Méditerranée algue

Sophie, une de nos lectrice nous envoie le message suivant :

« Bonjour, je lis avec intérêt que nous pouvons vous laisser des photos; or j’ai pris, il y a quelques semaines, la photo d’une petite algue ?,  anémone ? sur des rochers affleurant vers Martigues, et j’aimerais connaitre leur nom (ainsi que leur famille d’ailleurs…) ».

Esthétique n’est-ce pas ? Et bien il se trouve que j’en ai parlé dans un billet précédent. Il s’agit d’une algue « brune » qui ressemble à des cornets de papier et qui peut vivre très près de la surface et jusqu’à 60m. Elle évoque aussi une queue de paon, d’où elle tire son nom vernaculaire. En latin, cela donne : Padina Pavonica. C’est une espèce très commune en Méditerranée qui se développe de juin à septembre.

Et pour continuer à se la péter, voici la classification complète :

Domaine Eukaryota
Division Phaeophyta
Classe Phaeophyceae
Ordre Dictyotales
Famille Dictyotaceae
Genre Padina

Les chimistes et pharmacologues se sont évidement penchés sur la composition chimique de cette algue qui a des propriétés antibactériennes. 12 stéroïdes ont été identifiés avec en majorité du cholestérol et du fucostérol. Egalement des acides gras comme l’acide palmitique (palmier), et oleïque (olivier : normal c’est une espèce méditerranéenne ;-))

Dans la fraction volatile, plus de 40 molécules ont été identifiées qui ont peut-être des fonctions défensives. Car ces composés sont odorants, comme les esters aromatiques, l’alcool benzylique et le benzaldehyde (vernis à ongle). L’algue contient aussi des terpenoïdes, des phénols, des polyols (faux sucre…) et du soufre.

Le plus curieux est sa couleur blanche qui est due à un dépôt externe de carbonate de calcium, à la façon des coquilles de mollusques. C’est ce qui lui donne sa couleur et sa texture « rigide ». Mais attention, pas n’importe quel carbonate : pas du calcaire amorphe, pas de la bête calcite de stalagmite mais de l’aragonite, la forme cristalline la plus belle et la plus pure mais aussi la plus difficile à obtenir. Sous terre, les concrétions d’aragonite se forment dans des condition précises de température et de pression. Et dans l’air… Mais l’algue réussit l’exploit sous l’eau ! On soupçonne la présence d’agents chimiques particuliers et non encore identifiés capables d’initier cette synthèse. Ce qui relance au passage la thèse de l’origine biologique des cristaux souterrains mais je m’égare… La nature est pleine de ressources !

Anthony nous en dira sans doute plus sur la biologie et les mœurs de cette algue brune qui est blanche !

Si vous aussi vous avez des questions (solubles dans l’eau), vous connaissez l’adresse ? 😉