Sculptris est un nouveau logiciel 3D comme on les aime : gratuit, simple, bluffant d’efficacité et de rapidité et « standalone ». C’est à dire qu’on n’installe rien : on double clique sur l’icône de l’application, où qu’elle soit, et c’est parti. Sans installation de machins et de bidules ventilés un peu partout. Sans clés de base de registre qui s’amoncellent, conflictent à qui mieux mieux avec d’autres grumeaux logiciels et sont pratiquement impossibles à supprimer ce qui explique la lenteur congénitale de Windows au fil des mois, quand on est un peu bidouilleur… Bref. Un informaticien saura-t-il nous expliquer un jour pourquoi toutes les applications Windosse ne fonctionnent pas ainsi ? De même comment se fait-il que la taille des applications ne fait que grossir au fil des versions alors que les améliorations et les nouvelles fonctionnalités sont parfois insignifiantes ? Qu’est ce qui est donc caché au sein de ces logiciels qui veulent être plus gros que le bœuf ?[pullquote]Sculptris de son côté pèse tout mouillé 4,45 Mo avec les exemples et a été conçu en un mois par un étudiant suédois en informatique de 27 ans…[/pullquote]Ce logiciel fait partie de la nouvelle génération d’outils de modélisation 3D, initiée par Amorphium et représentée aujourd’hui par Mudbox ou ZBrush. Avec ces outils qui copient l’atelier du sculpteur on ne génère plus d’objets 3D à l’aide de formules et de dessins dans une interface complexe mais on les « sculpte » directement par déformations successives d’un volume simple. Le logiciel ajoute automatiquement du détail sans que l’utilisateur ait besoin de s’en soucier.

Sculptris utilise la carte graphique et l’OpenGL pour générer les modèles : la manipulation se fait donc en temps réel. Dans un avenir sans soute proche, avec des lunettes de visualisation 3D et des gants « à retour de force » il sera possible de modeler une boule de glaise virtuelle exactement comme le fait le potier et avec les mêmes sensations. Pour une fois, ce sont les logiciels qui franchissent le chemin vers l’utilisateur…

La prise en main est excessivement simple. Pour faire bouger le modèle (la sphère initiale) : barre espace et rotation multi axe à la souris. Pour zoomer avant et arrière, utilisez la molette. En haut à gauche se trouve une palette d’outils (draw par défaut) dont on peu régler la force et le diamètre (ces commandes sont accessibles directement sur le modèle quand on applique l’effet en maintenant la touche Alt enfoncée : un menu circulaire apparait. En se plaçant sur la sphère un clic droit permet d’appliquer l’effet et un clic droit l’effet inverse. Les différentes manipulations peuvent être réglées  symétriques ce qui permet de modéliser des visages, des corps et toutes les formes présentant une symétrie avec un minimum de complexité. Il est aussi possible de masquer certaines zones, de réduire le maillage et d’exporter au format .obj pour pouvoir utiliser votre œuvre dans d’autres logiciels. C’est d’ailleurs souvent la raison d’être de ce type de logiciel : importer un modèle 3D, lui appliquer des modifications « à l’œil »  et le re exporter dans l’application choisie.

Essayez vous même, c’est très fun : on devient infographiste 3D en 15 secondes…  Il y a 12 niveaux d’annulation : si vous volez revenir en arrière, le raccourci est Ctlr+W (vous risquez de le chercher longtemps)… Alors bien sûr, vos premiers essais vont ressembler à çà (si, si, tout le monde fait un cochon, au début…). Et oui, on ne s’improvise pas sculpteur ! Notons que Sculptris marche aussi très bien piloté par une tablette graphique et un stylet.

Il faut juste s’habituer à démarrer systématiquement d’une sphère ou d’un plan. Mais pour les experts, rien de plus facile :

Il est possible d’appliquer d’autres textures en plaçant des fichiers .png avec une couche alpha dans le dossier data et en les nommant « material xx » en respectant la continuité de la numérotation. Sur ce forum, des utilisateurs commencent à échanger des textures… On peut aussi mapper (peindre) le modèle avec une texture (La touche est K mais ne fonctionne pas sur mon clavier. Il faut chercher…) comme l’auteur en fait la démo  ici :

Et maintenant, tous à vos cochons ! Envoyez vos créations…