Paris La Défense

Beaucoup de nos lecteurs sont des citadins. Ce qui suit va donc sans doute vous paraître d’une effroyable banalité… C’est que, voyez vous, à chaque fois que je remonte sur la « Ville Lumière » pour des rendez vous professionnels, j’ai le même choc : l’odeur méphitique, le temps essentiellement gris, froid et humide, le bruit, la rogne et la rogomontade généralisée… Sans parler de la ronde incessante des véhicules qui cherchent à se garer en échappant à la force publique… Vous allez vous dire que j’habite sur une autre planète… En fait, c’est un peu le cas.

Ici, à Marseille, entre mer, montagnes et pinèdes, je m’intéresse par la force des choses à la vie des écureuils, au va et viens des guêpes maçonnes, des machaons et flambés, papillons zébrés emblématiques de la Provence. Le soir, entre sève balsamique, lavande et romarin il advient qu’apparaisse à ras des constellations du zodiaque la timide chevelure d’une comète venue de très loin…

Alors j’aborde chaque voyage vers la capitale comme une expédition naturaliste. Avec mon mauvais esprit habituel, prolongé de mon iPhone à images, je déambule entre deux rendez vous. A pied, le plus souvent, comme le Victor Hugo des « choses vues » (je ne prétends pas écrire comme notre Illustre mais marcher comme lui…).

Ce jour là c’était à La Défense, fleuron d’architecture à la pointe ouest de Paris. Dans le prolongement de l’Arc de Triomphe. Quel triomphe d’urbanisme en effet… L’homme y a vraiment sa place…

Un peu saoulé par le vertige à l’envers des tours dressées, randonnant hors piste dans les fondrières des zones « en travaux », je zig zag le nez en l’air, m’excusant auprès de réverbères embrassés par erreur. Je regarde le ciel, absolument pas en phase avec le flot de cyborgs complètement Défensés qui m’entourent et me bousculent. Des humains pressés, hargneux ou résignés, le portable vissé à l’oreille. Se pourrait-il qu’ils se parlent entre eux ? Mais cette foule pleine « d’amis » de « j’aime » et de « +1 » ignore ce que fait son voisin et pratique la solitude en groupe. C’est vous, c’est moi…

Oui, ce jour là, j’ai éprouvé de la compassion pour ce que nous sommes devenus. Il y en a qui s’arrêtent, malgré tout, en deviennent invisibles, immobiles près d’un plan d’eau de Javel. Une certaine solitude, à l’ombre d’œuvres d’art qui sentent la rouille et l’ozone. A la recherche de nos racines ?…

Il faut couper tous les arbres !

 

En tous cas, vous voilà prévenus : plus d’arbres, plus d’eau, plus de baignade… La ville à besoin de vous. Marchez !

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8 commentaires sur “Paris La Défense

  1. J’ai vu le même genre de triste spectacle dans une autre grande ville pourtant ensoleillée elle… Les gens sont en train de devenir des cyborgs… Je ne suis pas contre la technologie, au contraire. Mais il ne faut pas la laisser nous avaler dans un monde irréel au point de nous en faire perdre notre humanité et notre regard sur le monde qui nous entoure…

    Salutations à votre faune endémique Francis : guêpes, écureuils, etc. 😉

  2. Bon, ça va les Marseillais. Il y a quand même des choses bien à Paris., là comme ça tout de suite, je ne sais pas trop quoi, mais en réfléchissant je suis sûr que je peux le prouver…

  3. Tu l’as dit bouffi… à Paris, « Il faut couper tous les arbres ! »
    Surtout lorsque l’automne arrive et que les feuilles mortes polluent les trottoirs et les pavés parisiens… Des pavés qui doivent commencer à s’ennuyer depuis 1968…

    • Oui, c’est marrant : il m’a semblé en voir bouger des pavés… Comme mus par une force souterraine… 😉

      Mesdames et Messieurs : Georges Robert vient de lancer un sérieux appel à l’insurrection…

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