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Cette fractale « à la pomme » pour vous annoncer que mon disque de travail de 4 To s’est éteint… Un 18 juin. Ce qui justifie mon navrant jeu de mot à propos du titre de ce billet… Mort sans un bruit (c’est un Mac). Même pas un traditionnel atterrissage de têtes, vicieux comme un chat qui se rétabli toutes griffes dehors sur un antique « tourne disque »… Je n’ai décidément pas de chance avec ces « disques durs » particulièrement mous dont j’ai assisté impuissant à la mort d’au moins 6 d’entre eux, après une (trop courte) vie… Quand j’étais sous Windows, cela était dû généralement à un rootkit malicieux qui effaçait (dans le meilleur des cas) le MBR (Master Boot Record) où sont inscrites quelques lignes essentielles pour que le système soit capable de lire le reste. Enfer et damnation !

Naturellement, quand ce problème survient, tout l’enjeu consiste à récupérer les données qui sont prisonnières du disque défunt. Première solution : l’envoyer dans une officine spécialisée où il est ouvert « en salle blanche » par des techniciens déguisés comme dans un atelier de l’industrie spatiale, sans doute pour vous faire mieux accepter l’amère pilule de la facturation…

Deuxième solution : la bidouille. Avec tout un tas d’utilitaires tous plus abscons les uns que les autres et des jours de perdus à attendre les résultats du scan… Il m’est arrivé de parvenir ainsi à récupérer les données. Pour m’apercevoir, au moment de les sauvegarder, que je n’avais pas de disque vierge d’au moins 4 To… Retour à la case départ !

Troisième solution, le démontage de la carlingue (prévoir une masse, un pied de biche et beaucoup de Valium) pour voir de quoi est constituée la bête : en général deux ou trois disques « coréens » montés en RAID (et non pas un seul comme indiqué quand on l’achète), une alimentation, des connecteurs, quelques voyants inutiles et beaucoup d’air… Il suffit alors de remonter les disques « en direct » avec des prises « universelles » sur un système Linux. Et lancer la récupération des données. Tout ceci fonctionne, quand on a du temps à perdre… Beaucoup de temps.

Un Mac sinon rien !

Time-MachineEt puis, il y a la solution Mac. Dont la philosophie consiste au remplacement systématique des appareils en cas de panne. Sans bidouille, sans prise de tête, sans temps perdu. Oui mais les données ? C’est là qu’intervient le génial « Time Machine » qui sauvegarde le contenu de votre Mac en temps réel sur la non moins géniale « Time Capsule« , disque dur de grande capacité…

Dès que vous avez acquis un nouveau Mac (si l’ancien n’est plus sous garantie) il suffit de reconnecter la Time Capsule pour restaurer intégralement votre configuration, au moindre détail prêt. On respire… Et on souffle !

Je sais, vous allez me dire : la sauvegarde incrémentale existe aussi sous Windows. Grâce à un tas de logiciels, de configs, de disques externes… Oui, oui. En principe çà marche. Sauf quand on en a vraiment besoin. La perte de données, j’ai donné…

Plein le DOS

Et pendant ce temps là, chez Microsoft, on est passé à Windows 10. Avec son lot de déceptions habituelles comme le révèle le site RT : Selon Zach Epstein de BGR News, toutes les fonctions de Windows 10 qui pourraient être considérées comme une invasion dans la vie privée sont activées par défaut. S’enregistrer avec son compte courriel Microsoft fait que Windows lit vos courriels, accède à vos contacts et données du calendrier. Le changement de paramétrage implique plus d’une dizaine d’étapes différentes et le recours à un site externe.

Mais, comme l’écrit Microsoft lui même :

bill_gates_windows_blue-650x325-c«Nous accéderons, divulguerons et conserverons les données personnelles, y compris vos contenus (comme le contenu de vos courriels, d’autres communications privées ou des fichiers classés dans vos dossiers privés) lorsque, de bonne foi, nous estimerons que cela est nécessaire». Fermez le banc !

Bon, il faut dire qu’avec Google, Facebook et même SIRI d’Apple, ces procédés sont devenus la règle…

Mais revenons à nos trognons (de pomme) et à ce disque 4 To Thunderbolt récalcitrant. Si je l’avais acheté n’importe où, j’aurais pu en faire un serre livre pour l’éternité. Mais voilà, je l’avais commandé en ligne chez Apple. Plus cher, donc. Oui mais.. Un petit tour sur le site Apple, un mail expliquant le problème et je me prépare à de longues, très longues errances dans un monde virtuel où personne ne vous entends crier… Que nenni ! Quelques minutes plus tard, je reçois une réponse, signée par un véritable trumain (de chez les trumains…). Une trumaine plutôt, avec son vrai nom et ses coordonnées et qui prétend se charger du dossier jusqu’à sa résolution. Heureusement que je n’étais pas assis, j’en serais tombé de ma chaise !

Et, croyez le ou non, sur ma simple bonne foi : « le disque est en panne », on prétend me le remplacer illico par un œuf. Heuuu, un neuf. J’ai juste à renvoyer le disque via un point relais après avoir imprimé une étiquette pourvue de tout le confort moderne, à base de code barre et de flashcode. Et, hélas, à appeler un numéro pour caler les conditions de livraison. Nous y sommes ! Je le savais bien… Et aussitôt mon taux d’adrénaline fait un bond. Parce que, comme nous tous, en matière de « standard automatique », j’étais plutôt habitué à çà :

Sonnerie… Ça répond ! Et pas de musique à la con… Il faut juste suivre des indications claires et répondre, de vive voix, même si c’est un robot. Parce que chez Apple, on ne clique pas sur la énième touche étoile après des heures de choix stupides et de crise de nerf mais on parle ! Et le robot me dirige en moins d’une minute vers un véritable trumain. Si !

Même s’il est au Maroc où à l’île Maurice, il répond dans un français impeccable et avec une courtoisie rare. Petit cafouillage à propos de références et le gars me demande mon numéro pour me rappeler. Je le savais ! Vais-je encore une fois me bourrer de Lexomil ? Naon. Une minute plus tard, il me rappelle effectivement, pour m’annoncer que je vais recevoir sous deux jours un disque neuf, sans aucun frais, par transporteur.

Dont acte avec un beau petit colis arrivé dans les temps, une pomme en sautoir brouillée par mes yeux plein de larmes… Branchement, une petite restauration via Time Machine et c’était reparti…

J’étais tellement abasourdi de l’efficacité de l’intervention que, une fois n’est pas coutume, j’ai répondu au questionnaire de satisfaction.

Apple

La classe ! Nous sommes très loin des standards « délocalisés » habituels. Dièse ou étoile ?  🙂

Foire aux données

Mais au fait, chez Apple ou ailleurs, que deviennent tous nos fichiers qui sont toujours écrits sur les millions de disques et d’ordis en panne envoyés en SAV ? Tous ces mots de passe, ces comptes bancaires, ces photos et films persos quand on sait que tout reste lisible pour qui sait y faire ?

Pas de doute, en salle blanche ou en salle rose, les techniciens doivent quand même bien se marrer…
Bonjour chez vous ! 😉