché.
  • Date inconnue (mais avant les travaux récents) : L’accès au Vieux Port est condamné, participant à la vision de transformer Marseille en « ville sans voitures ».
  • 2020 : Des instances locales alertent sur les faiblesses du projet de réaménagement de la Place Castellane.
  • Période de travaux (plusieurs mois) : D’importants travaux de transformation de la Place Castellane sont menés par la Métropole Aix-Marseille-Provence, avec un budget de 7 millions d’euros. Durant ces travaux, les 19 palmiers historiques sont coupés « en une nuit » (le déplacement initialement prévu ayant été jugé irréalisable). Le kiosquier historique et d’autres commerces subissent une baisse drastique de leur clientèle.
  • Récemment (après les travaux) : La « nouvelle » Place Castellane est livrée. Elle se caractérise par une vaste esplanade piétonne en 500 000 blocs de calcaire, la fontaine Cantini restaurée, l’installation de « 36 micocouliers juvéniles » et des ombrières, ainsi que le banc monumental de 102 mètres « La Paupière » conçu par Ora-ïto.
  • Inauguration : La nouvelle place est célébrée par la communication officielle comme une « réussite collective » et une « révolution pour la mobilité douce et un havre de paix ».
  • Actuellement (après l’inauguration) :
  • Les critiques se multiplient de la part des usagers, des riverains et même de la Mairie de Secteur, soulignant l’absence d’ombre, le choix du minéral excessif, l’inconfort du banc « La Paupière », l’absence de pistes cyclables sécurisées, les cheminements piétons mal définis pour les personnes à mobilité réduite, et l’insécurité perçue aux abords des rails de tramway.
  • La place est perçue comme un « îlot de chaleur minéral », un « four urbain » en été, et un « musée à ciel ouvert » plutôt qu’un lieu de vie convivial.
  • Les voitures sont toujours présentes sur un des côtés de la place, contribuant à des embouteillages ailleurs dans la ville.

Personnages Principaux

  • Marquis de Castellane-Majastre : Personne qui a fait don du terrain en 1774, permettant la création initiale de la Place Castellane.
  • Joseph Conrad : Grand écrivain qui a mentionné l’obélisque de la Place Castellane (alors à son emplacement d’origine) dans son livre « La Flèche d’or », témoignant de l’aspect historique de la place.
  • André Allar : Artiste Toulonnais qui a réalisé la Fontaine Cantini, chef-d’œuvre de marbre de Carrare représentant la Durance, le Verdon et le Rhône.
  • Un Mécène : Individu (non nommé) qui a offert la Fontaine Cantini à Marseille.
  • Le Corbusier : Architecte de « la cité radieuse », appelée localement « la cité du fada », mentionnée comme un « flegmon » et un monument historique visité par des touristes. (Bien que sa relation directe avec la Place Castellane soit périphérique, son œuvre est citée lors d’un déplacement à proximité).
  • Ora-ïto : Designer qui a conçu le banc monumental de 102 mètres appelé « La Paupière », installé sur la nouvelle Place Castellane.
  • La Métropole Aix-Marseille-Provence : L’entité responsable du projet de réaménagement de la Place Castellane et de son financement (7 millions d’euros).
  • Les usagers / Les habitants / Les riverains : Groupe collectif et anonyme, mais central, qui exprime les critiques, l’amertume et le ressenti quotidien concernant la nouvelle place, mettant en lumière les lacunes du projet.
  • Les instances locales / La Mairie de Secteur : Organismes qui, dès 2020, ont alerté sur les faiblesses du projet et ont réclamé une place « bien davantage végétalisée et ombragée », mais dont les recommandations ont été ignorées.
  • Le kiosquier historique : Représentant des commerçants locaux impactés négativement par les travaux et la nouvelle configuration de la place.

 

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Publié le Sep 5, 2025

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