Plongée à Marseille : La pointe Caramassaigne

Le port de la Madrague de MontredonLes îles de Marseille, qu’on pourrait aussi bien appeler archipel, ce prolongement des calanques saupoudrées dans la mer : C’est ma banlieue bleue ! Avec les beaux jours, j’ai repris le chemin de la mer et entrepris un nouveau reportage pour Plongeurs International avec cette fois le centre de plongée de la Madrague de Montredon : Archipel Plongée.

Il est encore des marseillais pour ignorer la localisation précise de ce petit port de pêcheurs, au delà de la Pointe Rouge, sur le chemin des Goudes et de Callelongue. Bien caché, un peu à l’écart de la route principale, un bus « venu de la ville » y mène pourtant, jusqu’à un arrêt au milieu des agaves. C »est ici qu’Eric, un lyonnais d’origine, a installé un centre convivial et bien équipé nommé fort justement « Archipel ». Face à la rade de Marseille et ses épaves profondes, avec les îles du Frioul à droite et les îles de Riou à gauche, le terrain de jeu est idéal.

Dans les gorgones pourpres...Après un faux départ du à une journée de mistral soufflant à 120 km/h et interdisant toute sortie, rendez vous est pris pour le lendemain. La première plongée est pour la pointe Caramassaigne, sous les cathédrales calcaires à l’est de l’île de Riou.

Très bonne ambiance à bord avec un groupe de plongeurs « lacustres » d’Annecy, venus avec leurs équipements « tek », leur accent presque suisse et leurs fromages (des kilos !). Une infirmière, deux SOS médecins toulousains et suffisamment de brancardiers : nous voilà bien entourés !

C’est une plongée pour tous les niveaux puisque qu’elle débute dans une quinzaine de mètre, à l’aplomb de la falaise et peut se prolonger juqu’à la grotte des 3 mostelles, à -52m… Avec entre les deux des tombants de toute beauté.

Nous traversons la surface indigo pour nous rétablir dans l’atmosphère turquoise constellée de bulles, où fasceyent les rais de lumière bleue comme une pluie de soleil. C’est l’un des instants que je préfère : celui ou l’on change de dimension, ou l’on découvre l’envers du décor, ou les nuées de poissons se dispersent comme en écho à notre plongeon…

Gorgones et éponges axinellesLa visibilité n’est pas excellente, ce qui veut dire qu’on y voit quand même à plus de 10m… Yannick sera mon assistant pour ce reportage. Bardé d’expérience, de savoir faire et de diplômes, il n’a qu’un seul défaut : son bronzage imparfait ! Le contraste avec la combinaison noire est vraiment très fort. Lightroom va encore devoir faire des miracles… La prochaine, fois, je commande un métis ! Son inexpérience dans le rôle de modèle ne m’inquiète pas trop : Je préfère de loin un plongeur pro, connaissant bien les fonds et qui comprendra rapidement mes directives plutôt qu’une bimbo décorative totalement empêtrée dans sa langueur…

Nous nous retrouvons rapidement à 28m au milieu de gros éboulis chevelus de gorgones où nous testons pour la première fois notre binôme. Un petit théatre gorgonien me permet de saisir l’oeil de Yannick, en coulisse. Après une dizaine de remontées et de descentes pour les besoins du cadre, je constate avec plaisir que mon modèle a les oreilles souples ! Il n’est en effet pas toujours évident de placer le soleil bleu dans le dos d’une enclume…

Le site est réputé pour son abondance de rascasses et chapons. Nous en débusquons quelques uns en effet mais leur position laisse à désirer. Comment celà, ils n’ont pas été prévenus ? A l’aplomb du tombant bruissant de castagnoles, de grands massifs d’axinelle, ces éponges jaune d’or du plus bel effet se laissent flasher sans problème. Contrastant avec le tapis de gorgones pourpres elles rappellent l’ambiance des fonds tropicaux même si l’eau n’est qu’à 17 degrés…

Sars !

Equipé grand angle, je néglige les grappes de nudibranches qui font des cochonneries dans les recoins et scrute le bleu… En limite de visibilité on devine les accélérations subites des proies et des prédateurs. Le long des parois, dans les zones de courant, des sars en bande font la sarabande. Et dans chaque faille des anthias aux nageoires longues et délicates comme des robes de mariée papillonnent entre les doigts fleuris des gorgones…

Revenus à bord, chacun y va de ses souvenirs mouillés. Les mostelles étaient au rendez-vous, les langoustes aussi… Tout en ôtant nos pelures de néoprène nous clignions des yeux face à la lumière des falaises blanches qui nous dominent. Dans l’air bleu de midi nous assitons aux plongeons aériens des gabians. Des oiseaux tout de grâce et beauté si ce n’est leur fâcheuse habitude de déféquer en plein vol… Je me lève… L’un des « lacustres » s’assied à la place libre pour allumer une cigarette… Et presque aussitôt recoit une belle giclée de fiente céleste. Ah oui, j’avais oublié de les prévenir : j’ai la baraka ! J’en aurais encore la preuve, l’après midi même…

Si vous aussi vous voulez faire cette plongée (et tant d’autres !) : Archipel centre de plongée – port de la Madrague de Montredon – 48 bd du Mont Rose – 13008 Marseille. Tel : 04 91 25 23 64 – 06 09 52 37 12. contact@plongee-marseille.com

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19 commentaires sur “Plongée à Marseille : La pointe Caramassaigne

  1. Non mais ça alors… tu pourrais faire un effort et te choper les fientes de gabians comme tout le monde !!! C’est pas croyable !
    Superbe immersion… pendant que moi j’étais au boulot… scrutant l’océan Méditerranée qui m’appelle sans cesse… voilà de quoi me remonter le moral ! 🙄
    Bon allez allez… s’est passé quoi l’après-midi ???  😀

  2. Super le récit et les photos, je me régale…
    Je reviens quand tu veux jouer les nayades et promis j’oublierai pas le cirage   😉  

  3. C’est un sale boulot, mais faut bien que quelqu’un le fasse…  🙂 
    Profite bien de l’eau chaude, on s’occupe du soleil !!!!

  4. Ah Marseille une ville ou il fait bon vivre  ses gens  son climat ses couleurs ses calanques ,son festival de l’image , ses plongées ,ses illustres personnages,l’OM  
    mes préférées sont les Impériaux le Liban Caramassaigne 

  5. Pour les Impériaux, mon circuit favori reste celui ci :

    Immersion entre l’impérial du Milieu et celui de Terre…  ontourner en descendant progressivement par main gauche, sans trop descendre au bas du tombant en surplomb, celà ne sert à rien, il est souvent relativement vide.

    Au contraire, on se concentre sur les enfractuosités dans 20/25 m, trés riches.

    Une fois arrivé sur l’autre coté de l’Imp. Du Milieu, on trouve la remontée qui marque la fin du tombant en surplomb. Là on descend sur cette arrête direction sud vers l’impérial du Large. La pente est moyenne (50 ° environ) et on arrive sur ce que j’appelle la « vallée de sable ». En gros un canyon de 4/5 m de large sur autant de haut avec une langue de sable. Sur les 2 « murs » qu il’encadre, explosion de gorgones garantie….  au milieu de ce canyon sur le coté Imp du Large, un trou dans le mini tombant, dedans un gros mérou presque garanti….on peut alors prendre direction Est/sud Est pour une petite virée sur les contrefort de l’Impérial du large. La zone est dite « Le Pain de Sucre ». Prédateurs souvent là, toujours sur 35 m max.

    Il doit rester 120 bars dans le 15l aprés ces 20/25 premiéres minutes. Donc temps pour renter vers le point de départ.

    Donc direction l’ile de Riou en revenant sur les traces de l’aller.

    Par contre lorsque l’on arrive au dessus de la « vallée » de sable, inliner la direction légérement vers le large pour retrouver la pente « douce » de la remontée de l’Impérai l du Milieu. Là pas mal de choses à voir dans les petits éboulis, parfois un homard (pas mal de dessous de grosses pierres « grattés.. signe de grosses pinces en goguette). Pourquoi faire celà ? Si le banc de Dentis est là…. il rode dans 25 m.. en arrivant par le large et donc en dessous de lui, la chance de s’approcher plus d’eux est bien plus forte. La quantité et la taille des dentis résidents est souvent peu crédible à raconter.

    Sur le gros ébouli (situé à 25/28 m) sur la face Est (normalement si vous suivez mes explications on débouche presque pile dessus) 4 à 5 mérous et des quantités de murénes.

