IA : Les sortilèges du « text to image ». Essais et erreurs.

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Ce billet n’en est pas un : c’est un fourre tout. Un collage. Une plongée dans le temps. Pour ne pas perdre la mémoire. Et surtout parce que j’en ai marre de voir cette publication obèse – je l’ai depuis tronçonnée en plusieurs morceaux, traîner presque achevée dans mon dossier « brouillons ». Où, au passage, vieillissent également un nombre conséquent d’autres révolutionnaires incunables, à la manière des grands vins… J’écris beaucoup, souvent, avec une certaine dextérité mais, à la manière de quelques parturientes, je refuse d’accoucher. Serrant les fesses et gardant par-devers moi de véritables joyaux de la littérature. Si !

Mais il y a des pains qu’il faut savoir laisser reposer ! Je vous livre donc ici ce salmigondis qui n’aura cesser d’évoluer au rythme des progrès de l’IA qui, il faut bien le constater, nous aura tous dépassés. Ces résultats se banalisent aujourd’hui mais, il y a encore un an ils paraissaient surnaturels.

Au point que, bien qu’habitué à visionner et manipuler les images, j’étais souvent obligé d’interrompre mes tentatives au bout d’un moment, saoul de tant de sortilèges !

De même qu’enfant, je regardais les créatures fantasmagoriques naître sur la toile au bout du pinceau de mon artiste peintre de mère, secoué à chaque fois d’un rire incoercible, presque gêné devant tant de talent, ce qui m’empêchait bientôt de suivre la progression de l’oeuvre…

Essais – erreurs

J’ai volontairement publié ici tous les premiers essais (attendrissants) de génération d’images par l’IA, pour bien montrer les limites du processus : toutes les tentatives ne sont pas bonnes et, plus que jamais, l’oeil d’un artiste – nous y reviendrons – me semble nécessaire pour faire le bon choix et séparer le bon grain de l’IA… De plus, et c’est crucial dans ce domaine en ébullition, les images datent de plus d’un an. Heu… Deux ! Voire… 🙂

Bref. J’ai commencé sur mon téléphone avec un prompt anthropomorphe du style « homme seul dans paysage boisé »… Presque instantanément suivi d’une tentative (tout le monde l’a fait) avec des nanas plus ou moins déloquées, que j’ai installées (pour l’originalité) sous l’eau de cénotes mexicains… Pas immortel mais la magie opérait déjà…

Puisqu’on est dans les grottes, restons-y et voici quelques artifices produits par des prompts « caverneux », plus ou moins barbouillés de peintures rupestres et de mythes anciens…

C’était plutôt laid. Mais en trifouillant quantité de ces logiciels qui proliféraient comme des champignons, j’ai obtenu de meilleurs résultats et, par exemple, ces paysages oniriques :

Restons dans le grottes et les paysages en utilisant le style du peintre américain Maxfield Parrish : dès le premier essai j’obtenais ces visons vaporeuses du pays des cavernes d’albâtre.

Et toujours, le monde souterrain, En Islande, ou au Brésil (on ne se refais pas !)

Un peu de plongée ?

Au début, un peu par pudeur, on mentionnait dans la signature « IA art ». Une précaution qui tend à disparaître. Même l’ogre Facebook à renoncé à la case à cocher « fait avec l’IA », presque aussi stupide que si on devait mentionner avec chaque image : « édité avec Photoshop, sur Macintosh, etc, etc »…

Mon autre tentative d’adapter un prompt existant à la plongée féminine pour générer quelques scaphandrières « steam punk » n’a hélas abouti qu’à de curieuses chimères, une galerie des horreurs de corps certes immergés mais déformés, horriblement handicapés :

Female cave diver, steampunk, art , trending on artstation, sharp focus, studio photo, inner space, cave, underwater, noah bradley, cyril roland, ross tran, centered, symmetry, painted, intricate, volumetric lighting, beautiful, rich deep colors masterpiece, sharp focus, ultra detailed, in the style of dan mumford and marc simonetti, astrophotography

Dans le même registre, quelques épaves, plus ou moins déglinguées…

C’est laid hein ? Oui mais c’est de l’Histoire ! Un peu de respect.

Des films, des tableaux, des éléphants…

Je n’ai pas obtenu plus de succès avec ce petit détour par le film « Matrix »… Inspiré par le livre du philosophe Jean Beaudrillard, « Simulacres et simulations », mais c’est une autre histoire. Précisons qu’il s’agissait de tester toutes les IA qui sortaient, applis pour smartphones, serveurs distants (en http ou via Discord), ou encore sur poste fixe. Les résultats étaient forcément variables et chiches en terme de qualité…

Quant à Van Gogh, Claude Monet et autres impressionistes, ils doivent se retourner dans leurs tombes, avec ce prompt minimaliste…

Nous les annoncions : voici nos délires éléphantesques !

Gargouilles, donjons et dragons

Et voilà comment par affinages successifs (en réutilisant l’image obtenue et avec une symétrie diagonale) je suis arrivé à ces visuels gargouillant tout à fait inattendus… Et pourquoi pas des tigres ? Sous l’eau ? Hein ? Je fais ce que je veux, d’abord !

