En matière de polices de caractères, les modes changent très vite. Si la police de caractère Garamond, fondue au plomb vers l’an 1480 par un obscur et pourtant immortel Sieur Garamond, probablement malade du saturnisme, est toujours très utilisée aujourd’hui, la tendance actuelle est à l’utilisation des polices « sans sérif », c’est à dire « bâton », « sans queues », encore que…

Les sans sérif sont basiques, droites sur leurs jambes, sévèrement burnées, et en

MAJUSCULES C’EST ENCORE PLUS FLAGRANT

les polices sérif sont plus liantes, plus sensuelles, plus élégantes, plus subtiles, plus griffues, plus « féminines »…

ET EN MAJUSCULES ON GAGNE UN PETIT CÔTE CLASSIEUX…

Bien que cette dichotomie sur le sexe des lettres ne me satisfasse pas complètement et risque de m’attirer une fois de plus les foudres de mes lectrices féministes 😉

Non à lobstérité !

Mais revenons à nos polices. J’ai utilisé dès sa sortie la police Lobster pour ce blog. Et puis, je l’ai vue partout, dans les pubs, dans les jeux, dans les rues et même dans les « Reines du Shopping » !

Je l’ai donc abandonnée au profit des Helvetica Neue, Impact, Oswald, Montserrat, Lato, Roboto et autres « Sans »…

Polices pochées

De par mes activités de WebDesigner, je cherche toujours à créer pour chaque site et client un univers unique. Qui passe aussi et fondamentalement par des combinaisons de polices dédiées. Ainsi, c’est en cherchant l’identité graphique du site Bulles de rêve que j’ai commencé à explorer les polices « stencil ».

Qui reviennent à la mode et en force : il n’y a qu’à consulter la nouvelle charte graphique d’Arte. Et l’usage qui est fait de la police Barna Stencil.

Une tendance de fond, pourtant déjà abondamment exploitée par le passé :

Pour Bulles de rêve, j’ai choisi l’Oswald Stencil qui a l’avantage d’être une « Google Font », c’est à dire gratuite et surtout utilisable dans les pages web en tant que caractère et non comme image…

C’est ainsi que l’on remplace par exemple la superbe police Gotham d’Arte par la Google Font Montserrat.

 

Mais j’ai hésité un moment entre différentes typos stencil, qui foisonnent. Ci dessous, petit florilège des « lettres à pochoir »… Enfin, à partir de la troisième. Respectivement : Montserrat, Oswald, Oswald Stencil, Wallpoet, KeaniaOne, BlackOpsOne.

 

Et, comme on ne peut rien vous refuser, quelques liens vers les polices gratuites du genre :

creativebloq.com

template.net

Nan, nan, ne me remerciez pas, c’est tout naturel. C’est la police de proximité…

Pochoir, vous avez dit pochoir ? Comme c’est pochoir…

Mais finalement, quelle est l’histoire de ces curieux caractères coupés en deux ? Stencil n’est qu’un anglicisme signifiant pochoir. Une très ancienne technique…

Vous savez bien : vous le faisiez à Lascaux, à Chauvet, ce n’est pas si loin ! Posez la main sur une paroi rocheuse et crachez dessus à travers un os creux la mixture d’argile que vous avez bien machouillée : hop, une main au mur !

Pliez une ou plusieurs phalanges, recommencez, hop : une main mutilée ! C’est çà, le pochoir. Comme sur cette image prise dans une grotte rupestre de Bornéo.

Et un peu l’aérographe aussi que mon artiste peintre de mère appelait un « soufflancul »… A l’époque, sans bombes ni couche d’ozone, il fallait souffler dans un drôle d’engin qui projetait des gouttelettes de couleurs sur un masque découpé et le processus me fascinait, enfant…

A l’origine ce caractère était un dérivé du Clarendon. Très lisible, le Stencil est traditionnellement utilisé dans le domaine industriel, militaire ou encore celui de la construction. Et pour des raisons pratiques. Il résulte du soufflage d’une couleur à travers un masque et donne ce côté institutionnel, que dis-je, gouvernemental ! Du Roswell dans l’air…

Il faut absolument boucher ce trou du Q !

Mais tout le problème des masques était d’arriver à y inscrire des lettres, des textes. Il faut imaginer les pochoirs comme des plaques d’alu perforées, « qualité militaire », genre « Apocalypse Now »…

Pour le S, le T, le Y, pas de problème, on découpe ! Mais pour le B ? Le Q ? Qui va boucher les trous du B, du Q ?

D’où l’introduction des découpes. Les « Bridges » en engliche, pour éviter que les « Islands » ne se fassent la malle.

Et c’est pour toutes ces raisons que j’ai choisi ce style de police pour le site Bulles de rêve : masculine, « militaire », sérieuse, tek, « terrain », avec un soupçon de « Vintage », renforcé par le choix des couleurs noir/jaune qui nous rappelle d’où nous venons… Ce soir, je me couche tôt !

Bon, en attendant que le site soit terminé, vous pouvez toujours contacter ce club via sa page Facebook. Ils sont très sympas, si, si, vous verrez ! Bedarrides, centre du monde civilisé ? Son président, Marc Langleur, collectionne aussi les juke-box, les flippers (jusqu’à 300…) et les manèges. Si ! C’est vous dire le cauchemar de l’épouse…

On y va souvent avec Samia (et inversement). De Marseille, on vise Stonehenge et on s’arrête avant ! En enfance, quoi…

Ah oui, et parmi les membres actifs de ce club déjanté, il y a un certain Remy. Je dis çà, je dis rien…

Faites de beaux rêves et de belles bulles.