Musée de la plongée

Vous connaissez la communauté des plongeurs… Au sein de ces Homopalmus, existe une frange marginale atteinte de collectionnite aiguë. Une maladie terrible dont l’un des symptômes est l’envahissement progressif de l’appartement du malade par des scaphandres pied lourds, des pompes, des sous marins multiplaces, voire des caissons hyperbares… Pour le plus grand plaisir du conjoint naturellement, qui voit son espace de vie se réduire comme peau de chagrin.

Les plongeurs collectionneurs sont de sympathiques psychopathes. Qui amoncèlent des trésors, il faut bien le dire. Le phénomène est mondial au point que nous y consacrions une rubrique dans les premiers numéros de Plongeurs International et ultérieurement de Plongeur.com.

Il se trouve que je connais bien le plus atteint d’entre eux, peut être : Philippe Rousseau. Plongeur, superflic, douanier aérien, expert plongée auprès des tribunaux, possédant tous les diplômes et spécialités existantes dans le domaine, Philippe a participé à nombre de nos expéditions.

Sous la glace de Tignes ou dans l’extrême nord de la Laponie, dans les étroitures des sources de la Seine ou le courant de la Bourne, à l’air, aux mélanges, en recycleur, à pied, cheval ou voiture, l’inoxydable flic a toujours su nous régaler de sa bonne humeur et de ses croustillantes anecdotes… De plongée. De tournage. Ou de Police

Le sous marin de Tintin !

Quant à sa collection… Plus de trente ans de passion pour les vieux machins, de préférence lourds et intransportables, ont fait de lui un expert en négociation de parking, garages et remorques diverses. Un jour, dans un de ces souterrains obscurs, à la lueur des frontales, il me dévoilait d’un geste de prestidigitateur un engin orange qui se trouvait sous une bâche. Un sous marin ! biplace ! Celui de Tintin ! J’apprenais qu’il s’agissait d’un sous marin militaire Havas destiné aux plongeurs de combat. Entretenant des amitiés avec le secret concepteur, il avait réussi à faire fabriquer à l’identique un jeu de batteries qui n’existaient plus que sur plan et à remettre l’engin en état.

C’est ainsi que, bien avant le prochain et très attendu Spielberg Tintin et le trésor de Rackham Le Rouge, nous avons plongé avec ce sous marin en Bretagne pour le tournage du film Atlantyd diffusé dans Ushuaïa. Bref ! Philippe veut désormais créer un musée avec les milliers de pièces de sa collection. Un « conservatoire des sciences et techniques subaquatiques » qui présenterait au public : sous-marins bi-places, caissons hyperbares, scaphandres anciens, enseignes d’anciens fabricants de matériels de plongée, circuits fermés et semi-fermés, casques de plongée profonde à mélanges gazeux et à saturation, appareillages prototypes… Marseille est une des villes pressentie.

Alors, tous à vos greniers, vos garages… Raclez toutes vos vieilleries caoutchoutées : elles appartiennent à l’histoire ! Si vous voulez aider, alimenter la collection, une seule adresse : [email protected]

Ainsi soit il.

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