Posts Tagged “Mexique”
Publié par Fran6 dans Mexique, Médias
Le nouveau Plongeurs International (opus n° 94) est en kiosque. Au sommaire, un grand dossier polémique : “Êtes-vous un bon plongeur ? Hein ? Hein ? Sûrs ?
Également notre article sur les plongées à Playa del Carmen et avec les requins baleine d’Holbox. Destination desservie par Blue Lagoon avec le centre Phocea Riviera Maya. Ci dessous, en bonus, encore quelques photos inédites de ce voyage… A bientôt pour le prochain reportage !
This SimpleViewer gallery requires Macromedia Flash. Please open it in your browser or get Macromedia Flash here.
This is a WPSimpleViewerGallery
Articles relatifs
Tags: Holbox, Mexique, Playa del Carmen, plongeurs international, requins baleine, yucatan
2 commentaires »

Pour cette dernière plongée, je reprendrais bien un peu de poisson… Direction le récif Barracuda. Avec le sentiment très particulier associé à “la dernière plongée”, je glisse dans l’huile bleue. Et survole les plantations de gorgone, les rides de sable blanc. Équilibre impeccable, couchage dans l’eau confortable, accessoires étanches et bien ajustés : j’entends profiter de cette “dernière” avec une acuité qui m’étonne moi même. Un peu d’ambiance, entre deux eaux, entre mer de sable et nuage, immatérielle turquoise… Un peu de flore dans le métronome des gorgones déroulant leurs cheveux d’Ange. Des éponges pour rendre le tout confortable… Et un peu de faune : un poisson ange français virevolte là bas. Port remarquable, robe racée : il se tient manifestement à distance du roturier que je suis. Il me faudrait le luxe d’attendre…

Un chirurgien bleu répond par contre tout de suite à mes voeux. Et présente son meilleur profil. Et son rasoir dressé sur la caudale… Dans une éponge à trois coups, je repère de l’agitation : trois crabes diadème en pleine querelle de voisinage. Je jette mon dévolu sur celui qui semble faire des pointes, à l’orée de son éponge. Mais comment l’éclairer ? Je suis si prêt que le flash ne peut être dans l’axe. En sous exposant largement, je choisis d’éclairer à travers la transparence de l’éponge en collant le flash dessus. Une sorte de réflecteur naturel… Qui m’a permis d’isoler sur fond noir le crabe minuscule.
Une plongée sous le signe du crustacé puisque nous avons (re)vu ce crabe minuscule camouflé d’éponges noires, qui ne ressemble à rien ! Mais aussi… La langouste, et deux araignées de mer avec des pinces d’onanistes professionnelles… Mais surtout, j’ai enfin vu l’emblème de la plongée caraïbes : ce minuscule coquillage léopard qui vit en symbiose avec les gorgones mauves. Ça tient à rien des fois hein ? Mais ça m’aurait vraiment “troué le sac” de passer à côté sans le voir. D’autant qu’il y en a plein. Il paraît… Comme de tortues vertes, comme d’hippocampes oranges, comme de cocktails bleus… Pfff… Allez : un petit étal de poissons, pour la route…
This SimpleViewer gallery requires Macromedia Flash. Please open it in your browser or get Macromedia Flash here.
This is a WPSimpleViewerGallery
Si vous aussi vous voulez faire ce voyage, consultez Blue Lagoon et Phocea Riviera Maya.
Un voyage d’achevé : 10 de retrouvés ? Peut-être… A l’heure qu’il est je prépare en tout cas le suivant. Ce sera la Thaïlande, le Sulawesi ou… Cuba !
Articles relatifs
Tags: Mexique, Playa del Carmen, plongée, voyage
4 commentaires »
Publié par Fran6 dans Voyages
Ce fut la force de l’explorateur Stephens d’avoir compris que les bâtisseurs des cités mayas n’avaient pas disparus : ils étaient toujours sur place. Les cités étaient mortes, pas les hommes… Et si vous faites ce voyage, vous verrez des mayas partout !
