RodriguesAujourd’hui c’est du sérieux : Nous partons au large, au delà de la barrière sur une remontée corallienne profonde qui jaillit du bleu :  Pyramide. Le pauvre Bouba ne peut évidemment pas plonger à cause de son tympan perforé. Pour que je puisse quand même faire des photos, il a demandé à son ami et voisin Jérôme de m’accompagner sous l’eau.

Jérôme tient le club de kitesurf  Osmowings et est également plongeur même s’il préfère la fureur d’Eole aux douceurs de Neptune. Et à Rodrigues, il est servi ! Je suis assez gauche en ce qui concerne les sports de glisse : Chevaucher un os de seiche cramponné aux jarretelles d’un parachute n’a jamais été ma tasse de thé. Rodrigues est pourtant un spot de réputation mondiale. Quantité de records de vitesse y ont été battus et j’apprends que Nicolas Hulot y est en ce moment. D’ailleurs, à bord du bateau, ce n’est pas le « Naufrage du Titanic » mais ça y ressemble : Bouba tient la barre franche d’un air maussade…

La remontée est isolée loin au large et ne se révèle qu’à 30m de fond. Il ne s’agit pas de la louper ! En plein bleu, avec une houle tout de même conséquente, je vois bien que Bouba n’est pas tranquille pour la récupération et il nous demande de plonger par sécurité avec un dévidoir relié à une grosse bouée en surface. Bon… Bascule arrière et nous nous laissons happer par le gouffre bleu nuit… Chute libre sans autres repères que la pression sur les tympans et cette poigne si particulière dans le corps de l’eau profonde que connaissent tous les plongeurs. A moins trente, le sommet de la pyramide apparaît et je suis presque saisi par le mal de mer : La houle de fond est très importante et nous sommes ballotés d’avant en arrière sur plusieurs mètres, ayant cette fois le repère fixe du corail. Des créatures trop bleues pour être vraies dansent au loin, happées par le gouffre sans fond. Atmosphère sombre, rayée de comètes planctoniques… J’avise une petite arène de corail pleine de vie qui pourrait faire un décor. Où est mon modèle ? Descendu trop bas, comme une araignée au bout de son fil, Jérôme a presque disparu dans le noir. Il remonte à mon niveau et nous sommes comme deux billes d’acier dans un flipper. Jérôme, par ailleurs très sympa et plein de bonne volonté, n’a jamais travaillé avec un photographe sous-marin et je comprends que dans ces conditions nous allons avoir du mal à nous comprendre. Pour l’heure, bras levé avec son fil à la patte et rythmiquement écartelé par les coups de houle, on dirait la Statue de la Liberté engloutie. C’est le réchauffement climatique…

Un poisson ange vient aux nouvelles. Un tour à gauche, un tour à droite, au autre petit tour et puis s’en va ! Impossible d’aligner le décor, le poisson et le modèle. De toute façon, droit comme un « I » avec la bouée dans une main et le phare Bersub dans l’autre, on dirait que Jérôme passe l’aspirateur en promenant un ballon de baudruche ! Croisant les mains devant le masque, je fais comprendre que j’annule cette séance de yoyo et nous regagnons tranquillement la surface. Il va falloir trouver autre chose…

J’appelle Jacky à la rescousse. Mais j’apprends qu’il s’est fait mal au dos. Somatisation ? Et de deux ! Comme l’ écrit Bertrand Noël sur le blog ile.fr, je décime les rangs ! Mais Jacky est un pro et il sera malgré tout mon modèle tandis que Jérôme assurera la position avec son sémaphore flottant. Bouba, à son corps défendant, continuera d’assurer la surface.

L’équipe de tournage allemande qui est sur place pour tourner un spot de kitesurf fait la tête : Pas de vent ! Ce qui veut dire que les plongeurs peuvent sortir. Le malheur des uns… Direction le large sur un autre site de choix : Coco Fesse !  Je ne sais pas qui a baptisé ce site ainsi. Un nostalgique des noix anthropomorphiques des lointaines Seychelles ?

Plongée à RodriguesEn route, les dauphins nous accompagnent, fendant l’eau de leurs corps luisants. Comme Pyramide, Coco fesse est un haut fond qui semble remonter de nulle part. La formation de ces reliefs si loin au large est d’ailleurs un mystère. Les avoir repérés et explorés est un exploit. « Il faut juste savoir lire la houle » se souvient Benoit… Une houle encore bien présente au fond, à 32m. Mais notre technique est au point. A peine arrivés, un banc de fusiliers détale comme des traits d’archers. Suivis de peu par des thons à dents de chien, en chasse. Puis entrent en scène les carangues…

Les architecture de corail vierges sont bruissantes de vie.  Éclat des papillons jaunes, des lutjans rouges dans le bleu de l’Océan Indien… Bouche béante, des mérous traînent sous les platiers, des crevettes plein la gueule. Marbrés de cachemires précieux, ils déambulent lentement, nous fixant de leurs yeux fixes, peu habitués à la présence humaine. Mais quand d’un coup de queue puissant accompagné d’un claquement de coup de fusil, ils détalent pour se poser en arrêt au sommet du rocher à contre jour,  ils savent faire comprendre qu’ils restent les maîtres du récif. Avec Jacky, nous en prendrons quelques uns en tenaille histoire de figer en photo ce qui pourrait s’apparenter à un rêve d’océan originel…

RodriguaisL’exploration de la face cachée de Rodrigues ne fait que commencer : D’autres merveilles nous attendent…

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