plongée Sausset les pinsÇa y est j’ai rempilé ! Oubliées les tendinites et autres claquages musculaires de la précédente escapade… Je ne sais pas ce qui me fait préférer en ce moment les escaliers, éboulis et autres chemins creux au tangage des bateaux mais c’est un fait, me revoilà dans la garrigue, bouteille sur le dos. Ne voyez là que la persuasion et la passion d’Anthony qui fut une fois de plus mon guide sur cette Côte Bleue ou je n’avais plongé qu’une fois. Comme toujours, les conditions météo sont idéales : ciel bleu, mer bleue sans une ride. Un lac !

L’anse du petit nid s’ouvre à l’ouest du port de Sausset les pins et le site de plongée se présente comme un petit affleurement rocheux au delà duquel il faut chercher de mini tombants. On peu se garer juste en face : un luxe !

Un feu d'artifice d'anémonesNous nous mettons à l’eau vers 19h et le soleil déjà très oblique ajoute des touches d’or dans l’eau émeraude (façon poétique de dire que l’eau n’est pas très claire…). A nos pieds, déjà, une seiche, que je trouve bien humide ! Nous palmons vers le large au dessus des touffes de posidonies tandis que le fond se creuse. L’ambiance est ici bien différente des plongées à l’est de Marseille. Beaucoup d’algues de toutes espèce, de la végétation : un petit air de Bretagne ! La géologie elle même diffère : la roche n’est pas la même, plus orangée, disposée en larges dalles horizontales et si l’on s’y intéresse d’un peu plus prêt on y découvre les restes du corail dont elle est née. Plongée dans le temps dans une mer de corail peuplée de créatures antédiluviennes…

Une longue fente noire s’ouvre dans le plancher touffu et nous aspire… La faille s’élargit en une salle gothique décorée de feux d’artifices d’anémones et des chandeliers de gorgone. On n’y voit goutte, heureusement que nous avons amenés les bougies… Un congre, encore ! A moins quatorze mètre, un chemin de sable ridé nous invite à poursuivre.

SpirographeUne oasis de posidonies clairsemée abrite des spirographes en fleur, comme des radiotélescopes pointé sur le ciel étoilé de plancton. Ces farouches animaux qui sont en fait des vers sont extrêmement sensibles à la lumière et aux vibrations. Pour les saisir déployés, il faut penser à éteindre le phare et se poser sans un bruit : le monde du silence… Sinon, le plumage réintègre instantanément le pied creux et rien n’est plus frustrant que d’avoir à cadrer un tube vide ! Et l’animal met évidemment un temps fou à se redéployer…

Une étoile est née...Je passe quelque temps à cadrer une étoile de mer rouge posée au milieu des gorgones sur fond d’algues mauves : un camaïeu de rouges dans l’eau crépusculaire. Banal ? Oui, je sais ! Mais il faut bien s’occuper. Et le but de la plongée est faunistique et photo macro… D’autres questions ?

De gros labres bleus maraudent dans les fonds, l’air pressés, tandis que sars, saupes et girelles virevoltent dans le souvenir de lumière.

Labre juvénileLa version juvénile du labre (qui n’est pas encore labre de la sagesse…) ne mesure que quelques centimètres mais présente une belle couleur lapis-lazulli. Il m’en faut un ! Je revêt mon camouflage de labre moyen, cesse de respirer, et la bête surgit, énorme et menaçante dans mon objectif. Dans la boîte !

Curieusement, ces dalles posées sur le sable, qui déterminent des parois verticales et des surplombs couverts de vie m’évoquent les fonds caraïbes… Et ça et là, les gorgones blanches qui pointent vers le ciel d’eau renforcent cette impression.

Un petit air de savane...Par moments, je me crois aux Bermudes. Et l’instant d’après, dans le moutonnement des algues rouges qui s’accrochent parfois aux doigts des gorgones, dans la savane africaine ! Bon, je me suis un peu lâché sur le post-traitement, mais c’est l’esprit…

Rascasse ET pustuleuse !Dans une étroite faille horizontale, Anthony repère une Galathée, crustacé orange piqueté de bleu qui refuse obstinément de poser. Trop enfoncé dans son écrin de roche, le bijou ne prend pas la lumière du flash malgré toutes les contorsions de bras (du flash) que je tente… Une rascasse « pustuleuse » obtiendra les feux de la rampe à sa place…

La mer en cornetteNous achevons cette reconnaissance (enfin, pour moi !) de près d’une heure et demi en contemplation devant d’autres algues blanches en cornet à la texture de papier. Impossible de trouver le cadre qui me convienne, je vous livre donc l’image imparfaite et si elle ne vous plait pas, il suffit de la froisser en boule et direction, la corbeille (c’est du papier recyclable).

Gélatineux !Et pour finir, dans la série les aliens : ce truc qui ne ressemble à rien, collé dans les posidonies, mais comme me l’expliquera Anthony plus tard déploie des antennes, la nuit venue. Comme nous tous, n’est-ce pas ?

Surface ! Le jour a disparu dans les mauves de l’horizon et nous passons le relais à l’équipe de nuit.