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Après le passage à Free et la mise en réseau de la maisonnée avec serveur NAS et politique de sauvegarde en béton, le vent du renouveau continue de souffler avec l’arrivée de Mac‘s rutilants, surpuissants et à l’ergonomie désarmante pour qui lutte habituellement dans le monde PC… Mais j’y reviendrais…

J’en étais là de mes reflexions, satisfait d’être sorti de cette vallée des larmes de l’obscurantisme microsoftien quand je vis soudain apparaitre en plein écran (27 pouces) des fractales animées. Apophysis ! Je le reconnaitrais entre mille ; ça par exemple… L’économiseur d’écran par défaut du Mac serait donc à la sauce Apophysis ? Alors que le logiciel ne tourne que sur PC ?

Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

Et puis je me suis souvenu avoir installé Electric Sheep, dans ma quête éperdue d’apophyser sur Mac. L’économiseur se déclenche par défaut, offrant d’hypnotiques visions… Dans le tableau de bord « économiseur »  sur Mac (ci contre) on peut affiner les réglages comme la taille du cache pour conserver les animations .avi. Mais au delà de la contemplation des images sublimes, il faut savoir qu’il est possible d’influer sur l’affichage des fractales à l’aide des flèches du clavier : haut pour garder, bas pour éliminer. Et ces choix se répercutent sur l’ensemble du réseau, et donc sur l’ensemble des utilisateurs d’Electric Sheep. Les « moutons » les plus populaires vivent plus longtemps et se reproduisent selon un algorithme génétique avec des mutations et des « sauts évolutifs ». Il est aussi possible de soumettre ses propres fractales qui seront incluses dans la « piscine de gènes »… Car derrière cette application banale se cache en fait une usine à gaz. Il s’agit d’une plateforme collaborative de génération artistique créée par Scott Draves, qui est aussi l’auteur de l’algorithme Flam 3, à l’origine de toutes les versions d’Apophysis. Utilisé par des milliers d’aficionados de par le monde, Electric Sheep fait tourner des ordinateurs PC ou Mac en travail collaboratif de façon à créer un super calculateur virtuel. Pensez que votre seul ordinateur ne serait capable de rendre qu’une seconde d’animation par jour…  Quand votre poste se met en veille, il charge, calcule et échange des informations avec les autres postes du réseau pour produire en permanence ces animations extraordinaires appelées « moutons ». Le résultat constitue selon l’auteur un « rêve d’androïde », en hommage à Philip K. Dick.

Est ce que les androïdes rêvent de moutons électriques ? Je ne sais pas. Mais vu ce que le génial auteur de ce qui deviendra Blade Runner ou Minority Report, entre autres chefs d’œuvre, se mettait dans le groin comme amphets et autres spécialités, tout est possible… Ce n’est pas un hasard si Scott Draves lui même est aussi un allumé de première. Cet artiste contemporain qui vend des séries limitées de « Fine Art » a du être confronté très tôt aux interminables temps de rendu de fractales animées, d’où l’idée de rendu partagé. Et il précise sur le site qu’il utilise aussi le réseau pour d’autres travaux personnels. Si bien que vous ne saurez jamais ce que votre ordi calcule pour le Monsieur : des fractales ou… Autre chose. La vie privée est respectée par contrat mais de toute façon, je pense qu’il a autre chose à faire que de scruter les ordinateurs du réseau. Et puis, c’est le jeu…

Passés maîtres dans la création de fractales animées avec Apophysis ou ses clones, vous aurez évidement envie de les faire calculer sur le réseau. Et de participer  ainsi à l’ébahissement des foules devant les écrans de veille. Rien de plus simple (ouch !) : ici les conseils pour générer un beau mouton. Ensuite il faut s’inscrire à la mailing list d’art genetic et demander un mot de passe d’accès au serveur. Vous voilà dans le Saint des Saints… Envoyez vos œuvres !

Quand même, ces ordinateurs qui font de l’art tous seuls, ça fait rêver… Je me renseigne sur une version qui fabrique des magazines…

Je veux Apophysis sur Mac !

Paradoxalement, Apophysis ne tourne pas sur Mac-Intel au contraire d’Electric Sheep. J’ai évidemment cherché à lancer Apophysis en natif avec les divers artifices existants :

ApoMac : il s’agit d’un lanceur sous Wine qui pointe sur Apophysis.exe (oui, quelle horreur !), le tout visualisé via l’interface X11. Une émulation Unix capable de lancer des applis Windows, pilotée par Mac OSX. Tout ce joli monde met un peu de temps à charger mais ensuite, on retrouve vitesse et fonctionalités (enfin, de cette version, totalement dépassée …). On peut en principe remplacer l’application par une version plus moderne dans : ~/Library/Application Resources/ApoMac/Apophysis/… (Testé et fonctionnel avec Apophysis 3D Hack 2,08 mais hélas pas les nouvelles versions 7X)… Avantage : Windows 🙁

Apophysis J est une version adaptée en Java (et donc multiplateforme) mais plutôt en retard dans les fonctions. De plus, l’appli à tendance à occuper toute la mémoire disponible ce qui gèle pas mal de choses. Pour lancer l’archive Java, on peut utiliser les lignes de commande, en mode terminal ou, plus facile : via un script AppleScript, selon la mémoire qu’on veut allouer (j’utilise le script 2 Go). C’est très beau mais on est encore loin des performances de la version native Windows… 🙁

C’est la faute de Victor Hugo !

Oxidizer enfin, outsider sur Mac OSX, qui utilise aussi les algorithmes Flam 3. L’auteur maintient un Wiki.

Alors, anesthésiés par OSX vous allez lancer le truc comme d’habitude… Et obtenir une belle erreur : le logiciel crashe avant même de laisser voir son interface qu’on devine sublime… Je sais, ça énerve. C’est la faute de Victor Hugo. Enfin, de la langue française. Sur l’icône du logiciel, faites un clic droit (ctlr + clic) et sélectionnez « Contenu du paquet ». Naviguez dans Contents/Ressources et renommez French.iproj en n’importequoi.iproj. Lancez, savourez… Ça marche mais il faut tout réapprendre ! Ce n’est pas Apophysis… Avantage : Windows 🙁

Bon, ultime artifice : Windows 7 sous Parallels Desktop : Apophysis se lance dans une fenêtre sous Windows et, en plein écran, c’est le top. Avec les applis Mac disponibles à tout moment… Vitesse bluffante même avec le bourrin windosien lancé ! Le meilleur des deux mondes (sauf qu’un des mondes a tout faux). Avantage : Mac 🙂

La grande question : que vais-je faire de mes PC et autres stations de travail aux ronflements d’hélicoptères ? Des idées ?