EDF : Ton moulin va trop fort !

On est tous des Européens ! Et pour une fois, pas de vent de folie : la France aussi produira bientôt près d’un quart de son énergie de manière « propre » et renouvelable. Qui l’en blâmerait ? Les éoliennes sont une des solutions retenues et en pleine expansion, ce qui ne plait pas à tout le monde…

eolienneS’il est une initiative originale, c’est bien l’organisation chaque année du « Festival du Vent » http://www.lefestivalduvent.com à Calvi en Corse. La douzième édition qui vient de se terminer, avec pour marraine cette année « la femme voilée » Isabelle Autissier, a été l’occasion de débats passionnés sur ce qu’on appelle, pour faire intelligent, les « énergies alternatives », c’est-à-dire les éoliennes, bref,  les moulins à vent…

Et l’esprit de Don Quijotte qui anime les bouillants organisateurs et leurs invités n’a pas manqué d’offrir son lot de polémiques et parfois de langue de bois, celui dont on faisait les moulins justement ! Pauvre EDF ! Accusée de tous les maux, obligée de demander à la fée électricité, par télévision interposée, qu’on l’aime un peu… L’électricité est une énergie presque impossible à stocker. Elle doit être fournie à la demande, avec des débits variant suivant les heures, les régions, les saisons, les catastrophes naturelles. Un vrai casse tête !

Alors bien sûr, on a commencé par brûler du charbon dans les centrales thermiques, une solution qui sentait le soufre, la couche d’ozone en aurait même fait un ulcère… On a construit des barrages partout, noyant par vallées entières l’histoire locale, la flore, la faune, diluant au passage les larmes des déracinés. Les adeptes de la Tomme du Larzac n’ont pas eu raison non plus de l’atome. Et ces centrales si terrifiantes pour l’avenir ont pris le relais… Aujourd’hui, on en revient au panthéisme et peut-être au bon sens : le soleil et le vent… Ce sont les éoliennes, bijoux de technologie, qui ont été choisies en France. Après le Danemark, la Hollande, et tant de pays du Nord qui eux, ne l’ont pas perdu.

Une France à Hélice

Mais voilà que l’apparence de l’objet (imposant il est vrai) fait désormais grogner. A cause de leur implantation d’abord. C’est vrai qu’ici ou là, on n’a fait pas dans la dentelle : au Cap Corse, un site magnifique, en partie défiguré. Tel château, entouré maintenant de champs d’hélices que les propriétaires ne trouvent pas délicieux… C’est vrai. Et les promoteurs devraient un peu plus se pencher sur les études d’impact, comme on dit à Bruxelles… Mais qui remarque aujourd’hui les lignes haute tension ? Tellement omniprésentes dans notre pays que nous avons appris à ne plus les voir, au point que Jean Jacques Annaud a dû aller tourner « la guerre du feu » en Islande ! Pour Cro-Magnon, le bonheur n’était pas simple comme un coup de fil !

Et qu’est ce qui empêche de créer de vastes usines à vent au large de nos côtes ? Les marins pêcheurs et plaisanciers en feraient des amers, sans amertume. Ce serait toujours mieux que des plateformes pétrolières qui fuient…

Le bruit ensuite… Intolérable nuisance en regard des autoroutes, des TGV et des couloirs aériens ! L’EDF se défend en disant que justement, à plein rendement, le bruit du vent couvre celui des pâles. Oui, mais le courant des éoliennes coûte cher à EDF, alors elles restent parfois immobiles, tant que la demande ne dépasse pas l’offre traditionnelle et polluante… Nous venons d’apprendre que nos centrales nucléaires allaient manquer d’eau de refroidissement. Le vent lui, souffle toujours. Pour une fois, chers Gaulois : soyons de bonne foi !

De l’air à mon moulin !

On confond trop souvent progrès et ruine de la nature. Mais nous faisons aussi partie de la nature ! Et la nature de l’Homme justement est de s’adapter. Allez, encore un petit effort…

Les lecteurs les plus anciens, et souvent les plus sages, se souviennent, eux, des bougies, des lampes « pigeon » ou à pétrole qui vous maquillait les cils en noir mieux que ne le ferait le khôl. Des seaux à charbon à remonter tous les jours, du bois à fendre en hiver, du poêle à allumer avec ses engelures. Des accouchements sur la table de la cuisine, entre la vache et le cochon. Sans parler de l’eau du puits à tirer et des douches froides !

Demandez leurs donc à nos grand-mères et pères, s’ils voudraient revenir à cette époque « naturelle », messieurs les « protecteurs de la nature », réunis autour d’un radiateur… Du vent gratuit, des éoliennes : Nous voilà désormais au courant !

Autre thème débattu au cours de ce festival exemplaire (qui sème le vent récolte parfois la tempête… d’applaudissements) : Non aux sacs plastiques ! Mais ceci, comme disait Kipling, est une autre histoire. La prochaine ?

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