Du code au mur : la métamorphose fractale

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La métamorphose fractale… On me demande souvent comment je m’y prends pour créer mes tableaux. Tout commence dans un langage que l’on ne parle pas couramment mais que l’on pratique ; que l’on ressent, même – le code informatique. Des lignes d’algorithmes s’entrelacent pour créer une géométrie vivante, une structure infinie, hypnotique. Chaque fractale que je compose est une forme née du chaos, un ordre caché sous la surface de l’abstrait. C’est une méditation numérique…

Trafalgar-Tableau Fractal de Francis Le Guen

Trafalgar | Collection « Rouge »

La création algorithmique

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Hypercampe | Collection « Mykros »

En effet « au début est le code ». Mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas simplement un logiciel qui génère les images : c’est moi qui choisit, décide, discrimine, orchestre. J’ajuste les paramètres à la manière d’un peintre et son coup de pinceau. Zooms vertigineux, contrastes forts, palettes chromatiques audacieuses, symétries étranges : chaque œuvre est unique, même si elle est créée mathématiquement. Ce paradoxe est fascinant.

Dans mon atelier, chaque tirage commence dans le silence. Un instant suspendu, où l’image encore floue dans mon esprit attend de prendre forme. Ce n’est pas un déclencheur qui crée l’œuvre, mais une émotion, une mémoire, une lumière, une tension. C’est souvent en résonance avec quelque chose que j’ai vécu. Comme une bulle qui remonte à la surface. C’est la métamorphose fractale !

Vient ensuite le moment de la capture. Je ne photographie pas : je chasse les spectres. Ce qui m’intéresse, c’est ce que le regard ordinaire ne voit pas. Un reflet dans l’eau, une fissure dans le mur, la danse d’une poussière dans l’air. Je cherche cette chose fragile, presque invisible, qui provoque un frisson.

Dans les solides multidimensionnels que je crée (en 3D mais aussi en 4,5 ou 6 dimensions – au delà j’ai mal à la tête) il est possible de naviguer, à la manière d’un explorateur. Dans cette métamorphose fractale, les détails apparaissent ou disparaissent, à l’infini, chaque détour de couloir virtuel révèle des merveilles. Je ne sais jamais ce qui m’attend et cela fait partie de la magie de cet art singulier à mi chemin de la photographie et de l’exploration.

Quand je débouche dans une clairière de sentiments, là où le paysage me plait, il est temps de peaufiner le cadrage, les éclairages (spots, points, illumination globale), les ambiances (ombres dures, occlusion ambiante, brouillard et vapeur…), les textures des matériaux (dispersion sous surfacique…), les effets (bokeh, profondeur de champ…)

Ne reste plus qu’à procéder au rendu de grande taille (pour l’impression) et à littéralement « photographier » la scène ou « enregistrer » l’animation ce qui peut prendre plusieurs heures voire plusieurs jours pour des animations complexes…

La post-production et le tirage

J’entre alors dans la phase de transmutation. Chaque image passe par des heures de retouche, non pas pour gommer l’imperfection, mais pour révéler l’intention. Je renforce les ombres, j’étire les contrastes, je colore les silences. C’est là que l’œuvre commence à respirer. Une fois la structure née, je peaufine les textures, les lumières, les reliefs. J’adapte le fichier pour qu’il vive pleinement sur le support. Rien n’est laissé au hasard : le format, la résolution, l’ambiance… Tout doit dialoguer avec l’espace qu’il habitera. On en aura un exemple dans mes explications du making of du tableau Drakkar. C’est comme cela que j’obtiens un fichier numérique de grande taille et lourd de plusieurs centaines de Mo.

Vient ensuite l’impression. Avec une imprimante de très grande taille à jets d’encres et à 6 couleurs. Sur papier d’art mais le plus souvent sur des supports rigides. J’ai choisi l’aluminium Dibond pour son modernisme et sa noblesse discrète. La surface lisse et brillante sublime les couleurs et donne une profondeur presque holographique. Léger, rigide, durable : ce support transforme l’image en objet d’art. Chaque tableau peut être accroché sans encadrement, comme une fenêtre vers le monde mathématique.

Quand l’œuvre devient présence

Quand un tableau quitte mon atelier pour rejoindre un mur inconnu, c’est toujours un petit vertige. Mais c’est aussi le but : que cette image que j’ai portée puisse parler à quelqu’un d’autre. Que l’émotion circule. Que la beauté serve d’interface entre deux mondes. Elle ne devient pas juste une décoration, elle devient énigme. Elle invite le regard à s’y perdre, à y projeter ses émotions, à y lire ses propres rêves géométriques. C’est cette magie que je veux offrir : La rencontre entre l’abstraction pure et la poésie murale.

 

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Publié le Nov 3, 2025

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