A Chichen Itza, j’ai photographié la reconstitution d’une hutte maya : bois, palmes, pisé. Et ça marche depuis 2000 ans : deux jours avant, sur les traces de la cité d’Ek Balam, nous sommes tombés sur cette vieille dame qui vit aujourd’hui encore dans cette simple hutte…

Combien d’histoires ne m’a-t-on raconté de ces milliardaires en pesos refusant le confort ? Ces propriétaires d’un carré de jungle recelant par chance un cénote, un trou d’eau claire dont ils perçoivent un droit d’accès, véritable rente vu l’essor de la plongée loisir, mais habitant dans un hamac et sans l’eau courante ? Comme si ils ne partageaient pas les même valeurs avec le monde qui se prépare… J’ai en tout cas rencontré un peuple gentil, serviable, toujours prêt à rendre service. Cela sonne comme un lieu commun mais vous verrez, vous apprécierez très vite cette âme “bon enfant” du Yucatan.
Alors, qui m’a marqué le plus ? Cette “Mamie Maya GPS” capable de trouver des cités mayas plus vite que les satellites ? Cette petite fille à la glace “littérale” ? Cette serveuse de pizza à la langouste sur Holbox ? Oui, sur Holbox, les pizzas sont à la langouste. Sur Holbox, on roule en Holcar, de ridicules voitures de golf. Mais un silence… Sur Holbox, ca pète de sons et de couleurs. Holbox… Ou cette tisseuse de hamac dont les doigts de fée s’agitent si loin des routes touristiques qu’on peut être sur de la fonctionalité de ses productions. Nous avons d’ailleurs eu une intéressante conversation sur la notion de taille. Hamac familial ou collectif ? Tout existe… Ou cette vendeuse de fruit au bord de la route ? Qui m’a fait gouter le Nance, un fruit jaune à la saveur de pomme rance ? Pour refuser que je le paye ensuite ?
Certains visages n’appellent pas d’autres commentaires que de croiser un regard. Au cours de cette itinérance au cœur de la péninsule du Yucatan, d’Holbox à Tizimin, de villes en villages de fête, de cabanes en églises hispaniques, voici quelques expressions de ce peuple chaleureux…
This SimpleViewer gallery requires Macromedia Flash. Please open it in your browser or get Macromedia Flash here.
This is a WPSimpleViewerGallery
Si vous aussi vous voulez faire ce voyage, consultez Blue Lagoon et Phocea Riviera Maya.
Articles relatifs
Tags: maya, Mexique, voyage, yucatan
2 commentaires »
Publié par Fran6 dans Plongée, Voyages
Faible profondeur pour cette deuxième plongée de la matinée, donc. Nous survolons un décor assez banal mais couvert de poissons. Surf sur écailles, raft sur nageoires, descente de caudales : l’impression d’avancer sur un tapis de poissons ! Différentes espèces de lutjans pour la plupart, qui n’en finissent pas de couler.
Nous croisons en chemin une tortue, en train de faire son ménage dans les coraux, éponge au bec. Oui, c’est d’un banal… Un petit salut, et on passe notre chemin. Personne ne s’arrête plus pour une tortue aujourd’hui…
Une petite roche qui ne paye pas de mine ? C’est l’objectif ! Rétrofusée, atterrissage dans le sable, juste devant un gros poisson pierre presque entièrement camouflé. Et je dérive dessuuuuus… Grand écart, abdos (ou ce qu’il en reste) rentrés, lumière, cadrage, photo !
C’est alors que je vois la roche se détacher de sa base et se mettre à flotter… Une illusion d’optique quand on prend comme point fixe le banc énorme d’alevins qui fuit par les 3 orifices de la grottes. A l’estime, nous pénétrons dans le tunnel entièrement occupé par des millions de poissons. Ce ne dont d’ailleurs pas des poissons de verre mais des alevins d’une autre espèce (des tazards ?).

Je ne me lasse pas de jouer avec les poissons en banc. Même si des algorithmes puissants sont aujourd’hui capables de simuler la dynamique du banc de poisson, il est toujours agréable de se confronter avec l’original. Puiser à pleines brassés dans ce nuage vivant. Se faire démiurge le temps d’écarter les doigts. Sculpter cette lumière liquide. Comprendre ces organismes qui semblent n’en faire qu’un seul… Comme nos cellules et notre corps tout entier peut être considérée comme un agrégat de bactéries symbiotiques. Spectacle stimulant, si bien que nous allons passer toute la plongée (de plus d’une heure et demi tout de même) dans cette cavité sans charme si ce n’est cette fontaine de poissons, toujours recommencée.
Le jeu étant d’arriver à distinguer mon docile modèle dans le délire ichtyologique ! Des bourrasques vivantes nous fouettent, soulèvent le sable à leur suite. Le banc se calme, gonfle puis explose à nouveau, surligne les fissures, disparaît comme un gaz détendu pour se recondenser là bas…

Avec mon modèle plus à l’aise dans l’immobilité des grottes, nous avons bien du mal à synchroniser nos efforts pour conduire le banc de poisson ou l’objectif l’exige, c’est à dire un endroit non prévu par la nature. Le plongeur calé dans son hublot de lumière, il ne me reste plus qu’à me placer, ultracambré. Laa… Flash réglé… Envoyez les poissons ! Et c’est là que ça se gate. Je n’ai pas 4 bras ! Alors, de temps à autre, je libère ma main gauche en calant le caisson avec le masque et exécute de sans doute ridicules passes de muleta, gestuelle vaguement disco, saluts militaires, anathèmes définitifs pour “diriger” les poissons dans le cadre. Chef d’orchestre sans musiciens, je dois surtout passer pour un grand malade au yeux de mon modèle qui depuis le début, me fixe. Etrangement…
Si vous aussi vous voulez faire ce voyage, consultez Blue Lagoon et Phocea Riviera Maya.
Articles relatifs
Tags: alevins, Mexique, Playa del Carmen, plongée
Pas de commentaire »
Publié par Fran6 dans Plongée, Voyages
“Il me manque des éponges !”. Je n’avais pas terminé de parler que Didier m’avait déjà concocté une plongée “spéciale”, m’octroyant un moniteur dédié pour celà. Décidément, je les aurait tous faits (les moniteurs). Presque… Ce matin, me voici donc dans les 30 mètres, avec un courant certain comme l’indique la photo… Oui, même les éponges-baril sont susceptibles de plier quand souffle le vent des profondeurs…
J’aime les éponges ! Leurs formes, leurs textures (surtout !), leurs couleurs, leur fonctionnement. L’éponge est un animal très ancien, peut-être le plus vieux, ayant survécu à toutes les extinctions de masse : c’est notre ancêtre direct le plus lointain. Pensez-y quand vous laissez trainer le squelette de grand père dans la baignoire… Il existe des éponges de toutes tailles et dans toutes les mers du monde. Et même en eau douce : vertes au lac Baïkal en Sibérie, blanches et jaunes dans une grotte sous le désert du Sultanat d’Oman, vert de gris dans un siphon de Haute Marne, drainant une partie des eaux du Canal de Bourgogne…
Mais c’est aux Caraïbes qu’elles sont peut-être les plus spectaculaires et omniprésentes. Nous plongeons donc en courant (!) au dessus d’un patchwork d’éponges multicolores dont les éclatantes couleurs ne se révèlent que à la lumière d’un phare. Ci dessous, une petite galerie d’éponges, saisies pendant la dérive. Il est tentant d’y découvrir des formes humaines : ici des courbes intimes, troublantes de rose, là un godemiché de mousse…
Au bout de 30 minutes, je jette l’éponge (oui, facile, je sais…) car à la deuxième plongée, nous sommes attendus par les poissons de verre…
Si vous aussi vous voulez faire ce voyage, consultez Blue Lagoon et Phocea Riviera Maya.
This SimpleViewer gallery requires Macromedia Flash. Please open it in your browser or get Macromedia Flash here.
This is a WPSimpleViewerGallery
Articles relatifs
Tags: éponge, godmiché, godmichet, Mexique, Playa del Carmen, voyage
3 commentaires »
Publié par Fran6 dans Voyages
A Playa, le sable est climatisé ! Impossible de se brûler les pieds dessus même en plein soleil. Composé de calcaire corallien et dénué de silice ce “faux sable” est frais quand il fait chaud et chaud quand il fait frais. Ajoutez à cela une blancheur scandaleuse et une douceur proche du duvet et vous comprendrez pourquoi ici la plage est un art de vivre. J’en étais là de mes réflexions, exténué à l’idée d’approcher le verre à cocktail de mes lèvres quand je reçu un coup de fil de mon ami Olivier et neamoins rédacteur en chef de Plongeurs International. “On est dans la galère : toi qu’est sous les cocotiers, tu peux pas nous taper une taufe ? Fille, plage, matos… Tu vois le genre ? c’est pour hier !”
En langage clair, j’ai l’après midi pour trouver une fille qui ne soit point repoussante, qui accepte de poser gratuitement (ah les magazines à petits budgets…), libre de suite, que nous fassions les photos, que je développe et envoie en haute def. Bien… Grandeur et servitude du petit reporter, loin de chez lui !
Le temps presse, me voilà donc réduit à scruter le plage comme le dragueur moyen, à chercher la perle rare. Avec l’aide de José, le tenancier du restaurant bar de l’hôtel Colibri, mais aussi fin herboriste qui s’y connait en belles plantes, nous cheminons entre les transats avec des airs de conspirateurs et pour tout dire… de souteneurs ! Nous tombons presque tout de suite sur Anna, en train de griller lentement le côté pile. Elle est française ! Et même bordelaise… Et depuis 4 ans expatriée à Playa. Travaillant dans la vente de photos, ça l’amuse de poser. Tout est simple à Playa !
Reste à trouver le décor. Avec la jeep de Didier, nous passons chez elle “pour se refaire une beauté” (elle ; moi, c’est peine perdue !) et nous arpentons la côte à la recherche du décor idoine. La lumière baisse : ce sera là !
Alors, “Anna qui n’avait jamais posé”, se révèle une vraie star à l’image et me fait un véritable show avec le peu d’accessoires dont nous disposons. Merci !
Articles relatifs
Tags: Mexique, plage, Playa del Carmen, plongeur, rédacteur en chef, Top model, voyage
11 commentaires »
Publié par Fran6 dans Voyages
J‘ai trois plongées à vous raconter, une séance de modeling sur la plage, et, et… Oui mais voilà, hier soir (ou plutôt le 15 dernier) était le jour “d’El Grito” (le cri)… La fête nationale mexicaine. La fête de l’indépendance. Un évènement célébré dans tout le Mexique avec ferveur.
Depuis quelques jours déjà l’air n’était plus le même à Playa. Plus lourd, plus “caliente”, sentant l’herbe et le Mezcal. La foule surexcitée, la moiteur des filles, la nervosité des trompettes prêtes à être dégainées : tout était prémice à un évènement majeur… En remontant la Calle 10 vers la Grande Plaza, la foule devient de plus en plus compacte. Hommes, femmes enfants, bébés au sein, tous vont se retrouver ce soir pour crier l’indépendance. Peu de touristes : et c’est là qu’on prend conscience que le Mexique est peuplé principalement… de mexicains ! Un peu comme en plongée de nuit, ils sont tous sortis et je n’en avais jamais vu autant d’un coup.
La place est un marécage qui se remplit de nénuphars qui sont des sombreros (un chapeau bien pratique pour garder ses distances). Beaucoup de bruit (les mexicains adorent le bruit), de l’exhubérence mais pas d’agressivité ni de violence. Au milieu des cris et des vivas, comment ne pas évoquer des cérémonies similaires qui ont du se dérouler jadis sur les places d’El Castillo de Chichen Itza ? Les Mexicains sont nationalistes et terriblement amoureux de leur drapeau. Ce soir, ils sont des milliers. Alors, un rythme lent, une pulsation profonde puis de plus en plus rapide s’empare de l’assemblée. La voix des foules…
D’immenses drapeaux tricolores (vert/blanc/rouge) épongent la nuit. Une voix s’impose au micro, par dessus le bruit de fond déjà assourdissant. Par anticipation, des poings se lèvent, des chapeaux s’envolent, les drapeaux deviennent frénétiques. La voix dont le ton devient paroxystique énumère uns à uns les bienfaiteurs du Mexique et la foule scande les noms, en transe. Et c’est un peu avant minuit qu’un cri à faire trembler la terre secoue tout le Mexique, relayé de Mairies en Mairies. Viva Mexico ! (En trainant bien sur le i). Vivvvvva Mechiiiico ! Une ovation formidable répétée à l’envi jusqu’au premier tir d’artifice. Un beau cri. On l’entend peut-être de l’espace. Auquel cas Simon Bolivar est très connu dans la galaxie…

La fête peu désormais commencer, pour ne plus finir… Autour de moi, des faciès mayas, espagnols, métis à divers degrés de profondeur, caraïbes, indiens… Des gens si différents d’apparence mais si semblables dans leur dévotion à leur patrie. Ils croient en eux ! Et ma foi, ca fait chaud au coeur. Ce soir, on est tous mexicain ! La foule me happe… Viva Mexico !
Si vous aussi vous voulez faire ce voyage, consultez Blue Lagoon et Phocea Riviera Maya.
Articles relatifs
Tags: El Grito, mayas, Mexique, plongée, Simon Bolivar, sombrero, voyage
Pas de commentaire »
Publié par Fran6 dans Voyages
Je reviens seulement maintenant sur la journée du 11 septembre (!) tant il y a de choses à raconter chaque jour : la prochaine fois, je vous emmène, ça m’évitera l’effort d’écrire Je voulais visiter Chichen Itza, l’une des plus belles cités maya-toltèque du Mexique. Mais aussi une des plus fréquentée. Et c’est là que mon fidèle Toch’ est précieux : nous avons dormi sur place dans un hôtel magnifique dont la piscine est entourée de statues mayas, pour nous retrouver le lendemain à 8h30, à l’ouverture du site. Lumière idéale et… personne. Le Castillo, les gravures, le terrain de pelote pour nous seuls ! Si, si, c’est possible… Le site a été restauré entièrement, peut-être trop, mais nous avons aussi visité au pas de course l’ancienne cité “pure maya”, plus ancienne, et toutes ces ruines encore à fouiller… Au pas de course. Car, voyez-vous, Toch’ est un sportif de la pire espèce ; un coureur. En baskets ! Il court le soir, après les sorties sous le cagnard, pour se maintenir “en forme” alors que je gémis, deshydraté, étalé comme un hareng saur sur le premier lit venu. Toujours est-il que Toch’ aime comme moi les choses bien et vites faites. Pas de temps mort ! Inutile de dire qu’avec un guide pareil, j’ai pu visiter Chichen Itza comme bien peu de touristes l’ont fait. D’autant qu’il n’arrêtait pas de me chiper mon sac et de me présenter l’objectif idoine quand j’en avais besoin. Mais qu’ais-je fais mon Dieu pour mériter des assistants pareils ?
Il existe à Chichen Itza, comme dans toutes les grandes cités mayas, un cénote. Ou plutôt deux : un pour l’eau potable, l’autre pour les rituels et les sacrifices. Cette évidence, connue de longue date, à très tôt attiré les archéologues et aussi les chasseurs de trésors. C’est à la fin du 19ème siècle de l’anglais Thomson eu l’idée de draguer le fond de ce cénote sacré avec une grosse machoîre d’acier montée sur une grue. L’archéologie avec des pincettes ! Mais le butin fut à la hauteur des espoirs : des poteries, des idoles, des boules de copal et un trésor de jade et d’or (rare chez les mayas) unique au monde. Ce trésor a depuis été escamoté sans que personne ne sache ou il est. D’autres campagnes de fouilles ont eu lieu, plus tard, avec le même succès. Les yeux perdus dans l’eau verte et opaque, comment ne pas penser à toutes ces victimes qui y finirent leurs jours, sacrifiés au panthéon des mayas ? Comment ne pas rêver à d’autres trésors qui doivent sûrement exister au fond d’autres cénotes quand on sait que ceux-ci se compte par milliers dans la péninsule du Yucatan ? Les fouilles à Dzibilchaltun ont livrées aussi leur comptant de crânes et de poteries…
A propos des cénotes, leur forme circulaire a de quoi étonner le profane. Mais les karstologues vous expliqueront qu’il s’agit d’un gouffre d’effondrement produit par une rivière souterraine sous jacente ayant rencontré une faille ou une faiblesse de la voûte. La recherche du profil d’équilibre conduit de proche en proche à une ouverture en surface. Raison pour laquelle la plupart des gouffres de ce type dans le monde possèdent à leur base un cône d’éboulis caractéristique. Mais une nouvelle théorie, sérieuse, prétend que les cénotes du nord du Mexique ont été percés, comme à l’emporte pièce, par les débris de la météorite de Chixulub, tombée il y a 65 millions d’années marquant la fin des dinosaures. En reportant sur une carte la répartition des cénotes, on constate qu’il sont disposés en cercles et que le nombre de ceux-ci d’écroisse quand on s’éloigne du point d’impact du cataclysme ! Fascinant…
Les mayas étaient-ils conscients d’habiter une terre ayant rencontré un bolide exterminateur, venu de l’espace ? Eux qui connaissaient si bien les cycles solaires et lunaires, quantités de constellations et de phénomènes célestes ? En visitant l’observatoire de Chichen Itza, on est frappé de la ressemblance des lieux avec les observatoires modernes, même si les moyens employés n’étaient pas les même. C’est l’un des seuls batîments circulaires de cette civilisation, comme quoi la fonction crée la forme. Ci-dessus, la photo que m’a inspirée cette “coïncidence”…
La “vieille ville maya”, plus au sud, mérite le détour même si elle est souvent négligée par les guides. On y retrouve le style familier si bien reproduit dans les estampes de Catherwood et les temples ont conservés un peu de jungle sur leurs têtes. Et si vous êtes observateurs, sans doute verrez-vous cet iguane vénérable qui semble le gardien des ruines…
Mais la journée n’était pas finie… Autant la ville de Tizimin, croisée hier était yucathèque (il faut que je vous parle de la cuisine locale…), autant Valladolid est espagnole. Séance photo dans un petit musée, scènes de rues, et hop, nous revoilà sur la piste des cénotes comme deux célibataires à la recherche de l’âme soeur… L’eau douce lave de bien des dépits… Et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés dans X’Keken. C’était trop tentant : nous sommes remontés et redescendus avec palmes, masques, tubas et lampes et c’est dans cet appareil que j’ai pu explorer un cénote en short et en apnée. Une première ! Fond à 15 mètres, colmaté ; stalactites, poissons chats : la routine ! Une coco verte tranchée à la machette, une paille : la roue tourne et la vie continue !
Si vous aussi vous voulez faire ce voyage, consultez Blue Lagoon et Phocea Riviera Maya.
Articles relatifs
Tags: cénotes, Chichen Itza, mayas, Mexique, Tizimin, Valladolid, voyage
3 commentaires »
Publié par Fran6 dans Plongée, Voyages

Ce matin, nous avons repris le chemin des cénotes tandis que la mer se calme doucement. Direction Kukulkan, à quelques minutes du centre. Je suis en pays de connaissance puisqu’il s’agit du cénote que nous avions filmé dans l’épisode des Carnets de Plongée. Mais cette fois, en cette heure matinale, nous sommes seuls et avons le luxe de profiter de la clarté absolue et du lever de soleil…
Des Morfos bleus (je n’ai pas encore réussi à photographier un de ces papillons extraordinaires…) assistent à notre équipement et des oiseaux aux couleurs paradisiaques n’ont pas encore été chassés par les clarines des plongeurs en cohorte. Car Kukulkan, de par sa facilité d’accès, est très fréquenté… Dès l’immersion, j’ai une fois de plus l’impression qu’on m’ôte un voile des yeux : l’eau est plus claire que l’air !

Les rayons bleus en oblique semblent indiquer le chemin de la partie profonde de la grotte. La roche blanche, à peine colorée d’orange, est propre, époussetée sans cesse par le courant d’eau douce qui circule dans ces galeries. Quelques photos sont vîtes emballées grâce à un Nicolas désormais rodé à la pose. Un geste et il se place au bon endroit, immobile. Et patient… On ne dira jamais assez combien il est important d’être excellent plongeur avant de prétendre poser pour des photos. Que de temps gagné. Que d’énervements épargnés et de susceptibilités ménagées. La plongée spéléo, qui oblige à une discipline de fer en ce qui concerne l’économie de mouvements et la stabilité est à ce titre la meilleure école. Il est vrai que dans les grottes, il y va souvent de notre vie…

Dans la partie obscure, Nicolas m’entraîne vers un rétrécissement qui n’est pas équipé en fil d’Ariane et qui fait la jonction avec le réseau voisin de Chac Mol. Je suis en mono bouteille avec une seule petite lampe et, disons le tout net, je n’aime pas cela ! C’est absolument contraire aux règles draconiennes de sécurité que je me suis toujours imposées et qui peut-être, m’ont tenues en vie jusque là… Bon, l’eau est claire, il n’y a pas de sédiments, et Nicolas qui lui est en bi, est à quelques mètres. Ne soyons pas parano ! L’étroiture franchie sans difficultés, une large galerie bleu-nuit se révèle. Séparée en deux par la frontière invisible et troublante de l’halocline : le fond de la galerie est rempli d’eau de mer qui ne se mélange pas avec l’eau douce. Frontière impalpable, fantastiques jeux de reflections, potentielle perte de visibilté (comme un sirop de sucre qu’on verse dans l’eau), délicieuse ivresse et perte de repères..

Dans la paroi, une chapelle d’albâtre est remplie de cierges immortels. Nicolas qui connait parfaitement les lieux veut me montrer d’autres trésors de calcaire avant de ressortir par le cénote de Chac Mol. Occupé à régler mon appareil dans le noir, je me laisse distancer… Alors, je constate que je suis à plus de 60m d”une des 3 sorties, seul, et avec un équipement de candidat au pépin. Et la machine à fantasmes commence à s’emballer : bien que la profondeur ne dépasse pas 15 mètres, je démarre une tachycardie anormale et l’angoisse monte. Je ne connais que trop bien ces symptômes et, même si je sais que tout est dans la tête, je choisis de faire demi tour avant qu’il ne soit trop tard. Sans vouloir être morbide, je n’ai que trop ramené de corps sans vie de ces grottes “faciles”. Je m’oblige au calme, à palmer lentement, à expirer à fond, mais mon cœur semble vouloir s’évader de ma poitrine comme les sacrifiés au Dieu Chac, en haut de la pyramide maya… Les cœurs brisés battraient-ils ainsi, à la moindre émotion ? Moments très inconfortables, mais que je raconte avec franchise car cela peut arriver aussi aux plus expérimentés. Et je suis certain que certain(e)s d’entre vous ont déjà éprouvé ce genre de malaise sous l’eau.
Dans le labyrinthe de galeries, je ne retrouve pas le chemin que nous avons emprunté ; et pour cause, il n’est pas équipé. Je suis le fil en place, voyant bien qu’il mène à l’autre sortie de Kukulkan. Ce n’est qu’en surface que je me sens rassuré, conscient d’avoir échappé de peu à une vraie panique, ce qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps… Que mes états d’âme, dont j’assume l’entière responsabilité, ne vous dissuadent pas de visiter ce cénote : c’est un pur joyau. A condition de rester dans les limites prévues, ou d’avoir l’équipement et la formation de plongée-spéléo idoine. Quand à moi, c’est décidé, je me mets au golf ! Même si un gentleman ne frapperait jamais une balle à terre (Je sais, cette blague ne fait rire que moi…).
Si vous aussi vous voulez faire ce voyage, consultez Blue Lagoon et Phocea Riviera Maya.
Articles relatifs
Tags: cénotes, Chac mol, Kukulkan, Mexique, Playa del Carmen
3 commentaires »
Publié par Fran6 dans Plongée, Voyages
Sur le chemin du retour, visite obligée à un autre cénote, en bordure de route : Actun Ha, plus connu sous le nom de Carwash parce que les chauffeurs de taxis venaient y laver leurs voitures. Ceci avant l’avènement de la plongée “Tek” et de la manne que cela représente pour la région (plus de 60 centres de plongée rien qu’à Playa del Carmen !) Pourtant, nous sommes seuls devant ce cénote “grand luxe” avec ponton de mise à l’eau en bois et même cabine/cabane maya pour se changer.

Et bien sûr, les moustiques sont disponibles sans supplément. Particulièrement voraces, plus petits et plus sombres que nos spécimen européens, ils piquent à la vitesse de l’éclair si bien qu’il est inutile de se gifler sans cesse : quand on sent la piqure, le mal est déjà fait. La démangeaison est instantanée et intense mais, bonne nouvelle, ne dure que quelques minutes…
Nous glissons à l’eau au milieu des nénuphars en fleur. Une couche d’eau douce, tannique, presque opaque nous accueille. Tantôt brune, verte ou bleu ciel selon l’angle où on l’observe. Nuages mouillés qu’il est si facile de percer en coulant de quelques mètres. Alors, chute libre soudaine dans une clarté infinie. Une pure merveille : les photos parlent d’elles mêmes ! Et la grotte révèle alors son ampleur de cathédrale. Mais ce n’est que le début de l’aventure : Fini le gazon, voici l’obscurité.
Nous nous laissons avaler dans la bouche garnie de crocs calcaires du cénote. Un léger courant se fait sentir dans cette partie amont : l’eau coule sous le Quintana Roo ! Cette galerie, en cours d’exploration, est déjà connue sur plus d’un kilomètre. Et le réseau Jacinto Pat tout proche, fruit de la jonction de nombreux réseaux importants, totalise aujourd’hui plus de 130 km de galeries noyées. Un sacré voyage initiatique… Mais ceci est une autres histoire. Nicolas qui explore activement les cénotes de la région (plus de mille sont déjà repertoriés) y a trouvé quantité de poteries mayas pour qui ces puits constituaient des points d’eau et ou régnait Chac, le dieu de la pluie…
Demain, je vous emmènerais vers d’autres fantaisies minérales, encore peu connues. Qui sait…
Si vous aussi vous voulez faire ce voyage, consultez Blue Lagoon et Phocea Riviera Maya.
Articles relatifs
Tags: Actun Ha, carwash, cénote, Mexique, Quintana Roo
5 commentaires »
|