Utiliser des photos

Il était déjà possible d’inclure une photo de référence dans les instructions ! De plusieurs façons : en tirant partie de la charte de couleurs par exemple, ou carrément de la photo elle-même, plus ou moins explosée par l’IA. C’est assez surnaturel… Comme cette photophonie prise à la calanque de Callelongue de Marseille avec ma fille.

Et transformée d’odieuse façon…

Ou l’ignominieuse adaptation du portrait de Iona réalisé à Callelongue…

Ou encore en utilisant la photo originale du récif de Zereb Khebir en Egypte utilisée cette fois pour orienter l’IA vers une certaine charte de couleurs et de formes.

Quand on sait tout de suite que tu as vu « Avatar 2″… 🙂

 

 

 

 

 

 

Autre exemple : à la sortie d’une de mes séances de rééducation forcenée à la clinique des pins de Marseille je fus séduis (sur le parking) par la lumière divine qui tombait sur l’église Saint Joseph toute proche.

Temps gris, soleil voilé : un coup de fil et c’était dans la boîte !

Au développement sur téléphone, en travaillant un peu la photo dans les bleus (en marchant), j’obtins l’image définitive qui m’évoqua aussitôt le tableau de Van Gogh « La nuit étoilée ».Rien de plus facile alors que d’utiliser cette image de départ pour en créer des déclinaisons plus vraies que nature de l’oeuvre de « l’homme à l’oreille coupée »…

Ensuite, à partir d’une simple et moche image d’un retour de courses aux légumes, dans ma cuisine, j’orientais l’IA vers une nature morte très « flamande ». On notera que l’IA a ajouté « toute seule » un fond et effacé les éléments disgracieux. C’est… Vertigineux !

 

Puis, avec l’aide d’une autre photo d’un chou Romanesco, vers d’autres délires tous droits sortis du cerveau dérangé de Van Gogh dérivant assez vite, avec l’introduction d’instructions anthropomorphes, vers des portraits légumiers à la « Arcimboldo« .

L’un d’entre eux n’étant d’ailleurs pas sans rappeler la verte Sandrine Rousseau, que je vous laisse découvrir. 🙂

Ma cuisine ! Je suis tout ému…

Mes choux fleurs ont des yeux !

Et pour finir, cette rue de mon village de Mazargues à Marseille est de cette façon devenue un décor dystopique peuplé de méchants robots…

Architextures et cathédrales

Voici des visuels inspirés par l’oeuvre bio-architecturale de Gaudi. Avec les mots clés idoines quoique minimaux : architecture, Gaudi…

Et les humains dans tout çà ?

Dans un genre biomécanique…

Restons dans le figuratif et dans l’humain : Cette fois dans un style « pop art wharolien», peinture à l’acrylique fluo et au couteau !

Et même en « trois crayons » le portrait de Hank – Charles Bukowsky…

Du côté des « top models », voici une petite combinaison de prompts assez classieux, empruntant grandement aux techniques studio de photo professionnelle, genre « Bokeh, backlighting, sepia tone, cyanotype, 8K, etc »… Et une interprétation de la superbe Eva Green… Assez connue pour faire partie des données d’entrainement de l’IA : il suffit de mentionner son nom et elle apparaît ! Pour les sans grades, inconnus au bataillon (vous et moi), il faut en passer par des « Lora’s » dédiés…

D’après la comédienne Eva Green (fille de Marlène Jobert).

Voici d’autres « gravures de modes » en utilisant et combinant dans les instructions textuelles différentes techniques photographiques comme le sépia tone, le cyanotype, l’éclairage bleu…

Côté laiderons

Publiés sur Faceballe, ces portraits ont suscités quelques observations concernant le stéréotype glamour proposé. Ce n’est pas faux même si cela dépend grandement du type d’image demandé. Ni une ni deux, je générais dans le même environnement une floppée de gens ordinaires (des riens et des riennes, des gueux, quoi) avec une subite dérive sectaire du côté de la mocheté…

Pour finir sur notre illustre Commandant Cousteau, l’homme qui a su faire des ronds dans l’eau. Sur la base du célèbre portrait de Karsh (que je n’ai pas le droit de publier)… Avec les errances graphiques qui m’y conduisirent.

Et au delà…

L’IA est partout aujourd’hui et a envahi tous les domaines offrant aux opportunistes l’occasion de créer des fonctions (payantes) de générations d’images dans presque tous les logiciels. Jusqu’à DIVI, le « constructeur », générateur de template que j’utilise avec les sites WordPress, qui n’est pas en reste et propose depuis peu une fonctionnalité hélas payante pour créer/remplir des espaces textes et surtout des images ! Comme on peut le voir ci-dessous avec le site Wonderful Dive sur lequel je travaille en ce moment, j’ai créé avec seulement quelques instructions cette illustration…

 

Voilà enfin ce post maudit terminé et livré à la vindicte populaire, libérant du même coup mon dossier des brouillons, à la concavité inquiétante… Bonne semaine – Joyeuses Pâques – Bonne année ! (rayez les mentions inutiles).

 

Publié le Mai 7, 2025

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