    On peut/doit remonter vers les 10/15 m (pas trés folichons mais bon). Ceux qui ont de l’air et pas trop de palier (habituellement mon parcours se fait presque sans palier aussi étonnant que celà puisse paraitre) on peut encore pousser aprés ce mérouville local en direction de Riou, un autre petit paté de gros caillou héberge également 1 à 2 mérous, et aussi des belles murénes – ne rigolez pas si je cite les endroits c’est que j’ai statistiquement vu toujours les mêmes habitants.. au point de les reconnaitre par des caractéristiques uniques.

    Ensuite direction le retour à la zone de sortie, toujours en tournant main gauche, on suit la longue faille horizontale, le phare prés à faire feu, des congres, des murénes et pas mal de crevettes Sténopus pour nettoyer ce beau monde. Souvent un gros chapon aussi.

    La fin de la faille est à 2,8 m (précis hein ?) avec une derniére petite anfractuosité…. élairez donc au fond pour voir si la plus grosse muréne du coin est bien dans son repaire.

    Toujours si vous avez pas de palier ou peu et de l’air… on peut aller tourner en rond dans 20 m sur le plateau entre l’Impérial de Terre et l’Imp du Milieu, là des sars tambours réguliérement, et un banc de loups souvent pléthorique.

    « Ma » plongée est longue en temps et en distance mais à faire sans dépasser les 35/38m donc la saturation reste souvent curieusement faible voir sans palier…..

    Mais bon je suis un infatigable palmeur… et faire le tour des 3 Impériaux en 60 min dans 20 m d’eau m’est déjà arrivé à la belle saison.

    On néglige osuvent l’Impérial  de Terre parce que moins vertigineux et riche en vie fixée… monumentale erreur, il est garni d’une quantité de mérou stupéfiante pour qui sait se montrer discret et attentif.

    Depuis L’impérail de Terre, on peut également remonter le cote de Riou (direction de Moyade ou des farillons) une grande enfractuosité vers 30m de fond vous révelera la plus grande surface de corail que vous ne verrez sans doute jamais – me^me si les branches ne sont pas trés trés grandes, la quantité est remarquable et l’endroit original.

    L’Impérial du Large est une belle plongée également, rare car nécessitant des conditions spéciales, est tellement profonde pour en voir la substantifique moelle…. le tombant Est bien que souvent vide de tout poisson est le plus beau champ de gorgones que j’ai jamais vu, mais vers 55 m…. je n’y vais plus, le danger y est presque réel pour moi.. souvenir de 36 minutes de palier…

    quelques photos home made :

    pardonnez la piétre qualité, ce sont des scan.. et lors du transfert le labo n’a même pas pris la peine de passer un coup de chiffon. Mais bon j’en suis pas mécontent tout de même.

    http://the-early-bird.over-blog.com/pages/Cadeau_Photos_sous_leau-2201888.html

  6. Pour Caramassaigne… je n’aime pas trop la partie tombant… verticalité stupéfiante, prés de 40/50 m d’un à pic pelé à nu… des oursins melon en quantité. la grotte oui trés profond.

    Pas un bon souvenir, mais je ne l’ai faite qu’une seule fois.

    Je préfére et de loin la Pointe de Caramassaigne coté Grand Congloue. Dans 25 m d’eau, en septembre… vous y verrez autant qu’à Port Cros… barracudas compris avec un peu de bol. La bordure de la plongée sur 25 m est interressante, car vous verrez là les plus gros loups possibles, en regardant dans le bleu vers 30 m de fond, donc un peu en dessous de la ligne de plongée.Beaucoup de gorgones dans peu de profondeur (donc idéal pour des petits niveaux 1 ou 2 en autonomie) par mal de relief, 2 mérous réguliers.  J’insiste sur la période, septembre est le top pour cette zone….

    Oui je sais je suis trés doctoral et sûr de ce que je raconte… mais bon… j’suis comme ça, sans me vanter, je connais un peu les endroits…. y’a même un spot où je vais visiter le même congre depuis 4 ans… (maintenant il est tellement gros qu’il dépasse de son trou des 2 côtés désormais !!).

    • Je vous suis, je vous suis. Mais n’en jetez plus ! Vous méritez que les portes de la renommée s’ouvrent devant vos palmes : contactez moi, j’aurais besoin de votre témoignage pour un futur article dans le magazine Plongeur.com (le n° 2 sortira le 3 mai).

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