Aujourd’hui tout le monde fait de la photo. Ne serait-ce qu’avec son téléphone. Photos qui encombrent rapidement les disques de nos ordinateurs ou se retrouvent, dans le meilleur des cas, sur les réseaux sociaux. Du virtuel au virtuel…
Mais finalement, rien ne remplace la photo « en dur », la photo « papier » à l’ancienne. C’est alors qu’intervient le tirage. Il existe aujourd’hui beaucoup de labos dématérialisés sur l’Internet et qui cassent les prix. Simples tirages papier, posters, toiles et quantité d’autres supports d’impression permettent de donner une seconde vie à nos photos. J’utilise pour ma part tirage photo qui donne de bons résultats.
Mais il serait dommage de confier à ces officines les photos « brutes » tirées de nos différentes boîtes à images. Le numérique permet bien plus que cela…
Une autre chance au tirage !
Jadis (c’est à dire il y a encore 10 ans…) un photographe professionnel se devait d’être rigoureux. Cadrage, exposition, netteté, étaient des critères essentiels. Il fallait aussi de la parcimonie, à raison de 36 expositions par rouleau de pellicule qu’on payait à l’achat et au développement… Sans parler de l’impossibilité de visionner son travail immédiatement.
Quand on voulait travailler un peu son image on devait le faire dès la prise de vue avec des accessoires porte filtres assez exotiques ou en pratiquant des surimpressions complexes, sur pied. Pratiquant la photo professionnelle depuis 1977, j’ai connu ces époques héroïques. On travaillait en positif direct (diapos) ou en négatif couleur ou noir et blanc. Intervenait alors l’étape clé du tirage qui se faisait dans les labos pro. Les « tireurs » étaient des techniciens hors pair et dans certains cas des artistes à part entière. Les célèbres photos d’Henri Cartier Bresson, Jacques Henri Lartigue, Robert Doisneau, Man Ray, pour ne citer que ceux là, ne seraient pas ce qu’elles sont sans le génie et le savoir faire de ces hommes de la chambre noire.
Il faut les avoir vus, fantômes dans la lumière rouge, masquer avec les mains le flux lumineux de l’agrandisseur au dessus du papier noyé dans son bac, comme dans un tour de passe passe, pour mesurer le travail. En photo, il y avait un avant et un après. Sans compter le choix des papiers photo et les différents traitements chimiques… Ceux qui s’insurgent aujourd’hui sur l’usage généralisé (et parfois immodéré, c’est vrai) de Photoshop me font bien rire : le traitement des images existe depuis les débuts de la photo : c’est le développement !
Le labo virtuel
L’avènement du numérique à changé cette donne. Mais bien peu d’amateurs utilisent les possibilités du numérique pour « développer », justement, leurs images. Cela fait pourtant toute la différence ! Pour ma part, je considère que la prise de vue s’apparente aujourd’hui à de l’acquisition de signal, la partie créative étant déplacée à l’étape du développement qui permet aujourd’hui une souplesse extraordinaire.
En ce qui concerne mon travail, je cadre, je choisis toujours, mais bien souvent la photo que j’imagine est fort éloignée de ce qui apparait dans le viseur : j’y inclus « par la pensée » le traitement que je compte en faire. Par exemple, voici une photo « brute », banale, prise à l’iPhone sur la plage Borely à Marseille.
Le contraste m’intéressait et j’avais décidé d’en jouer. Et voilà ce que la photo est devenue, ce que je « voyais », après le traitement…
Plus besoin de labos donc, si ce n’est pour faire des tirages grand format. Aujourd’hui toutes ces techniques et ce matériel sont remplacées par l’ordinateur et des logiciels dédiés accessibles à tous. Photoshop bien sûr mais aussi Adobe Lightroom qui en est à sa version 4 et dont on peut télécharger une demo ici. Vous pourrez classer vos photos, les indexer mais surtout les recadrer et leur appliquer toutes sortes d’effets grâce aux filtres et réglages inclus dans ces logiciels ou à l’aide de plugins tiers.
Notons d’ailleurs la délicieuse obsolescence du nom des effets qui reprennent les termes des anciens « trucages » et procédés chimiques des labos d’antan. Ainsi, le bleach bypass, la solarisation, le cross processing et les différents virages chimiques au sélénium, au platine…
La première photo sous marine
Petit clin d’œil au passage à Louis Marie-Auguste Boutan, biologiste et photographe français, né à Versailles le 6 mars 1859 et mort à Tigzirt (Algérie) le 6 avril 1934.
Voulant réaliser des photographies de la vie sous-marine, il construit en 1893 avec son frère Auguste un caisson étanche contenant un appareil photo, avec lequel il prendra des clichés jusqu’à 80m de profondeur.
Pour la lumière, il utilisera des arcs électriques générés par des batteries. Il aura fallu entre 10 et 30 minutes de pose pour obtenir cette photographie « historique » prise à Banyuls-sur-Mer… Quelle époque !
A vous de jouer !
Sans revenir aux tentatives de Louis Boutan, je ne saurais trop vous conseiller de travailler un peu vos images avant de les envoyer sur les réseaux sociaux ou de les faire tirer sur papier : ces deux étapes de création doublent le plaisir !
Ci dessous un autre exemple. Comme quoi la photo la plus banale peut receler des trésors visuels selon la manière dont on la « développe ». Je retiendrais la dernière, issue de l’antique procédé de la solarisation, et qui donne à ce pylône fleuri d’étourneaux un petit côté galactique…
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J’ai connu le labo photo
Et aussi la boite développement que l’on avait sur les chantiers
Le travail sous les draps de lit avec des couvertures aux fenêtres
L’appareil un Robot 24 x 24 allemand dans une cocotte minute, montage Robert Diot un sacré pionnier de l’image lui !
Merci de tes coms Gérard ! Tu es le plus « vintage » des vintages….