L’homme qui rit – Victor Hugo. Un des romans les plus méconnus d’Hugo. Ecrit en deux années, de 1866 à 1868, peu de temps après la publication des Travailleurs de la mer. Publié en avril 1869, l’action se déroule dans l’Angleterre de la fin du XVII ème siècle. Une terrible histoire racontée par un géant de la littérature…
Ainsi, on croit avoir du vocabulaire et parler correctement le français, étant confirmé dans cette croyance par l’entourage qui peine même parfois à comprendre le sens de nos phrases tant elles renferment de mots étranges, inconnus, surannés… Et puis on relit Victor Hugo et c’est la grande claque ! En effet, pas un paragraphe sans que je n’ai eu besoin d’aller chercher la signification de tel ou tel mot, telle référence historique, telle image… Avant d’abandonner et de me laisser aller à la musique des mots, à la poésie du texte et à son souffle épique, à l’intuition, enfin… C’est… monumental.
« Y’a l’pookie dans l’side » ! « Quoicoubeh » ? Je sais bien que la poésie de notre langue se trouve là désormais mais j’avoue me complaire dans les vieilles expressions de nos « vieux » écrivains. Voyez ?…
Tout a été déjà écrit sur Victor Hugo, louanges ou critiques. Je retiendrais surtout la puissance d’évocation et la justesse des images de notre « auteur national ». Beaucoup de livres que nous consommons sont bien écrits – un minimum – mais ne nous laissent aucuns souvenirs ; sur le quai de la gare ; quelques mois plus tard. Rien de tout cela chez l’auteur : les images nous frappent, nous poursuivent, nous fondent. Comment oublier la tempête marine, dans la nuit d’Angleterre. Ou l’interrogatoire dans la « cave pénale » ?
Et, parmi mille péripéties de ce roman haletant, ce pavé d’érudition et d’aventures, une des histoires vraies relatées par Victor Hugo, à propos des « bouteilles à la mer » présentes dans l’intrigue :
« Du reste, pour s’étonner qu’une épave fragile ait pu nager quinze ans sans être avariée, il faudrait peu connaître la profonde douceur de l’océan. Quinze ans, ce n’est rien. Le 4 octobre 1867, dans le Morbihan, entre l’île de Groix, la pointe de la presqu’île de Gavres et le rocher des Errants, des pêcheurs de Port?Louis ont trouvé une amphore romaine du quatrième siècle, couverte d’arabesques par les incrustations de la mer.
Cette amphore avait flotté quinze cents ans ».
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