Une rivière peut en cacher une autre

Alors que l’ONU a consacré 2003 comme l’année mondiale de l’eau douce, connaissons nous bien  nos richesses fluviales ?  Le Célé, affluent du Lot, n’est pas avare de trésors…

ressel sous voute«Restaurer la ripisylve !» voilà le sacerdoce de Sylvain Dupetitmagnieux qui travaille à Maurs dans le Cantal, près des sources du Célé. Il est technicien de rivière, un métier nouveau. Jour après jour, Sylvain sensibilise les propriétaires riverains pour qu’ils entretiennent la végétation des berges, la ripisylve. Celle ci joue le rôle de filtre entre les champs et la rivière, protège les berges des piétinements du bétail, limite le déversement des effluents agricoles, améliorant ainsi naturellement la qualité de l’eau. Car il s’agit de protéger un trésor : les quelques écrevisses à pattes blanches du Célé, très sensibles à la pollution. Notre «écrevisse nationale» est aussi menacée par sa cousine de Californie, la «Signal», réintroduite il y a environ cinq ans par des pêcheurs peu scrupuleux. Cette dernière grandit et se reproduit très vite, concurrençant ainsi les autres écrevisses, tout en étant porteur sain de deux virus foudroyants pour les pattes blanches.

La rivière des perles

Une autre espèce symbole de la qualité de l’eau intéresse particulièrement les chercheurs de l’université de Toulouse : ce sont les moules perlières. La Margaritifera était très prisée au temps de Napoléon. On dit que Marie de Médicis avait une robe garnie de 32000 de ces perles. Sachant qu’on trouve en moyenne une perle sur 1000 moules, on imagine le massacre… Mais ce sont surtout les polluants et le manque d’assainissement qui sont la cause de sa régression depuis le milieu du 19ème siècle. Aujourd’hui, malgré une directive européenne censée la protéger, la situation est critique. Elle a disparu sur la plupart des cours d’eau mais les chercheurs en ont recensés 250 sur le Célé… Dernier trésor de la rivière : son affluent caché. Un peu en amont de Marcilhac sur Célé, les anciens connaissent un point de la rivière qui bouillonne lors des crues. Une rivière dissimulée sous le lit de la première ? Pour en voir plus, il faut plonger. Après avoir traversé les nuages bruns d’acide tannique du Célé, presque jusqu’au fond de son lit, on débouche dans une couche d’eau si transparente qu’on à la sensation du vide. Au milieu des souches d’arbres morts dressées à contre jour, sous le ciel floconneux du Célé, une entrée de grotte béante crache une eau aussi limpide qu’invisible de la surface… Cette galerie noyée a été récemment explorée par des plongeurs anglais qui ont remonté le courant de la rivière cachée sur 3650m, descendant jusqu’à 80m de profondeur sous le lit du Célé, dans l’épaisseur du calcaire. Une réserve d’eau fantastique, qui sera peut être utilisée un jour…

Les scaphandriers d’Espalion

De passage en Aveyron, ne manquez pas une visite au musée du scaphandre d’Espalion. Une région bien improbable pour la plongée ? Justement non : c’est dans le Lot meme qu’a été essayé pour la première fois un scaphandre autonome ! Bien avant Cousteau, les deux Espalionnais Rouquayrol et Denayrouze mirent au point en 1864 un appareil respiratoire pour les sauvetages dans les mines de charbon de Decazeville. L’invention fonctionnait aussi très bien sous l’eau et inspira à Jules Verne «Vingt mille lieues sous les mers» en 1867. Toutes les rivières mènent à la mer… Musée du scaphandre 12500 Espalion. Tel/Fax : 05 65 44 09 18

Partager ce billet
  , , , , , , , , ,


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *