Je viens de déposer mes enfants à la Gare Saint Charles de Marseille, à l’issue des vacances. Instant toujours douloureux. Moment idéal pour découvrir la nouvelle campagne d’excommunication de la SNCF : Il n’y a a pas de petite incivilité…

A l’extérieur, une grosse bouse verte tombée sur le parvis, censée représenter un chewing-gum et à l’intérieur, un énorme mégot pour mieux rappeler aux fumeurs parias leur frustration permanente, sans doute. Interdiction de fumer « dans les lieux publics » d’autant plus ridicule dans les espaces ouverts « à tous vents ». Passons.

Je ne suis pas contre l’esprit civique, loin de là, question d’éducation. Mais je n’ai pas besoin de concept art pour me rappeler les règles. Quand aux malotrus, à mon avis, cette campagne ne changera pas d’un mégot leur comportement. Va pour le rappel à l’ordre concernant les mégots, les chewing-gum, les papiers gras, les sonneries de portable. Mais la SNCF va désormais plus loin :

  • Il n’y a pas de petit agacement
  • Il n’y a pas de petit soupir
  • Il n’y a pas de petit haussement d’épaules
  • Il n’y a pas de petit énervement

On croit rêver. Ainsi, ce ramassis d’incompétents syndiqués et grévistes à plein temps prétendrait réprimer nos énervements, nos agacements, et jusqu’à nos petits soupirs ? On se demande vraiment pourquoi tant d’usagers seraient énervés… Alors, messieurs les stratèges, sociologues et pubards de la compagnie ferroviaire, notez qu’il n’y a pas non plus de petits retards permanents, il n’y a pas de petits contrôleurs agressifs et mal lavés, il n’y a pas de petits trains bloqués pendant des heures sous les tunnels, il n’y a pas de petites queues interminables au comptoir des billets, il n’y a pas de petits tarifs scandaleusement disparates, il n’y a pas de petits tarifs abusifs pour transporter avec soi… Un hamster ! Il n’y a pas de petites grèves sauvages pour raisons politiques qui paralysent tout un pays… Il n’y a pas d’abonnés au numéro que vous avez demandé !

Combien a coûté cette campagne et la promotion qui va avec ? On est content pour les artistes mais à la place, on aurait aimé l’embauche de personnel compétent, pour l’accompagnement des enfants par exemple. Depuis quelques temps en effet, et de manière aléatoire, l’accès aux rames est interdit aux parents accompagnateurs, obligés de laisser leur progéniture aux yeux humides batailler pour entrer seuls dans les bétaillères avec armes et bagages. Scandaleux ! Et que se passera-t-il quand un enfant se coincera la jambe entre quai et wagon ? Voilà qui est plus grave qu’un mégot sur le tarmac !

A force de prendre les clients pour des cons, je crains que dans un avenir proche, le personnel à casquette n’ai de plus en plus de mal à sauver ses testicules…